{"id":22898,"date":"2019-03-18T19:55:31","date_gmt":"2019-03-18T23:55:31","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/insecurite-au-patrimoine-mondial-w-arly-pendjari-cest-a-letat-burkinabe-de-demander-notre-aide-dimitri-sanga-de-lunesco\/"},"modified":"2019-03-18T19:55:31","modified_gmt":"2019-03-18T23:55:31","slug":"insecurite-au-patrimoine-mondial-w-arly-pendjari-cest-a-letat-burkinabe-de-demander-notre-aide-dimitri-sanga-de-lunesco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/insecurite-au-patrimoine-mondial-w-arly-pendjari-cest-a-letat-burkinabe-de-demander-notre-aide-dimitri-sanga-de-lunesco\/","title":{"rendered":"Ins\u00e9curit\u00e9 au patrimoine mondial W-Arly-Pendjari : \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e0 l\u2019Etat burkinab\u00e8 de demander notre aide\u00a0\u00bb, Dimitri Sanga de l\u2019UNESCO"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_top td_uid_30_5c9162b747c20_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4463\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/FESPACO-TOUR-2019-Bannie%CC%80re-728x90-1.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p><strong>Le nouveau directeur r\u00e9gional du Bureau r\u00e9gional multisectoriel de l\u2019UNESCO pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest-Sahel, Dimitri Sanga, a accord\u00e9 un entretien \u00e0 Sidwaya, le 28 f\u00e9vrier 2019. Ce technocrate \u00e9voluant dans le syst\u00e8me des Nations Unies depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9e parle de ses missions et ambitions et de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans le Sahel.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Sidwaya (S)\u00a0: Pouvez-vous nous pr\u00e9senter bri\u00e8vement le bureau r\u00e9gional de l\u2019UNESCO pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et le Sahel\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dimitri Sanga (DS)\u00a0:<\/strong> Je viens de prendre les r\u00eanes du bureau r\u00e9gional de l\u2019UNESCO pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Sahel), il y a trois mois et je suis du syst\u00e8me des Nations Unies depuis 15 ans. L\u2019UNESCO est une agence sp\u00e9cialis\u00e9e du syst\u00e8me des Nations Unies, qui a pour mandat de construire la paix dans l\u2019esprit des hommes et des femmes \u00e0 travers l\u2019\u00e9ducation, les sciences, la culture et la communication. \u00a0Le si\u00e8ge de l\u2019UNESCO se trouve \u00e0 Paris en France, mais nous avons des bureaux r\u00e9gionaux dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019Afrique subsaharienne, nous avons cinq bureaux r\u00e9gionaux notamment l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Sahel), l\u2019Afrique Centrale, l\u2019Afrique de l\u2019Est et l\u2019Afrique Australe. Je m\u2019occupe du Bureau Afrique de l\u2019Ouest \u2013 Sahel qui couvre le S\u00e9n\u00e9gal, le Cap Vert, la Gambie, la Guin\u00e9e Bissau, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Je suis en m\u00eame temps Directeur r\u00e9gional et repr\u00e9sentant r\u00e9sident au S\u00e9n\u00e9gal mais non r\u00e9sident dans les autres pays incluant le Burkina Faso.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: De fa\u00e7on concr\u00e8te, quelles sont les activit\u00e9s que vous menez\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Nous menons des activit\u00e9s dans les domaines relatifs aux secteurs de l\u2019\u00e9ducation, des sciences naturelles, des sciences sociales et humaines, de la culture, et de la communication et de l\u2019information. En ce qui concerne l\u2019\u00e9ducation par exemple, plusieurs organisations s\u2019occupent de certaines questions relatives \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, telle que l\u2019UNICEF avec un accent sur les jeunes gar\u00e7ons et filles. Le FNUAP, autre agence sp\u00e9cialis\u00e9e, traite \u00e9galement des questions d\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p>Mais l\u2019UNESCO est cette agence qui d\u00e9termine les normes, comme par exemple le ratio entre le nombre d\u2019\u00e9tudiants et d\u2019enseignants dans un pays. L\u2019UNESCO appuie les \u00e9tats membres par exemple dans la formulation des politiques d\u2019\u00e9ducation, de sorte qu\u2019un Etat ne soit pas en train de naviguer \u00e0 vue. Il s\u2019agit d\u2019\u0153uvrer \u00e0 ce qu\u2019un pays, \u00e9tant donn\u00e9 le nombre de sa population, puisse se projeter sur un horizon lointain et pr\u00e9voir le nombre de salles de classe qu\u2019il faut pour satisfaire toute sa population potentielle en \u00e2ge d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>La grande particularit\u00e9 de l\u2019UNESCO est de s\u2019occuper des questions d\u2019\u00e9ducation de la petite enfance jusqu\u2019au tertiaire. Ce que nulle autre agence ou organisation ne fait. Evidemment, les questions d\u2019\u00e9ducation sont tr\u00e8s complexes et ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9solues par une seule institution comme l\u2019UNESCO. Nous b\u00e2tissons donc des partenariats avec tous ceux qui peuvent faire avancer cette cause sur le terrain.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Quels sont vos plus grands d\u00e9fis de votre organisation?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Les plus grands d\u00e9fis de l\u2019UNESCO, dans l\u2019appui aux Etats membres dans ses diff\u00e9rents domaines d\u2019intervention sont d\u00e9temin\u00e9s par les \u00e9tats membres. L\u2019UNESCO ne fait qu\u2019appuyer les Etats et les organisations qui travaillent dans les domaines de la science, de la culture, de l\u2019\u00e9ducation et de la communication.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas nous qui, au jour le jour, mettons les programmes en \u0153uvre sur le terrain. Nous avons beau d\u00e9velopper des normes, du mat\u00e9riel didactique, des projets et programmes, ce sont les Etats, les partenaires, les ONG, les communaut\u00e9s et les autres parties prenantes qui vont les mettre en \u0153uvre. En ce qui concerne l\u2019UNESCO, l\u2019un des plus grands d\u00e9fis consiste en des probl\u00e8mes de coordination entre les diff\u00e9rents partenaires et intervenants, mais aussi, le nerf de la guerre, reste la question des financements.<\/p>\n<p>L\u2019UNESCO travaille donc au niveau normatif, en apportant un appui technique aux Etats sur comment formuler les programmes, comment renforcer les capacit\u00e9s des intervenants dans les diff\u00e9rents domaines d\u2019intervention. Dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation par exemple, afin de mettre en \u0153uvre les programmes et projets, on a besoin de ressources pour payer les enseignants, les mettre \u00e0 jour dans leurs domaines sp\u00e9cifiques. Il faut \u00e9galement des infrastructures. Cela rel\u00e8ve du domaine r\u00e9galien des Etats, avec lesquels nous collaborons. Nous pouvons aussi cr\u00e9er un environnement favorable aux discussions entre partenaires techniques et financiers pour les accompagner dans la mobilisation des ressources.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0:<\/strong> <strong>Qu\u2019en est-il alors des interventions de l\u2019UNESCO\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> L\u2019UNESCO ne vient pas dire aux Etats ce qu\u2019il faut faire dans ses domaines d\u2019intervention, \u00e0 savoir l\u2019\u00e9ducation, les sciences, la culture et la communication. Elle r\u00e9pond aux besoins. Et ce sont les d\u00e9fis auxquels font face les pays qui militent en faveur de nos interventions. Si nous prenons le cas du Sahel qui nous pr\u00e9occupe, les plus grands d\u00e9fis sont \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, les probl\u00e8mes d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, les changements climatiques, la d\u00e9mographie galopante, les questions de genre, la gestion des ressources naturelles etc. Car, les taux de croissance des populations les plus \u00e9lev\u00e9s sur ce continent sont dans la r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et principalement au Sahel. Les taux de natalit\u00e9s les plus \u00e9lev\u00e9s au monde se retrouvent dans le Sahel. Il faut donc que cette r\u00e9gion soit pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 recevoir de plus en plus d\u2019enfants et par cons\u00e9quent, beaucoup plus d\u2019\u00e9coles et d\u2019enseignants que le reste du monde. Il faut des politiques pour que les jeunes filles ne d\u00e9crochent pas.<\/p>\n<p>Elles commencent l\u2019\u00e9cole au m\u00eame titre que les gar\u00e7ons, mais plus on avance, plus la jeune fille est sous repr\u00e9sent\u00e9e. Au primaire, on voit d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il y a un \u00e9cart entre la fr\u00e9quentation scolaire des jeunes gar\u00e7ons et filles. Quand on monte au secondaire et au tertiaire, l\u2019\u00e9cart devient encore plus grand. Il faut des politiques garantissant les m\u00eames chances d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e0 la jeune fille et au gar\u00e7on. Parce qu\u2019\u00e0 la fin, si on laisse ces \u00e9carts s\u2019accentuer du primaire jusqu\u2019au niveau universitaire, cela va se r\u00e9percuter dans leur vie r\u00e9elle. Il faut que les gouvernements adoptent des politiques, qui permettent de garder la jeune fille \u00e0 l\u2019\u00e9cole autant que le jeune gar\u00e7on pour que les deux aient les m\u00eames opportunit\u00e9s par la suite.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Est-ce qu\u2019on peut v\u00e9ritablement inverser la tendance vu les pesanteurs socio-culturels ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DM\u00a0:<\/strong> Les pesanteurs socio-culturelles font partie des probl\u00e8mes sur lesquels on ne peut pas fermer les yeux. Ce n\u2019est pas \u00e0 une agence comme l\u2019UNESCO ou le syst\u00e8me des Nations unies dans son ensemble de r\u00e9gler les questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes. Ils conseillent plut\u00f4t les Etats et les accompagnent dans les mesures \u00e0 prendre pour y arriver. Il faut que les diff\u00e9rentes parties prenantes de ces pesanteurs soient autour de la table, parce qu\u2019on ne peut pas r\u00e9gler les questions de natalit\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest et de fr\u00e9quentation scolaire des jeunes filles en Afrique de l\u2019Ouest, sans parler avec les familles, les responsables religieux, les autorit\u00e9s traditionnelles et la communaut\u00e9. Sans oublier les politiciens eux-m\u00eames qui prennent les d\u00e9cisions. C\u2019est un ensemble d\u2019intervenants, qui doivent \u00eatre autour de la table et les agences comme la mienne vont proposer des solutions adapt\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Vous avez une strat\u00e9gie op\u00e9rationnelle couvrant la p\u00e9riode 2014-2020, cens\u00e9 consolider les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs en Afrique. Quels en sont les objectifs et les programmes phares ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> La plupart des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs en Afrique sont reliques de la p\u00e9riode coloniale. Apr\u00e8s l\u2019acc\u00e8s aux ind\u00e9pendances, on voulait former des ing\u00e9nieurs, des m\u00e9decins, des docteurs en sciences sociales etc.. Nous avons un peu saut\u00e9 un certain nombre d\u2019\u00e9tapes incluant celle de former des techniciens car pour un ing\u00e9nieur on a besoin de plusieurs techniciens et pour un m\u00e9decin on a besoin de plusieurs infirmiers ou infirmi\u00e8res. C\u2019est la formation technique et professionnelle qui nous permet d\u2019avoir ces techniciens. Cette Nous pr\u00f4nons le fait que la cette formation technique et professionnelle ne soit pas consid\u00e9r\u00e9e comme une cinqui\u00e8me roue.<\/p>\n<p>Cela vient du fait que nous ne valorisons pas assez les m\u00e9tiers. \u00a0 Un autre aspect, c\u2019est ce qu\u2019on appelle la formation \u00e0 la citoyennet\u00e9. Nous parlons du Sahel aujourd\u2019hui, des questions d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, qui r\u00e9sultent d\u2019un certain nombre de choses de base. Nous fournissons beaucoup d\u2019efforts dans la formation contre l\u2019extr\u00e9misme violent. Et pour que cela, il faut que les enseignants soient form\u00e9s. Nous travaillons \u00e9galement pour la reconnaissance des dipl\u00f4mes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle communautaire pour favoriser la mobilit\u00e9. La formation dans les sciences, technologies, ing\u00e9nierie et math\u00e9matiques a aussi une place choix dans cette strat\u00e9gie sans oublier la qualit\u00e9 de l\u2019enseignement.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Quelles sont les actions planifi\u00e9es en faveur du Burkina Faso ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Nous travaillons sur un projet de formation des jeunes aux nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication. Les emplois du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ne sont plus ceux d\u2019hier. Aujourd\u2019hui, tout est devenu \u00e9lectronique, et nous voulons d\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire d\u00e9mystifier l\u2019ing\u00e9nierie, les technologies de l\u2019information et de la communication et les math\u00e9matiques. Nous avons donc un grand programme pour former la g\u00e9n\u00e9ration actuelle quel que soit le domaine d\u2019activit\u00e9 en technologie de l\u2019information.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas en train de r\u00e9inventer la roue. En effet, l\u2019UNESCO a eu \u00e0 accompagner au Gabon, un programme similaire suite \u00e0 un constat que les banques ou les soci\u00e9t\u00e9s de t\u00e9l\u00e9communications avaient des difficult\u00e9s \u00e0 trouver des ressources humaines\u00a0\u00a0 comp\u00e9tentes, faute de connaissances en technologies de l\u2019information et de la communication.\u00a0\u00a0 Ce programme\u00a0\u00a0 d\u2019un co\u00fbt de 6 millions de dollars, financ\u00e9 par des soci\u00e9t\u00e9s install\u00e9es au Gabon, a permis de former de nombreux jeunes dans le ddomaine du num\u00e9rique. Il y a des sp\u00e9cificit\u00e9s au Burkina Faso, que l\u2019on pourra int\u00e9grer dans un tel programme avec le concours des diff\u00e9rents minist\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Vous intervenez dans le domaine de la culture, qui ne semble pas \u00eatre une priorit\u00e9 pour les Etats<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Lorsque l\u2019on parle de culture, les gens pensent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 quelque chose de folklorique\u00a0: la musique et les mets traditionnels. Pourtant la culture, c\u2019est bien plus que cela. Le FESPACO en est une illustration. La culture, c\u2019est la cr\u00e9ativit\u00e9. Le principe, c\u2019est la transmission des valeurs et connaissances de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. La culture est tr\u00e8s importante pour le d\u00e9veloppement et la paix. Par exemple, la parent\u00e9 \u00e0 plaisanterie qui existe en Afrique de l\u2019Ouest a permis de par le pass\u00e9, aux diff\u00e9rents groupes de d\u00e9canter des situations conflictuelles et de r\u00e9gler de fa\u00e7on pacifique leurs diff\u00e9rends. C\u2019est le genre d\u2019exemple \u00e0 puiser dans notre culture pour r\u00e9duire les conflits r\u00e9currents observ\u00e9s dans le Sahel, notamment entre agriculteurs et \u00e9leveurs. Quand on parle de culture, il y a \u00e9galement les industries cr\u00e9atives.<\/p>\n<p>Un pays comme la France injecte pr\u00e8s de 7 milliards d\u2019euros par an dans l\u2019industrie culturelle. Ce qui rapporte en en retour pr\u00e8s de 57 milliards d\u2019euros. Ce pays a donc un gain de 50 milliards, mais c\u2019est parce qu\u2019il a reconnu l\u2019importance des diff\u00e9rentes sortes de culture \u00e0 savoir la mode, les mus\u00e9es et autres.\u00a0\u00a0 Plus proche de nous, vous avez l\u2019exemple du Nigeria o\u00f9 l\u2019industrie cin\u00e9matographique, Nollywood, a contribu\u00e9 en 2017 \u00e0 pr\u00e8s de 2% du PIB de ce pays. Si les pays ont des politiques culturelles de qualit\u00e9 avec des l\u00e9gislations adapt\u00e9es, cela peut encourager les cr\u00e9ateurs et cr\u00e9atrices mais aussi contribuer au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Quelle est la position de l\u2019UNESCO par rapport \u00e0 la restitution des biens culturels africains pr\u00e9sents dans les pays occidentaux ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> La question est importante et n\u00e9cessite que les Etats discutent des d\u00e9tails du rapatriement. D\u00e9j\u00e0, c\u2019est une bonne chose qu\u2019on parle de la possibilit\u00e9 que ces biens retournent dans leurs pays d\u2019origine. Leur retour doit \u00eatre le fruit de n\u00e9gociation entre les Etats. Si un Etat nous sollicite pour l\u2019aider dans les n\u00e9gociations avec un autre Etat nous lui offrirons nos services. L\u2019UNESCO n\u2019est pas un Etat et ne peut donc pas s\u2019auto saisir d\u2019une question qui int\u00e9resse deux pays souverains.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Que fait l\u2019UNESCO pour encourager les industries culturelles en Afrique et en particulier au Burkina Faso ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> A ce sujet, dans le cadre du FESPACO, nous avons eu une s\u00e9ance tr\u00e8s int\u00e9ressante sur la Convention de 2005 pour la protection et la promotion de la diversit\u00e9 des expressions culturelles. Tous les pays africains, dont le Burkina Faso, l\u2019ont sign\u00e9e. Cette Convention vise exactement \u00e0 propulser les industries cr\u00e9atives pour qu\u2019elles contribuent au d\u00e9veloppement. La premi\u00e8re \u00e9tape a \u00e9t\u00e9 de demander aux Etats de mettre en place un certain nombre de cadres l\u00e9gislatifs qui vont aider cette industrie \u00e0 fleurir.<\/p>\n<p>Chaque Etat produit tous les quatre ans un rapport qui nous permet de faire le suivi sur un certain nombre de points. Pour ce faire, nous avons un fonds international pour la diversit\u00e9 culturelle qui finance les Etats jusqu\u2019\u00e0 hauteur de 200 mille dollars dans ce cadre. Six pays ont partag\u00e9 leur exp\u00e9rience de l\u2019usage de cette enveloppe de l\u2019UNESCO, lors d\u2019une r\u00e9union au cours du FESPACO. Par exemple, le Malawi a utilis\u00e9 cette aide financi\u00e8re pour mettre en place une caisse d\u2019\u00e9pargne des artistes. Ce qui parait int\u00e9ressant. Le secteur priv\u00e9 ne s\u2019y int\u00e9ressera que lorsqu\u2019il verra son int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>S\u00a0: Le Parc W d\u2019Arly-Pendjari, une vaste for\u00eat que le Burkina Faso partage avec le Niger et le Benin, est devenu une sorte de refuge pour les terroristes. Est-ce qu\u2019il y a un risque que le site soit retir\u00e9 du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Il y a \u00e9norm\u00e9ment de choses qui sont faites actuellement en ce qui concerne la conservation du patrimoine en p\u00e9riode de crise. Au Mali, on a eu la destruction des manuscrits, des monuments et des mosqu\u00e9es. Le gouvernement a fait appel \u00e0 l\u2019UNESCO et d\u2019autres partenaires. Ces monuments sont en voie de reconstruction. Le cavalier Al-farouk, qui repr\u00e9sente, selon la l\u00e9gende, le protecteur de la ville de Tombouctou, d\u00e9truit en 2012 lorsque la ville a \u00e9t\u00e9 prise, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, c\u2019est au Burkina qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 produit et transport\u00e9 et r\u00e9install\u00e9 au Mali. Certaines mosqu\u00e9es d\u00e9truites ont \u00e9t\u00e9 aussi reconstruites. Les manuscrits extirp\u00e9s des sites lors de l\u2019occupation ont \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9s et conserv\u00e9s. La situation dans le parc W est r\u00e9cente. On peut se baser sur ce qui a \u00e9t\u00e9 fait au Mali pour sauver ce patrimoine. C\u2019est \u00e0 l\u2019Etat burkinab\u00e8 de demander l\u2019aide de l\u2019UNESCO. Il doit demander un accompagnement dans la protection, parce que lorsqu\u2019un site est inscrit au patrimoine, on ne doit pas perde les caract\u00e9ristiques de son inscription.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: L\u2019Etat burkinab\u00e8 peut-il solliciter l\u2019appui de votre organisation dans la lutte contre le terrorisme?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Les institutions internationales aident les pays \u00e0 r\u00e9gler les probl\u00e8mes auxquels ils font face et l\u2019un des plus importants dans la plupart des pays en Afrique de l\u2019Ouest est celui de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Si vous faites appel \u00e0 l\u2019UNESCO pour vous aider \u00e0 r\u00e9gler le probl\u00e8me d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, \u00e9videmment l\u2019institution va apporter son aide dans le cadre de son mandat. Elle ne peut pas pr\u00e9tendre venir aider le pays avec une force militaire ou de l\u2019argent, par exemple. Nous pouvons faire de la pr\u00e9vention en \u00e9duquant diff\u00e9rentes couches de la population contre l\u2019extr\u00e9misme violent.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Est-ce que le Burkina a formellement fait une demande de soutien ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Avec le Burkina, on travaille d\u00e9j\u00e0 sur les questions de pr\u00e9vention de l\u2019extr\u00e9misme violent, dans les programmes \u00e9ducatifs. On aimerait introduire des modules d\u00e8s le bas \u00e2ge. Ils vont porter sur l\u2019acceptation d\u2019autrui et les pr\u00e9cautions \u00e0 prendre pour \u00e9viter l\u2019endoctrinement. Par ailleurs, on a r\u00e9uni des journalistes du Mali, du Niger et du Burkina pour discuter du traitement et de la diffusion de l\u2019information en vue d\u2019\u00e9viter la d\u00e9sinformation.<\/p>\n<p>En effet, il y a une mani\u00e8re de communiquer en ces p\u00e9riodes. L\u2019autre point est de savoir comment lutter contre le trafic illicite des biens culturels. Lorsque des pans entiers du territoire sont hors contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat, cela donne lieu \u00e0 toutes sortes de trafics illicites incluant des biens culturels. Nous avons en ce sens organiser des s\u00e9minaires \u00e0 l\u2019intention de forces de l\u2019ordre, de s\u00e9curit\u00e9 et des services des douanes en provenance des pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest dont le Burkina Faso. Ces s\u00e9minaires ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s en collaboration avec Interpol et l\u2019Organisation mondiale des douanes.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Pr\u00e9sentement, bon nombre d\u2019\u00e9coles ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s du fait du terrorisme, comment l\u2019UNESCO compte aider le Burkina \u00e0 les rouvrir<\/strong>?<\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> Il ne faut pas attendre que la situation se calme. Il est important de prendre des mesures pour former les gens m\u00eame en p\u00e9riode d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Il s\u2019agit par exemple de b\u00e2tir sur des mod\u00e8les utilis\u00e9s par le pass\u00e9 dans le cadre des programmes pour former les enfants des populations nomades, parce qu\u2019ils bougent selon les p\u00e9riodes.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>S\u00a0: Quelles sont les activit\u00e9s pr\u00e9vues au Burkina Faso pour la promotion des droits des femmes et des jeunes filles ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS\u00a0:<\/strong> On fait tout pour que la jeune fille et le jeune gar\u00e7on aient acc\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9ducation et dans les m\u00eames domaines pour qu\u2019ils aient les m\u00eames opportunit\u00e9s plus tard. Au Burkina Faso, nous travaillons principalement sur ce que l\u2019on appelle les STEM (Science, Technologie, Ing\u00e9nierie et Math\u00e9matique).<\/p>\n<p>Nous collaborons avec le minist\u00e8re en charge de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur et celui en charge de l\u2019Economie num\u00e9rique pour cr\u00e9er des modules qui vont \u00eatre ins\u00e9r\u00e9s dans la formation avec un accent particulier sur les jeunes filles d\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire. En plus de cela, avec un certain nombre de partenaires, il va s\u2019agir de donner l\u2019opportunit\u00e9 aux jeunes filles de pouvoir avoir des cours acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s pour d\u00e9mystifier les sciences, les technologies et l\u2019ing\u00e9nierie.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Quelles sont les perspectives de l\u2019UNESCO ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>DS:<\/strong> Les perspectives de l\u2019organisation sont pos\u00e9es dans le sens des d\u00e9fis qui vont devenir de plus en plus importants. Nous ne pouvons plus avoir les m\u00eames syst\u00e8mes \u00e9ducatifs qu\u2019il y a 40 ans. Le futur appartient aux campus virtuels. L\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 travailler avec les gouvernements pour ins\u00e9rer cela dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif. Au S\u00e9n\u00e9gal, il y a d\u00e9j\u00e0 12 campus virtuels o\u00f9 les jeunes gens peuvent de l\u00e0 o\u00f9 ils sont \u00e0 partir de leurs t\u00e9l\u00e9phones aller chercher des modules de cours sur les maths, sur la comptabilit\u00e9 avec des exercices \u00e0 l\u2019appui.<\/p>\n<p>Il y a des facilitateurs qui animent une plateforme de questions-r\u00e9ponses. Nous sommes heureux de savoir qu\u2019il y a les germes de ces campus virtuels au Burkina Faso. C\u2019est l\u2019une des initiatives que nous allons appuyer dans le cadre du programme sur les technologies de l\u2019information. Nous travaillons aussi sur l\u2019assurance qualit\u00e9. Il y a un certain nombre de domaines o\u00f9 l\u2019Etat n\u2019a plus le monopole de la formation. Il y a de plus en plus des instituts de formation priv\u00e9s. Mais il faut que le dipl\u00f4me qui est donn\u00e9 dans le cursus de l\u2019Etat et celui du priv\u00e9 soit concordant. A ce sujet, nous accompagnons le Burkina Faso \u00e0 mettre en place un organisme d\u2019assurance qualit\u00e9 dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. En ce qui concerne les sciences, nous sommes au Sahel et l\u2019une des causes des mouvements des populations et les violences que nous constatons, c\u2019est la raret\u00e9 des ressources incluant celles en eau. Le lac Tchad par exemple n\u2019est qu\u2019\u00e0 10% de la superficie qu\u2019il avait il y a 40 ans.<\/p>\n<p>Ce qui fait que quelques cent millions de personnes qui vivaient autour du lac s\u2019agglutinent autour des 10% restants. Ce n\u2019est pas \u00e9tonnant que nous ayons chaque jour des claches entre \u00e9leveurs, cultivateurs et p\u00eacheurs. Cela contribue \u00e0 alimenter l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Nous travaillons dans le domaine des sciences naturelles \u00e0 faire une cartographie des ressouces en eau en Afrique de l\u2019Ouest et facilitons les discussions entre \u00e9tats pour une gestion et exploitation durables de ces ressources en eau.<\/p>\n<p><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e par la R\u00e9daction<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_31_5c9162b747dc3_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1724\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/sidwaya-pub.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DB. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/03\/18\/insecurite-au-patrimoine-mondial-w-arly-pendjari-cest-a-letat-burkinabe-de-demander-notre-aide-dimitri-sanga-de-lunesco\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nouveau directeur r\u00e9gional du Bureau r\u00e9gional multisectoriel de l\u2019UNESCO pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest-Sahel, Dimitri Sanga, a accord\u00e9 un entretien \u00e0 Sidwaya, le 28 f\u00e9vrier 2019. 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