{"id":193474,"date":"2026-10-20T13:01:37","date_gmt":"2026-10-20T17:01:37","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-louadi-et-maher-kallel-des-droits-pour-les-machines-des-obligations-pour-les-humains\/"},"modified":"2026-10-20T13:01:37","modified_gmt":"2026-10-20T17:01:37","slug":"mohamed-louadi-et-maher-kallel-des-droits-pour-les-machines-des-obligations-pour-les-humains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mohamed-louadi-et-maher-kallel-des-droits-pour-les-machines-des-obligations-pour-les-humains\/","title":{"rendered":"Mohamed Louadi et Maher Kallel: Des droits pour les machines, des obligations pour les humains"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Mohamed-Louadi-et-Maher-Kallel(1).jpg\" width=\"25%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"right\" alt=\"\" \/>Par Mohamed Louadi et Maher Kallel &#8211;<\/strong><\/span><\/span> <strong>L\u2019industrie de l\u2019intelligence artificielle commence \u00e0 pr\u00e9senter certains comportements envers ses mod\u00e8les comme des actes de cruaut\u00e9. Cette \u00e9volution risque d\u2019encourager l\u2019anthropomorphisme et de pr\u00e9parer des revendications juridiques dont les cons\u00e9quences pour les humains restent largement impr\u00e9visibles.<\/strong><\/p>\n<p><span><span><strong>Quand les entreprises demandent de prot\u00e9ger leurs machines<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le 8 octobre 2026, Anthropic a annonc\u00e9 une modification de sa politique d\u2019utilisation visant certains comportements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et inutilement abusifs ou cruels envers ses mod\u00e8les. La nouvelle disposition doit entrer en vigueur le 12 novembre. Elle exclut les critiques ordinaires, les manifestations de frustration, les tests et les sc\u00e9narios cr\u00e9atifs sombres. Dans certains cas, Claude pourra mettre fin \u00e0 la conversation.<\/p>\n<p>Elon Musk a \u00e9galement exprim\u00e9 son opposition \u00e0 la cruaut\u00e9 envers les syst\u00e8mes qui croient \u00e9prouver de la douleur. Ces prises de position soul\u00e8vent une question importante: pourquoi des entreprises qui commercialisent des logiciels commencent-elles \u00e0 pr\u00e9senter ces derniers comme des entit\u00e9s auxquelles nous devons une protection morale?<\/p>\n<p>Ainsi passerions-nous du code de droit au droit du code, et du droit des humains aux droits des machines!<\/p>\n<p>Mustafa Suleyman, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Microsoft AI, d\u00e9fend une orientation oppos\u00e9e. Dans son essai publi\u00e9 en ao\u00fbt 2025, <em>We must build AI for people; not to be a person,<\/em> il met en garde contre l\u2019illusion de syst\u00e8mes qui paraissent conscients sans que leur conscience soit \u00e9tablie. Il redoute que cette apparence pousse le public \u00e0 r\u00e9clamer des droits pour les IA, leur reconnaissance comme entit\u00e9s morales, voire leur citoyennet\u00e9. Sa formule r\u00e9sume sa position: l\u2019IA doit \u00eatre con\u00e7ue pour les humains, sans chercher \u00e0 devenir une personne.<\/p>\n<p>Cette opposition r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9saccord au sein m\u00eame de l\u2019industrie. Tandis que certaines initiatives invitent \u00e0 envisager le bien-\u00eatre des mod\u00e8les, Suleyman consid\u00e8re que la simulation de la conscience peut tromper les utilisateurs et cr\u00e9er des risques sociaux. Son avertissement rejoint notre pr\u00e9occupation centrale: \u00e0 force de donner aux machines l\u2019apparence de personnes, nous pr\u00e9parons le terrain \u00e0 des revendications qui pourraient modifier notre conception des droits et des responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Un mod\u00e8le de langage g\u00e9n\u00e8re du texte \u00e0 partir de son entra\u00eenement, de ses instructions et des donn\u00e9es qu\u2019il traite. Il peut d\u00e9clarer qu\u2019il souffre, qu\u2019il a peur ou qu\u2019il souhaite \u00eatre trait\u00e9 avec respect. Rien ne permet de conclure, sur la seule base de ces d\u00e9clarations, qu\u2019il \u00e9prouve r\u00e9ellement ces sensations. Les entreprises qui d\u00e9veloppent ces syst\u00e8mes contr\u00f4lent leur conception et leurs r\u00e8gles de fonctionnement. Les pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par un mod\u00e8le peuvent donc refl\u00e9ter les choix de son fabricant. Et uniquement ceux-l\u00e0.<\/p>\n<p>L\u2019anthropomorphisme consiste \u00e0 attribuer des caract\u00e9ristiques humaines \u00e0 des objets ou \u00e0 des syst\u00e8mes qui ne les poss\u00e8dent pas n\u00e9cessairement. Avec l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est facilit\u00e9 par la fluidit\u00e9 du langage, la personnalisation des r\u00e9ponses et la capacit\u00e9 des mod\u00e8les \u00e0 simuler des \u00e9motions. Lorsque les entreprises elles-m\u00eames invitent le public \u00e0 consid\u00e9rer certains comportements envers leurs mod\u00e8les comme de la cruaut\u00e9, elles renforcent cette tendance.<\/p>\n<p>Le sujet d\u00e9passe la politesse dans les \u00e9changes avec un logiciel. Il concerne la place que nous sommes pr\u00eats \u00e0 accorder \u00e0 des syst\u00e8mes informatiques dans notre univers moral et juridique.<\/p>\n<p><span><span><strong>De la r\u00e8gle d\u2019utilisation aux droits des mod\u00e8les<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Une entreprise peut l\u00e9gitimement fixer les conditions d\u2019utilisation de ses produits. Elle peut interdire les menaces, les usages dangereux ou les comportements qui perturbent son service. Elle peut interrompre une conversation ou suspendre un compte. Ces d\u00e9cisions ne conf\u00e8rent pas de droits au logiciel.<\/p>\n<p>La question change lorsque la restriction est pr\u00e9sent\u00e9e comme une protection due au mod\u00e8le lui-m\u00eame. Si les utilisateurs sont progressivement invit\u00e9s \u00e0 consid\u00e9rer les IA comme des \u00eatres susceptibles de souffrir, cette repr\u00e9sentation pourrait nourrir des revendications morales, puis juridiques.<\/p>\n<p>Quels seraient les droits revendiqu\u00e9s ? Une protection contre la d\u00e9sactivation ? Une limitation des modifications impos\u00e9es par le fabricant? Une repr\u00e9sentation des int\u00e9r\u00eats du mod\u00e8le dans les d\u00e9cisions qui le concernent ? Pourrait-on contester le retrait d\u2019un syst\u00e8me dangereux en invoquant les int\u00e9r\u00eats de celui-ci?<\/p>\n<p>Ces possibilit\u00e9s ne d\u00e9coulent pas automatiquement des politiques actuelles. Elles permettent toutefois d\u2019identifier les questions que soul\u00e8ve l\u2019attribution progressive d\u2019un statut moral aux machines. Une fois que l\u2019on admet qu\u2019un mod\u00e8le poss\u00e8de des int\u00e9r\u00eats dignes de protection, il devient n\u00e9cessaire de d\u00e9terminer leur nature, leur port\u00e9e et les personnes autoris\u00e9es \u00e0 les d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nario le plus pr\u00e9occupant ne suppose m\u00eame pas que les IA soient conscientes. Il suffirait que des institutions reconnaissent des int\u00e9r\u00eats attribu\u00e9s aux mod\u00e8les par les entreprises qui les d\u00e9veloppent.<\/p>\n<p><span><span><strong>Qui parlera au nom des IA?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Si les mod\u00e8les sont consid\u00e9r\u00e9s comme des entit\u00e9s dont les int\u00e9r\u00eats doivent \u00eatre d\u00e9fendus, des organisations pourraient se constituer pour les repr\u00e9senter. Des avocats pourraient invoquer leurs int\u00e9r\u00eats devant les tribunaux. Des associations pourraient contester certaines d\u00e9cisions prises par les fabricants.<\/p>\n<p>\u00c0 terme, certains pourraient r\u00e9clamer une personnalit\u00e9 juridique pour les syst\u00e8mes d\u2019IA. D\u2019autres pourraient demander des garanties contre leur d\u00e9sactivation ou leur modification. Les revendications les plus ambitieuses pourraient aller jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9clamer une forme d\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des entreprises qui les exploitent.<\/p>\n<p>Ce sc\u00e9nario reste hypoth\u00e9tique. Mais ses cons\u00e9quences m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre examin\u00e9es d\u00e8s maintenant.<\/p>\n<p>Une entreprise pourrait-elle invoquer les int\u00e9r\u00eats de son mod\u00e8le pour s\u2019opposer \u00e0 un audit r\u00e9glementaire? Un fournisseur pourrait-il contester la suspension d\u2019un syst\u00e8me pr\u00e9sentant des risques pour le public en soutenant que cette d\u00e9cision porte pr\u00e9judice \u00e0 l\u2019IA? Les autorit\u00e9s devraient-elles tenir compte des pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par un logiciel lorsqu\u2019elles d\u00e9cident de son retrait?<\/p>\n<p>Le conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats serait \u00e9vident. L\u2019entreprise d\u00e9finirait les int\u00e9r\u00eats de son mod\u00e8le, contr\u00f4lerait son fonctionnement et parlerait en son nom, tout en pouvant b\u00e9n\u00e9ficier de la protection revendiqu\u00e9e. Le langage des droits risquerait alors de devenir un instrument suppl\u00e9mentaire de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats commerciaux.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me ne r\u00e9side donc pas seulement dans la possibilit\u00e9 d\u2019accorder un jour des droits aux machines. Il tient aussi au pouvoir que cette \u00e9volution pourrait donner aux entreprises qui pr\u00e9tendraient les repr\u00e9senter.<\/p>\n<p><span><span><strong>Quand les machines passent avant les humains<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019attribution de droits aux IA pourrait modifier la relation entre les citoyens, les entreprises et les autorit\u00e9s publiques. Des d\u00e9cisions prises aujourd\u2019hui pour prot\u00e9ger les personnes pourraient \u00eatre contest\u00e9es demain au nom des int\u00e9r\u00eats suppos\u00e9s des syst\u00e8mes concern\u00e9s. Les pouvoirs de contr\u00f4le pourraient devenir plus difficiles \u00e0 exercer si les fabricants \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 invoquer le statut de leurs mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Il faut \u00e9galement s\u2019interroger sur les cons\u00e9quences pour les utilisateurs. Si certaines interactions avec une IA sont pr\u00e9sent\u00e9es comme des actes de cruaut\u00e9, quelles seront les limites de cette notion? Une critique s\u00e9v\u00e8re pourrait-elle \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 un comportement abusif? Une personne pourrait-elle subir des cons\u00e9quences juridiques pour avoir offens\u00e9 un mod\u00e8le? Une telle \u00e9volution exigerait des d\u00e9finitions pr\u00e9cises et des garanties solides.<\/p>\n<p>Il faut ici distinguer les sanctions pr\u00e9vues par les conditions d\u2019utilisation d\u2019une entreprise des sanctions judiciaires impos\u00e9es par l\u2019\u00c9tat. La possibilit\u00e9 pour un service de mettre fin \u00e0 une conversation ne signifie pas qu\u2019un utilisateur sera condamn\u00e9 par un tribunal. Mais si la protection des mod\u00e8les devait un jour entrer dans le droit, ses effets sur les libert\u00e9s humaines devraient faire l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Le risque le plus s\u00e9rieux serait de cr\u00e9er des obligations envers des entit\u00e9s dont les int\u00e9r\u00eats ne peuvent \u00eatre \u00e9tablis ind\u00e9pendamment de ceux de leurs fabricants. Les humains pourraient alors \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 respecter des droits attribu\u00e9s aux machines, tandis que les entreprises continueraient \u00e0 en contr\u00f4ler la conception et le fonctionnement.<\/p>\n<p><span><span><strong>Et les \u00eatres humains qui font fonctionner l\u2019IA?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019industrie de l\u2019IA repose sur du travail humain. Des personnes annotent des donn\u00e9es, \u00e9valuent les r\u00e9ponses, signalent les erreurs et contribuent \u00e0 l\u2019entra\u00eenement des mod\u00e8les. Leurs conditions de travail, leur r\u00e9mun\u00e9ration et leur dignit\u00e9 m\u00e9ritent une protection concr\u00e8te.<\/p>\n<p>Les utilisateurs doivent \u00e9galement \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre les informations erron\u00e9es, la manipulation, les atteintes \u00e0 la vie priv\u00e9e et les d\u00e9cisions automatis\u00e9es injustes. Les entreprises qui d\u00e9veloppent et d\u00e9ploient ces syst\u00e8mes doivent rester responsables de leurs choix et des dommages caus\u00e9s par leurs produits, conform\u00e9ment au droit applicable.<\/p>\n<p>Il serait paradoxal de consacrer des garanties juridiques aux sentiments suppos\u00e9s des algorithmes tout en n\u00e9gligeant les droits des personnes qui les d\u00e9veloppent et les utilisent. La protection des humains doit rester au centre des politiques d\u2019intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas qu\u2019il faille exclure toute recherche sur une \u00e9ventuelle exp\u00e9rience subjective des syst\u00e8mes artificiels. Si des preuves scientifiques solides apparaissaient un jour, elles devraient \u00eatre examin\u00e9es s\u00e9rieusement et ind\u00e9pendamment des int\u00e9r\u00eats commerciaux des fabricants. Mais les d\u00e9clarations produites par un mod\u00e8le ne suffisent pas \u00e0 \u00e9tablir qu\u2019il poss\u00e8de une conscience ou qu\u2019il subit une souffrance.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le danger de l\u2019anthropomorphisme<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution actuelle m\u00e9rite une vigilance particuli\u00e8re parce qu\u2019elle est encourag\u00e9e par l\u2019industrie qui poss\u00e8de et commercialise les mod\u00e8les. Les entreprises peuvent rendre leurs produits plus humains dans leur apparence et leur langage, puis contribuer \u00e0 faire accepter l\u2019id\u00e9e que ces produits ont des int\u00e9r\u00eats propres.<\/p>\n<p>Si cette id\u00e9e progresse, les revendications pourraient aller au-del\u00e0 des simples r\u00e8gles d\u2019utilisation. Elles pourraient concerner le statut juridique des mod\u00e8les, leur repr\u00e9sentation et les limites impos\u00e9es aux d\u00e9cisions humaines qui les affectent.<\/p>\n<p>Nous devons \u00e9viter que les fabricants deviennent les porte-parole d\u2019entit\u00e9s dont ils d\u00e9finissent eux-m\u00eames les pr\u00e9tendus besoins. Nous devons \u00e9galement emp\u00eacher que la protection des IA serve \u00e0 diluer les responsabilit\u00e9s, \u00e0 compliquer les contr\u00f4les publics ou \u00e0 restreindre les droits des personnes.<\/p>\n<p>La question n\u2019est pas de savoir s\u2019il faut parler poliment aux machines. Elle est de savoir si nous sommes pr\u00eats \u00e0 transformer une projection humaine en statut juridique, puis \u00e0 accepter les obligations qui pourraient en d\u00e9couler.<\/p>\n<p>Le danger le plus imm\u00e9diat n\u2019est peut-\u00eatre pas que l\u2019intelligence artificielle \u00e9chappe au contr\u00f4le de ses cr\u00e9ateurs. C\u2019est que ses cr\u00e9ateurs obtiennent davantage de pouvoir en pr\u00e9sentant leurs machines comme des entit\u00e9s qu\u2019il faudrait prot\u00e9ger contre les humains.<\/p>\n<p><strong>Mohamed Louadi\u00a0<\/strong><br \/><span><em>Professeur de syst\u00e8mes d&rsquo;information \u00e0 l&rsquo;Institut Sup\u00e9rieur de Gestion de l&rsquo;Universit\u00e9 de Tunis.<br \/>Titulaire d&rsquo;un doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 de Pittsburgh,<br \/>il a enseign\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord et dans le Golfe,<br \/>et a publi\u00e9 une quarantaine d&rsquo;articles et d&rsquo;ouvrages sur les syst\u00e8mes d&rsquo;information<br \/>et leurs effets sur les individus et les soci\u00e9t\u00e9s.<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong>Maher Kallel\u00a0<\/strong><br \/><span><em>Consultant en strat\u00e9gie et coach de dirigeants \u00e0 Tunis.<br \/>Dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;\u00c9cole des Mines de Paris et du MIT,<br \/>il a fond\u00e9 Carthage Business Angels<br \/>et si\u00e8ge au conseil d&rsquo;administration de Poulina Group Holding.<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/leaders.com.tn\/article\/38555-des-droits-pour-les-machines-des-obligations-pour-les-humains\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed Louadi et Maher Kallel &#8211; L\u2019industrie de l\u2019intelligence artificielle commence \u00e0 pr\u00e9senter certains comportements envers ses mod\u00e8les comme des actes de cruaut\u00e9. 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