{"id":22611,"date":"2019-03-18T10:48:00","date_gmt":"2019-03-18T14:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/fatma-marrakchi-charfi-le-dinar-faut-il-penser-a-une-sorte-dancrage-par-rapport-a-leuro\/"},"modified":"2019-03-18T10:48:00","modified_gmt":"2019-03-18T14:48:00","slug":"fatma-marrakchi-charfi-le-dinar-faut-il-penser-a-une-sorte-dancrage-par-rapport-a-leuro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/fatma-marrakchi-charfi-le-dinar-faut-il-penser-a-une-sorte-dancrage-par-rapport-a-leuro\/","title":{"rendered":"Fatma Marrakchi Charfi &#8211; Le dinar : faut-il penser \u00e0 une sorte d\u2019ancrage par rapport \u00e0 l\u2019euro?"},"content":{"rendered":"<p>Le glissement du dinar devenant de plus en plus aigu et probl\u00e9matique interpelle les Tunisiens. IL y a ceux qui demandent \u00e0 la BCT de d\u00e9fendre le dinar car ils savent qu\u2019une grande partie de l\u2019inflation provient de ce glissement, d\u2019autres demandent \u00e0 revenir au syst\u00e8me de l\u2019ancrage sur un panier de monnaies, comme c\u2019\u00e9tait le cas depuis 1978 et d\u2019autres encore demandent d\u2019ancrer le dinar sur l\u2019euro, puisque l\u2019Europe constitue notre principal partenaire \u00e0 l\u2019\u00e9change. Bref, les Tunisiens s\u2019interrogent par cons\u00e9quent, sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019adopter une plus grande flexibilisation du dinar qui \u00e9tait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e \u00e0 partir du mois d\u2019avril 2012. Or, la flexibilisation d\u2019un dinar qui reste sous pression sous-entend, le laisser filer.<\/p>\n<p>En examinant les donn\u00e9es sur les parit\u00e9s mensuelles interbancaires entre avril 2012 et d\u00e9cembre 2018, nous constatons que le dinar a perdu environ 100% de sa valeur vis \u00e0 vis du dollar (le dollar a fini l\u2019ann\u00e9e 2018 \u00e0 2,9725 TND contre 1,3697 \u00e0 la fin du mois d\u2019avril 2012, ce qui est \u00e9quivaut \u00e0 une d\u00e9pr\u00e9ciation de 15% en moyenne annuelle). Par ailleurs, le dinar a perdu environ les \u00be de sa valeur vis-\u00e0-vis de l\u2019euro (l\u2019euro a fini l\u2019ann\u00e9e 2018 \u00e0 3,3846 TND contre 1,9805 \u00e0 la fin du mois d\u2019avril 2012, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 une d\u00e9pr\u00e9ciation de 10% en moyenne annuelle). Toutefois, et pour la seule ann\u00e9e 2018, le dinar a perdu 20% par rapport \u00e0 l\u2019USD et 15% vis \u00e0 vis de l\u2019euro. De ce fait, nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la d\u00e9pr\u00e9ciation de la monnaie nationale par rapport aux deux principales devises de paiement des op\u00e9rations ext\u00e9rieures de la Tunisie.<\/p>\n<p>Pour mieux expliquer la formation du taux de change en Tunisie, il faut sp\u00e9cifier que de nos jours, le dinar n\u2019est plus d\u00e9termin\u00e9 selon le principe de l\u2019ancrage sur un panier de devises, comme c\u2019\u00e9tait le cas depuis 1978, mais plut\u00f4t et dans une large mesure, par les forces du march\u00e9 et o\u00f9 les teneurs de march\u00e9 sont cens\u00e9s y jouer un grand r\u00f4le. En effet, depuis 2012, la Banque Centrale de Tunisie a chang\u00e9 le cadre op\u00e9rationnel de la politique de change pour le rendre plus souple et plus flexible. \u00abDepuis avril 2012, la BCT calcule le taux de change de r\u00e9f\u00e9rence sur la base d\u2019un taux de change moyen sur le march\u00e9 interbancaire au lieu d\u2019une fixit\u00e9 par rapport \u00e0 un panier de devises\u00bb.\u00a0 Bref, le taux de change est devenu plus flexible et donc en d\u00e9pr\u00e9ciation continue, comme soulign\u00e9 plus haut, dans l\u2019objectif de pr\u00e9server les r\u00e9serves de change.<\/p>\n<h2>Pourquoi la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar est devenue inqui\u00e9tante?<\/h2>\n<p>Les implications de la d\u00e9pr\u00e9ciation sont de plus en plus lourdes sur les m\u00e9nages et les entreprises. Les m\u00e9nages ressentent de plus en plus la perte dans leur pouvoir d\u2019achat au quotidien et les entreprises souffrent de l\u2019alourdissement de la charge de leurs importations en consommations interm\u00e9diaires. Sur les colonnes de Leaders, nous avons d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9 les effets n\u00e9gatifs possibles de la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar sur les m\u00e9nages, les entreprises et l\u2019Etat. Mais, nouspouvons rappeler bri\u00e8vement que:<\/p>\n<ul>\n<li>le ph\u00e9nom\u00e8ne inflationniste est d\u00fb \u00e0 la transmission de la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar aux prix domestiques (le pass-through du taux de change<span class=\"c2\"><sup><strong>(1)<\/strong><\/sup><\/span>). M\u00eame si son impact sur l\u2019indice de prix \u00e0 la consommation est faible, \u00e9tant donn\u00e9 que 26,6% de cet indice est form\u00e9 par des biens dont le prix est administr\u00e9. Toutefois,l\u2019impact de la d\u00e9pr\u00e9ciation sur le prix des biens import\u00e9s et sur l\u2019inflation sous-jacente (\u00e0 laquelle les d\u00e9cideurs de politiques \u00e9conomiques sont tr\u00e8s attentifs), est tr\u00e8s important.<\/li>\n<li>La d\u00e9pr\u00e9ciation a aussi un effet n\u00e9gatif sur le budget de l\u2019Etat \u00e0 travers l\u2019alourdissement des subventions et le rench\u00e9rissement de la dette publique.<\/li>\n<li>Alors que l\u2019effet positif sur la balance commerciale est hypoth\u00e9tique et non prouv\u00e9<span class=\"c2\"><sup><strong>(2)<\/strong><\/sup><\/span>, dans la mesure o\u00f9 l\u2019effet sur la comp\u00e9titivit\u00e9-prix n\u2019est plus important aujourd\u2019hui, \u00e9tant donn\u00e9 que les \u00e9lasticit\u00e9s-prix sont tr\u00e8s faibles. Ce qui signifie que suite \u00e0 l\u2019augmentation du prix du bien import\u00e9, les quantit\u00e9s import\u00e9es ne diminuent pas d\u2019une mani\u00e8re substantielle (demande \u00e0 l\u2019importation) et le volume des exportations (demande \u00e0 l\u2019exportation) n\u2019augmente pas beaucoup suite \u00e0 la diminution des prix des exportations en termes de monnaie \u00e9trang\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il faut quand m\u00eame rappeler qu\u2019il fut un temps o\u00f9 la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar \u00e9tait une politique voulue par l\u2019autorit\u00e9 mon\u00e9taire en vue de stimuler les exportations.<\/p>\n<h2>On en est o\u00f9 aujourd\u2019hui?<\/h2>\n<p>Aujourd\u2019hui on est dans un processus de lib\u00e9ralisation qu\u2019on a du mal \u00e0 assumer car entre temps nous vivons une instabilit\u00e9 macro-\u00e9conomique, avec une inflation difficilement ma\u00eetrisable, un d\u00e9ficit commercial et courant en crescendo et un d\u00e9ficit budg\u00e9taire important et sp\u00e9cifiquement tr\u00e8s fortement impact\u00e9 par une hausse de la masse salariale qui a plus que doubl\u00e9 entre 2010 et 2018. En effet, la distribution des salaires,conjugu\u00e9e d\u2019une politique mon\u00e9taire accommodante apr\u00e8s 2011, a augment\u00e9 la demande de consommationlocale et import\u00e9e alors que l\u2019offre locale n\u2019avait pas suivi, ce qui a mis une pression sur les prix et a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une inflation qui commence \u00e0 s\u2019installer dans le temps et \u00e0 devenir probl\u00e9matique, \u00e0 laquelle on ajoute inflation fortement aliment\u00e9e par la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar. La BCT \u00e9tant le gardien du temple de la stabilit\u00e9 des prix essaie de combattre l\u2019inflation en relevant le taux directeur. Ainsi, elle a relev\u00e9 le taux directeur deux fois en 2018, une premi\u00e8re fois au mois de mars 2018 de 75 points de base et une deuxi\u00e8me fois en juin 2018 de 100 points, le portant \u00e0 6,75% et la derni\u00e8re en mi-f\u00e9vrier de 100 points de base, augmentant ce dernier \u00e0 7,75%. Cette augmentation a pour objectif de comprimer la demande globale, qu\u2019elle soit une demande de consommation priv\u00e9e ou publique ou une demande d\u2019investissement. En effet, l\u2019augmentation du taux directeur est cens\u00e9e se transmettre au TMM qui \u00e0 son tour devrait se transmettre aux prix apr\u00e8s 3 ou 4 trimestres, ce qui contribuerait \u00e0 r\u00e9duire l\u2019inflation. Par ailleurs, et tout en encourageant la diminution de la consommation, la BCT esp\u00e8re ma\u00eetriser la demande d\u2019importations en contribuant ainsi \u00e0 limiter la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar en all\u00e9geant la pression sur la demande des devises.<\/p>\n<p>Pour toutes ces raisons beaucoup se posent la questionsur l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019instrument du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et se demandent s\u2019il ne faudrait pas revenir \u00e0 une sorte de taux de change fixe ou \u00e0 une sorte d\u2019ancrage par rapport \u00e0 une monnaie ou \u00e0 un panier de monnaies, ce qui pourrait nous permettre de combattre l\u2019inflation sans freiner l\u2019investissement ? Est-ce que les probl\u00e8mes que nous vivons aujourd\u2019hui ne trouvent pas leur origine dans le changement du r\u00e9gime de change ? Est-il possible de revenir \u00e0 un r\u00e9gime fixe, o\u00f9 la banque centrale se porte garante de la fixit\u00e9 du taux de change et serait pr\u00eate \u00e0 d\u00e9fendre le taux sur lequel elle s\u2019est engag\u00e9e ? Ce sont des questions qui reviennent souvent de la part des sp\u00e9cialistes et des non-initi\u00e9s.<\/p>\n<h2>Un retour \u00e0 l\u2019ancrage du dinar est-il possible aujourd\u2019hui?<\/h2>\n<p>Un r\u00e9gime de change fixe suppose la d\u00e9finition d&rsquo;une parit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence entre la monnaie du pays consid\u00e9r\u00e9 et une devise (ou un panier de devises), \u00e0 laquelle la banque centrale s&rsquo;engage \u00e0 \u00e9changer sa monnaie. Lorsque le march\u00e9 des changes est lib\u00e9ralis\u00e9, le respect de cet engagement lui impose d&rsquo;intervenir sur le march\u00e9 des changes d\u00e8s que le taux de change s&rsquo;\u00e9loigne de la parit\u00e9 \u00e9tablie, par l&rsquo;achat de la monnaie nationale si elle tend \u00e0 se d\u00e9pr\u00e9cier, ou par sa vente dans le cas contraire. Lorsque le march\u00e9 des changes est contr\u00f4l\u00e9, la monnaie est inconvertible, la parit\u00e9 est d\u00e9finie arbitrairement et soutenue artificiellement gr\u00e2ce \u00e0 un contr\u00f4le de change sur certaines op\u00e9rations commerciales et de services etc \u2026<br \/>De ce fait, si on veut maintenir un taux fixe et soutenu artificiellement par l\u2019autorit\u00e9 mon\u00e9taire, il faudrait soits\u2019ancrer sur un panier ou s\u2019ancrer sur l\u2019euro, monnaie de notre principal partenaire \u00e0 l\u2019\u00e9change.<\/p>\n<ul>\n<li>Si on choisit de s\u2019ancrer sur un panier, (m\u00eame momentan\u00e9ment) le taux de change nominal vis-\u00e0-vis des diff\u00e9rentes devises changera dans l\u2019objectif de stabiliser un indice de taux de change effectif (multilat\u00e9ral)<span class=\"c2\"><sup><strong>(3)<\/strong><\/sup><\/span> et le taux nominal bilat\u00e9ral ne sera pas visible et pr\u00e9visible pour l\u2019op\u00e9rateur \u00e9conomique, ce qui ne permet pas \u00e0 la BCT d\u2019ancrer les anticipations, quant \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation et \u00e0 l\u2019inflation. Par contre, l\u2019autorit\u00e9 mon\u00e9taire pourrait esp\u00e9rer stabiliser la balance commerciale.<\/li>\n<li>Si on choisit de s\u2019ancrer sur l\u2019euro,(m\u00eame momentan\u00e9ment), le taux nominal bilat\u00e9ral sera transparent et pr\u00e9visible pour l\u2019op\u00e9rateur \u00e9conomique, ce qui permet \u00e0 la BCT d\u2019ancrer les anticipations du public, quant \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation et \u00e0 l\u2019inflation. Par contre, nous subirons de plein fouet la variation de change par rapport au dollar, sachant qu\u2019une partie de la dette est libell\u00e9e en dollars ainsi qu\u2019une partie des importations surtout les importations \u00e9nerg\u00e9tiques. Ainsi, la partie de la balance des paiements qui d\u00e9pend de la parit\u00e9 vis-\u00e0-vis du dollar sera volatile. Dans les deux cas il faudrait cibler un dinar plus d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 qu\u2019il ne l\u2019est aujourd\u2019hui. En outre, il faudrait imposer un resserrement du contr\u00f4le de change sur certains biens tels que les biens de consommation finale et surtout ceux ayant un substitut local.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Si on reste toujours dans la logique du march\u00e9, o\u00f9 les teneurs de march\u00e9s jouent un r\u00f4le primordial dans la d\u00e9termination d\u2019un taux libre soumis \u00e0 la loi de l\u2019offre et de la demande, la BCT doit disposer de suffisamment de r\u00e9serves de changes pour d\u00e9fendre la parit\u00e9 sur laquelle elle s\u2019est engag\u00e9e,ce qui n\u2019est pas n\u00e9cessairement le cas aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Par ailleurs, si l\u2019autorit\u00e9 mon\u00e9taire doit d\u00e9fendrela parit\u00e9, elle aura \u00e0utiliserdes devises qu\u2019elle aurait pu d\u00e9penser pour acheter des m\u00e9dicaments, du p\u00e9trole ou des inputs n\u00e9cessaires \u00e0 la production locale. Cela dit, \u00e9tant donn\u00e9 que le d\u00e9ficit commercial provoque une pression \u00e9norme sur la demande devises qui participe \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar et \u00e9tant donn\u00e9 que plus du tiers du d\u00e9ficit commercial provient du d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique, il est imp\u00e9ratif de rationnaliser la consommation de l\u2019\u00e9nergie (\u00e9lectricit\u00e9, gaz, essence etc \u2026). En effet, la d\u00e9t\u00e9rioration de la balance \u00e9nerg\u00e9tique est d\u00fb \u00e0 la baisse des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, d\u2019une part, \u00e0 la hausse de la demande d\u2019\u00e9nergie primaire et \u00e0 la mont\u00e9e des prix mondiaux du p\u00e9trole, d\u2019autre part. Il faudrait que chaque citoyen soit conscient que le gaspillage de l\u2019\u00e9nergie est un gaspillage de devises qui impacte beaucoup la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar avec tout ce que l\u2019on sait comme effets n\u00e9gatifs \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-dessus.Ceci est d\u2019autant plus vrai que l\u2019\u00e9nergie est subventionn\u00e9e et que quand elle n\u2019est pas pay\u00e9e \u00e0 sa vraie valeur par le consommateur final, celapeut l\u2019inciter au gaspillage. Il est \u00e9vident que le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables qui sont plus propres et moins gourmandes en devises, est plus que jamais d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le contexte actuel de flexibilisation du taux de change, ce qui peut redonner des couleurs au dinar c\u2019est id\u00e9alement l\u2019am\u00e9lioration des entr\u00e9es en devises gr\u00e2ce aux op\u00e9rations \u00e0 l\u2019export g\u00e9n\u00e9ratrices de devises (exportation des biens et de services, phosphates, tourisme, entr\u00e9e des devises par le biais de la diaspora tunisienne \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, les IDEs, etc\u2026) et \/ ou une r\u00e9duction des importations des biens de consommation trouvant leur \u00e9quivalent en produits locaux. Rationnaliser la consommation de l\u2019\u00e9nergie qui est couteuse en devises et en subventions du budget de l\u2019Etat, serait tr\u00e8s utile, dans ces conditions. Par contre, le retour \u00e0 l\u2019ancrage pourrait n\u00e9cessiter une d\u00e9pr\u00e9ciation suppl\u00e9mentaire voire une d\u00e9valuation ce qui risque de nous mettre sur une spirale inflationniste. En effet,en g\u00e9n\u00e9ral, la d\u00e9pr\u00e9ciation alimente l\u2019inflation qui pousse aux revendications salariales pour pr\u00e9server le pouvoir d\u2019achat. Les augmentations salariales poussent \u00e0 leur tour \u00e0 la consommation dans un environnement o\u00f9 l\u2019offre ne suit pas aggravant n\u00e9cessairement l\u2019inflation. La perte de comp\u00e9titivit\u00e9 entraine \u00e0 son tour une d\u00e9pr\u00e9ciation qui entretiendrait une fois de plus l\u2019inflation.\u00a0<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>En fait, la flexibilisation du taux de change n\u00e9cessite des pr\u00e9alables qui ne sont pas obligatoirement remplis aujourd\u2019hui.<\/strong><\/span> Le choix d\u2019une sp\u00e9cialisation ad\u00e9quate dans le sens que l\u2019ouverture permettrait de g\u00e9n\u00e9rer des entr\u00e9es de devises \u00e9quivalentes ou sup\u00e9rieures aux sorties de devises. La flexibilisation suppose aussi la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 des capitaux \u00e9trangers au titre d\u2019IDE ou d\u2019endettement. La disponibilit\u00e9 d\u2019un matelas confortable de r\u00e9serves de change pour d\u00e9fendre le dinar et absorber les chocs est une aussi condition n\u00e9cessaire. Elle suppose aussi l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9et la disponibilit\u00e9 des moyens ad\u00e9quats de gestion et de couverture du risque de change et d\u2019autres risques sur la dette, sur le prix des mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/p>\n<p>La Tunisie \u00e9tait plus proche de ces crit\u00e8res et de ces conditions avant 2011 qu\u2019apr\u00e8s. Tout retour \u00e0 l\u2019ancrage sur un panier ou \u00e0 une monnaie (et sans vouloir entrer dans les calculs techniques concernant le choix de la p\u00e9riode de base, les devises et les pond\u00e9rations de chacune d\u2019elles),suppose revenir \u00e0 taux de change (effectif ou bilat\u00e9ral) nominal qui doit rester stable pourassurer une stabilit\u00e9 de la balance commerciale. L\u2019adoption de ce m\u00e9canisme ne sera possible qu\u2019avec un resserrement de la contrainte de change jusqu\u2019\u00e0 assurer un \u00e9quilibre entre entr\u00e9e et sortie de devises ou \u00e0 une entr\u00e9e cons\u00e9quente de devises (reprise des exportations des phosphates). Bien entendu, le d\u00e9ficit commercial n\u2019est pas le seul d\u00e9terminant de la valeur du dinar mais il en est \u00e0 l\u2019origine pour une grande partie<span class=\"c2\"><sup><strong>(4)<\/strong><\/sup><\/span>.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Fatma Marrakchi Charfi<\/strong><\/p>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><em>(1) Fatma Marrakchi Charfi &#038; Mohamed Kadria, (2016) <strong>\u201cIncomplete Exchange rate Pass-Through Transmission to Prices: An SVAR Model for Tunisia\u201d<\/strong> Annals of Financial Economics 11, 1650017.<br \/>(2) Amr Hosny, Mondher Ferjani &#038; Fatma Marrakchi Charfi (2017) <strong>\u201cCan Exchange rate Depreciation Improve the Trade Balance in Tunisia?\u201d<\/strong> IMF Working Paper WP\/19\/xx (under review)<br \/>(3 ) Fatma Marrakchi Charfi (2009) \u00ab Euro\/dollar : Quelle strat\u00e9gie de change pour la Tunisie ? <strong>La revue de l\u2019OFCE n\u00b0108, janvier 2009, pp. 85 &#8211; 114<\/strong><br \/>(4) Fatma Marrakchi Charfi (2008) \u00ab Taux de change r\u00e9el d\u2019\u00e9quilibre et m\u00e9salignement : enseignements d\u2019un mod\u00e8le VAR-ECM pour le cas de la Tunisie. \u00bb <strong>Panoeconomicus LV \/ 4 (2008) UDC 33, ISSN1452-595X, pp. 439 \u2013 464<\/strong><\/em><strong><br \/><\/strong><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/26712-fatma-marrakchi-charfi-le-dinar-faut-il-penser-a-une-sorte-d-ancrage-par-rapport-a-l-euro\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le glissement du dinar devenant de plus en plus aigu et probl\u00e9matique interpelle les Tunisiens. IL y a ceux qui demandent \u00e0 la BCT de d\u00e9fendre le dinar car ils savent qu\u2019une grande partie de l\u2019inflation provient de ce glissement, d\u2019autres demandent \u00e0 revenir au syst\u00e8me de l\u2019ancrage sur un panier de monnaies, comme c\u2019\u00e9tait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-22611","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22611","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22611"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22611\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22611"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22611"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22611"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}