{"id":24337,"date":"2019-03-27T06:30:00","date_gmt":"2019-03-27T10:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/expo-melihi-hommage-au-dernier-des-doyens\/"},"modified":"2019-03-27T06:30:00","modified_gmt":"2019-03-27T10:30:00","slug":"expo-melihi-hommage-au-dernier-des-doyens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/expo-melihi-hommage-au-dernier-des-doyens\/","title":{"rendered":"Expo Melihi: Hommage au dernier des doyens"},"content":{"rendered":"<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\" readability=\"35.5\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/mobile.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/les_bandes_du_haik_glaoua_081.jpg\" width=\"425\" height=\"360\" alt=\"les_bandes_du_haik_glaoua_081.jpg\" title=\"les_bandes_du_haik_glaoua_081.jpg\"\/><\/div>\n<div class=\"dnd-legend-wrapper\" contenteditable=\"true\" readability=\"16\">\n<p class=\"rtejustify\">\u00abLes bandes du ha\u00efk \u00abGlaoua\u00bb, qui avaient surgi subitement dans le travail de Melihi, sur la tradition, ont pris la forme d\u2019\u00abonde\u00bb, de \u00abvague\u00bb, de \u00abflamme\u00bb. Les vagues seront son seul bagage plastique qu\u2019il prendra avec lui avant de quitter l\u2019Am\u00e9rique\u00bb, selon le critique d\u2019art Moulime Laaroussi<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Si le concept de la d\u00e9colonisation des arts, manifeste culturel et politique luttant\u00a0 contre les discriminations dans les arts vis-\u00e0-vis des populations minor\u00e9es et postcoloniales, est revenu en force ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les pionniers de l\u2019art moderne marocain en avaient fait leur cheval de bataille depuis les ann\u00e9es 50.\u00a0 Ses initiateurs sont Farid Belkahia, Mohamed Melihi, Mohamed Cheba\u00e2.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Trois artistes r\u00e9volt\u00e9s contre le folklorisme ambiant, hiss\u00e9 au rang de r\u00e9f\u00e9rence par les services des beaux-arts du minist\u00e8re de la Culture de l\u2019\u00e9poque.\u00a0 L\u2019objectif de leur d\u00e9marche: lib\u00e9rer les esprits des archa\u00efsmes r\u00e9sultant de l\u2019\u00e9poque coloniale, r\u00e9inventer notre culture artistique par une red\u00e9couverte des arts traditionnels.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Un engagement et un esprit critique qu\u2019on retrouve tout au long de l\u2019exposition\u00a0 comm\u00e9morant conjointement les 60 ans de carri\u00e8re de\u00a0 Mohamed Melihi, l\u2019un des derniers doyens vivants de l&rsquo;art moderne marocain, et ceux de la CDG.\u00a0 Pour l\u2019occasion, une soixantaine d\u2019\u0153uvres les plus embl\u00e9matiques de Melihi donnant \u00e0 voir les grands axes de sa r\u00e9flexion artistique tout au long de sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Pens\u00e9e comme une immersion dans les recherches picturales et graphiques de l\u2019artiste, l\u2019exposition, qui se tient \u00e0 l\u2019espace d\u2019art de la Fondation CDG, retrace une vie jalonn\u00e9e de militantisme et d\u2019engagement pour diverses r\u00e9volutions culturelles et politiques, \u00e0 l\u2019instar de sa collaboration avec la mythique revue \u00abSouffles\u00bb.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le critique d\u2019art Moulime Laaroussi, qui signe le texte du beau livre d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion, pr\u00e9cise: \u00abEn parall\u00e8le \u00e0 ses activit\u00e9s artistiques, Mohamed Melihi \u00e9tait tr\u00e8s attentif \u00e0 ce qui se passait sur le plan politique dans son pays. Il quitte le pays \u00e0 un moment o\u00f9 la r\u00e9sistance prenait des formes tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Elle est militaire, \u00e9conomique, sociale et surtout culturelle. Le Maroc tout entier r\u00e9sistait. Il n\u2019a certes pas pris les armes, mais il a choisi sa forme de r\u00e9sistance, la cr\u00e9ation\u00bb.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">N\u00e9 en 1936 \u00e0 Asilah, dans une famille de notables, Melihi int\u00e8gre l\u2019\u00c9cole des beaux-arts de T\u00e9touan (1953-1955), puis\u00a0 affine sa formation \u00e0 travers plusieurs s\u00e9jours \u00e0 S\u00e9ville, Madrid, Paris,\u00a0 Rome\u2026 avant une p\u00e9riode new-yorkaise plus longue. Des s\u00e9jours qui contribueront \u00e0 fa\u00e7onner sa vision et impacteront ses \u0153uvres. De Rome, il s\u2019inspirera d\u2019Alberto Burri et de son travail sur la toile de jute, note Laaroussi.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">A moins que ce ne soit du travail d\u2019un autre marocain, pr\u00e9curseur de la modernit\u00e9: Ahmed Cherkaoui. Du travail des deux artistes, on notera la m\u00eame modernit\u00e9 se jouant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des\u00a0 \u0153uvres, tout autant que la formalisation de la rencontre entre deux univers, dits occidental et non-occidental. En Espagne, Melihi d\u00e9couvre le groupe El Paso (Manolo Millares, Manuel Rivera, Antonio Saura\u2026).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">De cette p\u00e9riode, l\u2019artiste r\u00e9v\u00e8le dans le texte d\u2019un catalogue datant de 1965: \u00abL\u2019exp\u00e9rience acad\u00e9mique de Madrid se termina un jour, apr\u00e8s ma visite \u00e0 l\u2019exposition du peintre espagnol Manolo Millares (du groupe \u00abEl Paso\u00bb).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Millares exposait des tableaux en toile de jute, avec des clous et des coul\u00e9es de peinture noire et blanche; ce m\u00eame jour \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie, dans l\u2019atelier de dessin o\u00f9 j\u2019\u00e9tais inscrit, quarante \u00e9l\u00e8ves dessinaient un nu. Je me trouvais alors entre le nu acad\u00e9mique et la toile de jute de Millares: je choisis la r\u00e9alit\u00e9 expressive de la toile tourment\u00e9e et refusai le nu\u00bb. C\u2019est paradoxalement lors de son s\u00e9jour aux Etats-Unis que Melihi prend\u00a0 conscience de sa dimension \u00abafricaine\u00bb.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00abEn Am\u00e9rique, j\u2019avais d\u00e9couvert le sentiment du continent et j\u2019ai ressenti toute la possibilit\u00e9 de m\u2019identifier \u00e0 un continent comme l\u2019Afrique\u00bb, \u00e9crivait-il en 1967 dans Souffles, autour de la situation des\u00a0 arts plastiques au Maroc. Une fois de retour au Maroc, Melihi, en d\u00e9couvrant visuellement l\u2019art marocain, se rend compte qu\u2019il a toujours instinctivement travaill\u00e9 dans cette direction.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Cependant, l\u2019approfondissement de la connaissance des traditions artistiques a marqu\u00e9 une nouvelle orientation de ses recherches. Pour l\u2019artiste, il ne s\u2019agissait pas de copier la tradition ou d\u2019imiter les patrons de l\u2019art traditionnel, mais de proc\u00e9der d\u2019abord \u00e0 un rapprochement avec l\u2019artisan marocain en observant son travail.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Comme le note d\u2019ailleurs Moulime Laaroussi: \u00abLes bandes du ha\u00efk \u00abGlaoua\u00bb, qui avaient surgi subitement dans son travail sur la tradition, ont pris la forme d\u2019 \u00abonde\u00bb, de \u00abvague\u00bb, de \u00abflamme\u00bb, elles ont \u00e9pous\u00e9 la dynamique de l\u2019espace visuel et sonore dans lequel v\u00e9cut l\u2019artiste, un monde de communication en mouvement incessant. Les vagues seront son seul bagage plastique qu\u2019il prendra avec lui avant de quitter l\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>R\u00e9trospectives d\u2019artistes: Un produit rare<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/retrospectives_dartistes_081.jpg\" width=\"340\" height=\"235\" alt=\"retrospectives_dartistes_081.jpg\" title=\"retrospectives_dartistes_081.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Il n\u2019est pas rare de croiser, lors d\u2019un s\u00e9jour dans une capitale europ\u00e9enne ou am\u00e9ricaine, une r\u00e9trospective d\u00e9di\u00e9e \u00e0 un grand artiste dans l\u2019une o\u00f9 l\u2019autre des\u00a0 institutions mus\u00e9ales. Vasarely, Soulage, Klee,\u00a0 Chagall, Tapies, Man Ray\u2026 Des expo-\u00e9v\u00e8nements qui marquent, souvent, le visiteur par\u00a0 l\u2019originalit\u00e9 de l\u2019\u00e9clairage qu\u2019elles offrent sur les \u0153uvres de tel ou tel artiste, en inscrivant ces m\u00eames \u0153uvres dans le contexte social, politique de leur cr\u00e9ation. Le tout offrant ainsi une lecture beaucoup moins restrictive que ne pourrais le permettre une simple exposition.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00abL\u2019art ne communique pas seulement \u00e0 travers l\u2019espace, mais aussi \u00e0 travers le temps\u00bb, disait l\u2019artiste et th\u00e9oricien am\u00e9ricain Robert Smithson, il se transmet \u00e9galement. Chose que, malgr\u00e9 une tr\u00e8s riche histoire nationale de l&rsquo;art moderne et contemporain et des artistes de facture internationale, nous ne savons que trop peu faire.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Trop rares sont en effet les expositions pr\u00e9sentant une analyse particuli\u00e8rement pr\u00e9cise de l\u2019\u0153uvre d\u2019un artiste et de son \u00e9volution \u00e0 partir des peintures et autres \u0153uvres expos\u00e9es. Quelques rares exceptions sont toutefois \u00e0 souligner, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019artiste Najia Mehadji qui se voit offrir une tr\u00e8s belle r\u00e9trospective, en cours actuellement aux \u00abVilla des Arts\u00bb de Rabat et Casablanca, celle ant\u00e9rieure d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Andr\u00e9 El Baz par la m\u00eame institution, ou encore celle, plus g\u00e9n\u00e9rale, retra\u00e7ant le parcours artistiques de pionniers qui ont men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de la modernit\u00e9 marocaine, r\u00e9alis\u00e9e par Hicham Daoudi, \u00e0 Marrakech, lors de la Foire 1.54, en f\u00e9vrier dernier.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Il est \u00e0 noter qu\u2019il n\u2019existe aujourd\u2019hui, \u00e0 notre connaissance, qu\u2019un seul catalogue raisonn\u00e9, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019artiste Mohammed Kacimi, paru en 2017, et que deux autres ouvrages sont en cours d\u2019\u00e9laboration. Ils concernent les artistes Farid Belkahia et Ahmed Cherkaoui.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\"><em>Amine BOUSHABA<\/em><\/p>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1042723-expo-melihi-hommage-au-dernier-des-doyens\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abLes bandes du ha\u00efk \u00abGlaoua\u00bb, qui avaient surgi subitement dans le travail de Melihi, sur la tradition, ont pris la forme d\u2019\u00abonde\u00bb, de \u00abvague\u00bb, de \u00abflamme\u00bb. 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