{"id":192626,"date":"2026-09-29T13:01:12","date_gmt":"2026-09-29T17:01:12","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/penuries-la-tunisie-face-aux-limites-de-son-modele-de-developpement\/"},"modified":"2026-09-29T13:01:12","modified_gmt":"2026-09-29T17:01:12","slug":"penuries-la-tunisie-face-aux-limites-de-son-modele-de-developpement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/penuries-la-tunisie-face-aux-limites-de-son-modele-de-developpement\/","title":{"rendered":"P\u00e9nuries: la Tunisie face aux limites de son mod\u00e8le de d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Eau, \u00e9nergie, alimentation: le d\u00e9fi d\u2019un mod\u00e8le fond\u00e9 sur la r\u00e9silience et la ma\u00eetrise des interd\u00e9pendances<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span><span><strong>Par Dhia Bouktila.<\/strong><\/span><\/span> <em><span><span><strong>Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Monastir &#8211;<\/strong><\/span><\/span> <\/em><strong>Eau, \u00e9lectricit\u00e9, eau min\u00e9rale, produits alimentaires, carburants, m\u00e9dicaments: les p\u00e9nuries se succ\u00e8dent en Tunisie, dans des secteurs et pour des raisons souvent tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Leur r\u00e9p\u00e9tition pose pourtant une question commune: comment assurer durablement les besoins essentiels d\u2019une \u00e9conomie lorsque les ressources, les infrastructures productives et les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement sont soumises \u00e0 des contraintes croissantes? Au-del\u00e0 de la gestion de chaque crise, c\u2019est la capacit\u00e9 de notre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e0 anticiper les interd\u00e9pendances et \u00e0 pr\u00e9server ses ressources qui est d\u00e9sormais en question.<\/strong><\/p>\n<p>Il suffit d\u2019observer les pr\u00e9occupations quotidiennes des tunisiens pour mesurer \u00e0 quel point les tensions sur les ressources et les approvisionnements se sont install\u00e9es au c\u0153ur de la vie collective. Produits alimentaires de base, carburants, m\u00e9dicaments, eau potable, \u00e9lectricit\u00e9 et, plus r\u00e9cemment, eau min\u00e9rale en bouteille: les \u00e9pisodes de p\u00e9nurie ou de forte tension se succ\u00e8dent, dans des secteurs pourtant tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Ces situations n\u2019ont \u00e9videmment pas toutes les m\u00eames causes. Une rupture de m\u00e9dicaments ne r\u00e9pond pas aux m\u00eames m\u00e9canismes qu\u2019une tension sur les produits agricoles, les carburants ou l\u2019eau potable. Les facteurs peuvent \u00eatre productifs, logistiques, financiers, \u00e9nerg\u00e9tiques, hydriques ou institutionnels, et parfois se combiner.<\/p>\n<p>Mais leur r\u00e9p\u00e9tition pose une question commune: <strong>notre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement est-il encore adapt\u00e9 \u00e0 un contexte o\u00f9 les ressources se rar\u00e9fient, o\u00f9 les co\u00fbts augmentent et o\u00f9 les approvisionnements deviennent plus vuln\u00e9rables?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 2026 a donn\u00e9 une visibilit\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 cette fragilit\u00e9, avec des tensions simultan\u00e9es sur l\u2019eau et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. En juillet, l\u2019Observatoire tunisien de l\u2019eau a recens\u00e9 608 signalements de perturbations de l\u2019approvisionnement en eau, tandis que la STEG a d\u00fb recourir \u00e0 des coupures programm\u00e9es pour pr\u00e9server l\u2019\u00e9quilibre du r\u00e9seau \u00e9lectrique face \u00e0 une demande exceptionnelle.<\/p>\n<p>Ces tensions prennent une dimension plus structurelle \u00e0 la lumi\u00e8re du dernier <em><strong>Tunisia Economic<\/strong><\/em> <strong>Monitor de la Banque mondiale<\/strong>. Publi\u00e9 en septembre 2026, le rapport estime que la disponibilit\u00e9 en eau douce renouvelable n\u2019est plus que d\u2019environ 380 m\u00b3 par habitant et par an et souligne que la raret\u00e9 de l\u2019eau pourrait, sans r\u00e9ponses adapt\u00e9es, r\u00e9duire le PIB tunisien de 6,4 % \u00e0 l\u2019horizon 2050.<\/p>\n<p>Ces projections ne constituent pas une fatalit\u00e9. Elles montrent cependant que la question des ressources d\u00e9passe d\u00e9sormais la seule gestion des crises sectorielles. Elle renvoie \u00e0 notre capacit\u00e9 \u00e0 anticiper les interd\u00e9pendances entre l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie, l\u2019alimentation et l\u2019ensemble de notre syst\u00e8me productif. <strong>La p\u00e9nurie est le sympt\u00f4me visible; la r\u00e9silience du mod\u00e8le de d\u00e9veloppement constitue l\u2019enjeu de fond.<\/strong><\/p>\n<p><span><span><strong>1. Le nexus eau \u2013 \u00e9nergie \u2013 alimentation: comprendre un syst\u00e8me, au-del\u00e0 des secteurs<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019une des limites de nos approches traditionnelles du d\u00e9veloppement r\u00e9side dans la mani\u00e8re dont nous continuons \u00e0 penser s\u00e9par\u00e9ment des ressources qui, dans la r\u00e9alit\u00e9, sont \u00e9troitement interd\u00e9pendantes.<\/p>\n<p>L\u2019eau est g\u00e9n\u00e9ralement appr\u00e9hend\u00e9e comme une question hydraulique, agricole ou environnementale. L\u2019\u00e9nergie rel\u00e8ve des politiques \u00e9nerg\u00e9tiques et industrielles. L\u2019alimentation est abord\u00e9e sous l\u2019angle de la production agricole, des march\u00e9s, des prix et de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p>Pourtant, ces trois dimensions forment un syst\u00e8me dont les composantes se conditionnent mutuellement.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que met en \u00e9vidence le concept de <strong>nexus eau \u2013 \u00e9nergie \u2013 alimentation<\/strong>, d\u00e9velopp\u00e9 notamment par la FAO et d\u2019autres institutions internationales. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple juxtaposition de trois enjeux majeurs, mais d\u2019une approche syst\u00e9mique qui cherche \u00e0 comprendre les interactions entre les ressources, afin d\u2019\u00e9clairer les arbitrages et de r\u00e9duire les effets ind\u00e9sirables des politiques sectorielles.<\/p>\n<p>L\u2019agriculture, par exemple, d\u00e9pend directement de la disponibilit\u00e9 de l\u2019eau. Mais elle d\u00e9pend \u00e9galement de l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au pompage, au transport, \u00e0 la transformation et \u00e0 la conservation des produits. Une crise \u00e9nerg\u00e9tique peut donc se r\u00e9percuter sur les co\u00fbts de production et de distribution alimentaires. Inversement, les choix d\u2019irrigation, de cultures et de transformation agroalimentaire influencent les besoins en eau et en \u00e9nergie.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie elle-m\u00eame n\u2019est pas ind\u00e9pendante de l\u2019eau. Certaines formes de production \u00e9nerg\u00e9tique, ainsi que les diff\u00e9rentes op\u00e9rations de transformation industrielle mobilisent des ressources hydriques. De m\u00eame, le dessalement de l\u2019eau de mer, appel\u00e9 \u00e0 contribuer \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 hydrique de la Tunisie, exige des capacit\u00e9s \u00e9nerg\u00e9tiques dont la pertinence \u00e9conomique et environnementale doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces interd\u00e9pendances ne sont pas th\u00e9oriques. Elles d\u00e9terminent la mani\u00e8re dont une difficult\u00e9 localis\u00e9e peut se propager dans l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie.<br \/>Une contrainte hydrique peut r\u00e9duire les possibilit\u00e9s de production agricole, affecter les revenus ruraux, peser sur les industries agroalimentaires et accro\u00eetre les besoins d\u2019importation. Une hausse du co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie peut rench\u00e9rir l\u2019irrigation, le transport et la conservation des produits. Une rupture dans les approvisionnements alimentaires peut, \u00e0 son tour, affecter le pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages et les \u00e9quilibres \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>La p\u00e9nurie n\u2019est donc pas toujours un ph\u00e9nom\u00e8ne isol\u00e9: elle peut \u00eatre le point de d\u00e9part d\u2019une <strong>cha\u00eene de vuln\u00e9rabilit\u00e9s<\/strong> qui traverse plusieurs secteurs et plusieurs territoires.<\/p>\n<p>Cette lecture est particuli\u00e8rement importante pour la Tunisie, dont les ressources naturelles sont limit\u00e9es et dont une partie des approvisionnements strat\u00e9giques d\u00e9pend de march\u00e9s ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Elle impose de d\u00e9passer une logique de gestion sectorielle pour adopter une vision int\u00e9gr\u00e9e des ressources. Une politique de l\u2019eau ne peut \u00eatre pleinement efficace si elle ignore les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques qu\u2019elle induit. Une politique agricole ne peut \u00eatre durable si elle n\u00e9glige les contraintes hydriques des territoires. Une strat\u00e9gie \u00e9nerg\u00e9tique ne peut \u00eatre coh\u00e9rente si elle fait abstraction de ses cons\u00e9quences sur la production alimentaire.<\/p>\n<p>Le nexus impose ainsi un changement de perspective fondamental: \u00e9valuer chaque d\u00e9cision sectorielle non seulement \u00e0 l\u2019aune de ses effets imm\u00e9diats, mais aussi au regard de ses r\u00e9percussions sur l\u2019ensemble du syst\u00e8me de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><span><span><strong>2. Le paradoxe tunisien: produire davantage avec des ressources de plus en plus contraintes<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La Tunisie se trouve aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 une contradiction majeure.<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle doit maintenir sa production agricole, s\u00e9curiser son alimentation, cr\u00e9er des emplois, soutenir son industrie et am\u00e9liorer les conditions de vie de sa population. De l\u2019autre, elle doit composer avec une disponibilit\u00e9 hydrique extr\u00eamement limit\u00e9e, une forte d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique ext\u00e9rieure et des contraintes climatiques qui fragilisent de plus en plus les syst\u00e8mes productifs.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es disponibles donnent la mesure de cette tension. <strong>Le r\u00e9cent <em>Tunisia Economic Monitor<\/em> de la Banque mondiale<\/strong> montre que la raret\u00e9 de l\u2019eau n\u2019est plus une contrainte temporaire, mais une donn\u00e9e structurelle du d\u00e9veloppement tunisien. Le rapport souligne \u00e9galement que le changement climatique et l\u2019\u00e9volution de la demande renforceront cette pression dans les prochaines d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>La question hydrique ne peut donc plus \u00eatre abord\u00e9e uniquement \u00e0 travers les variations annuelles des pr\u00e9cipitations ou le niveau de remplissage des barrages. Une am\u00e9lioration ponctuelle des ressources peut offrir un r\u00e9pit indispensable, mais elle ne modifie pas les contraintes de fond auxquelles le pays doit d\u00e9sormais adapter ses choix de production, ses infrastructures et ses modes de gestion.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences d\u00e9passent largement le secteur agricole. L\u2019agriculture mobilise une part importante des ressources en eau et demeure un pilier de l\u2019emploi rural. Mais le tourisme, les industries agroalimentaires et les services urbains d\u00e9pendent eux aussi d\u2019un approvisionnement hydrique fiable.<\/p>\n<p>La raret\u00e9 de l\u2019eau devient ainsi une contrainte de comp\u00e9titivit\u00e9, de productivit\u00e9 et, plus largement, de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution oblige \u00e0 d\u00e9placer le regard: la question n\u2019est plus seulement de savoir <strong>comment produire davantage<\/strong>, mais <strong>comment produire davantage de valeur avec des ressources de plus en plus contraintes<\/strong>. C\u2019est l\u00e0 que se situe l\u2019un des paradoxes majeurs du mod\u00e8le tunisien.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit \u00e9videmment pas de renoncer \u00e0 la production agricole. Il s\u2019agit de reconna\u00eetre que les objectifs de production doivent d\u00e9sormais \u00eatre articul\u00e9s \u00e0 des exigences de soutenabilit\u00e9, de r\u00e9silience et de cr\u00e9ation de valeur.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi consiste \u00e0 <strong>produire mieux, \u00e0 r\u00e9duire les pertes, \u00e0 valoriser davantage les ressources mobilis\u00e9es et \u00e0 orienter les investissements vers les syst\u00e8mes productifs les plus adapt\u00e9s aux caract\u00e9ristiques des territoires.<\/strong><\/p>\n<p>Cela suppose aussi de reconna\u00eetre que tous les territoires ne disposent pas des m\u00eames ressources, que toutes les cultures ne pr\u00e9sentent pas les m\u00eames exigences hydriques et que les m\u00eames solutions techniques ne peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es indistinctement \u00e0 l\u2019ensemble du pays.<\/p>\n<p><strong>La transition vers un mod\u00e8le plus r\u00e9silient<\/strong> exige donc une connaissance beaucoup plus fine des territoires, de leurs ressources et de leurs potentialit\u00e9s.<\/p>\n<p><span><span><strong>3. Sortir de la gestion des crises: r\u00e9former la gouvernance des ressources<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Si les p\u00e9nuries constituent le sympt\u00f4me visible de tensions multiples, leur pr\u00e9vention n\u00e9cessite de transformer la mani\u00e8re dont les politiques publiques sont con\u00e7ues et mises en \u0153uvre.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse ne peut se limiter \u00e0 renforcer les capacit\u00e9s d\u2019approvisionnement, \u00e0 mobiliser des ressources suppl\u00e9mentaires ou \u00e0 intervenir dans l\u2019urgence. Ces mesures peuvent \u00eatre n\u00e9cessaires, parfois indispensables. Mais elles demeurent insuffisantes si elles ne s\u2019accompagnent pas d\u2019une r\u00e9forme de la gouvernance des ressources et des instruments d\u2019aide \u00e0 la d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Cette transformation pourrait s\u2019articuler autour de quatre priorit\u00e9s:<\/p>\n<p><span><span><strong>a) Instaurer une gouvernance institutionnelle des interd\u00e9pendances entre eau, \u00e9nergie et alimentation<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La premi\u00e8re \u00e9volution devrait \u00eatre institutionnelle.<\/p>\n<p>La Tunisie gagnerait \u00e0 mettre en place <strong>un m\u00e9canisme institutionnel permanent de coordination strat\u00e9gique des interd\u00e9pendances entre l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie et l\u2019alimentation,<\/strong> associant administrations publiques, institutions scientifiques et acteurs \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agirait pas de cr\u00e9er une structure administrative suppl\u00e9mentaire charg\u00e9e de produire des rapports. L\u2019objectif serait d\u2019introduire une v\u00e9ritable capacit\u00e9 d\u2019<strong>arbitrage transversal dans la d\u00e9cision strat\u00e9gique.<\/strong><\/p>\n<p>Un tel m\u00e9canisme devrait permettre d\u2019\u00e9valuer les cons\u00e9quences crois\u00e9es des grands investissements, d\u2019identifier les risques de transfert de vuln\u00e9rabilit\u00e9 entre secteurs et de construire des sc\u00e9narios int\u00e9grant les \u00e9volutions climatiques, hydriques, \u00e9nerg\u00e9tiques et alimentaires.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre du <strong>Plan Eau 2050<\/strong>, qui pr\u00e9voit des investissements importants dans les infrastructures et la gestion de l\u2019eau, illustre l\u2019importance de cette articulation. La Banque mondiale insiste pr\u00e9cis\u00e9ment sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019accompagner les investissements hydriques de r\u00e9formes institutionnelles, de la modernisation de la gestion de l\u2019irrigation et d\u2019une meilleure r\u00e9utilisation des eaux trait\u00e9es.<\/p>\n<p><span><span><strong>b) R\u00e9orienter les politiques agricoles vers la valeur cr\u00e9\u00e9e par unit\u00e9 de ressource<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Une deuxi\u00e8me r\u00e9forme concerne les crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation des politiques agricoles et des investissements productifs.<\/p>\n<p>Les rendements par hectare et les volumes commercialis\u00e9s demeurent des indicateurs indispensables. Mais ils doivent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par des indicateurs de <strong>productivit\u00e9 hydrique<span><sup>(*)<\/sup><\/span>, d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, de valeur ajout\u00e9e et de r\u00e9silience.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019enjeu est de faire \u00e9voluer progressivement les m\u00e9canismes de soutien et d\u2019investissement pour qu\u2019ils valorisent non seulement la production obtenue, mais aussi la capacit\u00e9 \u00e0 <strong>cr\u00e9er davantage de valeur avec des ressources limit\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>Cette \u00e9volution doit rester diff\u00e9renci\u00e9e selon les cultures, les territoires et les objectifs de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Elle ne saurait se traduire par des interdictions g\u00e9n\u00e9rales ou par une opposition simpliste entre cultures dites rentables et cultures dites consommatrices d\u2019eau.<\/p>\n<p>Elle suppose des \u00e9valuations agronomiques, \u00e9conomiques, sociales et environnementales permettant d\u2019\u00e9clairer les arbitrages publics.<\/p>\n<p>La modernisation de l\u2019irrigation, la r\u00e9duction des pertes post-r\u00e9colte, l\u2019adaptation des calendriers culturaux, la valorisation des eaux non conventionnelles lorsque les conditions sanitaires et environnementales le permettent, ainsi que l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique et agronomique des cultures doivent s\u2019inscrire dans cette perspective, en privil\u00e9giant les syst\u00e8mes les mieux adapt\u00e9s aux contraintes climatiques et hydriques.<\/p>\n<p><strong>La performance agricole de demain se mesurera aussi \u00e0 la capacit\u00e9 de produire davantage de valeur avec moins de ressources.<\/strong><\/p>\n<p><span><span><strong>c)\u00a0 Mettre en place une gouvernance anticipatrice des disponibilit\u00e9s alimentaires<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La question des p\u00e9nuries alimentaires appelle, elle aussi, un changement de m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Les difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement en tomates, pommes de terre, volaille, lait ou certains produits alimentaires de base illustrent l\u2019importance des calendriers de production, de l\u2019organisation des march\u00e9s et des capacit\u00e9s de stockage. Elles ne sauraient s\u2019expliquer par les seuls al\u00e9as climatiques.<\/p>\n<p><strong>La Tunisie gagnerait \u00e0 renforcer un syst\u00e8me permanent d\u2019observation et d\u2019anticipation des disponibilit\u00e9s alimentaires, en commen\u00e7ant par les produits strat\u00e9giques les plus sensibles aux variations saisonni\u00e8res.<\/strong><\/p>\n<p>Ce dispositif devrait croiser les donn\u00e9es relatives aux superficies cultiv\u00e9es, aux pr\u00e9visions de r\u00e9colte, aux stocks, aux conditions climatiques, aux besoins du march\u00e9 et aux flux commerciaux.<\/p>\n<p>L\u2019objectif serait de d\u00e9tecter les tensions suffisamment t\u00f4t pour permettre des r\u00e9ponses adapt\u00e9es: meilleure coordination entre bassins de production, am\u00e9lioration du stockage lorsque cela est pertinent, r\u00e9duction des pertes, organisation de la logistique et anticipation raisonn\u00e9e des besoins d\u2019importation.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit de passer d\u2019une intervention essentiellement r\u00e9active, d\u00e9clench\u00e9e lorsque les ruptures sont d\u00e9j\u00e0 visibles, \u00e0 une politique de pr\u00e9vention fond\u00e9e sur l\u2019information et la coordination.<\/p>\n<p>L\u2019anticipation ne supprimera pas toutes les p\u00e9nuries. Elle peut cependant r\u00e9duire leur fr\u00e9quence, leur intensit\u00e9 et leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques et sociales.<\/p>\n<p><span><span><strong>d) Faire de la recherche scientifique une infrastructure de d\u00e9cision publique<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>C\u2019est probablement ici que se situe l\u2019un des leviers les plus importants de transformation.<\/p>\n<p>La Tunisie dispose de comp\u00e9tences scientifiques dans les domaines de l\u2019agronomie, de l\u2019hydrologie, de la biotechnologie, de la g\u00e9nomique, de l\u2019environnement, de l\u2019\u00e9nergie et de la mod\u00e9lisation. Ces comp\u00e9tences devraient \u00eatre mobilis\u00e9es de mani\u00e8re plus syst\u00e9matique dans la conception et l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques.<\/p>\n<p>La recherche ne doit pas \u00eatre sollicit\u00e9e uniquement lorsqu\u2019une crise survient, pour apporter une expertise ponctuelle ou proposer une solution technique \u00e0 un probl\u00e8me d\u00e9j\u00e0 install\u00e9. La crise sanitaire de la Covid-19 a notamment montr\u00e9 l\u2019importance de l\u2019expertise scientifique dans l\u2019urgence, \u00e0 travers la mobilisation de structures et de commissions scientifiques. Mais cette mobilisation, aussi n\u00e9cessaire soit-elle, ne peut constituer le seul mode de relation entre science et d\u00e9cision publique. <strong>La science doit \u00eatre mobilis\u00e9e avant la crise: pour documenter les vuln\u00e9rabilit\u00e9s, construire des sc\u00e9narios, identifier les risques \u00e9mergents et \u00e9clairer les choix qui permettent de les pr\u00e9venir.<\/strong><\/p>\n<p>La FAO et l\u2019Institut international de gestion de l\u2019eau ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9, avec plusieurs partenaires tunisiens, des outils de suivi de la consommation hydrique agricole et d\u2019aide \u00e0 l\u2019allocation de l\u2019eau dans les p\u00e9rim\u00e8tres irrigu\u00e9s. L\u2019exp\u00e9rience du <em><strong>Water Use Tool<\/strong><\/em> dans le p\u00e9rim\u00e8tre de Bouheurtma montre notamment comment les donn\u00e9es satellitaires et la mod\u00e9lisation peuvent contribuer \u00e0 \u00e9clairer les d\u00e9cisions op\u00e9rationnelles.<\/p>\n<p>Mais l\u2019enjeu ne devrait pas \u00eatre de d\u00e9pendre uniquement de telles collaborations internationales. <strong>La Tunisie dispose elle-m\u00eame d\u2019universit\u00e9s, de laboratoires et de comp\u00e9tences scientifiques qui pourraient \u00eatre davantage int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la production r\u00e9guli\u00e8re des connaissances n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9cision publique.<\/strong> Des conventions pluriannuelles entre les administrations territoriales (notamment les CRDA) et les institutions scientifiques pourraient permettre de produire des donn\u00e9es territorialis\u00e9es, des mod\u00e8les pr\u00e9dictifs et des indicateurs r\u00e9guli\u00e8rement actualis\u00e9s.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, le fonctionnement administratif reste largement organis\u00e9 autour de logiques sectorielles et hi\u00e9rarchiques, alors que les probl\u00e8mes auxquels les territoires sont confront\u00e9s sont de plus en plus transversaux. Le rapprochement entre les structures territoriales de l\u2019\u00c9tat et les universit\u00e9s devrait devenir un m\u00e9canisme permanent d\u2019appui scientifique \u00e0 la d\u00e9cision et d\u2019anticipation des risques.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est d\u00e9sormais de consolider, de g\u00e9n\u00e9raliser et d\u2019institutionnaliser ce type d\u2019approche, afin que les connaissances scientifiques disponibles deviennent un \u00e9l\u00e9ment permanent de la d\u00e9cision publique.<\/p>\n<p>Une nation qui ne conna\u00eet pas suffisamment ses ressources, leurs dynamiques et leurs limites ne peut pas organiser durablement leur valorisation.<\/p>\n<p><span><span><strong>e) Synth\u00e8se<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le tableau suivant r\u00e9sume les changements de m\u00e9thode que cette transformation implique.<\/p>\n<p><strong>Du mod\u00e8le sectoriel \u00e0 une gouvernance int\u00e9gr\u00e9e des ressources<\/strong><\/p>\n<table width=\"100%\" border=\"1\" cellpadding=\"1\" cellspacing=\"1\">\n<tbody readability=\"14\">\n<tr>\n<td><span><strong>Approche classique<\/strong><\/span><\/td>\n<td><strong><span>Approche \u00e0 construire<\/span><\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"5\">\n<td>Gestion s\u00e9par\u00e9e de l\u2019eau, de l\u2019\u00e9nergie et de l\u2019alimentation<\/td>\n<td>Planification int\u00e9gr\u00e9e fond\u00e9e sur le Nexus eau\u2013\u00e9nergie \u2013 alimentation<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"6\">\n<td>\u00c9valuation des politiques agricoles par les volumes et les rendements<\/td>\n<td>\u00c9valuation combinant production, valeur ajout\u00e9e, productivit\u00e9 hydrique et r\u00e9silience<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"5\">\n<td>Intervention apr\u00e8s l\u2019apparition des p\u00e9nuries<\/td>\n<td>Syst\u00e8mes d\u2019observation, d\u2019alerte et d\u2019anticipation des tensions<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"5\">\n<td>Recherche scientifique mobilis\u00e9e ponctuellement, souvent apr\u00e8s la crise<\/td>\n<td>Recherche scientifique int\u00e9gr\u00e9e en amont \u00e0 la planification et \u00e0 la d\u00e9cision publique<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"7\">\n<td>Investissements \u00e9valu\u00e9s principalement par leurs capacit\u00e9s et leurs co\u00fbts initiaux<\/td>\n<td>Investissements \u00e9valu\u00e9s selon leurs capacit\u00e9s et leurs co\u00fbts, mais aussi selon leur durabilit\u00e9, leurs risques et leur contribution \u00e0 la r\u00e9silience<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ce changement de paradigme implique enfin de faire de la s\u00e9curit\u00e9 des ressources un crit\u00e8re explicite de l\u2019investissement public.<\/p>\n<p>Tout grand projet de d\u00e9veloppement devrait pouvoir pr\u00e9ciser les ressources qu\u2019il mobilisera, la valeur \u00e9conomique et sociale qu\u2019il cr\u00e9era, sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux al\u00e9as climatiques et \u00e9nerg\u00e9tiques, ainsi que ses effets sur les \u00e9quilibres du territoire.<\/p>\n<p>L\u2019objectif est de mieux orienter les ressources publiques vers les investissements qui renforcent durablement la capacit\u00e9 productive et la r\u00e9silience du pays.<\/p>\n<p><span><span><strong>4. La souverainet\u00e9 de demain: ma\u00eetriser ses d\u00e9pendances et anticiper les transformations<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La question des p\u00e9nuries nous conduit, en d\u00e9finitive, \u00e0 reconsid\u00e9rer notre conception de la souverainet\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La souverainet\u00e9 ne peut \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 l\u2019autarcie. Aucun pays ne peut pr\u00e9tendre produire seul toutes les ressources, toutes les technologies et tous les biens n\u00e9cessaires \u00e0 son d\u00e9veloppement. Les \u00e9changes internationaux, la coop\u00e9ration scientifique et les interd\u00e9pendances \u00e9conomiques demeureront indispensables.<\/p>\n<p><strong>Mais une d\u00e9pendance devient une vuln\u00e9rabilit\u00e9 lorsqu\u2019elle n\u2019est ni suffisamment anticip\u00e9e, ni diversifi\u00e9e, ni ma\u00eetris\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 des ressources suppose ainsi de mieux conna\u00eetre les ressources disponibles, de pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes qui les soutiennent, de renforcer les comp\u00e9tences scientifiques et techniques, de diversifier les approvisionnements et de mettre en place des m\u00e9canismes de gestion capables d\u2019absorber les chocs.<\/p>\n<p>Elle suppose \u00e9galement de <strong>repenser le rapport entre d\u00e9veloppement \u00e9conomique et territoires.<\/strong> Les ressources hydriques, les sols, les \u00e9cosyst\u00e8mes, les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques et les syst\u00e8mes agricoles ne sont pas distribu\u00e9s uniform\u00e9ment sur le territoire tunisien. Les politiques de d\u00e9veloppement doivent donc \u00eatre davantage territorialis\u00e9es, fond\u00e9es sur les caract\u00e9ristiques r\u00e9elles des milieux et sur leurs potentialit\u00e9s de valorisation durable.<\/p>\n<p>L\u2019adaptation au changement climatique exige une transformation des syst\u00e8mes de production, des modes de consommation, des choix d\u2019investissement et des m\u00e9canismes de gouvernance.<\/p>\n<p>La Tunisie poss\u00e8de des comp\u00e9tences scientifiques, des ressources biologiques et des savoir-faire agricoles qui peuvent contribuer \u00e0 cette transformation. Mais leur valorisation exige une articulation plus \u00e9troite entre recherche, innovation, investissement productif et d\u00e9cision publique.<\/p>\n<p><span><span><strong>Conclusion: ne plus g\u00e9rer les p\u00e9nuries, construire la r\u00e9silience<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les p\u00e9nuries qui rythment la vie \u00e9conomique et sociale ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une succession de difficult\u00e9s sans lien entre elles. <strong>Elles constituent des signaux qui nous invitent \u00e0 examiner plus profond\u00e9ment les conditions de fonctionnement de notre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement.<\/strong><\/p>\n<p>Le <strong>nexus eau\u2013\u00e9nergie\u2013alimentation<\/strong> offre pr\u00e9cis\u00e9ment un cadre pour penser cette transformation. Il nous rappelle que la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire ne peut \u00eatre durable sans s\u00e9curit\u00e9 hydrique et \u00e9nerg\u00e9tique, que la s\u00e9curit\u00e9 hydrique ne peut \u00eatre assur\u00e9e sans gouvernance et sans connaissance scientifique, et que la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique doit \u00eatre pens\u00e9e en relation avec les besoins de l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Pour la Tunisie, l\u2019enjeu est de construire une \u00e9conomie capable de cr\u00e9er davantage de valeur, de pr\u00e9server ses bases naturelles et de r\u00e9duire sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux chocs climatiques, \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques.<\/p>\n<p><strong>Cela exige une nouvelle culture de la d\u00e9cision publique:<\/strong> moins cloisonn\u00e9e, davantage fond\u00e9e sur les donn\u00e9es, attentive aux interd\u00e9pendances et r\u00e9solument tourn\u00e9e vers l\u2019anticipation.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable richesse d\u2019une nation ne r\u00e9side pas seulement dans les ressources dont elle dispose, mais dans sa capacit\u00e9 \u00e0 les conna\u00eetre, \u00e0 les valoriser et \u00e0 organiser leur usage au service des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes et futures.<\/p>\n<p>La question n\u2019est donc plus simplement de savoir comment la Tunisie pourra continuer \u00e0 se d\u00e9velopper avec les ressources du si\u00e8cle dernier. Elle est de savoir si nous saurons construire, d\u00e8s aujourd\u2019hui, un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement capable de r\u00e9pondre aux contraintes du si\u00e8cle qui vient.<\/p>\n<p><strong>Dhia Bouktila<\/strong><br \/><span><em>Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Monastir<br \/>Sp\u00e9cialiste en g\u00e9nomique appliqu\u00e9e aux syst\u00e8mes agricoles et environnementaux et en philosophie des sciences<\/em><\/span><\/p>\n<p><span><strong>Note<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong><span>(*) Productivit\u00e9 hydrique =<\/span><\/strong> <span>valeur ou quantit\u00e9 produite <strong>par unit\u00e9 d\u2019eau mobilis\u00e9e.<\/strong> C\u2019est un indicateur de performance : combien produit-on avec un m\u00b3 d\u2019eau?<\/span><\/p>\n<p><span><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span><strong>1.<\/strong> World Bank (2026): Tunisia Economic Monitor: <a href=\"https:\/\/documents.worldbank.org\/en\/publication\/documents-reports\/documentdetail\/099153009182613327\" target=\"_blank\">Tunisia\u2019s Water Challenge \u2013 From Scarcity to Resilience.<\/a><br \/><\/span><\/p>\n<p><span><strong>2.<\/strong> World Bank (2023): <a href=\"https:\/\/www.worldbank.org\/en\/country\/tunisia\/publication\/tunisia-country-climate-and-development-report\" target=\"_blank\">Tunisia Country Climate and Development Report (CCDR).<\/a><br \/><\/span><\/p>\n<p><strong><span>3.<\/span><\/strong> <span>Flammini et al. (2014): <a href=\"https:\/\/www.water-energy-food.org\/fr\/resources\/walking-the-nexus-talk-assessing-the-water-energy-food-nexus-in-the-context-of-the-sustainable-energy-for-all-initiative\" target=\"_blank\">Walking the Nexus Talk.<\/a><br \/><\/span><\/p>\n<p><span><strong>4.<\/strong> FAO (2014): <a href=\"https:\/\/openknowledge.fao.org\/items\/c171bc10-9788-4f3d-878a-a137be150c71\" target=\"_blank\">The Water-Energy-Food Nexus: A New Approach in Support of Food Security and Sustainable Agriculture.<\/a><br \/><\/span><\/p>\n<p><span><strong>5.<\/strong> Minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, Tunisie: <a href=\"https:\/\/www.onagri.nat.tn\/uploads\/secteur-eau\/1.pdf\" target=\"_blank\">Vision et strat\u00e9gie du secteur de l\u2019eau \u00e0 l\u2019horizon 2050 \u2013 EAU 2050.<br \/><\/a><\/span><\/p>\n<p><span><strong>6.<\/strong> FAO &amp; IWMI (2025): <a href=\"https:\/\/www.fao.org\/in-action\/remote-sensing-for-water-productivity\/applications-and-uses\/applications-catalogue\/product-detail\/water-use-tool-for-tunisiae89c22a8-dc8a-4557-8f71-dc4cbb7ef9b2\/en\" target=\"_blank\">Water Use Tool for Tunisia<\/a><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38482-penuries-la-tunisie-face-aux-limites-de-son-modele-de-developpement\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eau, \u00e9nergie, alimentation: le d\u00e9fi d\u2019un mod\u00e8le fond\u00e9 sur la r\u00e9silience et la ma\u00eetrise des interd\u00e9pendances Par Dhia Bouktila. Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Monastir &#8211; Eau, \u00e9lectricit\u00e9, eau min\u00e9rale, produits alimentaires, carburants, m\u00e9dicaments: les p\u00e9nuries se succ\u00e8dent en Tunisie, dans des secteurs et pour des raisons souvent tr\u00e8s diff\u00e9rentes. 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