{"id":192175,"date":"2026-09-17T13:01:02","date_gmt":"2026-09-17T17:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/habib-batis-du-logiciel-de-lurgence-a-la-culture-de-levaluation-diagnostique\/"},"modified":"2026-09-17T13:01:02","modified_gmt":"2026-09-17T17:01:02","slug":"habib-batis-du-logiciel-de-lurgence-a-la-culture-de-levaluation-diagnostique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/habib-batis-du-logiciel-de-lurgence-a-la-culture-de-levaluation-diagnostique\/","title":{"rendered":"Habib Batis: Du logiciel de l\u2019urgence \u00e0 la culture de l\u2019\u00e9valuation diagnostique"},"content":{"rendered":"<p>Depuis quelques d\u00e9cennies, notre pays traverse des crises multi-vectorielles, parfois d\u2019une intensit\u00e9 in\u00e9dite. Elles touchent de plein fouet aussi bien le syst\u00e8me \u00e9ducatif, la s\u00e9curit\u00e9 hydrique et \u00e9nerg\u00e9tique, l\u2019approvisionnement alimentaire que le climat. Les d\u00e9cideurs politiques se trouvent, de ce fait, face \u00e0 un paradoxe structurel majeur o\u00f9 s\u2019imposent l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 des urgences \u00e9conomiques et les pressions des r\u00e9seaux sociaux. Cette situation r\u00e9duit \u00e0 d\u00e9pendre majoritairement d\u2019un paradigme curatif o\u00f9 les actions possibles se r\u00e9duisent souvent \u00e0 des mesures de circonstance et \u00e0 un pilotage \u00e0 vue, rel\u00e9guant la planification strat\u00e9gique au second plan. Pourtant, l\u2019ancrage d\u2019une gouvernance moderne et r\u00e9siliente exige un renversement de perspective: le passage d\u2019une culture de traitement des sympt\u00f4mes \u00e0 une culture de la pr\u00e9vention des causes.<\/p>\n<p>Ce changement de mod\u00e8le repose sur un pilier fondamental, \u00e0 savoir l\u2019institutionnalisation de l\u2019\u00e9valuation diagnostique scientifique au c\u0153ur de l&rsquo;action publique. \u00c9valuer ne signifie pas, comme la pratique quotidienne semble le montrer, contr\u00f4ler la conformit\u00e9 administrative a priori ou chercher des coupables a posteriori. Il s\u2019agit d\u2019utiliser la donn\u00e9e empirique et chiffr\u00e9e pour comprendre les m\u00e9canismes profonds d\u2019un dysfonctionnement avant d\u2019y rem\u00e9dier. Toutefois, l\u2019instauration de cette culture du diagnostic se heurte \u00e0 des biais culturels profond\u00e9ment ancr\u00e9s. Ceux-ci font que des r\u00e9sistances anthropologiques, bureaucratiques ou politiques paralysent l\u2019amorce de toute action pr\u00e9ventive.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l&rsquo;\u00c9tat \u0153uvre \u00e0 restaurer son efficience et retrouver la confiance des citoyens, l\u2019adoption d\u2019une m\u00e9thode rigoureuse bas\u00e9e sur des donn\u00e9es probantes n\u2019est plus une option intellectuelle ; elle constitue une urgence d\u00e9mocratique et manag\u00e9riale. \u00c0 cet \u00e9gard, le secteur de l&rsquo;\u00e9ducation en offre une illustration id\u00e9ale. La mise en place r\u00e9cente et l&rsquo;entr\u00e9e en phase op\u00e9rationnelle du Conseil Sup\u00e9rieur de l\u2019\u00c9ducation et de l\u2019Enseignement (CSEE) ne repr\u00e9sentent pas seulement un enjeu sectoriel, mais un v\u00e9ritable laboratoire d&rsquo;analyse pour observer comment une instance strat\u00e9gique peut insuffler cette rationalit\u00e9 nouvelle.<\/p>\n<p>Afin d\u2019explorer les contours de cette transition indispensable vers une gestion publique moderne, cet essai s\u2019articulera autour de trois axes. Il s\u2019agira d\u2019abord de s\u2019arr\u00eater sur les fondements th\u00e9oriques de l\u2019\u00e9valuation diagnostique en tant qu\u2019outil de pilotage des politiques publiques. On analysera ensuite les r\u00e9sistances anthropologiques, bureaucratiques et politiques qui favorisent inconsciemment le traitement curatif et court-termiste au d\u00e9triment de l\u2019anticipation. Enfin, en s&rsquo;ancrant dans l&rsquo;actualit\u00e9 institutionnelle, on exposera les d\u00e9fis imm\u00e9diats du CSEE pour montrer comment un \u00e9tat des lieux empirique permet de concevoir des m\u00e9canismes concrets pour s&rsquo;extraire d\u00e9finitivement du marasme curatif.<\/p>\n<p><span><span><strong>Les fondements de l\u2019\u00e9valuation diagnostique<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation dite diagnostique, pronostique ou pr\u00e9dictive a pour fonction d\u2019\u00e9tayer des d\u00e9cisions d\u2019orientation ou d\u2019adaptation. L\u2019objectif est d\u2019identifier les causes profondes d\u2019un dysfonctionnement syst\u00e9mique plut\u00f4t que d\u2019en traiter les manifestations superficielles. Loin d\u2019\u00eatre un simple exercice acad\u00e9mique, elle se d\u00e9finit comme une d\u00e9marche d\u2019investigation rigoureuse visant \u00e0 mesurer, \u00e0 un moment donn\u00e9, l\u2019\u00e9cart entre une situation r\u00e9elle et une situation souhait\u00e9e. Sa pratique ne repose ni sur des impressions ni sur un consensus politique mou. Pour \u00eatre qualifi\u00e9e de scientifique et servir de base \u00e0 des r\u00e9formes d\u2019envergure, elle doit imp\u00e9rativement valider quelques crit\u00e8res fondamentaux. Sans \u00eatre exhaustif, on peut citer les suivants. D\u2019abord, le diagnostic doit \u00eatre men\u00e9 en toute objectivit\u00e9 et ind\u00e9pendance par des instances pr\u00e9munies contre les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats politiques ou bureaucratiques. D\u2019autre part, l\u2019\u00e9valuation ne se contente pas de lister des probl\u00e8mes: elle mod\u00e9lise les relations de cause \u00e0 effet. Enfin, les donn\u00e9es brutes et les protocoles de recherche doivent \u00eatre publics afin de garantir la l\u00e9gitimit\u00e9 des conclusions.<\/p>\n<p>En faisant \u00e9merger les dysfonctionnements, le diagnostic sert aussi de tamis analytique. D\u00e8s lors que les probl\u00e8mes sont mis au jour, il est imp\u00e9ratif de les hi\u00e9rarchiser. Cette hi\u00e9rarchisation est la condition sine qua non pour mener \u00abla politique de ses moyens\u00bb: elle \u00e9vite ainsi l\u2019\u00e9cueil populiste qui consiste \u00e0 vouloir tout r\u00e9former imm\u00e9diatement au risque de disperser les ressources et, finalement, de ne rien accomplir. Le diagnostic permet ainsi de fragmenter la complexit\u00e9 d\u2019une crise en d\u00e9gageant des trajectoires d\u2019action r\u00e9alistes, \u00e9chelonn\u00e9es dans le temps.<\/p>\n<p><span><span><strong>Les obstacles culturels \u00e0 l\u2019approche pr\u00e9ventive<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En Tunisie, le rapport \u00e0 l\u2019action publique reste historiquement marqu\u00e9 par une culture de l\u2019urgence, o\u00f9 la gestion de crise est per\u00e7ue comme le r\u00e9v\u00e9lateur ultime de l\u2019autorit\u00e9 et de l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9tatiques. Cette posture d\u00e9coule de plusieurs biais culturels qui trouvent leurs racines profondes dans une perception lin\u00e9aire et fataliste du temps, souvent renforc\u00e9e par des structures bureaucratiques h\u00e9rit\u00e9es o\u00f9 le \u00absapeur-pompier\u00bb est politiquement plus valoris\u00e9 que le \u00abplanificateur\u00bb.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le biais du \u00absapeur-pompier\u00bb (ou l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsation du curatif)<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La culture politique survalorise la gestion spectaculaire de l&rsquo;urgence au d\u00e9triment de la planification invisible. Un d\u00e9cideur qui r\u00e9sout une crise ouverte (p\u00e9nurie soudaine, coupure d&rsquo;eau) est per\u00e7u comme un leader fort. \u00c0 l&rsquo;inverse, celui qui investit dans la pr\u00e9vention d&rsquo;un risque n&rsquo;en retire aucun b\u00e9n\u00e9fice symbolique, le danger \u00e9vit\u00e9 restant par d\u00e9finition invisible.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le biais de la culture du secret et de l&rsquo;infaillibilit\u00e9 administrative<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation diagnostique repose sur la transparence des donn\u00e9es et l&rsquo;aveu de vuln\u00e9rabilit\u00e9. Or, le logiciel bureaucratique assimile traditionnellement le diagnostic pr\u00e9coce d&rsquo;une d\u00e9faillance \u00e0 un aveu de faiblesse ou \u00e0 une faille (exemple: face au d\u00e9crochage flagrant de la qualit\u00e9 de notre enseignement public, certains pays ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se retirer du programme de l\u2019\u00e9valuation PISA, plut\u00f4t que d\u2019exposer publiquement les failles structurelles du syst\u00e8me \u00e9ducatif).<\/p>\n<p><span><span><strong>Le biais du fatalisme manag\u00e9rial et l&rsquo;esprit de contingence<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Face aux crises, il existe un r\u00e9flexe anthropologique ancr\u00e9 qui tend \u00e0 percevoir les \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames (stress hydrique, chocs \u00e9conomiques) comme des fatalit\u00e9s exog\u00e8nes plut\u00f4t que comme des variables mod\u00e9lisables. Ce fatalisme d\u00e9samorce la responsabilit\u00e9 d&rsquo;anticiper en postulant que l&rsquo;avenir \u00e9chappe \u00e0 la main de l&rsquo;\u00c9tat. Planifier ou rationaliser implique de confronter le corps social \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s inconfortables, une d\u00e9marche peu suivie.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le biais du court-termisme de subsistance<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Dans un contexte de tensions socio-\u00e9conomiques chroniques, la culture d\u00e9cisionnelle est prisonni\u00e8re du temps pr\u00e9sent. L&rsquo;urgence d&rsquo;assurer la paix sociale imm\u00e9diate (approvisionner les march\u00e9s au jour le jour, g\u00e9rer la rentr\u00e9e scolaire) cr\u00e9e une myopie strat\u00e9gique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est aiguis\u00e9 par l&rsquo;instabilit\u00e9 des transitions politiques: les d\u00e9cideurs privil\u00e9gient les r\u00e9ponses visibles ou subventionn\u00e9es au d\u00e9triment des r\u00e9formes structurelles \u00e0 long terme (\u00e9ducation, climat), dont les b\u00e9n\u00e9fices ne se mat\u00e9rialiseront qu&rsquo;au-del\u00e0 de leurs mandats.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le biais de l\u2019illusion de la p\u00e9rennit\u00e9 des structures<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;administration publique reste marqu\u00e9e par une forte culture de la continuit\u00e9 textuelle et proc\u00e9durale. On agit par r\u00e9flexe l\u00e9galiste (\u00ab le texte dit que\u2026 \u00bb) plut\u00f4t que par une gestion des risques. Ce biais refuse d&rsquo;admettre que les mod\u00e8les du pass\u00e9 sont obsol\u00e8tes face aux mutations contemporaines. Il se double d&rsquo;un cloisonnement minist\u00e9riel \u00e9tanche (le fonctionnement \u00ab en silos \u00bb) qui paralyse toute approche transversale, alors m\u00eame que le diagnostic pr\u00e9coce exige le partage d&rsquo;informations.<\/p>\n<p>En somme, la gouvernance publique risque de devenir prisonni\u00e8re d&rsquo;un cercle vicieux : l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9valuation engendre la surprise strat\u00e9gique, et la r\u00e9currence des chocs l\u00e9gitime l&rsquo;abandon permanent de la pr\u00e9vention au profit du seul traitement symptomatique.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le syst\u00e8me \u00e9ducatif tunisien: du diagnostic d\u2019urgence aux leviers de refondation<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Historiquement \u00e9rig\u00e9 en pilier du projet de soci\u00e9t\u00e9 de la Tunisie moderne, le syst\u00e8me \u00e9ducatif subit aujourd&rsquo;hui de plein fouet les contrecoups de la gestion de crise permanente. Qu\u2019il s\u2019agisse du d\u00e9crochage scolaire chronique, du d\u00e9labrement des infrastructures ou de l\u2019explosion des frais financiers impos\u00e9s aux familles par l\u2019industrie tentaculaire des cours particuliers et le co\u00fbt exorbitant des fournitures scolaires, l&rsquo;action publique s&rsquo;est longtemps limit\u00e9e \u00e0 des r\u00e9formes de fa\u00e7ade ou \u00e0 des arbitrages budg\u00e9taires d\u2019urgence. Ce traitement curatif a souvent \u00e9t\u00e9 dict\u00e9 par la pression des bailleurs de fonds, les tensions syndicales ou l&rsquo;imminence des rentr\u00e9es scolaires.<\/p>\n<p>Pour sortir de cette impasse, un Conseil Sup\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9ducation et de l&rsquo;Enseignement (CSEE) a \u00e9t\u00e9 mis en place. Con\u00e7u comme une instance strat\u00e9gique, celui-ci doit aujourd&rsquo;hui naviguer dans un espace public satur\u00e9 par l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 et la d\u00e9magogie num\u00e9rique. Depuis sa cr\u00e9ation, l&rsquo;institution fait face \u00e0 une multitude de \u00abrecettes miracles\u00bb colport\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux, o\u00f9 l&rsquo;intensification fr\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;outil informatique est brandie comme la panac\u00e9e absolue. Or, l\u2019\u00e9laboration de politiques \u00e9ducatives ne peut reposer sur des opinions individuelles, des buzz \u00e9ph\u00e9m\u00e8res ou des \u00e9lans \u00e9motionnels collectifs. Substituer le f\u00e9tichisme technologique \u00e0 une r\u00e9flexion structurelle \u2014 alors que de nombreuses \u00e9coles publiques souffrent encore de carences criantes en infrastructures de base (acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau, \u00e9lectricit\u00e9, sanitaires) \u2014 rel\u00e8ve pr\u00e9cis\u00e9ment du traitement symptomatique et du biais court-termiste d\u00e9nonc\u00e9s plus haut. Loin de d\u00e9mocratiser le savoir, le \u00ab tout-num\u00e9rique \u00bb non planifi\u00e9 transforme un outil d&rsquo;\u00e9mancipation en un vecteur d&rsquo;exclusion, convertissant la fracture sociale en fracture num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Pour le CSEE, le v\u00e9ritable d\u00e9fi consiste \u00e0 opposer \u00e0 ce populisme \u00e9ducatif la rigueur de la m\u00e9thode scientifique. Un \u00e9tat des lieux empirique et sans concession permet de rappeler que l&rsquo;introduction des technologies n&rsquo;est pas une fin en soi, mais un moyen au service d&rsquo;objectifs p\u00e9dagogiques pr\u00e9alablement \u00e9valu\u00e9s. Sortir du marasme curatif exige de sanctuariser le r\u00f4le du CSEE comme un rempart de rationalit\u00e9 : l&rsquo;institution doit substituer au vacarme des opinions une culture de la preuve, de la donn\u00e9e v\u00e9rifiable et de la coll\u00e9gialit\u00e9 experte.<\/p>\n<p>En somme, l&rsquo;avenir du CSEE se joue \u00e0 la fronti\u00e8re de sa rigueur scientifique et de sa r\u00e9sonance sociale. Pour rompre d\u00e9finitivement avec les mirages du \u00abtout-num\u00e9rique\u00bb, il ne peut se contenter d&rsquo;\u00eatre une chambre d&rsquo;enregistrement ou un laboratoire d&rsquo;id\u00e9es hors-sol. Il doit s&rsquo;affirmer comme l&rsquo;architecte d&rsquo;une gouvernance publique renouvel\u00e9e, capable d&rsquo;imposer le temps long de la prospective et de la justice spatiale face \u00e0 la dictature de l&rsquo;urgence politique. Sa l\u00e9gitimit\u00e9 ne na\u00eetra pas de sa capacit\u00e9 \u00e0 suivre les modes manag\u00e9riales, mais de son audace \u00e0 formuler des diagnostics sans concession et \u00e0 sanctuariser l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 territoriale. C&rsquo;est uniquement \u00e0 ce prix que le CSEE deviendra le pivot d&rsquo;une refondation structurelle, restaurant la promesse r\u00e9publicaine d&rsquo;une \u00e9cole tunisienne inclusive, rationnelle et \u00e9mancipatrice.<\/p>\n<p><span><span><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le passage d\u2019une gouvernance de la r\u00e9action \u00e0 une gouvernance de l\u2019anticipation impose une r\u00e9volution culturelle profonde. Les r\u00e9sistances anthropologiques, bureaucratiques et politiques analys\u00e9es tout au long de cet essai mettent en lumi\u00e8re un diagnostic sans appel : l\u2019\u00c9tat tunisien gagne \u00e0 rompre avec un logiciel manag\u00e9rial obsol\u00e8te, o\u00f9 le traitement curatif l\u2019emporte syst\u00e9matiquement sur la rigueur de la planification collective et de la transparence scientifique.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, l&rsquo;institutionnalisation d&rsquo;une v\u00e9ritable culture de l&rsquo;\u00e9valuation diagnostique s&rsquo;impose non pas comme une simple exigence administrative, mais comme un imp\u00e9ratif de survie d\u00e9mocratique et de justice sociale. Pour que des instances strat\u00e9giques de l&rsquo;envergure du CSEE r\u00e9ussissent, il est capital de sanctuariser l&rsquo;ind\u00e9pendance de la donn\u00e9e empirique et de r\u00e9habiliter le principe de la d\u00e9lib\u00e9ration coll\u00e9giale. Faire face aux fractures territoriales est la condition sine qua non pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions. C&rsquo;est uniquement en acceptant de regarder ses vuln\u00e9rabilit\u00e9s en face, par le prisme de la preuve et du diagnostic pr\u00e9coce, que la gouvernance publique pourra enfin sortir du cycle perp\u00e9tuel de la surprise strat\u00e9gique, afin de b\u00e2tir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement r\u00e9silient, rationnel et durable.<\/p>\n<p><strong>Habib Batis<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38449-habib-batis-du-logiciel-de-l-urgence-a-la-culture-de-l-evaluation-diagnostique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelques d\u00e9cennies, notre pays traverse des crises multi-vectorielles, parfois d\u2019une intensit\u00e9 in\u00e9dite. Elles touchent de plein fouet aussi bien le syst\u00e8me \u00e9ducatif, la s\u00e9curit\u00e9 hydrique et \u00e9nerg\u00e9tique, l\u2019approvisionnement alimentaire que le climat. Les d\u00e9cideurs politiques se trouvent, de ce fait, face \u00e0 un paradoxe structurel majeur o\u00f9 s\u2019imposent l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 des urgences \u00e9conomiques et les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":192176,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.leaders.com.tn\/uploads\/content\/thumbnails\/178962927052_content.jpg","fifu_image_alt":"Habib Batis: Du logiciel de l\u2019urgence \u00e0 la culture de l\u2019\u00e9valuation diagnostique","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-192175","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/192175","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=192175"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/192175\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media\/192176"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=192175"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=192175"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=192175"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}