{"id":194284,"date":"2026-11-08T12:02:07","date_gmt":"2026-11-08T17:02:07","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-relance-de-la-filiere-bovine-enjeu-strategique-pour-lalimentation-lemploi-et-le-monde-rural\/"},"modified":"2026-11-08T12:02:07","modified_gmt":"2026-11-08T17:02:07","slug":"la-relance-de-la-filiere-bovine-enjeu-strategique-pour-lalimentation-lemploi-et-le-monde-rural","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-relance-de-la-filiere-bovine-enjeu-strategique-pour-lalimentation-lemploi-et-le-monde-rural\/","title":{"rendered":"La relance de la fili\u00e8re bovine: Enjeu strat\u00e9gique pour l\u2019alimentation, l\u2019emploi et le monde rural"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Par Ridha Bergaoui &#8211;<\/strong><\/span><\/span> <strong>En Tunisie, la s\u00e9cheresse, des ann\u00e9es cons\u00e9cutives, les crises g\u00e9opolitiques et les guerres, la hausse des intrants, surtout les aliments du b\u00e9tail (foin, paille et concentr\u00e9s) et le plafonnement du prix d\u2019achat du lait au producteur ont eu raison du secteur laitier. Celui-ci a connu une perte de sa rentabilit\u00e9 et l\u2019abandon de l\u2019activit\u00e9 par de nombreux \u00e9leveurs, ce qui a conduit \u00e0 une chute tr\u00e8s sensible des effectifs bovins et de la production.<\/strong><\/p>\n<p>Au niveau du consommateur, et bien que le lait continue \u00e0 \u00eatre disponible sur les rayons des grandes surfaces et chez les commer\u00e7ants, cette chute des effectifs s\u2019est traduite par une diminution de la disponibilit\u00e9 du beurre et surtout une r\u00e9duction de l\u2019offre en viande bovine qui a contribu\u00e9 \u00e0 la hausse du prix du mouton.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une chute importante des effectifs<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Selon les estimations de 2024 (OEP, 2025), le cheptel bovin compte 360 milliers de vaches dont 211 000 laiti\u00e8res et 149 000 vaches locales et crois\u00e9es contre 450 000 dont 280 000 vaches de race Holstein en 2015. En 10 ans, le cheptel bovin a ainsi connu une baisse de 90 000 femelles, soit environ 20%. Certains professionnels de la fili\u00e8re avancent m\u00eame une baisse de 30 \u00e0 40% en comparant le nombre de vaches productives aujourd&rsquo;hui \u00e0 la situation la plus favorable connue auparavant. Ce sont surtout les vaches laiti\u00e8res de race pure qui ont connu la chute la plus important (soit 25% de l\u2019effectif de 2015) contre seulement 12% pour les vaches locales et crois\u00e9es. La Tunisie perd ainsi de pr\u00e9cieuses femelles Holstein \u00e0 haut potentiel laitier, qui constituent le c\u0153ur de la fili\u00e8re laiti\u00e8re nationale.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/1(160).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\" \/>Cette chute des effectifs se traduit par l\u2019affaiblissement d\u2019une activit\u00e9 qui fait vivre des milliers de familles rurales, procure des revenus r\u00e9guliers aux petits \u00e9leveurs et alimente toute une cha\u00eene \u00e9conomique, de la production fourrag\u00e8re, \u00e0 la collecte, \u00e0 la transformation et \u00e0 la distribution du lait. La diminution du nombre de vaches reproductrices r\u00e9duit le potentiel de production, fragilise les exploitations, menace les emplois li\u00e9s \u00e0 la fili\u00e8re et accro\u00eet la d\u00e9pendance du pays aux approvisionnements ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Le manque de pr\u00e9cision concernant la chute des effectifs et l\u2019absence d\u2019une vision claire de la situation actuelle repr\u00e9sentent un s\u00e9rieux handicap pour agir efficacement. En effet, on ne peut pas agir correctement sur la base d\u2019estimations approximatives ou de donn\u00e9es anciennes, surtout dans un secteur aussi strat\u00e9gique que l\u2019\u00e9levage bovin, confront\u00e9 \u00e0 une \u00e9rosion du cheptel, \u00e0 la hausse des co\u00fbts de production et aux effets du changement climatique. L\u2019enqu\u00eate agricole, dont le lancement est imminent, repr\u00e9sente \u00e0 cet \u00e9gard une occasion d\u2019actualiser les donn\u00e9es sur les exploitations, les effectifs animaux, les productions, les ressources fourrag\u00e8res et les conditions \u00e9conomiques des agriculteurs. Ces informations constitueront un outil essentiel pour identifier les v\u00e9ritables causes des difficult\u00e9s, hi\u00e9rarchiser les priorit\u00e9s et \u00e9laborer des strat\u00e9gies adapt\u00e9es.<\/p>\n<p><span><span><strong>Arr\u00eatons l\u2019h\u00e9morragie<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La fili\u00e8re laiti\u00e8re est le fruit de plusieurs d\u00e9cennies d\u2019efforts, d\u2019investissements et de sacrifices. Sa sauvegarde et sa relance doivent constituer une priorit\u00e9. Il en va de l\u2019avenir de nos \u00e9leveurs, de notre souverainet\u00e9 alimentaire et de notre capacit\u00e9 \u00e0 transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures une fili\u00e8re bovine viable et performante.<\/p>\n<p>Le sauvetage et la relance de la fili\u00e8re passent d\u2019abord par la pr\u00e9servation de ce qui reste encore fonctionnel: les \u00e9leveurs en activit\u00e9 et les vaches en production. Ils ne peuvent se faire si les causes \u00e0 l\u2019origine de la chute des effectifs ne sont pas corrig\u00e9es et si l\u2019activit\u00e9 demeure non rentable et non attractive. Professionnels, chercheurs, \u00e9leveurs, syndicats\u2026 ont rapport\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que le prix actuel du lait \u00e0 la production (1,340 DT\/litre), fix\u00e9 depuis des ann\u00e9es, ne couvre qu\u2019une partie des co\u00fbts de production qui ne cessent de cro\u00eetre en raison de l\u2019inflation et de l\u2019augmentation des prix des intrants. La d\u00e9cision d\u2019augmenter le prix du lait \u00e0 la production permettrait de rendre l\u2019\u00e9levage suffisamment rentable pour que les producteurs aient int\u00e9r\u00eat \u00e0 continuer \u00e0 exercer leur activit\u00e9, conserver leurs vaches, \u00e9lever leurs g\u00e9nisses et investir dans leur troupeau. Elle repr\u00e9sente le premier pas vers une reprise de l\u2019activit\u00e9 et le retour des \u00e9leveurs dans le secteur, et permet d\u2019arr\u00eater l\u2019h\u00e9morragie et de pr\u00e9server les femelles laiti\u00e8res productives.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/2(157).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\" \/>Il est n\u00e9cessaire \u00e9galement de prot\u00e9ger le cheptel de l\u2019abattage abusif des femelles reproductrices (\u00e0 ne pas confondre avec les r\u00e9formes des femelles inaptes \u00e0 l\u2019\u00e9levage). En Tunisie, l\u2019abattage des femelles bovines est en principe encadr\u00e9 depuis longtemps par une r\u00e9glementation destin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9server les animaux reproducteurs. Il convient de renforcer l\u2019application de la r\u00e9glementation en veillant tout particuli\u00e8rement \u00e0 pr\u00e9server les vaches reproductrices et les g\u00e9nisses destin\u00e9es au renouvellement du cheptel.<\/p>\n<p>Cette mesure suppose un contr\u00f4le rigoureux des certificats v\u00e9t\u00e9rinaires, une meilleure tra\u00e7abilit\u00e9 des animaux et une surveillance effective des abattages, afin que les femelles pr\u00e9sentant un potentiel de reproduction ne soient pas \u00e9limin\u00e9es pr\u00e9matur\u00e9ment.<\/p>\n<p>L\u2019abattage clandestin, pratiqu\u00e9 en dehors des abattoirs agr\u00e9\u00e9s pour contourner la r\u00e9glementation, doit \u00eatre combattu avec fermet\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019objectif final est de prot\u00e9ger le capital reproducteur n\u00e9cessaire \u00e0 la production future, tout en permettant une r\u00e9forme raisonn\u00e9e des animaux dont le maintien n\u2019est plus justifi\u00e9 (femelles st\u00e9riles, malades, trop \u00e2g\u00e9es, pr\u00e9sentant des probl\u00e8mes chroniques ou de reproduction\u2026).<\/p>\n<p><span><span><strong>Le manque de g\u00e9nisses laiti\u00e8res, un frein \u00e0 la relance<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019effondrement du cheptel, le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture a lanc\u00e9 un programme de relance visant \u00e0 reconstituer les troupeaux et \u00e0 soutenir les fili\u00e8res lait et viande rouge. Ce programme pr\u00e9voit des aides \u00e0 l\u2019acquisition de g\u00e9nisses, l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique, le renforcement de la couverture v\u00e9t\u00e9rinaire, le d\u00e9veloppement des ressources fourrag\u00e8res et une meilleure tra\u00e7abilit\u00e9 du cheptel. Sa mise en \u0153uvre mobilise notamment l\u2019OEP, les Crda, l\u2019Apia, la BTS et les institutions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>A moyen terme, le succ\u00e8s du programme de relance d\u00e9pendra de la technicit\u00e9 des \u00e9leveurs et de la bonne conduite des animaux: une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e, eau \u00e0 volont\u00e9, logement convenable, ma\u00eetrise de la reproduction et suivi sanitaire r\u00e9gulier. Il d\u00e9pend en premier de la disponibilit\u00e9 des g\u00e9nisses s\u00e9lectionn\u00e9es et performantes.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/3(127).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\" \/>La reconstitution du cheptel doit \u00eatre l\u2019occasion de r\u00e9examiner les choix g\u00e9n\u00e9tiques. La Holstein, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e pour son potentiel laitier, conserve un int\u00e9r\u00eat dans les exploitations capables de lui fournir une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e, de l\u2019eau en abondance, un logement adapt\u00e9 et un suivi sanitaire r\u00e9gulier. Ses performances peuvent se d\u00e9grader rapidement lorsque les conditions d\u2019\u00e9levage deviennent difficiles ou en pr\u00e9sence d\u2019un stress thermique. Il serait donc risqu\u00e9 de faire de la Holstein hautement productive la r\u00e9ponse uniforme aux besoins de tous les \u00e9leveurs. Les exploitations intensives du Nord, disposant de l\u2019eau et des ressources fourrag\u00e8res suffisantes, ne pr\u00e9sentent pas les m\u00eames contraintes que les \u00e9levages des r\u00e9gions du Centre ou du Sud, plus chaudes et plus s\u00e8ches. Dans les zones o\u00f9 l\u2019alimentation et l\u2019eau sont limit\u00e9es, il convient de s\u2019orienter davantage vers les animaux plus rustiques, crois\u00e9s et les races \u00e0 double aptitude, capables de fournir du lait tout en conservant une valeur bouch\u00e8re int\u00e9ressante. Une telle orientation pourrait contribuer \u00e0 r\u00e9pondre simultan\u00e9ment aux besoins en lait et en viande rouge.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 2015, les effectifs auraient diminu\u00e9 d\u2019environ 90 000 femelles, dont pr\u00e8s de 70 000 vaches Holstein. Retrouver le niveau ant\u00e9rieur suppose donc un effort important, \u00e0 mener progressivement sur plusieurs ann\u00e9es, en conciliant augmentation des effectifs, qualit\u00e9 et disponibilit\u00e9 des futures laiti\u00e8res.<\/p>\n<p><span><span><strong>La g\u00e9nisse locale, pilier de la relance<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La production d\u2019une g\u00e9nisse pleine n\u00e9cessite pr\u00e8s de deux ans de soins, d\u2019alimentation \u00e9quilibr\u00e9e et de suivi v\u00e9t\u00e9rinaire. Une premi\u00e8re ins\u00e9mination vers 15 mois permet g\u00e9n\u00e9ralement un premier v\u00ealage autour de 24 mois, si la croissance est satisfaisante. Tout retard de reproduction ou d\u00e9s\u00e9quilibre alimentaire augmente les co\u00fbts. Le prix d\u2019une g\u00e9nisse pleine a fortement augment\u00e9, passant d\u2019environ 5 000 DT en 2021 \u00e0 12 000-15 000 DT aujourd\u2019hui. Cet investissement important justifie un soutien financier ad\u00e9quat aux \u00e9leveurs. Ceux-ci peuvent renouveler et agrandir leurs troupeaux gr\u00e2ce \u00e0 leurs propres g\u00e9nisses, vendre les exc\u00e9dents ou s\u2019approvisionner aupr\u00e8s de centres sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Depuis 1999, la Tunisie dispose d\u2019une strat\u00e9gie de production locale de g\u00e9nisses de race pure. L\u2019OEP assure notamment l\u2019agr\u00e9ment et le suivi des centres qui doivent se conformer \u00e0 un cahier des charges sp\u00e9cifique, l\u2019appui \u00e0 l\u2019ins\u00e9mination et des aides aux structures \u00e9ligibles. L\u2019enjeu est de produire des g\u00e9nisses de qualit\u00e9, adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s tunisiennes et accessibles aux \u00e9leveurs.<\/p>\n<p>Toutefois, les volumes commercialis\u00e9s par les centres suivis restent limit\u00e9s, fragilis\u00e9s par la crise de la fili\u00e8re, la faiblesse de la demande et les difficult\u00e9s de financement.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/4(94).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9valuer les besoins r\u00e9els du pays en g\u00e9nisses, de relancer les centres de production, de faciliter leur acc\u00e8s au cr\u00e9dit, de s\u00e9curiser leur approvisionnement en aliments et de leur garantir des d\u00e9bouch\u00e9s r\u00e9mun\u00e9rateurs. Les retards de vente entra\u00eenent des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires et perturbent la conduite des troupeaux et il est important d\u2019encourager les \u00e9leveurs \u00e0 acheter aupr\u00e8s des centres agr\u00e9\u00e9s.<\/p>\n<p>La relance des centres d\u2019\u00e9levage et la production locale de g\u00e9nisses, adapt\u00e9es aux conditions climatiques et aux pratiques locales, constitue un levier essentiel pour reconstituer durablement le cheptel bovin tunisien. Si n\u00e9cessaire recourir \u00e0 l\u2019importation pour combler un d\u00e9ficit au cas o\u00f9 les besoins ne pourraient pas \u00eatre couverts par la production locale.<\/p>\n<p><span><span><strong>L\u2019importation de g\u00e9nisses pleines, une solution d\u2019appoint<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La Tunisie poss\u00e8de une longue exp\u00e9rience d\u2019importation de g\u00e9nisses laiti\u00e8res pleines. En moyenne, environ 3 000 animaux sont import\u00e9s annuellement. Cette solution pr\u00e9sente certains avantages. Elle permet d\u2019accro\u00eetre relativement rapidement le nombre de reproductrices et d\u2019introduire des animaux dot\u00e9s d\u2019un potentiel laitier \u00e9lev\u00e9. Elle permet ainsi de r\u00e9pondre \u00e0 des besoins urgents ou renforcer les troupeaux d\u2019exploitations intensives disposant des moyens d\u2019\u00e9levage ad\u00e9quats.<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019importation pr\u00e9sente des limites importantes. Le prix d\u2019achat, le transport et les frais sanitaires repr\u00e9sentent un investissement \u00e9lev\u00e9, auquel s\u2019ajoutent les d\u00e9penses d\u2019alimentation et d\u2019entretien jusqu\u2019\u00e0 la mise en production. Le stress du transport et le changement d\u2019environnement peuvent \u00e9galement perturber l\u2019\u00e9tat sanitaire, la reproduction et la production laiti\u00e8re ult\u00e9rieure.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/5(60).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\" \/>Le potentiel g\u00e9n\u00e9tique d\u2019une g\u00e9nisse import\u00e9e ne garantit pas ses performances futures. Produite dans un climat temp\u00e9r\u00e9, elle peut rencontrer des difficult\u00e9s face aux fortes chaleurs, au sirocco, \u00e0 une alimentation moins r\u00e9guli\u00e8re ou \u00e0 des conditions de logement inadapt\u00e9es. La distribution de g\u00e9nisses import\u00e9es doit \u00eatre fond\u00e9e sur la capacit\u00e9 des exploitations \u00e0 assurer leur adaptation et leur rentabilit\u00e9. Il serait imprudent de fournir des animaux co\u00fbteux aux \u00e9leveurs sans \u00e9valuer au pr\u00e9alable leurs ressources, leurs \u00e9quipements et leurs comp\u00e9tences.<\/p>\n<p>L\u2019importation doit donc conserver un r\u00f4le compl\u00e9mentaire, couvrir temporairement les besoins que la production nationale ne peut satisfaire, acc\u00e9l\u00e9rer la reconstitution des effectifs lorsque cela est n\u00e9cessaire et approvisionner, de mani\u00e8re cibl\u00e9e, les exploitations intensives capables de valoriser des animaux \u00e0 haut potentiel laitier.<\/p>\n<p><span><span><strong>Sauver la fili\u00e8re bovine, c\u2019est renforcer notre s\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9levage bovin tunisien traverse une crise profonde, aux cons\u00e9quences graves pour les \u00e9leveurs, le milieu rural, les industries li\u00e9es \u00e0 la fili\u00e8re et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire nationale.<\/p>\n<p>Il est n\u00e9cessaire de sauver la fili\u00e8re, prot\u00e9ger les reproductrices, reconstituer le troupeau, relancer la production locale de g\u00e9nisses et assurer la rentabilit\u00e9 des exploitations. L\u2019objectif est d\u2019avoir des \u00e9levages productifs, renouveler le cheptel, pr\u00e9server les emplois ruraux et garantir aux consommateurs un approvisionnement r\u00e9gulier en lait et viande bovine \u00e0 des prix acceptables. Aucun programme de relance ne sera durable sans une r\u00e9mun\u00e9ration \u00e9quitable du lait aux producteurs.<\/p>\n<p>Reconstituer le cheptel ne consiste pas simplement \u00e0 augmenter le nombre de vaches, mais \u00e0 disposer de reproductrices de qualit\u00e9, productives, fertiles et adapt\u00e9es aux conditions climatiques et alimentaires du pays. Toutefois, la bonne g\u00e9n\u00e9tique ne suffit pas. Une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e, un abreuvement suffisant, une conduite rigoureuse de la reproduction, un suivi sanitaire r\u00e9gulier et un logement adapt\u00e9, sont indispensables pour pr\u00e9server la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des animaux afin qu\u2019ils puissent exprimer tout leur potentiel g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable cl\u00e9 de la r\u00e9ussite de toute strat\u00e9gie de relance du secteur bovin reste avant tout l\u2019\u00e9leveur, celui qui prend soin de ses animaux au quotidien. Lui faciliter l\u2019acc\u00e8s au financement, soutenir ses efforts, renforcer son encadrement technique et sa formation sont autant de conditions indispensables \u00e0 la relance durable de la fili\u00e8re. Cet accompagnement est d\u2019autant plus crucial que la majeure partie du cheptel national est d\u00e9tenue par de petits \u00e9leveurs, dont les moyens financiers et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la formation demeurent souvent limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Enfin, la vache, c\u2019est le lait, mais aussi la viande et le fumier. Souvent sous-estim\u00e9, ce dernier est indispensable pour la fertilit\u00e9 des sols, l\u2019am\u00e9lioration de leur structure et le maintien d\u2019un bon potentiel productif. L\u2019\u00e9levage bovin participe ainsi \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019ensemble du syst\u00e8me agricole.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Ridha Bergaoui<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/leaders.com.tn\/article\/38616-la-relance-de-la-filiere-bovine-enjeu-strategique-pour-l-alimentation-l-emploi-et-le-monde-rural\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ridha Bergaoui &#8211; En Tunisie, la s\u00e9cheresse, des ann\u00e9es cons\u00e9cutives, les crises g\u00e9opolitiques et les guerres, la hausse des intrants, surtout les aliments du b\u00e9tail (foin, paille et concentr\u00e9s) et le plafonnement du prix d\u2019achat du lait au producteur ont eu raison du secteur laitier. 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