{"id":21957,"date":"2019-03-14T14:50:01","date_gmt":"2019-03-14T18:50:01","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/on-a-faim-maracaibo-la-capitale-petroliere-du-venezuela-mise-a-sac\/"},"modified":"2019-03-14T14:50:01","modified_gmt":"2019-03-14T18:50:01","slug":"on-a-faim-maracaibo-la-capitale-petroliere-du-venezuela-mise-a-sac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/on-a-faim-maracaibo-la-capitale-petroliere-du-venezuela-mise-a-sac\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0On a faim!\u00a0\u00bb : Maracaibo, la capitale p\u00e9troli\u00e8re du Venezuela, mise \u00e0 sac"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019employ\u00e9e fond en larmes devant les all\u00e9es d\u00e9vast\u00e9es du supermarch\u00e9 de Maracaibo o\u00f9 elle travaille depuis 15 ans. La deuxi\u00e8me ville du Venezuela, coeur de son industrie p\u00e9troli\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 sac par des milliers de pillards hurlant \u00ab\u00a0On a faim !\u00a0\u00bb, pendant la gigantesque panne d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qu\u2019a connue ce pays.<\/p>\n<p>L\u2019odeur du poivre, pulv\u00e9ris\u00e9 par des forces de l\u2019ordre impuissantes face aux bandes d\u00e9chain\u00e9es, flotte encore dans les trav\u00e9es. Tout respire la rage dans les d\u00e9combres de cet immense magasin qui emploie 400 personnes, aujourd\u2019hui d\u00e9sempar\u00e9es et inqui\u00e8tes pour leur avenir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai vu un homme qui emportait de la farine de ma\u00efs, il ne l\u2019a l\u00e2ch\u00e9e que pour s\u2019emparer de pneus\u00a0\u00bb, raconte, encore secou\u00e9, Deivis Garcia qui a vu d\u00e9ferler quelque 2.000 personnes au cinqui\u00e8me jour de la panne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mes enfants me demandent : +et maintenant papa, qu\u2019est ce qu\u2019on va faire ?+\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p>Le courant a brusquement \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 le 7 mars en fin d\u2019apr\u00e8s-midi. En partie r\u00e9tabli mardi soir, il reste intermittent \u00e0 Maracaibo. Une panne unique par son ampleur et sa dur\u00e9e, m\u00eame pour cette ville de 3,6 millions d\u2019habitants pourtant habitu\u00e9s aux incidents de ce type.<\/p>\n<p>Les salari\u00e9s ont trouv\u00e9 refuge sur une mezzanine en surplomb du supermarch\u00e9 d\u2019o\u00f9 ils ont contempl\u00e9, stup\u00e9faits, la foule d\u00e9monter jusqu\u2019aux r\u00e9frig\u00e9rateurs pour en emporter des pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Policiers et militaires ont \u00e9t\u00e9 incapables de contenir les \u00e9chauffour\u00e9es et les groupes qui se sont \u00e9parpill\u00e9s dans les rues \u00e0 la faveur de l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2013 Militaires en armes \u2013<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On a faim !\u00a0\u00bb, criaient les pillards, se souvient un jeune policier aux yeux clairs, qui demande \u00e0 garder l\u2019anonymat. \u00ab\u00a0Ils m\u2019ont sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019abandonner mon uniforme et de me joindre \u00e0 eux pour piller\u2026 Nous aussi on a faim, chez moi il n\u2019y a rien \u00e0 manger\u00a0\u00bb. C\u2019est la mi-journ\u00e9e et il n\u2019a toujours pas pris son petit-d\u00e9jeuner, montant la garde devant les commerces saccag\u00e9s.<\/p>\n<p>Selon le Conseil national du Commerce et des Services (Consecomercio), plus de 500 commerces et le principal centre commercial de la ville ainsi que la zone industrielle ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9s pendant la panne.<\/p>\n<p>Le syndicat patronal Fedecamaras a condamn\u00e9 dans un communiqu\u00e9 \u00ab\u00a0tout acte de violences\u00a0\u00bb qui n\u2019aboutit qu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0approfondir la pauvret\u00e9 (\u2026) au sein de notre soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><ins data-revive-zoneid=\"9\" data-revive-id=\"10111e19d28d19d031742ee3b0b33eb0\"\/> <\/p>\n<p>Devant une des usines de Polar, la principale entreprise alimentaire du Venezuela, des dizaines d\u2019habitants d\u2019un bidonville voisin tournent autour du site mais des militaires arriv\u00e9s en camions blind\u00e9s gardent les lieux.<\/p>\n<p>Sur son site internet, la compagnie souligne que quatre de ses usines, qui produisent des sodas, des bi\u00e8res et des p\u00e2tes, ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es. \u00ab\u00a0Ces pillages affectent gravement la production et la distribution et met en p\u00e9ril nos activit\u00e9s\u00a0\u00bb, pr\u00e9vient-t-elle.<\/p>\n<p>Les boutiques de chaussures, de bijoux, de t\u00e9l\u00e9phones ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 visit\u00e9es. Dans cette ville autrefois prosp\u00e8re, les rues offrent des sc\u00e8nes de d\u00e9solation et les \u00e9tablissements sont ferm\u00e9s. Trouver une bouteille d\u2019eau rel\u00e8ve du parcours du combattant. Devant les rares petits commerces ouverts, des centaines de personnes attendent en file de pouvoir acheter quelque chose \u00e0 manger.<\/p>\n<p>\u2013 Il ne reste rien \u2013<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9taient des pillages massifs, on a perdu des milliards (de bolivars, monnaie dont le cours s\u2019est effondr\u00e9 en raison de l\u2019hyperinflation, ndlr)\u00a0\u00bb, g\u00e9mit Francisco Arteaga, 61 ans. \u00ab\u00a0Maintenant chacun est l\u00e0 \u00e0 chercher \u00e0 manger comme un fou\u2026 Regardez la ville, on dirait qu\u2019il y a eu la guerre\u00a0\u00bb, ajoute-t-il apr\u00e8s avoir march\u00e9 des heures dans les art\u00e8res d\u00e9vast\u00e9es \u00e0 la recherche de vivres.<\/p>\n<p>Le sexag\u00e9naire en appelle \u00e0 Nicolas Maduro, sous le mandat duquel le Venezuela traverse la pire crise son histoire r\u00e9cente. \u00ab\u00a0Qu\u2019il quitte le pays !\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s vingt ans de r\u00e9volution, rien ne va !\u00a0\u00bb, jure-t-il.<\/p>\n<p>A La Curva de Molina, le c\u0153ur commercial de Maracaibo, des hordes munies de b\u00e2tons et de pierres ont cass\u00e9 les vitrines et forc\u00e9 les portes. \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas eu un magasin qui a \u00e9chapp\u00e9 au pillage\u00a0\u00bb, affirme Angel Chirinos, un commer\u00e7ant de 38 ans.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils sont arriv\u00e9s par ici mais il y avait tellement de choses \u00e0 piller qu\u2019ils n\u2019ont pas pu tout prendre\u00a0\u00bb, constate le propri\u00e9taire d\u2019un magasin d\u2019alcools. Depuis, il monte la garde : \u00ab\u00a0J\u2019ai pass\u00e9 trois nuits sans dormir : il y avait encore plein de gens qui rodaient\u00a0\u00bb, dit-il les yeux rougis.<\/p>\n<p>Pour Ram\u00f3n Morales, un coiffeur de 44 ans, la pire crise alimentaire que traverse le Venezuela depuis trois ans risque d\u2019empirer : \u00ab\u00a0Regardez l\u2019entrep\u00f4t des Chinois, que va-t-on manger ?\u00a0\u00bb, soupire-t-il en d\u00e9signant le local incendi\u00e9.<\/p>\n<p>Judith Palmar, une domestique qui a fait une heure de route jusqu\u2019\u00e0 Maracaibo afin de chercher \u00e0 manger \u00ab\u00a0pour ses patrons\u00a0\u00bb se d\u00e9sole : \u00ab\u00a0Depuis vendredi dernier tout est ferm\u00e9\u2026 les gens ont faim. Mais pourquoi tout d\u00e9truire ? Jusqu\u2019o\u00f9 va-t-on aller ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Auteur: AFP<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/fr\/on-a-faim-maracaibo-la-capitale-petroliere-du-venezuela-mise-a-sac\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019employ\u00e9e fond en larmes devant les all\u00e9es d\u00e9vast\u00e9es du supermarch\u00e9 de Maracaibo o\u00f9 elle travaille depuis 15 ans. La deuxi\u00e8me ville du Venezuela, coeur de son industrie p\u00e9troli\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 sac par des milliers de pillards hurlant \u00ab\u00a0On a faim !\u00a0\u00bb, pendant la gigantesque panne d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qu\u2019a connue ce pays. 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