{"id":24709,"date":"2019-03-29T07:15:00","date_gmt":"2019-03-29T11:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lalgerie-face-a-un-tournant-historique\/"},"modified":"2019-03-29T07:15:00","modified_gmt":"2019-03-29T11:15:00","slug":"lalgerie-face-a-un-tournant-historique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lalgerie-face-a-un-tournant-historique\/","title":{"rendered":"L\u2019Alg\u00e9rie face \u00e0 un tournant historique"},"content":{"rendered":"<div readability=\"36\">\n<p>C\u2019est la rue qui tranchera sur la solution du pouvoir militaire<\/p>\n<p>L\u2019opposition crie \u00e0 la manipulation<\/p>\n<p>L\u2019option propos\u00e9e: \u00able syst\u00e8me Bouteflika sans Bouteflika\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"132\">\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"33\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/lalgerie-bouteflika-083.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"lalgerie-bouteflika-083.jpg\" title=\"lalgerie-bouteflika-083.jpg\"\/><\/div>\n<div class=\"dnd-legend-wrapper\" contenteditable=\"true\" readability=\"11\">\n<p class=\"rtejustify\">Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Gaid Salah, Chef d&rsquo;Etat major de l&rsquo;arm\u00e9e alg\u00e9rienne. Tout en restant respectueux des personnes \u00e2g\u00e9es, cette photo montre bien que le syst\u00e8me alg\u00e9rien est \u00e0 bout de souffle <em>(Ph. AFP)<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Les yeux du monde sont riv\u00e9s sur la rue alg\u00e9rienne. Le camp de Abdelaziz Bouteflika, y compris le g\u00e9n\u00e9ral Ahmed Gaid Salah, suspendu \u00e0 la r\u00e9action des manifestants, retient son souffle. Tous se demandent si les alg\u00e9riens vont s\u2019arr\u00eater de descendre massivement dans les rues du pays ou vont-ils aller jusqu\u2019au bout du bras de fer contre le syst\u00e8me. On devrait avoir une indication de la mobilisation lors de la marche pr\u00e9vue vendredi prochain.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En attendant, ils appr\u00e9hendent la riposte de la rue \u00e0 la derni\u00e8re man\u0153uvre du pouvoir en place, consistant \u00e0 activer\u00a0 l\u2019article 102 de la Constitution en cas d\u2019incapacit\u00e9 du pr\u00e9sident \u00e0 exercer ses fonctions. D\u00e9sormais, la balle est dans le camp de Bouteflika qui pourrait le pousser vers la d\u00e9mission.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019autre acteur d\u00e9cisif dans cette pi\u00e8ce qui se joue devant le monde entier reste incontestablement la r\u00e9action du Conseil constitutionnel. Va-t-il lancer la proc\u00e9dure d\u2019emp\u00eachement? A l\u2019heure o\u00f9 nous mettions sous presse, la machine ne s\u2019est pas encore \u00e9branl\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Si les proches du clan au pouvoir estiment que la feuille de route propos\u00e9e par les militaires est juste, d\u2019autres voient les choses autrement. En effet, pour l\u2019opposition, cette annonce ne suffira pas \u00e0 calmer les manifestants qui ont exig\u00e9 le d\u00e9part du chef de l\u2019Etat et la fin du r\u00e9gime en place. Cette initiative du chef d\u2019Etat-major est consid\u00e9r\u00e9e comme une man\u0153uvre destin\u00e9e \u00e0 garder les manettes du pouvoir, en se limitant \u00e0 sacrifier le pr\u00e9sident grabataire et aphasique.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En fait, il s\u2019agit d\u2019une tentative des \u00e9lites au pouvoir depuis l\u2019ind\u00e9pendance en 1962 pour conserver leurs privil\u00e8ges. Sur le plan de la forme, un vice: ce n\u2019est pas \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 militaire d\u2019invoquer l\u2019application de l\u2019article 102. Constitutionnellement, c\u2019est le Conseil constitutionnel qui doit constater l\u2019incapacit\u00e9 du pr\u00e9sident \u00e0 exercer ses fonctions, note un expert en la mati\u00e8re. Le fait que le g\u00e9n\u00e9ral Ahmed Gaid Salah en fasse l\u2019annonce montre qu\u2019il concentre tous les pouvoirs entre ses mains.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Toutefois, il a \u00e9t\u00e9 accul\u00e9 \u00e0 une prise de d\u00e9cision sous la pression de la contestation populaire, dit-il. Cette r\u00e9action vise \u00e0 poursuivre dans la m\u00eame logique vers un \u00absyst\u00e8me Bouteflika sans Bouteflika\u00bb. Car ce que propose le chef d\u2019\u00e9tat major n\u2019est rien d\u2019autre que la continuation d\u2019un r\u00e9gime sans l\u2019actuel pr\u00e9sident. Il se dit que dans les salons feutr\u00e9s de certains hauts grad\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e, des plans pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi attendent l\u2019activation.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Des noms sont cit\u00e9s pour remplacer le pr\u00e9sident sortant. D\u2019ailleurs, c\u2019est cette m\u00e9canique, rod\u00e9e depuis pr\u00e8s de 40 ans, qui a amen\u00e9 Abdelaziz Bouteflika \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique apr\u00e8s 20 ans de travers\u00e9e du d\u00e9sert et un exil choisi dans les pays du Golfe. Les g\u00e9n\u00e9raux esp\u00e8rent qu\u2019elle fonctionnera encore cette fois-ci.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En tout cas, pour l\u2019opposition, la sc\u00e8ne politique ne r\u00e9unit pas les conditions n\u00e9cessaires pour organiser des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles transparentes. Rappelons que l&rsquo;article 102 de la Constitution alg\u00e9rienne est\u00a0 applicable quand le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 totale d&rsquo;exercer ses fonctions ou en cas de d\u00e9mission. Il pr\u00e9voit une p\u00e9riode de 45 qui peut aller jusqu\u2019\u00e0 90 jours maximum. C\u2019est une p\u00e9riode au cours de laquelle une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle doit \u00eatre organis\u00e9e.<\/p>\n<blockquote readability=\"13\">\n<p class=\"rtecenter\"><strong><span class=\"c2\">Scepticisme<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Les alg\u00e9riens sont sceptiques. Ils ont encore en m\u00e9moire \u00abl\u2019arm\u00e9e qui avait promis une ouverture politique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 mais qui avait fini par confisquer le pouvoir et en installer des pr\u00e9sidents, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, avec Abdelaziz Bouteflika \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Etat en 1999. Ce scepticisme est perceptible au niveau de l\u2019opposition. Si des dirigeants politiques comme l\u2019ancien Premier ministre Ahmed Ouyahya consid\u00e8rent la solution du g\u00e9n\u00e9ral Gaid Salah comme \u00abla plus juste pour sortir le pays de la crise\u00bb, d\u2019autres ne la partagent pas. En effet, certains dirigeants de l\u2019opposition ont d\u00e9nonc\u00e9 cette mesure en parlant de \u00abcoup d\u2019Etat\u00bb. Ils ont aussi estim\u00e9 que \u00abdemander l\u2019application de l\u2019article 102\u00a0 ne permet pas au pays d\u2019avoir une v\u00e9ritable transition d\u00e9mocratique et un processus de r\u00e9forme\u00bb. Beaucoup pensent que \u00abl\u2019ancien r\u00e9gime va rester puisque la transition sera g\u00e9r\u00e9e par Abdelkader Ben Salah, pr\u00e9sident du Conseil de la nation pendant 90 jours\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Le PIB alg\u00e9rien: le prix mondial du gaz rythme la politique alg\u00e9rienne<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/pib_algerien_083.jpg\" width=\"454\" height=\"277\" alt=\"pib_algerien_083.jpg\" title=\"pib_algerien_083.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">En 1960, 2 ans avant l\u2019Ind\u00e9pendance, le PIB \u00e9tait de 2,4 milliards de dollars, sans exportation de p\u00e9trole. Pendant les ann\u00e9es de guerre civile, o\u00f9 le prix du baril -r\u00e9f\u00e9rence pour le gaz-\u00a0 stagnait entre 30 et 50 dollars, le PIB alg\u00e9rien baisse de 10 milliards de dollars par an (la seule diff\u00e9rence de recettes annuelles d\u00e9passait\u00a0 le montant des budgets de l\u2019Etat marocain \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque). Cela n\u2019a pas fondamentalement chang\u00e9 le standard de vie des Alg\u00e9riens par rapport aux Marocains.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Quand Abdelaziz Bouteflika arrive au pouvoir, le p\u00e9trole est en train de remonter. Il atteindra des sommets, en 2014 o\u00f9 le PIB d\u00e9passe les 213 milliards de dollars courants. Puis Alger perd\u00a0 plus de 50 milliards de dollars en deux ans, soit le quart de ses moyens! D\u2019o\u00f9 les m\u00e9contentements, puisque le syst\u00e8me politique alg\u00e9rien est avant tout une redistribution de rente.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Par comparaison, le Maroc a un PIB de 110 milliards de dollars en 2014, soit deux fois moins qu\u2019Alger, contre 39 \u00e0\u00a0 la fin des ann\u00e9es 1990, et tout juste 2 milliards de dollars en 1960 (comme en Alg\u00e9rie).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\"><em>M.C.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1042869-l-algerie-face-un-tournant-historique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est la rue qui tranchera sur la solution du pouvoir militaire L\u2019opposition crie \u00e0 la manipulation L\u2019option propos\u00e9e: \u00able syst\u00e8me Bouteflika sans Bouteflika\u00bb Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Gaid Salah, Chef d&rsquo;Etat major de l&rsquo;arm\u00e9e alg\u00e9rienne. 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