{"id":193838,"date":"2026-10-28T13:16:45","date_gmt":"2026-10-28T17:16:45","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/classement-500-global-les-grandes-entreprises-marocaines-face-au-prochain-changement-dechelle\/"},"modified":"2026-10-28T13:16:45","modified_gmt":"2026-10-28T17:16:45","slug":"classement-500-global-les-grandes-entreprises-marocaines-face-au-prochain-changement-dechelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/classement-500-global-les-grandes-entreprises-marocaines-face-au-prochain-changement-dechelle\/","title":{"rendered":"Classement 500 Global: les grandes entreprises marocaines face au prochain changement d\u2019\u00e9chelle"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En vingt-cinq ans, le Top 500 est pass\u00e9 du rattrapage par les infrastructures \u00e0 la course \u00e0 la productivit\u00e9, \u00e0 la technologie et \u00e0 l\u2019internationalisation. De 2001 \u00e0 2025, l\u2019\u00e9conomie nationale a chang\u00e9 de rythme, de structure et de g\u00e9ographie. Les grandes entreprises marocaines ont accompagn\u00e9, et parfois acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, cette transformation.<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur chiffre d\u2019affaires cumul\u00e9 est pass\u00e9 de 292 milliards \u00e0 1,14 trillion de dirhams, tandis que l\u2019automobile, l\u2019a\u00e9ronautique, les phosphates, la logistique, les t\u00e9l\u00e9coms ou encore les services num\u00e9riques ont remodel\u00e9 le paysage productif. Mais le prochain quart de si\u00e8cle ne se gagnera plus seulement par les volumes, les infrastructures ou l\u2019investissement. Il se jouera sur la productivit\u00e9, la ma\u00eetrise technologique, la s\u00e9curisation des ressources et la capacit\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir des groupes r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une histoire en trois temps<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a vingt-cinq ans, le Maroc entrait dans un cycle de croissance soutenue. \u00ab Entre 2001 et 2008, le PIB r\u00e9el progressait en moyenne de 5,1 % par an. Cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 celle de l\u2019ouverture internationale, des r\u00e9formes institutionnelles, de l\u2019investissement public et de la construction des infrastructures qui allaient structurer l\u2019\u00e9conomie nationale \u00bb, r\u00e9sume d\u2019entr\u00e9e Tarik El Fekkak, Partner \u2013 Consulting chez Forvis Mazars dans une \u00e9tude sur l\u2019\u00e9volution de la grande entreprises marocaines dans l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon lui, l\u2019effort \u00e9tait consid\u00e9rable. Le taux d\u2019investissement atteignait 27,7 %, tandis que les grands chantiers \u2014 autoroutes, ports, plateformes industrielles et \u00e9quipements publics \u2014 posaient les bases d\u2019un mod\u00e8le de rattrapage. Tanger Med, les premiers programmes de d\u00e9veloppement touristique, les strat\u00e9gies sectorielles et l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux investisseurs \u00e9trangers ont contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9largir la base productive du pays. La deuxi\u00e8me p\u00e9riode, de 2009 \u00e0 2019, a marqu\u00e9 une normalisation. La croissance est revenue \u00e0 3,7 % en moyenne annuelle. L\u2019investissement est rest\u00e9 \u00e9lev\u00e9, \u00e0 30,4 %, mais ses effets ont \u00e9t\u00e9 moins imm\u00e9diatement visibles sur la croissance globale. L\u2019\u00e9conomie a commenc\u00e9 \u00e0 se diversifier, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019automobile, \u00e0 l\u2019a\u00e9ronautique, aux phosphates transform\u00e9s, \u00e0 la logistique et aux \u00e9nergies renouvelables. Pourtant, la diffusion des gains de productivit\u00e9 vers les petites et moyennes entreprises, l\u2019emploi et l\u2019ensemble du tissu productif est demeur\u00e9e limit\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La troisi\u00e8me s\u00e9quence couvre la p\u00e9riode 2020\u20132025. Elle a commenc\u00e9 par le choc de la pand\u00e9mie et une chute de l\u2019activit\u00e9 avant de s\u2019achever sur un rebond et une normalisation post-Covid. Entre 2022 et 2025, la croissance moyenne s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 3,6 %. Sur l\u2019ensemble des vingt-cinq ans, le rythme moyen ressort \u00e0 3,8 %. Ce chiffre r\u00e9sume une transformation profonde : le Maroc a chang\u00e9 de mod\u00e8le, mais il n\u2019a pas encore converti toute sa capacit\u00e9 d\u2019investissement en productivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Du chantier national aux \u00e9cosyst\u00e8mes industriels<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9volution du Top 500 illustre cette trajectoire. Le chiffre d\u2019affaires cumul\u00e9 des cinq cents premi\u00e8res entreprises est pass\u00e9 de 292 milliards de dirhams en 2002 \u00e0 1,14 trillion de dirhams en 2025. Cette progression ne correspond pas seulement \u00e0 une hausse nominale. Elle traduit le d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but de la p\u00e9riode, la grande entreprise profitait surtout de l\u2019ouverture, des privatisations, de la commande publique et de l\u2019investissement dans les infrastructures. Les secteurs li\u00e9s au BTP, aux mat\u00e9riaux, aux ports, aux t\u00e9l\u00e9communications et \u00e0 la banque ont constitu\u00e9 les premiers grands relais de croissance. L\u2019entreprise marocaine se d\u00e9veloppait dans un march\u00e9 encore largement national, avec l\u2019\u00c9tat comme investisseur, r\u00e9gulateur et parfois donneur d\u2019ordre.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, les fili\u00e8res se sont structur\u00e9es. L\u2019industrie automobile est devenue l\u2019un des symboles les plus visibles de cette mutation. Sa part dans le chiffre d\u2019affaires du Top 500 est pass\u00e9e d\u2019environ 0,7 % en 2001 \u00e0 9,8 % en 2025, soit une multiplication nominale de 13,2 fois. Les exportations automobiles ont atteint environ 80 milliards de dirhams en 2019, puis 158 milliards en 2024. L\u2019a\u00e9ronautique a suivi une trajectoire diff\u00e9rente mais compl\u00e9mentaire. Partie d\u2019un socle fond\u00e9 sur le c\u00e2blage et les composants, la fili\u00e8re affichait environ 15,4 milliards de dirhams d\u2019exportations en 2019 et 26,4 milliards en 2024. Le mouvement a \u00e9t\u00e9 soutenu par les investissements \u00e9trangers, les \u00e9cosyst\u00e8mes industriels et la formation des comp\u00e9tences.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les phosphates et les d\u00e9riv\u00e9s, la transformation de Jorf Lasfar a permis de d\u00e9placer progressivement la valeur vers l\u2019aval. Les exportations de la fili\u00e8re sont pass\u00e9es d\u2019environ 49 milliards de dirhams en 2019 \u00e0 87 milliards en 2024. L\u2019OCP demeure un acteur pivot, \u00e0 la fois moteur industriel, champion exportateur et plateforme d\u2019investissement.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La logistique a \u00e9galement chang\u00e9 d\u2019\u00e9chelle. Tanger Med I est devenu op\u00e9rationnel en 2007. Le volume trait\u00e9 par les ports et les plateformes logistiques est pass\u00e9 d\u2019environ 4,8 millions d\u2019EVP en 2019 \u00e0 11,1 millions en 2025.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le tourisme, la banque et le num\u00e9rique ont connu des progressions comparables : les arriv\u00e9es touristiques sont pass\u00e9es de 7,9 millions en 2008 \u00e0 17,4 millions en 2024 ; le cr\u00e9dit bancaire est pass\u00e9 d\u2019environ 519 milliards de dirhams en 2008 \u00e0 1,17 trillion en 2024 ; les abonnements Internet ont progress\u00e9 de 0,76 million \u00e0 40,2 millions sur la m\u00eame p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence. Ces chiffres racontent la mont\u00e9e en puissance du secteur priv\u00e9. Les exportations ne reposent plus sur une seule fili\u00e8re. Les investissements directs \u00e9trangers et les champions marocains portent d\u00e9sormais \u00e0 la fois l\u2019industrie, les services et l\u2019expansion africaine. Mais cette diversification reste incompl\u00e8te : elle doit encore produire davantage de PME int\u00e9gr\u00e9es aux cha\u00eenes de valeur, d\u2019emplois formels et de gains de productivit\u00e9 diffus.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une grande entreprise plus puissante, mais aussi plus volatile<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La grande entreprise marocaine a grandi plus vite que l\u2019\u00e9conomie, mais elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 plus expos\u00e9e aux retournements de cycle. Entre 2002 et 2008, le PIB r\u00e9el progressait de 4,9 %, contre 12 % pour le Top 500 et 11,4 % pour le Top 100. Cette diff\u00e9rence r\u00e9v\u00e8le un effet multiplicateur : lorsque l\u2019investissement, l\u2019ouverture ou la demande int\u00e9rieure acc\u00e9l\u00e8rent, les grandes entreprises captent rapidement les gains. L\u2019effet inverse est \u00e9galement visible. Le chiffre d\u2019affaires des grands groupes s\u2019est montr\u00e9 environ trois fois plus volatil que le PIB r\u00e9el. La crise financi\u00e8re, le choc de la pand\u00e9mie et les variations de l\u2019investissement ont donc produit des effets amplifi\u00e9s sur les entreprises les plus importantes.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La reprise r\u00e9cente confirme cette asym\u00e9trie. Entre 2023 et 2025, le PIB a progress\u00e9 d\u2019environ 4,3 % par an, tandis que le Top 100 et le Top 500 affichaient une croissance moyenne proche de 2 %. La reprise macro\u00e9conomique ne s\u2019est donc pas traduite automatiquement par une acc\u00e9l\u00e9ration \u00e9quivalente des grands groupes. Les entreprises d\u00e9j\u00e0 positionn\u00e9es sur les nouveaux moteurs de croissance ont davantage profit\u00e9 du rebond que celles d\u00e9pendantes des anciens mod\u00e8les. Le Top 100 s\u2019est, lui aussi, renouvel\u00e9 sans \u00eatre totalement boulevers\u00e9. Les 26 entreprises historiques pr\u00e9sentes depuis 2001 repr\u00e9sentent encore 57,1 % du chiffre d\u2019affaires du Top 100. \u00c0 l\u2019inverse, seules 8 entreprises issues des rangs 101 \u00e0 500 ont r\u00e9ussi \u00e0 int\u00e9grer le Top 100, pour une part de 2,3 % du chiffre d\u2019affaires. Les nouveaux acteurs sont nombreux \u2014 66 entreprises, soit 66 % du classement \u2014 mais leur poids \u00e9conomique reste inf\u00e9rieur \u00e0 celui du noyau historique, avec 40,6 % du chiffre d\u2019affaires.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019acc\u00e8s au sommet est devenu plus exigeant. Le chiffre d\u2019affaires minimal pour int\u00e9grer le Top 100 a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 4,4 entre 2001 et 2025. Pour le Top 50, le seuil a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 5,6. La taille est donc devenue une condition d\u2019acc\u00e8s, mais elle ne suffit plus. Les nouveaux entrants doivent d\u00e9sormais combiner capital, technologie, r\u00e9putation, capacit\u00e9 d\u2019exportation et vitesse d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La recomposition sectorielle ne signifie pas toujours une diversification<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation du Top 500 masque des trajectoires sectorielles tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Certains secteurs ont vu leur poids progresser avec l\u2019\u00e9mergence de plusieurs entreprises. D\u2019autres se sont d\u00e9velopp\u00e9s autour d\u2019un nombre r\u00e9duit de leaders. Le BTP et les mat\u00e9riaux ont vu leur part du Top 500 passer de 6,1 % \u00e0 11,1 %, pour une multiplication nominale de 8,2 fois. Mais le ratio de concentration des trois premiers acteurs, le CR3, est pass\u00e9 de 43 % \u00e0 34 %. La croissance du secteur s\u2019est donc accompagn\u00e9e d\u2019une redistribution entre plusieurs entreprises.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019automobile, la logique est diff\u00e9rente. Le CR3, l\u2019indicateur de concentration,\u00a0 est pass\u00e9 de 44 % \u00e0 76 %. La fili\u00e8re a chang\u00e9 d\u2019\u00e9chelle, mais elle s\u2019est aussi davantage concentr\u00e9e autour de quelques grands donneurs d\u2019ordre et de leurs \u00e9cosyst\u00e8mes. Les t\u00e9l\u00e9coms ont connu une redistribution des positions dans un march\u00e9 ouvert \u00e0 la concurrence : leur CR3 est pass\u00e9 de 90 % \u00e0 78 %. Dans le textile, en revanche, le recul relatif du secteur s\u2019est accompagn\u00e9 d\u2019une concentration plus forte : le CR3 est pass\u00e9 de 28 % \u00e0 68 %.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La recomposition du Top 500 fait \u00e9galement appara\u00eetre des gagnants inattendus. L\u2019ing\u00e9nierie et les services ont vu leur part passer de 0,3 % \u00e0 4 %, soit une multiplication nominale de 68,6 fois. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, l\u2019agroalimentaire, qui repr\u00e9sentait 19,4 % du chiffre d\u2019affaires du Top 500 en 2001, n\u2019en repr\u00e9sente plus que 9,5 % en 2025, malgr\u00e9 la croissance de ses exportations. Le textile et l\u2019habillement sont pass\u00e9s de 3,2 % \u00e0 0,5 %, tandis que les hydrocarbures ont recul\u00e9 de 15,6 % \u00e0 12,2 %.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u00e9volutions montrent que la diversification ne se mesure pas uniquement au nombre de secteurs pr\u00e9sents. Elle se mesure aussi \u00e0 la capacit\u00e9 des entreprises \u00e0 monter en gamme, \u00e0 cr\u00e9er leurs propres technologies, \u00e0 d\u00e9velopper des fournisseurs et \u00e0 \u00e9largir leurs march\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2025\u20132050: la fin du mod\u00e8le fond\u00e9 sur les seuls volumes<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le quart de si\u00e8cle \u00e0 venir s\u2019annonce plus complexe. Le Maroc devra composer avec la fragmentation g\u00e9o\u00e9conomique, la s\u00e9curisation des cha\u00eenes de valeur, la contrainte carbone, la raret\u00e9 de l\u2019eau, l\u2019intensification technologique et la taille continentale des march\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re priorit\u00e9 sera de passer du site de production \u00e0 la plateforme industrielle r\u00e9gionale. Il ne suffira plus d\u2019attirer un investissement ou d\u2019augmenter une capacit\u00e9 install\u00e9e. Il faudra d\u00e9velopper l\u2019ing\u00e9nierie locale, les fournisseurs, les fonctions de d\u00e9cision, la recherche et les services associ\u00e9s. Une usine int\u00e9gr\u00e9e dans un r\u00e9seau mondial cr\u00e9e de la valeur ; une plateforme qui ma\u00eetrise une partie de la conception, des achats, de la technologie et de la distribution en cr\u00e9e davantage.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La deuxi\u00e8me priorit\u00e9 concernera l\u2019\u00e9nergie, l\u2019eau et le carbone. Les mines, l\u2019\u00e9nergie, les utilit\u00e9s et les carburants repr\u00e9sentent environ 35 % du chiffre d\u2019affaires du Top 500, l\u2019OCP comptant \u00e0 lui seul pour environ 12 %. Cette concentration donne au Maroc des atouts, mais elle l\u2019expose aussi aux contraintes environnementales et aux co\u00fbts de transition. La comp\u00e9titivit\u00e9 devra d\u00e9sormais \u00eatre mesur\u00e9e non seulement en dirhams par unit\u00e9 produite, mais aussi en \u00e9nergie, en eau et en carbone par unit\u00e9 de valeur cr\u00e9\u00e9e. La troisi\u00e8me priorit\u00e9 sera technologique. Le num\u00e9rique hors op\u00e9rateurs t\u00e9l\u00e9coms repr\u00e9sente encore moins de 3 % du chiffre d\u2019affaires du Top 500, environ 2,5 % en 2025. Cette part appara\u00eet faible au regard du r\u00f4le croissant de l\u2019intelligence artificielle, de l\u2019automatisation, des donn\u00e9es, de la cybers\u00e9curit\u00e9 et des nouveaux mat\u00e9riaux.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Maroc devra faire \u00e9merger des entreprises capables de produire de la technologie, et pas seulement de l\u2019utiliser. La quatri\u00e8me priorit\u00e9 sera r\u00e9gionale. Le march\u00e9 marocain a permis \u00e0 de nombreuses entreprises de franchir un premier cap, mais il ne suffira plus \u00e0 faire \u00e9merger \u00e0 lui seul des groupes de taille mondiale. Les entreprises devront exporter, distribuer, s\u2019implanter, acqu\u00e9rir et construire des positions durables en Afrique et dans les march\u00e9s voisins. La r\u00e9gionalisation ne signifie pas l\u2019abandon du march\u00e9 national ; elle signifie que le march\u00e9 national doit devenir une base de projection.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation attendue concerne aussi la gouvernance. Les champions du prochain cycle devront \u00eatre capables d\u2019arbitrer entre croissance externe, innovation, souverainet\u00e9 industrielle et discipline financi\u00e8re. Ils devront attirer des talents, investir dans les comp\u00e9tences et nouer des alliances avec les universit\u00e9s, les centres de recherche et les PME.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le vrai d\u00e9fi: diffuser la performance<\/strong><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bilan des vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es est celui d\u2019une r\u00e9ussite incompl\u00e8te. Le Maroc a construit des infrastructures, attir\u00e9 des capitaux, d\u00e9velopp\u00e9 des fili\u00e8res exportatrices et fait \u00e9merger des champions reconnus. Mais les gains de productivit\u00e9 restent trop concentr\u00e9s. La grande entreprise a chang\u00e9 de dimension sans toujours entra\u00eener l\u2019ensemble du tissu productif dans son sillage. Le prochain barom\u00e8tre ne devra donc pas seulement mesurer la taille des entreprises. Il devra suivre la qualit\u00e9 de leur croissance : productivit\u00e9 par salari\u00e9, intensit\u00e9 technologique, part des achats locaux, emplois formels, empreinte carbone, consommation d\u2019eau, capacit\u00e9 d\u2019innovation et pr\u00e9sence internationale.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question des vingt-cinq prochaines ann\u00e9es n\u2019est plus simplement de savoir quelles entreprises seront les plus grandes. Elle est de savoir lesquelles seront les plus productives, les plus technologiques, les plus internationalis\u00e9es et les plus difficiles \u00e0 substituer.\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab La grande entreprise marocaine de 2050 sera totalement diff\u00e9rente de celle que nous connaissons aujourd\u2019hui. Elle sera davantage tourn\u00e9e vers l\u2019international et de nouveaux secteurs \u00e9mergeront, avec l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux acteurs et de nouveaux champions \u00bb, r\u00e9sume Youssef Alaoui, pr\u00e9sident du Groupe CGEM \u00e0 la Chambre des Conseillers et membre de la Commission des Secteurs productifs. Et de poursuivre : \u00ab les emplois sont disponibles, mais il existe un d\u00e9calage entre les besoins des entreprises et les formations propos\u00e9es. C\u2019est un probl\u00e8me majeur, qui se pose avec encore plus d\u2019acuit\u00e9 \u00e0 mesure que les m\u00e9tiers \u00e9voluent et que l\u2019intelligence artificielle se diffuse. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Maroc dispose d\u00e9j\u00e0 de plusieurs briques : des infrastructures de rang international, des fili\u00e8res industrielles, des champions exportateurs, une position g\u00e9ographique strat\u00e9gique et une exp\u00e9rience de la politique sectorielle. La prochaine \u00e9tape consistera \u00e0 relier ces briques pour former un syst\u00e8me productif plus dense, plus innovant et plus inclusif. Le passage de la croissance par les volumes \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 par la valeur ne sera pas automatique. Il exigera une meilleure articulation entre l\u2019\u00c9tat, les grandes entreprises, les PME, les investisseurs \u00e9trangers et les territoires. Il exigera aussi de consid\u00e9rer l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie, les comp\u00e9tences et la technologie comme des actifs strat\u00e9giques, au m\u00eame titre que les infrastructures hier.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Apr\u00e8s un quart de si\u00e8cle, le Maroc entre ainsi dans un \u00e2ge de s\u00e9lection. Les entreprises qui survivront et grandiront ne seront pas n\u00e9cessairement celles qui produiront le plus, mais celles qui sauront produire mieux, vendre plus loin, consommer moins de ressources et int\u00e9grer davantage de valeur sur le territoire national. C\u2019est \u00e0 cette condition que le prochain cycle du Top 500 pourra devenir non seulement un barom\u00e8tre de la puissance \u00e9conomique marocaine, mais aussi un indicateur de sa transformation productive et de sa capacit\u00e9 \u00e0 compter dans l\u2019\u00e9conomie r\u00e9gionale de 2050 \u00bb, mart\u00e8le Hassan Alaoui, pr\u00e9sident de One Africa Forum.<\/p>\n<p>Auteur: Ismail Saraoui<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/classement-500-global-les-grandes-entreprises-marocaines-face-au-prochain-changement-dechelle-325903\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En vingt-cinq ans, le Top 500 est pass\u00e9 du rattrapage par les infrastructures \u00e0 la course \u00e0 la productivit\u00e9, \u00e0 la technologie et \u00e0 l\u2019internationalisation. De 2001 \u00e0 2025, l\u2019\u00e9conomie nationale a chang\u00e9 de rythme, de structure et de g\u00e9ographie. Les grandes entreprises marocaines ont accompagn\u00e9, et parfois acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, cette transformation. 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