{"id":20505,"date":"2019-03-08T11:29:26","date_gmt":"2019-03-08T16:29:26","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/journee-internationale-de-la-femme-5-000-000-de-metres-de-tissus-sortis-de-la-cicam\/"},"modified":"2019-03-08T11:29:26","modified_gmt":"2019-03-08T16:29:26","slug":"journee-internationale-de-la-femme-5-000-000-de-metres-de-tissus-sortis-de-la-cicam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/journee-internationale-de-la-femme-5-000-000-de-metres-de-tissus-sortis-de-la-cicam\/","title":{"rendered":"Journ\u00e9e internationale de la femme :  5.000.000 de m\u00e8tres de tissus sortis de la Cicam"},"content":{"rendered":"<p>La queue est interminable devant les principales boutiques <strong>Cicam<\/strong> d\u2019Akwa et Ndokoti-Douala. Une v\u00e9ritable ru\u00e9e vers les tissus pagnes de la 34\u00e8me Journ\u00e9e internationale de la femme qui se c\u00e9l\u00e8bre ce 8 mars 2019. Grossistes, d\u00e9taillants ou particuliers s\u2019arrachent la pr\u00e9cieuse \u00e9toffe \u00e0 la derni\u00e8re minute de la c\u00e9l\u00e9bration de cet \u00e9v\u00e9nement majeur. <strong>Nicolas Njoh<\/strong>, le directeur commercial et marketing de la Cicam, Cotonni\u00e8re industrielle du Cameroun, est pourtant clair sur la gestion des stocks disponibles: \u00ab\u00a0<em>nous avons pris des dispositions pour qu\u2019une personne ne puisse acheter plus de deux exemplaires de ce tissus, afin de permettre \u00e0 tout un chacun d\u2019en disposer<\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0 Prix usine: <strong>6.500 FCFA<\/strong>, clairement indiqu\u00e9 sur une \u00e9tiquette adh\u00e9sive appos\u00e9e sur chaque exemplaire de couleur rose ou verte. Prix qui conna\u00eet malheureusement d\u2019importantes fluctuations, atteignant parfois <strong>12.500\u00a0 FCFA<\/strong> pour <strong>6<\/strong> yards.<\/p>\n<p>Comme la f\u00eate du travail ou la Journ\u00e9e mondiale de l\u2019enseignant, la Journ\u00e9e internationale de la femme est consid\u00e9r\u00e9e comme une p\u00e9riode de bonnes affaires pour la Cicam. Son chiffre d\u2019affaires passant ais\u00e9ment du simple au quintuple. Du d\u00e9compte effectu\u00e9 par Nicolas Njoh, la production du pagne Jif 2019 a d\u00e9j\u00e0 atteint\u00a0 <strong>5.000.000<\/strong> de m\u00e8tres, sortis de l\u2019usine Cicam au 5 f\u00e9vrier 2019. \u00ab\u00a0<em>Nous recevons encore des commandes de derni\u00e8re minute<\/em>\u00a0\u00bb, indique le directeur commercial et marketing de la Cicam.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette embellie conjoncturelle, la r\u00e9alit\u00e9 est pourtant diff\u00e9rente. L\u2019entreprise historique se meurt lentement du fait du commerce illicite, contrebande et contrefa\u00e7on. <em>\u00ab\u00a0La Cicam employait\u00a0 plus de 2000 personnes. Pr\u00e9sentement on atteint\u00a0 \u00e0 peine 1000. L\u2019entreprise perd 2 milliards de F.CFA de fencies, alors qu\u2019on devrait avoir entre 3 et 4 milliards de nos francs<\/em>\u00a0\u00bb, indique Nicolas Njoh, au sein de la cotonni\u00e8re depuis <strong>1977<\/strong>. Tout part selon lui, des ann\u00e9es 88 et 89. Le Naira, monnaie du voisin Nig\u00e9ria conna\u00eet une brusque d\u00e9valuation. Hypoth\u00e9quant la p\u00e9n\u00e9tration des tissus Cicam dans ce vaste march\u00e9 de <strong>130<\/strong> millions de consommateurs: \u00ab\u00a0<em>En moins de 2 ans, on a assist\u00e9 \u00e0 une invasion de produits dans nos march\u00e9s \u00e0 des prix d\u00e9fiant toute concurrence. D\u2019abord dans le Grand-Nord, Fotokol, Dabanga, Waza, Durbey, Mayo Oulo, Demsa, Tiket<\/em>\u00a0\u00bb, relate Nicolas Njoh. Cons\u00e9quence, le prix du yard de pagne va drastiquement chuter: <strong>6<\/strong> yards \u00e0 <strong>1500<\/strong> FCFA!<\/p>\n<p><strong>Cicam, victime de la concurrence d\u00e9loyale du tissu asiatique<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s novembre <strong>1985<\/strong>, la premi\u00e8re d\u00e9valuation du Naira signe le d\u00e9but d\u2019une longue s\u00e9rie qui portera son taux de change de <strong>1000 Fcfa<\/strong> en 1985 \u00e0 seulement <strong>70 Fcfa<\/strong> aujourd\u2019hui. Avec pour cons\u00e9quence, une inversion des flux commerciaux et l\u2019invasion du Cameroun par des produits nig\u00e9rians \u00e0 des prix extr\u00eamement comp\u00e9titifs. Pour la Cicam, cela s\u2019est traduit par un effondrement de ses ventes sur les march\u00e9s nationaux et r\u00e9gionaux qui, en <strong>1998<\/strong>, ne repr\u00e9sentaient que <strong>30 %<\/strong> de leur niveau de <strong>1985<\/strong>, pour se stabiliser \u00e0 moins de <strong>20%<\/strong> en <strong>1992<\/strong>. En <strong>1986<\/strong>, la baisse continue du dollar a fortement r\u00e9duit les prix des produits \u00e0 l\u2019exportation, aggravant simultan\u00e9ment la crise financi\u00e8re des Etats. Encore une fois, la Cicam subit de plein fouet l\u2019effondrement des prix de vente des \u00e9crus \u00e0 l\u2019exportation, dont le niveau de tarif, pour certaines armures, se situait en dessous des co\u00fbts directs. En mars 1986, l\u2019effondrement du prix du p\u00e9trole\u00a0 de <strong>36 \u00e0 15 $<\/strong> le baril, pr\u00e9cipite les Etats p\u00e9troliers africains et le Cameroun en particulier (60% des recettes \u00e0 l\u2019exportation) dans une crise financi\u00e8re impliquant un surendettement et des restrictions budg\u00e9taires. Cette situation conduira \u00e0 la d\u00e9valuation du Fcfa en janvier <strong>1994<\/strong> et \u00e0 une baisse continue du PNB par habitant, qui est pass\u00e9 de <strong>1000 $<\/strong> en <strong>1985 \u00e0 450 $<\/strong> en <strong>1993<\/strong>. Simultan\u00e9ment, le chiffre d\u2019affaires de la Cicam s\u2019est r\u00e9duit de <strong>70 %<\/strong>, passant de <strong>23,3 milliards<\/strong> de F.CFA \u00e0 <strong>7 milliards<\/strong> de F.CFA en <strong>1994<\/strong>.<\/p>\n<blockquote readability=\"6\">\n<p>les espaces marchands locaux sont en effet achaland\u00e9s en majorit\u00e9 des pagnes venus principalement de Chine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est encore avec d\u00e9sespoir que Nicolas Njoh \u00e9voque les routes asiatiques, qui vont aggraver les malheurs de la Cicam: \u00ab\u00a0<em>depuis 1998\/1999, les pays asiatiques dont la Chine ont pris le relais. La plupart des produits de contrefa\u00e7on et de contrebande ont envahi plus de 70 % de l\u2019espace \u00e9conomique jusqu\u2019en 2010, atteignant ainsi les taux records de 80 \u00e0 90 % en 2015 et 2016<\/em> \u00bb, d\u00e9clare Nicolas Njoh. Les espaces marchands locaux sont en effet achaland\u00e9s en majorit\u00e9 des pagnes venus principalement de Chine. Au-del\u00e0 de cette rude concurrence, on signale une importante fili\u00e8re de contrebande des produits Cicam: \u00ab\u00a0<em>nous ne sommes pas les seuls \u00e0 subir ces perversit\u00e9s. Mais, nous croyons pouvoir affirmer que le secteur du textile est aujourd\u2019hui celui qui souffre le plus de ce ph\u00e9nom\u00e8ne car 95 % du march\u00e9 classique (pagne de base) est occup\u00e9 par des produits Cicam, qui couvre \u00e0 peine 5 % du march\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour les managers de la cotonni\u00e8re industrielle du Cameroun, le commerce illicite se porte bien, du fait du \u00ab\u00a0<em>laxisme, du laisser-faire des pouvoirs publics, de l\u2019opportunisme de certains op\u00e9rateurs \u00e9conomiques v\u00e9reux, et de la confusion habituelle entre lib\u00e9ralisme et libertinage \u00e9conomique qui pr\u00e9vaut. Le laisser faire de l\u2019Etat se traduit essentiellement par son peu d\u2019empressement \u00e0 appliquer les textes existants en mati\u00e8re de commerce et du droit d\u2019entr\u00e9e dont l\u2019application effective\u00a0 suffirait \u00e0 apporter un d\u00e9but de solution aux entreprises victimes du commerce illicite<\/em>\u00a0\u00bb, s\u2019indigne encore la Cicam. D\u2019ailleurs, apprend-on, \u00ab\u00a0<em>les copies sont de plus en plus faites \u00e0 l\u2019identique, line by line, avec des inscriptions d\u2019origine en lisi\u00e8re, que seuls les vrais hommes du textile peuvent d\u00e9tecter<\/em>\u00a0\u00bb, expliquent des experts de l\u2019industrie textile, qui ajoutent que ces faux pagnes sont vendus au m\u00eame prix que les originaux.<\/p>\n<p><strong>Chemin de croix vers la recapitalisation<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019activit\u00e9 industrielle de la Cicam se r\u00e9partit sur trois sites: Garoua o\u00f9 deux usines de filature et tissage transforment le coton, achet\u00e9 \u00e0 la Sodecoton, en tissu \u00e9cru dont une partie est destin\u00e9e \u00e0 la grande exportation vers l\u2019Europe. Douala, avec le traitement des \u00e9crus de Garoua pour\u00a0 transformation en tissus teints ou imprim\u00e9s. Encore Douala, o\u00f9 sont \u00e9galement produits des tissus \u00e9ponges \u00e0 partir des fil\u00e9s de coton livr\u00e9s par l\u2019usine de Garoua.<\/p>\n<p>L\u2019activit\u00e9 commerciale de la Cicam s\u2019exerce par l\u2019interm\u00e9diaire de sa filiale Newco, rachet\u00e9e en <strong>1990<\/strong> au groupe Cnf, alors premier client de la Cicam, qui avait d\u00e9cid\u00e9 son retrait du secteur textile. La Soci\u00e9t\u00e9 Newco, plus connue sous la marque commerciale, Laking Textiles est implant\u00e9e sur tout le territoire avec un r\u00e9seau de boutiques de vente en gros et au d\u00e9tail. Le groupe Cicam est devenu, au fil des ans, un ensemble int\u00e9gr\u00e9 offrant au consommateur une large gamme de produits textiles distribu\u00e9s sur les principales villes et dans les march\u00e9s les plus recul\u00e9s du territoire national. Cicam, a pu, gr\u00e2ce \u00e0 cette structure int\u00e9gr\u00e9e, r\u00e9sister aux crises \u00e9conomiques des ann\u00e9es <strong>1988<\/strong> \u00e0 <strong>1993<\/strong> et, est devenu le complexe textile le plus important de la r\u00e9gion. Pendant 20 ans, de <strong>1965<\/strong> \u00e0 <strong>1985<\/strong>, la Cicam a \u00e9volu\u00e9 dans un environnement porteur, en particulier la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie au terme de laquelle son chiffre d\u2019affaires annuel a atteint l\u2019\u00e9quivalent de <strong>70 M\u20ac<\/strong> pour une production de fil\u00e9s dans ses usines de Garoua, de plus de <strong>6.500<\/strong> tonnes.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, la progression de l\u2019activit\u00e9 s\u2019appuyait sur le d\u00e9veloppement des \u00e9conomies des pays africains, et du Cameroun en particulier, port\u00e9s par un taux \u00e9lev\u00e9 du dollar et un prix soutenu du baril de p\u00e9trole \u00e0 <strong>36 $<\/strong>. De plus, la Cicam exportait une partie de ses produits vers le vaste march\u00e9 nig\u00e9rian. Ce retournement brutal de conjoncture a entra\u00een\u00e9 la Cicam dans un cycle de pertes chroniques. Malgr\u00e9 des mesures de restructuration industrielle et de red\u00e9ploiement commercial, prises d\u00e8s 1989, l\u2019endettement de la Cicam a atteint <strong>15 milliards<\/strong> de F.CFA en 1992. Toutes les industries textiles de la zone se sont retrouv\u00e9es dans une situation identique et les divers plans de redressement \u00e9labor\u00e9s individuellement par la Cicam, Ucatex en Rca et Stt au Tchad n\u2019ont pas abouti. Ainsi est apparu en 1991, que le maintien \u00e9conomique d\u2019une industrie viable dans la zone Udeac pouvait faire l\u2019objet d\u2019une approche r\u00e9gionale et, en accord avec la Caisse Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement, appuy\u00e9e par l\u2019aide d\u2019un consultant ext\u00e9rieur, Dmc va proposer un plan de restructuration de l\u2019industrie textile de toute la zone.<\/p>\n<div class=\"about-author about-author-box container-wrapper\">\n<div class=\"author-avatar\">\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/\" alt=\"\"\/><\/p>\n<\/div>\n<p><h4>La R\u00e9daction EcoMatin<\/h4>\n<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget blog_subscription-2\">\n<h4 class=\"widget-title\">Abonnez-vous \u00e0 notre lettre d&rsquo;information<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: EcoMatin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/journee-internationale-de-la-femme-5-000-000-de-metres-de-tissus-sortis-de-la-cicam\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La queue est interminable devant les principales boutiques Cicam d\u2019Akwa et Ndokoti-Douala. 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