{"id":192983,"date":"2026-10-08T13:01:26","date_gmt":"2026-10-08T17:01:26","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ridha-bergaoui-megaprojets-et-relance-de-la-filiere-laitiere-tunisienne\/"},"modified":"2026-10-08T13:01:26","modified_gmt":"2026-10-08T17:01:26","slug":"ridha-bergaoui-megaprojets-et-relance-de-la-filiere-laitiere-tunisienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ridha-bergaoui-megaprojets-et-relance-de-la-filiere-laitiere-tunisienne\/","title":{"rendered":"Ridha Bergaoui: M\u00e9gaprojets et relance de la fili\u00e8re laiti\u00e8re tunisienne"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Par Ridha Bergaoui &#8211;<\/strong><\/span><\/span> Le cheptel bovin tunisien a connu ces derni\u00e8res ann\u00e9es une baisse importante de ses effectifs, accentuant les d\u00e9ficits nationaux en lait et en viande rouge. Face \u00e0 cette situation, le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture a engag\u00e9 une strat\u00e9gie 2026-2030 visant \u00e0 relancer les fili\u00e8res animales et \u00e0 reconstituer le cheptel national en s\u2019appuyant surtout sur les petits \u00e9leveurs.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, plusieurs pays, confront\u00e9s eux aussi \u00e0 des d\u00e9ficits en lait et en viande, ont choisi une autre voie: celle des m\u00e9gaprojets d\u2019\u00e9levage, fond\u00e9s sur des exploitations de tr\u00e8s grande taille et des troupeaux comptant des dizaines de milliers de vaches laiti\u00e8res.<\/p>\n<p><span><span><strong>M\u00e9gaprojets laitiers et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>De l\u2019Arabie saoudite au Qatar, en passant par les \u00c9mirats arabes unis et Oman, plusieurs pays du Moyen-Orient ont d\u00e9velopp\u00e9 de grandes exploitations laiti\u00e8res int\u00e9gr\u00e9es pour renforcer leur s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et r\u00e9duire leur d\u00e9pendance aux importations. Ces complexes associent \u00e9levage intensif, production d\u2019aliments pour animaux, transformation industrielle et commercialisation. Ils reposent sur des investissements importants, des technologies avanc\u00e9es et une organisation rigoureuse, mais aussi sur des ressources financi\u00e8res et des infrastructures cons\u00e9quentes.<\/p>\n<p>En Arabie saoudite, le groupe Almarai exploite de grandes fermes laiti\u00e8res et a m\u00eame investi dans des productions agricoles \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement de ses troupeaux en aliments. Au Qatar, Baladna a rapidement d\u00e9velopp\u00e9 la production de lait frais apr\u00e8s la crise diplomatique de 2017, tandis qu\u2019aux \u00c9mirats arabes unis, Al Rawabi s\u2019appuie sur un \u00e9levage intensif et une importante unit\u00e9 de transformation.<\/p>\n<p>De son cot\u00e9, l\u2019Alg\u00e9rie a engag\u00e9 l&rsquo;un des projets d\u2019\u00e9levage des plus ambitieux jamais lanc\u00e9s en Afrique et dans le monde: le projet Baladna El Djaza\u00efr. Ce projet est le fruit d\u2019un partenariat entre l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien et le groupe qatari Baladna, et porte sur un investissement d&rsquo;environ 3,5 milliards de dollars.\u00a0 L\u2019objectif du projet est la couverture d\u2019environ 50 % des besoins de l\u2019Alg\u00e9rie en lait en poudre, estim\u00e9 \u00e0 400 000 tonnes import\u00e9es chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le projet est localis\u00e9 \u00e0 Adrar (au Sud-Ouest, au c\u0153ur du Sahara). Il porte sur environ 117 000 hectares et doit progressivement atteindre, sur une p\u00e9riode d\u2019environ neuf ans, 270 000 vaches laiti\u00e8res. La production annonc\u00e9e serait de pr\u00e8s de 1,7 milliard de litres de lait par an qui seront transform\u00e9es en\u00a0 190 000 \u00e0 200 000 tonnes de lait en poudre. Le projet pr\u00e9voit \u00e9galement l\u2019engraissement des veaux m\u00e2les issus des troupeaux laitiers. Les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes ont annonc\u00e9 que pr\u00e8s de 85 000 \u00e0 95 000 jeunes bovins seront commercialis\u00e9s chaque ann\u00e9e pour alimenter le march\u00e9 national de la viande rouge. Le projet projette cr\u00e9er au moins 5 000 emplois directs et 24 000 emplois sur toute la chaine.<\/p>\n<p>Le complexe associera cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et fourrag\u00e8res, \u00e9levage bovin laitier et transformation industrielle du lait. Des centaines de forages profonds, des syst\u00e8mes d&rsquo;irrigation modernes, et des infrastructures routi\u00e8res et \u00e9nerg\u00e9tiques sont \u00e9galement pr\u00e9vus. Le projet s\u2019appuie sur des technologies de pointe comme le refroidissement automatique des \u00e9tables, traite robotis\u00e9e, rationnement informatis\u00e9, gestion num\u00e9rique des troupeaux, irrigation de pr\u00e9cision\u2026<br \/>Officiellement lanc\u00e9 en 2024, le projet entame sa deuxi\u00e8me phase avec l\u2019accueil, \u00e0 partir du mois de novembre 2026,\u00a0 d\u2019un cheptel de 30 000 g\u00e9nisses laiti\u00e8res de race Holstein issues de neuf \u00c9tats am\u00e9ricains \u00e0 travers 109 vols cargo.<\/p>\n<p>Le choix d\u2019Adrar, en plein dans le Sahara, semble \u00e0 priori non justifi\u00e9. Dans ces r\u00e9gions au climat tr\u00e8s rude et hostile, les temp\u00e9ratures peuvent atteindre les 50\u00b0C \u00e0 l\u2019ombre, le jour et de -5 \u00e0 -15 \u00b0C la nuit, ce qui semble incompatible avec l\u2019\u00e9levage de la vache laiti\u00e8re du genre Holstein qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e pour des climats beaucoup plus doux. Toutefois le Sahara pr\u00e9sente pour le projet plusieurs avantages dont le plus important est la pr\u00e9sence de la nappe d\u2019eau douce de l\u2019Albien, \u00e9galement appel\u00e9e l\u2019aquif\u00e8re du Continental Intercalaire. Il s\u2019agit de la plus grande nappe souterraine du monde, \u00e0 cheval sur l\u2019Alg\u00e9rie (70 % environ), la Libye (20%) et la Tunisie (10%).\u00a0 La faible pression fonci\u00e8re, la disponibilit\u00e9 de tr\u00e8s grandes surfaces disponibles, la possibilit\u00e9 d&rsquo;irrigation par pivots et le fort ensoleillement (source d\u2019\u00e9nergie solaire), repr\u00e9sentent \u00e9galement des avantages importants pour la r\u00e9alisation du projet.<\/p>\n<p>Ces exp\u00e9riences illustrent les possibilit\u00e9s offertes par les technologies et l\u2019int\u00e9gration industrielle, mais \u00e9galement la d\u00e9pendance de ces syst\u00e8mes \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, aux aliments du b\u00e9tail, l\u2019eau et aux finances.<\/p>\n<p><span><span><strong>Des m\u00e9gaprojets pour relancer la fili\u00e8re bovine nationale?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les m\u00e9gafermes laiti\u00e8res, constituent une prouesse technique et industrielle. Elles permettent de concentrer les moyens, de profiter des technologies de pointe, de m\u00e9caniser les op\u00e9rations et de produire des volumes importants. Elles soul\u00e8vent n\u00e9anmoins des interrogations sur leur rentabilit\u00e9 r\u00e9elle, leur empreinte environnementale, le bien-\u00eatre animal et leurs cons\u00e9quences sociales. Si les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle peuvent am\u00e9liorer la productivit\u00e9, la concentration des animaux et des moyens de production peut aussi accro\u00eetre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du syst\u00e8me face aux s\u00e9cheresses, aux maladies et aux ruptures d\u2019approvisionnement.<\/p>\n<p>La Tunisie pourrait, en th\u00e9orie du moins, envisager un projet laitier de grande dimension dans le Sud, en mobilisant l\u2019eau des nappes profondes souterraines, les comp\u00e9tences nationales, les technologies modernes et l\u2019\u00e9nergie solaire. Mais la faisabilit\u00e9 technique ne garantit ni la rentabilit\u00e9 \u00e9conomique ni la durabilit\u00e9 environnementale. Les ressources hydriques du pays sont d\u00e9j\u00e0 soumises \u00e0 une forte pression et les moyens financiers restent limit\u00e9s. Contrairement \u00e0 nos voisins, la Tunisie ne dispose ni des m\u00eames ressources \u00e9nerg\u00e9tiques ni des m\u00eames \u00e9tendues fonci\u00e8res. Le mod\u00e8le de m\u00e9gafermes laiti\u00e8res, bas\u00e9 sur l\u2019irrigation massive de cultures fourrag\u00e8res dans le d\u00e9sert et l\u2019\u00e9levage intensif, para\u00eet donc particuli\u00e8rement risqu\u00e9, difficile et peu raisonnable.<\/p>\n<p>Ces m\u00e9gaprojets montrent toutefois que la r\u00e9alisation de l\u2019autosuffisance alimentaire n\u00e9cessite avant tout une forte volont\u00e9 politique qui se traduit n\u00e9cessairement par un soutien politique, technique, \u00e9conomique et financier du projet. Ces pays ont jug\u00e9 que la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la souverainet\u00e9 nationale passent avant la rentabilit\u00e9. Ils montrent \u00e9galement que les solutions techniques existent pour surmonter tous les probl\u00e8mes (y compris des conditions d\u2019ambiance hostiles \u00e0 la Holstein) et qu\u2019il est possible d\u2019avoir d\u2019excellentes performances, m\u00eame en plein sahara, en faisant recours \u00e0 un cheptel hautement s\u00e9lectionn\u00e9, une alimentation de qualit\u00e9, une hygi\u00e8ne stricte et une gestion rationnelle en faisant recours aux technologies modernes\u00a0 (robotique, m\u00e9canisation, automatisation, irrigation intelligente, gestion num\u00e9rique des \u00e9levages\u2026).<\/p>\n<p><span><span><strong>En Tunisie, l\u2019agriculture est domin\u00e9e par la petite exploitation<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En Tunisie, le morcellement et la petite taille des exploitations agricoles constituent une contrainte majeure qui limite la production et les rendements agricoles. En effet, l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage reposent largement sur les petites exploitations familiales. Environ 550\u202f000 exploitants se partagent 4,5 millions d\u2019ha de terre agricole (soit 27,5 % du territoire). Majoritairement ces exploitations sont organis\u00e9es sur des parcelles morcel\u00e9es de moins de 10 hectares.<\/p>\n<p>Cette contrainte repr\u00e9sente un handicap pour la modernisation du secteur, sa m\u00e9canisation et l\u2019am\u00e9lioration de sa productivit\u00e9. On se rappelle tous de la tentative men\u00e9e par le ministre Ben Salah dans les ann\u00e9es 1960 pour instaurer le syst\u00e8me des coop\u00e9ratives agricoles, d\u00e9truire au bull doser les tabias et mettre en commun mat\u00e9riel et cheptel. Malheureusement cette tentative a \u00e9chou\u00e9 et la situation ne cesse de s\u2019empirer avec le partage des terres lors des h\u00e9ritages et le d\u00e9veloppement des constructions et des infrastructures.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9levage, il repose sur une multitude de petits exploitants. On compte plus de 350\u202f000 \u00e9leveurs, dont la majorit\u00e9 d\u00e9tient un cheptel r\u00e9duit. Le secteur bovin laitier compte environ 412\u202f000 vaches laiti\u00e8res (dont 60% du type Holstein), r\u00e9parties sur des dizaines de milliers de petites fermes, avec une moyenne de seulement 2 \u00e0 5 vaches par \u00e9leveur.<\/p>\n<p>Dans un pays confront\u00e9 \u00e0 un stress hydrique permanent, des ressources limit\u00e9es, les contraintes fonci\u00e8res, structurelles et socio-\u00e9conomiques des exploitations agricoles, les m\u00e9gaprojets ne sont d\u2019aucun int\u00e9r\u00eat. Le mod\u00e8le le plus adapt\u00e9 est un r\u00e9seau de petits et moyens \u00e9leveurs\u00a0 modernes, bien organis\u00e9s, compl\u00e9t\u00e9 par des unit\u00e9s de production de taille ma\u00eetris\u00e9e. Les fermes familiales reposent sur une main-d\u2019\u0153uvre domestique, produisent des volumes modestes mais s\u2019int\u00e8grent bien aux ressources locales. Elles offrent une bonne r\u00e9silience sociale et environnementale.<\/p>\n<p>Pour la fili\u00e8re bovine tunisienne, le v\u00e9ritable d\u00e9fi serait de produire davantage et \u00e0 un co\u00fbt acceptable, sans \u00e9puiser les maigres ressources dont d\u00e9pend l\u2019agriculture aujourd\u2019hui et demain.<\/p>\n<p>Il faut rappeler que la Tunisie avait atteint son autosuffisance en lait dans les ann\u00e9es 2000, avec m\u00eame un exc\u00e9dent qui a justifi\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une usine de fabrication du lait en poudre, et que la fili\u00e8re bovine nationale est le fruit de nombreux efforts et d\u2019une strat\u00e9gie mise en place depuis les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p><span><span><strong>Strat\u00e9gie de relance de la fili\u00e8re laiti\u00e8re<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Afin de relancer l\u2019\u00e9levage bovin, la strat\u00e9gie engag\u00e9e par le Minist\u00e8re de l\u2019agriculture pr\u00e9voit d\u2019augmenter les effectifs, d\u2019am\u00e9liorer la productivit\u00e9, de renforcer la couverture sanitaire v\u00e9t\u00e9rinaire, de d\u00e9velopper l\u2019utilisation des ressources fourrag\u00e8res locales et de moderniser le suivi des troupeaux gr\u00e2ce \u00e0 la num\u00e9risation. Elle accorde \u00e9galement une attention particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019adaptation au changement climatique, \u00e0 la gestion de l\u2019eau, au soutien des petits \u00e9leveurs et \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la collecte du lait.<\/p>\n<p>Toutefois, aucune strat\u00e9gie de relance ne pourra r\u00e9ussir durablement si l\u2019\u00e9levage ne permet pas aux producteurs de vivre de leur travail. C\u2019est l\u00e0 que se situe l\u2019un des principaux blocages de la fili\u00e8re. Techniciens et\u00a0 professionnels s\u2019accordent pour signaler que le prix du lait pay\u00e9 au producteur, fix\u00e9 \u00e0 1,340 dinar le litre, est inf\u00e9rieur au co\u00fbt de production (allant de 1,700 \u00e0 1,900 DT) surtout avec la hausse continue des prix des intrants (g\u00e9nisse de remplacement, aliments concentr\u00e9s,\u00a0 logement, soins v\u00e9t\u00e9rinaires, main d\u2019\u0153uvre\u2026).\u00a0 Par ailleurs, les ann\u00e9es successives de s\u00e9cheresse ont aggrav\u00e9 la situation et multipli\u00e9 les difficult\u00e9s des petits \u00e9leveurs. Il est \u00e9vident que lorsque la production entra\u00eene des pertes, les \u00e9leveurs r\u00e9duisent leurs troupeaux, renoncent au renouvellement des vaches ou abandonnent progressivement leur activit\u00e9. Ceci est la raison principale de la chute des effectifs du cheptel bovin et l\u2019effondrement de la production (lait et viande bovine).<\/p>\n<p>La reconstitution du cheptel passe n\u00e9cessairement par une r\u00e9mun\u00e9ration juste du lait aux producteurs leur permettant de couvrir les charges et de d\u00e9gager une marge suffisante pour vivre dignement et investir. Le co\u00fbt de l\u2019autosuffisance alimentaire ne peut reposer uniquement sur les \u00e9leveurs. Aux autorit\u00e9s politiques de trouver la solution pour que\u00a0 cette augmentation ne se r\u00e9percute pas sur le consommateur, dont le pouvoir d\u2019achat est d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019encadrement des petits \u00e9leveurs, afin d\u2019am\u00e9liorer la conduite des animaux et la productivit\u00e9, les aider \u00e9galement \u00e0 s\u2019organiser pour mieux acheter et commercialiser leurs produits, permettront d\u2019abaisser les couts et d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, la relance de l\u2019\u00e9levage bovin n\u00e9cessite de renforcer la recherche surtout en s\u00e9lection g\u00e9n\u00e9tique et en alimentation animale. Le d\u00e9veloppement de races mixtes, produisant lait et viande, en compl\u00e9ment de la Holstein, m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9. Cette orientation permettrait de mieux valoriser les ressources locales et de contribuer \u00e0 r\u00e9duire le d\u00e9ficit en viande rouge.<\/p>\n<p><span><span><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour relancer la production laiti\u00e8re et de viande bovine, la Tunisie n\u2019a pas besoin de reproduire le mod\u00e8le des m\u00e9gafermes, d\u2019ailleurs elle n\u2019a ni les ressources hydriques ni les moyens financiers n\u00e9cessaires.\u00a0 La Tunisie, avec peu de moyens et malgr\u00e9 de nombreuses contraintes, a pu atteindre dans les ann\u00e9es 2000 son autosuffisance en lait, gr\u00e2ce \u00e0 une volont\u00e9 politique sans faille et une strat\u00e9gie ax\u00e9e surtout sur le soutien aux petits \u00e9leveurs et l\u2019int\u00e9r\u00eat du consommateur.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le tunisien doit continuer \u00e0 s\u2019appuyer sur les petits \u00e9leveurs, qui d\u00e9tiennent la plus grande partie du cheptel,\u00a0 en leur associant des unit\u00e9s modernes de taille ma\u00eetris\u00e9e.\u00a0 Ces \u00e9levages doivent \u00eatre performants, bien encadr\u00e9s et int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de l\u2019\u00e9levage bovin repose avant tout sur une vache performante, une alimentation ma\u00eetris\u00e9e, un accompagnement technique efficace et une r\u00e9mun\u00e9ration \u00e9quitable des \u00e9leveurs. Cette derni\u00e8re\u00a0 condition est indispensable \u00e0 la reconstitution du cheptel et la relance de la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019autonomie alimentaire d\u00e9pend certes du volume de la production mais \u00e9galement de la durabilit\u00e9 des fili\u00e8res, la rentabilit\u00e9 des exploitations, la ma\u00eetrise des ressources, la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter au d\u00e9r\u00e8glement climatique et le niveau de d\u00e9pendance aux march\u00e9s \u00e9trangers. L\u2019enjeu est de reconstruire une fili\u00e8re bovine viable, performante et adapt\u00e9e \u00e0 nos ressources,\u00a0 une fili\u00e8re rentable et durable.<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, l\u2019autosuffisance se construit progressivement, gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9levages \u00e9conomiquement viables, capables de r\u00e9sister aux al\u00e9as climatiques, de pr\u00e9server les ressources naturelles et de fournir aux consommateurs du lait et de la viande de qualit\u00e9 et \u00e0 des prix accessibles.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi de l\u2019\u00e9levage tunisien est de produire plus, mieux, durablement, en conciliant les int\u00e9r\u00eats des \u00e9leveurs, les exigences environnementales et le pouvoir d\u2019achat des citoyens.<\/p>\n<p><strong>Ridha Bergaoui<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/28948-ridha-bergaoui-la-petite-histoire-de-la-filiere-lait-en-tunisie\" target=\"_blank\">\u2022 La petite histoire de la fili\u00e8re lait en Tunisie<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/33750-tunisie-la-filiere-lait-au-bord-de-la-faillite\" target=\"_blank\">\u2022 La fili\u00e8re lait au bord de la faillite<\/a><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38512-megaprojets-et-relance-de-la-filiere-laitiere-tunisienne\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ridha Bergaoui &#8211; Le cheptel bovin tunisien a connu ces derni\u00e8res ann\u00e9es une baisse importante de ses effectifs, accentuant les d\u00e9ficits nationaux en lait et en viande rouge. Face \u00e0 cette situation, le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture a engag\u00e9 une strat\u00e9gie 2026-2030 visant \u00e0 relancer les fili\u00e8res animales et \u00e0 reconstituer le cheptel national en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":192984,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.leaders.com.tn\/uploads\/content\/thumbnails\/179138965221_content.jpg","fifu_image_alt":"Ridha Bergaoui: M\u00e9gaprojets et relance de la fili\u00e8re laiti\u00e8re tunisienne","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-192983","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/192983","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=192983"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/192983\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media\/192984"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=192983"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=192983"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=192983"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}