{"id":192442,"date":"2026-09-24T13:01:06","date_gmt":"2026-09-24T17:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-el-aziz-ben-achour-sfax-dhier-a-aujourdhui-panorama-historique\/"},"modified":"2026-09-24T13:01:06","modified_gmt":"2026-09-24T17:01:06","slug":"mohamed-el-aziz-ben-achour-sfax-dhier-a-aujourdhui-panorama-historique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-el-aziz-ben-achour-sfax-dhier-a-aujourdhui-panorama-historique\/","title":{"rendered":"Mohamed-El Aziz Ben Achour &#8211; Sfax d\u2019hier \u00e0 aujourd\u2019hui: Panorama historique"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Mohamed-El Aziz Ben Achour &#8211;<\/strong><\/span><\/span> <strong>Situ\u00e9e sur le littoral, \u00e0 270 km au sud\u00a0 de Tunis, Sfax est la deuxi\u00e8me ville du pays, tant par le nombre de ses habitants que par son dynamisme \u00e9conomique. D\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, une pr\u00e9sence punique et romaine est attest\u00e9e \u00e0 Thyna et Acholla (Boutria). Toutefois, la ville proprement dite est vraisemblablement une cr\u00e9ation de la dynastie m\u00e9di\u00e9vale des \u00e9mirs aghlabides de Kairouan (800-909).\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Par les caract\u00e8res originaux de sa personnalit\u00e9 sociale et culturelle, la ville occupe une place de premier ordre dans l\u2019histoire de l\u2019\u00e9dification, au long des si\u00e8cles, de notre identit\u00e9 nationale. Tourn\u00e9e vers l\u2019Orient davantage que toute autre cit\u00e9 tunisienne, cette m\u00e9tropole du sud se distingue, en outre, par\u00a0 un particularisme puissant propice \u00e0 la r\u00e9ussite \u00e9conomique et sociale de ses citadins et leur contribution \u00e0\u00a0 la richesse du pays. Il n\u2019en demeure pas moins que la conscience d\u2019une appartenance \u00e0 la communaut\u00e9 nationale est \u00e9videmment vivace, de sorte que dans les heures d\u00e9cisives, le pays trouve Sfax en premi\u00e8re ligne, au coude \u00e0 coude avec les d\u00e9fenseurs de la patrie.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/1(149).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Plan ancien de la m\u00e9dina. Localisation de Sfax et de son gouvernorat sur la carte de Tunisie<\/em><\/span><\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, sa position g\u00e9ographique la rend vuln\u00e9rable, comme d\u2019autres villes c\u00f4ti\u00e8res, \u00e0 l\u2019invasion des Normands de Sicile, alors ma\u00eetres du littoral ifriqiyen. Elle r\u00e9siste cependant \u00e0 cette pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re. En f\u00e9vrier 1156, la population sfaxienne, encourag\u00e9e par le gouverneur Omar ibn Abou al Hassan &#8211; pourtant nomm\u00e9 par la puissance occupante -, se souleva. Sur ces entrefaites, parvint la nouvelle de l\u2019ex\u00e9cution du p\u00e8re d\u2019Omar retenu en otage en Sicile. Ce tragique et humiliant \u00e9v\u00e9nement porta la col\u00e8re des \u00e9meutiers \u00e0 son paroxysme de sorte que la r\u00e9bellion fut entach\u00e9e par le massacre des chr\u00e9tiens de la ville. End\u00e9mique, la menace ext\u00e9rieure, venue de l\u2019Europe chr\u00e9tienne, prenait g\u00e9n\u00e9ralement la forme d\u2019une razzia suivie d\u2019une occupation plus ou moins durable. C\u2019est ainsi qu\u2019en 1286, la flotte de la Sicile aragonaise command\u00e9e par Roger de Lauria\u00a0 prend les \u00eeles Kerkennah et menace directement le rivage sfaxien.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/2(146).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Gravure repr\u00e9sentant le bombardement de Sfax les 15 et 16 juillet 1881 (in A. Mahjoubi et H.Karoui, C\u00e9r\u00e8s Productions, Tunis, 1983)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Par ailleurs, lorsque des crises politiques et diverses querelles intestines\u00a0 affaiblissaient le pouvoir central,\u00a0 des villes, dont Sfax, faisaient s\u00e9cession. Ce fut le cas au XIVe si\u00e8cle, et\u00a0 il fallut attendre le r\u00e8gne de l\u2019\u00e9nergique sultan hafside Abou El Abb\u00e8s (1370-1394) pour mettre fin \u00e0 l\u2019anarchie.<\/p>\n<p>Bien plus tard, durant la r\u00e9volte qui, en 1864, embrase la r\u00e9gence, Sfax, enhardie par l\u2019arriv\u00e9e en ville de 400 hommes arm\u00e9s de la tribu voisine des Mth\u00e9l\u00eeth et 200 cavaliers des Hm\u00e2mma, s\u2019insurgea. A ce propos, l\u2019historienne Bice Slama, dans son ouvrage L\u2019Insurrection de 1864 en Tunisie (MTE, Tunis, 1967), pr\u00e9cise qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence de Kairouan et Gab\u00e8s o\u00f9 ce sont les tribus qui ont d\u00e9clench\u00e9 la r\u00e9volte contre leurs gouverneurs, <em>\u00abici, c\u2019est le peuple de Sfax qui se bat.\u00bb\u00a0<\/em>Toutefois, elle nuance en ajoutant: <em>\u00abEn fait, de nombreux bourgeois ont donn\u00e9 leur appui au mouvement et dans la nouvelle commission municipale, si\u00e8gent le cadi, le mufti, El Nouri et El Kara\u00ef, chefs des deux principales zaouias de la ville, H\u00e2j Brahim Sellami, amine du commerce et Ahmed\u00a0 Chabouni, propri\u00e9taire.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/3(119).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Minaret de la Grande mosqu\u00e9e (IXe si\u00e8cle) et vue sur la ville<\/em><\/span><\/p>\n<p>En 1881, appuy\u00e9e sur les contingents arm\u00e9s de la tribu des valeureux Mth\u00e9lith venus \u00e0 la rescousse, la ville opposa une r\u00e9sistance h\u00e9ro\u00efque aux troupes fran\u00e7aises. Elle ne tomba qu\u2019\u00e0 la suite de bombardements intenses des canons de l&rsquo;escadre et le recours des envahisseurs \u00e0 la m\u00e9thode f\u00e9roce de l\u2019enfumage\u00a0 des demeures et des abris.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/4(86).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Cueillette des olives dans l&rsquo;ancien temps<\/em><\/span><\/p>\n<p>Au plan de la vie \u00e9conomique et de l\u2019activit\u00e9 d\u2019\u00e9changes, le tropisme vers l\u2019Orient, vivace depuis l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, a toujours constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment majeur de la personnalit\u00e9 sfaxienne. L\u2019ancestrale vocation marchande si bien \u00e9tudi\u00e9e par l\u2019historien Ali Zouari dans son ouvrage intitul\u00e9\u00a0 Les relations commerciales entre Sfax et le Levant aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cles (INAA, Tunis 1990) assurait de fructueux \u00e9changes commerciaux avec l\u2019Egypte, le Levant\u00a0 et la Turquie. Une installation d\u00e9finitive dans telle ou telle ville du Moyen-Orient \u00e9tait chose courante. Les liens\u00a0 avec cette r\u00e9gion \u00e9taient si solides que la plupart des familles de marchands envoyaient leurs enfants suivre leur cursus \u00e0 la mosqu\u00e9e-universit\u00e9 cairote d\u2019El Azhar davantage qu\u2019\u00e0 la Zitouna de Tunis. Certains, comme le c\u00e9l\u00e8bre Sidi Ali El Nouri, \u00e9tudi\u00e8rent \u00e0 la grande mosqu\u00e9e de Tunis puis au Caire.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/5(54).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Le port de Sfax, quai des phosphates (carte postale ancienne)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Le dynamisme des\u00a0 grands marchands sfaxiens avait abouti aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cles \u00e0 une pr\u00e9sence active non seulement \u00e0 Tunis, \u00e0 Annaba, en Tripolitaine,\u00a0 en Cyr\u00e9na\u00efque et en M\u00e9diterran\u00e9e occidentale (Marseille, Livourne G\u00eanes et Malte nous apprend A. Zouari);\u00a0 mais \u00e9galement \u00e0 Alexandrie, au Caire, \u00e0 Damas et Alep et Istanbul ou Smyrne (Izmir). Ali Zouari, dans son ouvrage pr\u00e9cit\u00e9, nous indique \u00e0 la page 146\u00a0 que\u00a0 <em>\u00ables familles les plus actives et les plus r\u00e9guli\u00e8rement en contact avec le Levant \u00e9taient les Fendri, Ghrab, Djellouli, Megdiche, Makni, El Nouri, Sellami, Charfi et Chaabouni.\u00bb\u00a0<\/em> En vertu d\u2019un usage classique dans la civilisation musulmane, le p\u00e8lerinage aux Lieux saints\u00a0 s\u2019accompagnait de fructueuses op\u00e9rations commerciales. Notons enfin que le commerce caravanier en direction de l\u2019Afrique subsaharienne n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/6(45).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Salle de pri\u00e8res hypostyle de la grande mosqu\u00e9e<\/em><\/span><\/p>\n<p>En mati\u00e8re de religion et de science, il convient de souligner que\u00a0 d\u00e8s le Moyen \u00c2ge, Sfax abrita des oul\u00e9mas-enseignants tels Sidi Abou el Hassan El Lakhm\u00ee (m.1085), savant mal\u00e9kite v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la population pour sa science et sa baraka. L\u2019histoire a \u00e9galement gard\u00e9 le souvenir des soufis adeptes de l\u2019islam mystique et des asc\u00e8tes vou\u00e9s \u00e0 la pri\u00e8re et \u00e0 la surveillance c\u00f4ti\u00e8re dans les mahrass et ribat-s, notamment celui connu sous le nom de Qasr Ziy\u00e2d. Ces soufis, par leur enseignement non seulement mystique mais aussi classique, contribuaient au renforcement du sunnisme et de l\u2019\u00e9cole mal\u00e9kite. Le plus c\u00e9l\u00e8bre des ma\u00eetres qui animaient ces sanctuaires est encore de nos jours sidi Abou Is\u2019h\u00e2q Al Jabaniy\u00e2n\u00ee, saint patron de Jabany\u00e2na, mort en 979.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/7(39).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Bab El Diw\u00e2n<\/em><\/span><\/p>\n<p>Aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, certaines zaouias, prolongeant cette tradition d\u2019alliance entre soufisme et sunnisme, se consacraient \u00e0 la diffusion de l\u2019enseignement de la religion, de la langue et de la grammaire. L\u2019exemple\u00a0 le plus c\u00e9l\u00e8bre des ma\u00eetres qui animaient ces sanctuaires est encore de nos jours celui de Sidi Ali El Nouri (1643\/44-1706). D\u2019autres n\u2019en \u00e9taient pas moins v\u00e9n\u00e9r\u00e9s: Sidi Abou al Hassan El Kara\u00ef, ou encore Sidi Mohamed Charfi.\u00a0 Des dynasties urbaines de professeurs et de magistrats se constitu\u00e8rent au cours des ans, telle la famille El Fourati.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/8(28).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Les remparts<\/em><\/span><\/p>\n<p>A la fin du XVIIe si\u00e8cle, le chroniqueur Husse\u00efn Khouja, dans son <em>Dhayl bacha\u2019ir ahl al Im\u00e2n,<\/em> nous dit qu\u2019\u00e0 son \u00e9poque, le repr\u00e9sentant le plus illustre de cette lign\u00e9e est le cheikh Abdelaziz b. Mohamed El Fourati. Apr\u00e8s un long s\u00e9jour d\u2019\u00e9tudes au Caire, cet oul\u00e9ma, auteur d\u2019opuscules sur les fondements de la foi, sur la grammaire et\u00a0 le rituel du p\u00e8lerinage retourne dans sa ville natale et se consacre \u00e0 l\u2019enseignement. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019apport de Sfax aux disciplines religieuses et litt\u00e9raires, s\u2019incarne dans la haute figure de Sidi Ali El Nouri et son\u00a0 c\u00e9l\u00e8bre ouvrage <em>(Ghayth el naf\u2019 f\u00ef al qir\u00e2\u2019et el sab\u2019)<\/em>, mais aussi dans l\u2019\u0153uvre de Mahmoud Megdiche (1742-1813), l\u2019historiographe de la ville, auteur de <em>Nuzhat al andh\u00e2r f\u00ee\u2019aj\u00e2\u2019ib al taw\u00e2r\u00eekh wa al akhb\u00e2r.<\/em> L\u2019\u00e9rudit, homme de lettres et\u00a0 po\u00e8te Ibrahim El Kharr\u00e2t (1739-1836), quant \u00e0 lui, nous laissa\u00a0 son c\u00e9l\u00e8bre trait\u00e9 Zahr al rab\u00ee\u2019f\u00ee mah\u00e2sin al bad\u00ee consacr\u00e9 \u00e0 une des branches de la rh\u00e9torique arabe ax\u00e9e sur la stylistique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/9(19).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>La ville moderne. A droite: l&rsquo;h\u00f4tel de ville (photo J. Chevalier)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Du point de vue de l\u2019histoire politique, Sfax joua un r\u00f4le cons\u00e9quent dans le succ\u00e8s durable de la dynastie husse\u00efnite. Durant les XVIIIe, XIXe et XXe si\u00e8cles, deux familles, les Bou Attour et les Djellouli, firent preuve, en la mati\u00e8re, d\u2019une loyaut\u00e9 sans faille au tr\u00f4ne beylical. A titre d\u2019exemple, \u00e9voquons ici, rapidement, l\u2019itin\u00e9raire du puissant Mahmoud b. Bakkar Djellouli (1750-1839). Ca\u00efd-gouverneur de Sfax, de Sousse et du Sahel, fermier g\u00e9n\u00e9ral des taxes de la douane, armateur corsaire et homme d\u2019affaires, ce personnage constitue un brillant t\u00e9moignage de ce que pouvait \u00eatre une r\u00e9ussite autochtone dans la politique et l\u2019\u00e9conomie au temps de la dynastie des pachas beys. A son propos, le voyageur anglais Grenville Temple note dans son r\u00e9cit de voyage paru\u00a0 \u00e0 Londres en 1835: <em>\u00abJalooli, one of the richest individuals in the Beylik, made the great bulk of his fortune by his cruisers, of which he is said to have possessed no less than twenty three at one time.\u00bb<\/em> Ses fils et petits-fils march\u00e8rent dans les pas de Mahmoud et exerc\u00e8rent durablement les fonctions de ca\u00efds-gouverneurs non seulement de Sfax, leur ville natale, mais aussi de la tribu des Mth\u00e9l\u00eeth.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/10(8).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Cour int\u00e9rieure de la citadelle (Kasbah)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Au moment\u00a0 de la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance, Sfax et sa r\u00e9gion donn\u00e8rent d\u2019\u00e9minentes personnalit\u00e9s, notamment H\u00e9di Chaker (Sfax 1908- Nabeul 1953), un des fondateurs du N\u00e9o-Destour en 1934, qui cr\u00e9a la premi\u00e8re cellule destourienne de Sfax. Plusieurs fois incarc\u00e9r\u00e9 et \u00e9loign\u00e9 dans les territoires du Sud, il est plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 Nabeul en 1953, ann\u00e9e durant laquelle il est assassin\u00e9. Kerkennah donna \u00e0 la Tunisie militante Farhat Hached, un leader syndicaliste fondateur de l\u2019Ugtt.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/11(11).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Jeune artisane \u00e0 l&rsquo;ouvrage (photo J. Chevalier)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Il fut aussi un dirigeant nationaliste destourien actif\u00a0 que la Main rouge, organisation colonialiste secr\u00e8te, assassina le 5 d\u00e9cembre 1952. Habib Achour, chef syndicaliste, natif de Kerkennah comme F. Hached et, comme lui, engag\u00e9 avec le N\u00e9o-Destour, joua un r\u00f4le politique important. C\u2019est lui qui, dans le contexte de la grave crise au sein du parti, cons\u00e9cutive aux divergences relatives aux accords franco-tunisiens de l\u2019Autonomie interne, assura l\u2019organisation et la s\u00e9curit\u00e9 du congr\u00e8s particuli\u00e8rement tendu du N\u00e9o-Destour, tenu du 15 au 18 novembre 1955 \u00e0 Sfax. Il contribua ainsi \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs souhait\u00e9s par Habib Bourguiba, c\u2019est-\u00e0-dire un bon d\u00e9roulement des travaux et l\u2019\u00e9limination de son rival, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti, Salah Ben Youssef.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/12(8).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Au si\u00e8ge du ca\u00efdat<\/em><\/span><\/p>\n<p>Voyons \u00e0 pr\u00e9sent le patrimoine urbain historique sfaxien: la m\u00e9dina, fort ancienne, est int\u00e9ressante par sa configuration, ses remparts d\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, sa kasbah (citadelle, sa grande mosqu\u00e9e, fond\u00e9e en 850, et son minaret typique, ses march\u00e9s anciens, ses demeures traditionnelles, notamment Dar Djellouli qui abrite aujourd\u2019hui le mus\u00e9e des arts et traditions. La ville moderne, s\u00e9rieusement endommag\u00e9e lors des bombardements de 1943, a \u00e9t\u00e9 reconstruite apr\u00e8s-guerre dans un style architectural harmonieux.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/13(7).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p><span><em>Exemplaire unique de galeries superpos\u00e9es \u00e0 Dar Djellouli (in Ali Zouari, \u00c9tude architecturale de deux demeures sfaxiennes, GREPO, 1988)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Un \u00e9l\u00e9ment constitutif du patrimoine horticole et de l\u2019art de vivre local est repr\u00e9sent\u00e9 par les jn\u00e2n-s. Sfax, en effet, a toujours \u00e9t\u00e9 entour\u00e9e d\u2019une large ceinture de jardins. Voici comment les voyait dans les ann\u00e9es 1880 l\u2019aquarelliste et \u00e9crivain Charles Lallemand lors de son p\u00e9riple tunisien : <em>\u00abLes jardins, jenane, de Sfax! Mais c\u2019est la vie m\u00eame des habitants. [A la belle saison], chaque soir, apr\u00e8s les affaires faites, l\u2019heureux bourgeois sfaxien regagne, au trot de son cheval, de son mulet ou de son \u00e2ne, le beau jardin au milieu duquel habite sa famille. (\u2026) On [y]cultive toutes sortes de l\u00e9gumes, de fruits et de plantes m\u00e9dicinales.\u00bb<\/em> Outre les jn\u00e2n, et d\u2019un poids \u00e9conomique autrement consid\u00e9rable, Sfax et sa r\u00e9gion se flattent de l\u2019existence d\u2019une magnifique for\u00eat de millions d\u2019oliviers d\u00e9velopp\u00e9e et \u00e9tendue sur plusieurs milliers d\u2019hectares, constitu\u00e9e \u00e0 partir de 1892, selon des proc\u00e9d\u00e9s modernes et par le recours aux contrats de complant (mugharasa). Ce qui avait permis aux cultivateurs autochtones d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des plantations qu\u2019ils avaient eux-m\u00eames cr\u00e9\u00e9es.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/14(5).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Rue et sc\u00e8nes de la vie quotidienne dans les ann\u00e9es 1880 vues par Charles Lallemand<\/em><\/span><\/p>\n<p>Dans le domaine de la culture et des arts, Sfax a donn\u00e9 des artistes musiciens de talent tels Chafia Rochdi, figure pionni\u00e8re de la chanson et du th\u00e9\u00e2tre, Mohamed Jamoussi, Mohamed Boudaya, Ali Chalgham, Ahmed Hamza et, \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante, Safwa et Saber Reba\u00ef. Des fils de la cit\u00e9 consacr\u00e8rent leurs activit\u00e9s \u00e0 la sauvegarde et \u00e0 la diffusion du patrimoine musical classique (malouf) et soufi tels Mahmoud Siala, Ahmed Zghal, Ali Hachicha et bien d\u2019autres. Dans les arts plastiques, \u00e9voquons Khalil Aloulou, Walid Zaouri, Sami Ben Ameur et Adel Megdiche. Dans le septi\u00e8me art, retenons les noms de Nouri Bouzid et Moncef Dhouib et le jeune Youssef Ksentini.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/15(2).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Habib Bourguiba au congr\u00e8s de Sfax(1955)<\/em><\/span><\/p>\n<p>Nous ne terminerons pas cet aper\u00e7u historique sur la capitale du sud, sans rappeler sa vigueur \u00e9conomique moderne. La ville, dot\u00e9e en 1891 d\u2019un port qui est, aujourd\u2019hui, le premier en termes de trafic, n\u2019a cess\u00e9 depuis de d\u00e9velopper son tissu industriel. A telle enseigne qu\u2019elle poss\u00e8de aujourd\u2019hui 4 000 entreprises vou\u00e9es \u00e0 divers secteurs.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/16(2).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Lutte nationale: H\u00e9di Chaker, Farhat Hached, et culture: Mohamed Jamoussi, Chafia Rochdi, Adel Megdiche<\/em><\/span><\/p>\n<p>Tout comme il convient de souligner l\u2019\u00e9minente position de nombreuses personnalit\u00e9s tunisiennes originaires de Sfax: scientifiques, m\u00e9decins, chirurgiens, ing\u00e9nieurs, juristes, universitaires, et des figures \u00e9minentes des m\u00e9dias, de l\u2019\u00e9dition et de la communication. Dans le milieu des affaires, les \u00e9lites sfaxiennes tiennent une place tout aussi \u00e9minente. Par leurs talents, leurs efforts, leur rigueur professionnelle et leur capacit\u00e9 \u00e0 suivre le mouvement du monde, ces hommes et ces femmes ont cr\u00e9\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 des entreprises,\u00a0 souvent comp\u00e9titives \u00e0 l\u2019international. Elles sont aujourd\u2019hui autant de fleurons de l\u2019\u00e9conomie nationale.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/17(3).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><span><em>Patrouilleurs de la marine nationale construits \u00e0 Sfax aux chantiers navals de la SCIN<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong>Mohamed-El Aziz Ben Achour<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38477-mohamed-el-aziz-ben-achour-sfax-d-hier-a-aujourd-hui-panorama-historique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohamed-El Aziz Ben Achour &#8211; Situ\u00e9e sur le littoral, \u00e0 270 km au sud\u00a0 de Tunis, Sfax est la deuxi\u00e8me ville du pays, tant par le nombre de ses habitants que par son dynamisme \u00e9conomique. D\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, une pr\u00e9sence punique et romaine est attest\u00e9e \u00e0 Thyna et Acholla (Boutria). 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