{"id":192323,"date":"2026-09-21T13:15:57","date_gmt":"2026-09-21T17:15:57","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/digitalisation-pourquoi-4-entreprises-marocaines-sur-5-restent-elles-a-mi-chemin\/"},"modified":"2026-09-21T13:15:57","modified_gmt":"2026-09-21T17:15:57","slug":"digitalisation-pourquoi-4-entreprises-marocaines-sur-5-restent-elles-a-mi-chemin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/digitalisation-pourquoi-4-entreprises-marocaines-sur-5-restent-elles-a-mi-chemin\/","title":{"rendered":"Digitalisation: pourquoi 4 entreprises marocaines sur 5 restent-elles \u00e0 mi-chemin ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Maroc a consid\u00e9rablement avanc\u00e9 sur les infrastructures num\u00e9riques et la connectivit\u00e9. Dans les entreprises, en revanche, le passage de l\u2019\u00e9quipement \u00e0 la v\u00e9ritable transformation reste plus difficile. ERP, CRM, cloud, data ou intelligence artificielle sont de plus en plus accessibles, mais leur pr\u00e9sence ne garantit pas automatiquement des gains de productivit\u00e9. Pour Badr Ben Laswad, expert en digitalisation et Managing Partner de Yealead, le prochain d\u00e9fi est d\u00e9sormais moins technologique qu\u2019organisationnel\u00a0: int\u00e9grer r\u00e9ellement ces outils aux processus, aux comp\u00e9tences et au management de l\u2019entreprise. Avec l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019IA, l\u2019enjeu devient d\u2019autant plus pressant pour les TPME.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe m\u00e9rite que l\u2019on s\u2019y arr\u00eate. Le Maroc investit depuis plusieurs ann\u00e9es dans sa transformation num\u00e9rique et les entreprises sont aujourd\u2019hui largement connect\u00e9es. Pourtant, lorsqu\u2019on regarde l\u2019utilisation intensive et int\u00e9gr\u00e9e des technologies num\u00e9riques avanc\u00e9es, le tableau appara\u00eet beaucoup plus contrast\u00e9. Pour Badr Ben Laswad, il serait toutefois erron\u00e9 d\u2019en conclure \u00e0 un \u00e9chec de la transformation num\u00e9rique marocaine. <em>\u00ab Le pays a r\u00e9alis\u00e9 des avanc\u00e9es significatives en mati\u00e8re d\u2019infrastructures, de connectivit\u00e9 et de digitalisation des services publics. Mais ces progr\u00e8s posent justement une nouvelle question : comment faire en sorte que ces investissements se traduisent maintenant par de v\u00e9ritables gains de productivit\u00e9 pour les entreprises ?<\/em> \u00bb, souligne l\u2019expert.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est toute la nuance \u00e0 apporter au constat selon lequel moins d\u2019une entreprise marocaine sur cinq utilise de mani\u00e8re intensive et int\u00e9gr\u00e9e les technologies num\u00e9riques avanc\u00e9es. Il ne signifie pas que quatre entreprises sur cinq ne seraient pas digitalis\u00e9es. Il r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t que la majorit\u00e9 n\u2019a pas encore totalement int\u00e9gr\u00e9 ces technologies \u00e0 son mod\u00e8le op\u00e9rationnel. <em>\u00ab Le probl\u00e8me n\u2019est plus uniquement celui de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la technologie. Le Maroc a progressivement r\u00e9duit ce premier d\u00e9ficit\u00a0; il doit maintenant s\u2019attaquer \u00e0 un d\u00e9ficit beaucoup plus complexe : celui de l\u2019usage et surtout de l\u2019int\u00e9gration du num\u00e9rique dans les entreprises\u00a0\u00bb<\/em>, explique Badr Ben Laswad.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/tpme-marocaines-le-veritable-goulot-detranglement-nest-pas-le-credit-324381\/\">TPME marocaines: le v\u00e9ritable goulot d\u2019\u00e9tranglement n\u2019est pas le cr\u00e9dit<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00catre connect\u00e9 ne veut pas dire \u00eatre transform\u00e9<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chiffres permettent de mesurer l\u2019\u00e9cart. Les donn\u00e9es du HCP cit\u00e9es par l\u2019expert montrent qu\u2019en 2019, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Internet concernait d\u00e9j\u00e0 81\u00a0% des TPE, 97,9 % des PME et 99,5 % des grandes entreprises. Dans le m\u00eame temps, seules 59 % des entreprises d\u00e9claraient utiliser des logiciels professionnels sp\u00e9cialis\u00e9s. La connexion est donc largement acquise. La transformation, beaucoup moins. <em>\u00ab \u00catre connect\u00e9 ne signifie pas n\u00e9cessairement \u00eatre digitalis\u00e9 au sens \u00e9conomique du terme \u00bb<\/em>, r\u00e9sume Badr Ben Laswad. Une entreprise peut disposer d\u2019Internet et utiliser quotidiennement des outils num\u00e9riques tout en continuant \u00e0 g\u00e9rer ses ventes, ses stocks, son reporting ou une partie de ses donn\u00e9es de mani\u00e8re manuelle.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se situe cette digitalisation \u00ab \u00e0 mi-chemin\u00bb. Les entreprises se sont \u00e9quip\u00e9es, mais les outils ne sont pas toujours suffisamment imbriqu\u00e9s dans leur fonctionnement pour produire tous les gains attendus. Pour l\u2019expert, le changement de grille de lecture est donc indispensable : <em>\u00ab\u00a0La prochaine \u00e9tape est assez claire\u00a0: passer d\u2019une logique d\u2019\u00e9quipement \u00e0 une logique de performance. \u00bb<\/em> Autrement dit, il ne suffit plus de comptabiliser les entreprises connect\u00e9es ou celles disposant d\u2019un ERP ou d\u2019un CRM. Il faut mesurer ce que ces technologies changent concr\u00e8tement : baisse des co\u00fbts, am\u00e9lioration de la productivit\u00e9, r\u00e9duction des d\u00e9lais, meilleure exploitation des donn\u00e9es ou d\u00e9veloppement de nouveaux services.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"597\" height=\"550\" src=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Badr-Ben-Laswad-copie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-324403\" srcset=\"https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Badr-Ben-Laswad-copie.jpg 597w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Badr-Ben-Laswad-copie-300x276.jpg 300w, https:\/\/www.challenge.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Badr-Ben-Laswad-copie-585x539.jpg 585w\" sizes=\"(max-width: 597px) 100vw, 597px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Badr Ben Laswad, expert en digitalisation et Managing Partner de Yealead<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Derri\u00e8re le co\u00fbt, toute la compl-exit\u00e9 de la transformation<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourquoi les entreprises peinent-elles alors \u00e0 franchir ce cap ? Il n\u2019existe pas un obstacle unique, mais une combinaison de facteurs : investissement, comp\u00e9tences, management, donn\u00e9es, mesure du retour sur investissement et cybers\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le co\u00fbt arrive naturellement en t\u00eate des pr\u00e9occupations, particuli\u00e8rement pour les TPME. Mais Badr Ben Laswad appelle l\u00e0 encore \u00e0 regarder au-del\u00e0 du prix affich\u00e9 d\u2019une solution.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Acheter un logiciel n\u2019est qu\u2019une partie de l\u2019investissement : il faut ensuite int\u00e9grer la solution, migrer les donn\u00e9es, former les \u00e9quipes, assurer la maintenance, s\u00e9curiser les syst\u00e8mes et parfois m\u00eame revoir certains processus. \u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour une petite structure, c\u2019est l\u2019addition de ces co\u00fbts qui peut devenir difficile \u00e0 absorber. La question n\u2019est donc pas uniquement de pouvoir financer un logiciel, mais de disposer des ressources n\u00e9cessaires pour mener le changement jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et une fois la technologie acquise appara\u00eet un deuxi\u00e8me obstacle, probablement plus profond : les comp\u00e9tences. <em>\u00ab Le probl\u00e8me n\u2019est pas simplement de trouver quelqu\u2019un qui sait utiliser un ordinateur ; c\u2019est de disposer de personnes capables de transformer un outil en v\u00e9ritable gain de productivit\u00e9 \u00bb<\/em>, insiste le Managing Partner de Yealead. Car la transformation digitale r\u00e9clame des profils hybrides. Des collaborateurs capables de comprendre le m\u00e9tier autant que la technologie, de ma\u00eetriser les processus, d\u2019exploiter les donn\u00e9es et d\u2019accompagner les \u00e9quipes.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/arnaques-a-linvestissement-la-mise-en-garde-de-lammc-324357\/\">Arnaques \u00e0 l\u2019investissement: la mise en garde de l\u2019AMMC<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quand le digital bouscule\u00a0le management<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation se heurte aussi \u00e0 quelque chose de beaucoup moins technique : les habitudes. Digitaliser signifie souvent formaliser des processus jusque-l\u00e0 informels, centraliser l\u2019information, introduire des indicateurs de performance et rendre les flux plus transparents. Cela peut remettre en question une organisation construite depuis des ann\u00e9es autour de l\u2019exp\u00e9rience individuelle et de connaissances d\u00e9tenues par quelques personnes. Le dirigeant peut alors l\u00e9gitimement se demander pourquoi modifier un mod\u00e8le qui, jusqu\u2019ici, fonctionne. \u00c0 cela s\u2019ajoute la question du retour sur investissement. Un chef d\u2019entreprise sait exactement combien lui co\u00fbte un ERP ou un projet d\u2019automatisation. Il est souvent beaucoup plus difficile de d\u00e9terminer ce qu\u2019il lui rapporte. Car la valeur cr\u00e9\u00e9e n\u2019appara\u00eet pas toujours imm\u00e9diatement dans le chiffre d\u2019affaires. <em>\u00ab Les b\u00e9n\u00e9fices du digital peuvent se traduire par du temps administratif \u00e9conomis\u00e9, moins d\u2019erreurs, une meilleure gestion des stocks, des d\u00e9lais plus courts ou une meilleure visibilit\u00e9 sur l\u2019activit\u00e9 commerciale \u00bb<\/em>, explique Badr Ben Laswad.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La difficult\u00e9 est donc \u00e9galement m\u00e9thodologique. Chaque transformation devrait partir d\u2019objectifs mesurables\u00a0: combien d\u2019heures \u00e9conomis\u00e9es\u00a0? Combien d\u2019erreurs supprim\u00e9es ? Quel raccourcissement des d\u00e9lais ? Quelle am\u00e9lioration de la rotation des stocks ou de la productivit\u00e9 commerciale ?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Installer un ERP ne suffit pas<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est probablement ici que se situe la fronti\u00e8re entre \u00e9quipement num\u00e9rique et transformation r\u00e9elle. Une entreprise peut installer un ERP, un CRM ou migrer vers le cloud sans modifier profond\u00e9ment sa fa\u00e7on de fonctionner. Dans ce cas, pr\u00e9vient Badr Ben Laswad, \u00ab <em>la technologie accompagne simplement l\u2019organisation existante et ne fera qu\u2019accentuer les failles pr\u00e9alablement existantes \u00bb<\/em>. Le v\u00e9ritable changement intervient lorsque l\u2019outil sert \u00e0 repenser les processus. Suppression des doubles saisies, automatisation des t\u00e2ches r\u00e9p\u00e9titives, circulation de l\u2019information entre les services, r\u00e9duction des d\u00e9lais de validation ou acc\u00e8s plus rapide aux indicateurs : c\u2019est \u00e0 ce niveau que le num\u00e9rique commence \u00e0 produire de la valeur.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exemple du commercial est particuli\u00e8rement parlant. Lui fournir un CRM ne change pas grand-chose s\u2019il continue \u00e0 consacrer une part importante de sa journ\u00e9e \u00e0 chercher des informations, compl\u00e9ter des fichiers ou pr\u00e9parer son reporting. <em>\u00ab Il faut que le CRM lui permette r\u00e9ellement de passer moins de temps sur l\u2019administratif et davantage sur la relation client et la vente<\/em> \u00bb, explique l\u2019expert.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame logique pour les achats, la finance, les ressources humaines ou la logistique. Pour Badr Ben Laswad, la conclusion est simple : <em>\u00ab Je ne mesurerais pas la transformation digitale au nombre de logiciels utilis\u00e9s. Je la mesurerais \u00e0 ce qui a r\u00e9ellement chang\u00e9 dans l\u2019entreprise : les d\u00e9lais, les co\u00fbts, la productivit\u00e9 des \u00e9quipes, la qualit\u00e9 de l\u2019information, la capacit\u00e9 \u00e0 prendre des d\u00e9cisions et, finalement, la performance \u00e9conomique. \u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La donn\u00e9e, angle mort de\u00a0la transformation<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019intelligence artificielle rend cette question encore plus importante. Impossible de tirer pleinement profit de l\u2019IA lorsque l\u2019information reste \u00e9parpill\u00e9e entre fichiers Excel, WhatsApp, logiciel comptable, messagerie \u00e9lectronique et applications diff\u00e9rentes. <em>\u00ab Aucune technologie ne peut produire de bons r\u00e9sultats \u00e0 partir de donn\u00e9es dispers\u00e9es, incompl\u00e8tes ou incoh\u00e9rentes\u00a0\u00bb<\/em>, rappelle Badr Ben Laswad.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le risque serait alors de num\u00e9riser des processus mal structur\u00e9s sans r\u00e9soudre leurs faiblesses. Avant l\u2019IA et l\u2019analytique avanc\u00e9e vient donc une \u00e9tape moins spectaculaire mais indispensable\u00a0: fiabiliser, centraliser et gouverner les donn\u00e9es. \u00c0 cette exigence s\u2019ajoute celle de la cybers\u00e9curit\u00e9. Plus une entreprise digitalise ses processus et interconnecte ses syst\u00e8mes, plus elle devient d\u00e9pendante de son infrastructure num\u00e9rique. <em>\u00ab La cybers\u00e9curit\u00e9 ne doit donc plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un sujet purement informatique : elle devient une question de continuit\u00e9 d\u2019activit\u00e9, de gouvernance et de confiance \u00bb<\/em>, estime l\u2019expert.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/lir-un-impot-souffrant-de-faiblesses-congenitales-324392\/\">L\u2019IR, un imp\u00f4t souffrant de faiblesses cong\u00e9nitales<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019IA pourrait creuser l\u2019\u00e9cart\u2026 ou pas !<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une nouvelle bataille commence parall\u00e8lement avec l\u2019intelligence artificielle. Les grandes entreprises disposent naturellement d\u2019un avantage : davantage de moyens financiers, de sp\u00e9cialistes et de capacit\u00e9s d\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le risque d\u2019une nouvelle fracture entre grands groupes et TPME existe donc bel et bien. <em>\u00ab On est d\u2019abord oblig\u00e9s d\u2019admettre que le risque d\u2019une nouvelle fracture num\u00e9rique est r\u00e9el \u00bb<\/em>, reconna\u00eet Badr Ben Laswad. Mais l\u2019expert refuse d\u2019y voir une fatalit\u00e9. L\u2019IA poss\u00e8de une caract\u00e9ristique qui pourrait au contraire jouer en faveur des petites entreprises : des barri\u00e8res technologiques et financi\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e relativement faibles pour certains usages.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une TPME n\u2019a pas forc\u00e9ment besoin de b\u00e2tir une infrastructure informatique lourde ou de constituer une \u00e9quipe enti\u00e8re de sp\u00e9cialistes pour commencer \u00e0 automatiser certaines t\u00e2ches, assister ses commerciaux, exploiter ses donn\u00e9es ou am\u00e9liorer sa relation client. Le probl\u00e8me reste donc le m\u00eame : savoir quoi faire de la technologie.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les TPME marocaines, l\u2019objectif n\u2019est pas de rivaliser avec les budgets num\u00e9riques des grands groupes. Il s\u2019agit d\u2019identifier quelques usages capables de produire rapidement de la valeur : automatiser une t\u00e2che r\u00e9p\u00e9titive, gagner du temps, am\u00e9liorer la prospection, exploiter les informations commerciales ou faciliter la prise de d\u00e9cision. <em>\u00ab L\u2019IA peut \u00eatre soit un acc\u00e9l\u00e9rateur d\u2019\u00e9cart, soit un acc\u00e9l\u00e9rateur de rattrapage \u00bb<\/em>, r\u00e9sume Badr Ben Laswad. Tout d\u00e9pendra finalement de la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9mocratiser non seulement les technologies, mais surtout les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour les int\u00e9grer.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La productivit\u00e9 comme v\u00e9ritable juge de paix<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Maroc arrive ainsi \u00e0 une nouvelle \u00e9tape de sa transformation num\u00e9rique. Apr\u00e8s les infrastructures et la connectivit\u00e9, le chantier se d\u00e9place d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de l\u2019entreprise. ERP, CRM, cloud et intelligence artificielle ne constituent pas une fin en soi. La question centrale devient leur capacit\u00e9 \u00e0 transformer la mani\u00e8re de produire, de vendre, de g\u00e9rer et de d\u00e9cider. <em>\u00ab Il faut \u00e9viter de consid\u00e9rer l\u2019IA comme simplement un nouvel outil informatique\u00a0\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9vient Badr Ben Laswad. \u00c0 ses yeux, son potentiel de transformation pourrait \u00eatre comparable \u00e0 celui des grandes ruptures technologiques qui ont profond\u00e9ment modifi\u00e9 les syst\u00e8mes productifs.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pour les entreprises marocaines, vouloir courir imm\u00e9diatement vers l\u2019IA sans avoir r\u00e9solu les probl\u00e8mes de processus, de comp\u00e9tences ou de donn\u00e9es risque de reproduire les m\u00eames limites observ\u00e9es lors des pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9tapes de digitalisation. Le v\u00e9ritable indicateur de r\u00e9ussite ne sera donc pas le nombre de technologies adopt\u00e9es. Il sera beaucoup plus concret : produire davantage ou mieux, r\u00e9duire les co\u00fbts et les d\u00e9lais, lib\u00e9rer les collaborateurs des t\u00e2ches \u00e0 faible valeur ajout\u00e9e et prendre de meilleures d\u00e9cisions.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le passage que doivent encore accomplir une grande partie des entreprises marocaines : faire du num\u00e9rique non plus un \u00e9quipement, mais un v\u00e9ritable levier de productivit\u00e9.<\/p>\n<p>Auteur: Wafaa Mellouk<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/digitalisation-pourquoi-4-entreprises-marocaines-sur-5-restent-elles-a-mi-chemin-324400\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Maroc a consid\u00e9rablement avanc\u00e9 sur les infrastructures num\u00e9riques et la connectivit\u00e9. 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