{"id":25972,"date":"2019-04-03T18:45:55","date_gmt":"2019-04-03T22:45:55","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/grossesses-precoces-en-milieu-scolaire-un-mal-persistant-dans-le-centre-nord\/"},"modified":"2019-04-03T18:45:55","modified_gmt":"2019-04-03T22:45:55","slug":"grossesses-precoces-en-milieu-scolaire-un-mal-persistant-dans-le-centre-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/grossesses-precoces-en-milieu-scolaire-un-mal-persistant-dans-le-centre-nord\/","title":{"rendered":"Grossesses pr\u00e9coces en milieu scolaire: Un \u00ab mal persistant \u00bb dans le Centre-Nord"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grossesses.jpg?fit=600%2C369&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"369\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grossesses.jpg?resize=600%2C369&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grossesses.jpg?w=600&#038;ssl=1 600w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grossesses.jpg?resize=300%2C185&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Grossesses.jpg?resize=356%2C220&#038;ssl=1 356w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" alt=\"\" title=\"Grossesses\"\/><\/a><\/div>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_top td_uid_30_5ca67aa343b54_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4463\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/FESPACO-TOUR-2019-Bannie%CC%80re-728x90-1.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p><strong>Les grossesses pr\u00e9coces et non d\u00e9sir\u00e9es en milieu scolaire prennent de l\u2019ampleur. Des pesanteurs socioculturelles font que des parents et enseignants sont r\u00e9serv\u00e9s dans la d\u00e9nonciation du fl\u00e9au dans la r\u00e9gion du Centre-Nord. Ce qui plombe la r\u00e9ussite scolaire de la jeune fille. Et pourtant, l\u2019application des textes en vigueur est l\u2019une des solutions \u00e0 ce mal silencieux.<\/strong><\/p>\n<p>F. S. est une \u00e9l\u00e8ve de la classe de 6e r\u00e9sidant \u00e0 Boulsa. A l\u2019\u00e2ge de 12 ans, elle entretenait d\u00e9j\u00e0 des relations amoureuses avec un jeune commer\u00e7ant surnomm\u00e9 le \u00ab boss\u00bb. Au fil du temps, elle tombe enceinte. Maladive, F.S. abandonne ses \u00e9tudes en pleine ann\u00e9e acad\u00e9mique, vu son \u00e9tat. \u00ab Lorsque je l\u2019ai fait part de la situation, il a ni\u00e9 cat\u00e9goriquement la paternit\u00e9 de mon fils. Malgr\u00e9 les moult m\u00e9diations avec la Direction provinciale de la Femme, de Solidarit\u00e9 nationale, de la Famille et de l\u2019Action humanitaire (DPFSNFAH) du Sanmatenga, le monsieur est rest\u00e9 camper sur sa position.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de cet instant que nous avons saisi la justice pour le raisonner \u00bb, relate-t-elle. Et de poursuivre : \u00ab La situation a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile car, je n\u2019avais pas l\u2019\u00e2ge de mettre au monde un enfant. L\u2019accouchement a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s compliqu\u00e9. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je souffre toujours des s\u00e9quelles de l\u2019intervention \u00bb. Comme F.S., A.K., habitante de Kaya, a v\u00e9cu le m\u00eame calvaire lors de sa grossesse. Sa scolarit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9e en classe de 5e.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e2ge de 15 ans, elle sortait avec un \u00e9l\u00e8ve de terminal du m\u00eame \u00e9tablissement qu\u2019elle. \u00ab C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion des journ\u00e9es culturelles que nous sommes sortis ensemble et cela s\u2019est sold\u00e9 par une grossesse. Il a refus\u00e9 la paternit\u00e9 de ma fille, de peur de se faire ridiculiser devant ses camarades\u00bb, explique-t-elle. Face \u00e0 cette situation, l\u2019infortun\u00e9e ne voit qu\u2019une seule solution : faire couler la grossesse. \u00ab Personne n\u2019a voulu me soutenir dans la famille et j\u2019\u00e9tais pr\u00eate \u00e0 avorter.<\/p>\n<p>Mais gr\u00e2ce \u00e0 une association, j\u2019ai pu supporter la grossesse\u00bb, se rem\u00e9more-t-elle. AK, qui r\u00eavait de devenir, a fini par devenir couturi\u00e8re, par la force du destin. \u00ab Je suis rest\u00e9e \u00e0 la maison pendant trois ann\u00e9es, parce que je devrais exercer un m\u00e9tier pour s\u2019occuper de mon enfant. Si je ne suis pas fonctionnaire aujourd\u2019hui, c\u2019est du \u00e0 ma grossesse\u00bb, regrette-t-elle, la voix tremblotante.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Grossesse \u00e0 haut risque<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nos interlocutrices sont toutes unanimes que leurs grossesses ont eu des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur leurs cursus scolaires. \u00ab Je demande \u00e0 toutes les filles de s\u2019abstenir ou de pratiquer la Planification familiale (PF) \u00bb, exhorte A.K. Des \u00e9l\u00e8ves du primaire sont aussi victimes de ce \u00ab mal silencieux \u00bb. C\u2019est le cas de S.S., \u00e9l\u00e8ve de CM2 r\u00e9sidant \u00e0 Kaya, dont la situation fait froid dans le dos.<\/p>\n<p>Malade mentale et dr\u00e9panocytaire, elle est tomb\u00e9e enceinte \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 12 ans suite \u00e0 un viol. Malheureusement, ses parents n\u2019ont pris connaissance de la grossesse qu\u2019apr\u00e8s six mois. \u00ab A l\u2019issue des consultations pr\u00e9natales, il ressort que sa grossesse \u00e9tait \u00e0 haut risque \u00e0 cause de son \u00e9tat de sant\u00e9. \u00a0Ce qui nous a oblig\u00e9 \u00e0 la placer dans un centre d\u2019accueil \u00bb, t\u00e9moigne le juge des Enfants du ressort du tribunal de grande instance (TGI) de Kaya, Patrice Segda.<\/p>\n<p>Une enqu\u00eate, selon lui, est actuellement en cours afin de d\u00e9terminer l\u2019auteur de cet acte criminel. S.S. est m\u00e8re d\u2019un gar\u00e7onnet, suite \u00e0 un accouchement par c\u00e9sarienne. Pour le Directeur r\u00e9gional des Enseignements post-primaire et secondaire (DREPS) de la r\u00e9gion du Centre-Nord, Adama Belem, les causes de la persistance des Grossesses pr\u00e9coces et non d\u00e9sir\u00e9es en milieu scolaire (GPNDMS) sont multiples.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit, entre autres, du viol, des mariages forc\u00e9s\/pr\u00e9coces, de la pauvret\u00e9, de la mise en cause de la responsabilit\u00e9 des parents et de la gestion difficile de l\u2019adolescence des enfants. A cela s\u2019ajoutent, selon M. Belem, l\u2019absence de modules d\u2019enseignement sur la sexualit\u00e9, l\u2019insuffisance des centres d\u2019accueil des jeunes filles, la non-application des textes en vigueur et le manque de formation du personnel \u00e9ducatif \u00e0 la d\u00e9ontologie, la jeunesse du personnel enseignant et l\u2019influence des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Tous ces facteurs, \u00e9lucide l\u2019inspecteur de l\u2019enseignement secondaire, exposent la jeune fille \u00e0 des risques de grossesse pr\u00e9coce. Mais si la grossesse est mal prise en charge, selon le professeur d\u2019Allemand, elle engendre d\u2019autres probl\u00e8mes plus graves : l\u2019absent\u00e9isme aboutissant \u00e0 l\u2019\u00e9chec scolaire, l\u2019avortement clandestin, l\u2019infanticide, l\u2019exposition aux maladies comme le VIH\/SIDA, le traumatisme psychologique, l\u2019exclusion sociale et la mauvaise \u00e9ducation de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Pour Adama Belem, l\u2019id\u00e9al serait de mettre l\u2019accent sur des mesures incitatives pouvant encourager la jeune fille et la maintenir \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00ab Il faut octroyer des bourses scolaires aux filles, leurs cr\u00e9er des internats et rendre la cantine scolaire gratuit\u00e9 pour elles \u00bb, pr\u00e9conise-t-il.<\/p>\n<blockquote readability=\"5\">\n<p>Plus de 6 700 filles enceintes<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Abondant dans le m\u00eame sens, le proviseur du Lyc\u00e9e provincial Moussa Kargougou (LPMK) de Kaya, Maxime Sissa, sugg\u00e8re la mise en place des clubs d\u2019\u00e9veil des filles, des projections des films sur la sexualit\u00e9 dans les classes et l\u2019introduction de modules li\u00e9s \u00e0 la gestion des menstrues dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif. Selon le Fonds des Nations unies pour l\u2019enfance (UNICEF), 27 filles de moins de 18 ans sont mari\u00e9es, chaque minute, dans le monde entier dont 1\/9 concerne des filles de moins de 15 ans.<\/p>\n<p>Depuis 2012, l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) d\u00e9nombre, chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s de 16 millions d\u2019adolescentes enceintes \u00e0 travers le monde. Pour l\u2019ann\u00e9e 2013-2014, le Burkina Faso a enregistr\u00e9 2 295 cas de GPNDMS dont 491 filles-m\u00e8res, selon le chef de service de la Promotion de l\u2019\u00e9ducation inclusive et de l\u2019\u00e9ducation des filles et du genre (PEIEFG) de la Direction r\u00e9gionale de l\u2019enseignement pr\u00e9scolaire, primaire, non formel et de la promotion des langues nationales (DREPPNPLN) du Centre-Nord, Daouda Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>Une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e par Plan international Burkina (PIB) indique qu\u2019entre 2012 et 2017, le pays des hommes int\u00e8gre a comptabilis\u00e9 6746 filles enceintes aux lyc\u00e9es. En 2017, une autre \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 des gyn\u00e9cologues et obst\u00e9triciens (SGO), en collaboration avec la mission M\u00e9decins du monde-Burkina sur les grossesses d\u2019adolescentes de 13 \u00e0 17 ans dans 5 formations sanitaires, montre une situation d\u00e9plaisante sur les grossesses pr\u00e9coces et ou non d\u00e9sir\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur 23\u00a0764 admissions pour grossesses dans les maternit\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es, 797 (3,4%) adolescentes de moins de 18 ans ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es. En tenant compte uniquement des \u2018\u2019primipares\u2019\u2019, le pourcentage des moins de 18 ans \u00e9tait de 10,5% (797\/7591). Parmi ces adolescentes 27,9% \u00e9taient des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Et, il est d\u00e9montr\u00e9 dans une \u00e9tude command\u00e9e, en 2016, par PIB et UNICEF que les commer\u00e7ants sont les premiers auteurs des GPNDMS, suivis des \u00e9l\u00e8ves entre eux, des enseignants et des autres acteurs. Dans la r\u00e9gion du Centre-Nord, l\u2019ann\u00e9e scolaire 2017-2018, aux dires de Daouda Ou\u00e9draogo, l\u2019on a enregistr\u00e9 250 cas de grossesse chez des enfants \u00e2g\u00e9s entre 10 et 16 ans dans 50 \u00e9tablissements post-primaires et secondaires et 11 cas rapport\u00e9s dans 05 \u00e9coles primaires, dont 19 cas d\u2019enfants victimes d\u2019agressions sexuelles. Au Burkina Faso, la loi n\u00b0025 du nouveau Code p\u00e9nal, adopt\u00e9 en mai 2018, incrimine et r\u00e9prime les GPNDMS.<\/p>\n<blockquote readability=\"5\">\n<p>Cr\u00e9er un Code de l\u2019enfance<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La sanction est applicable \u00e0 toute grossesse en milieu scolaire ou non. \u00ab L\u2019article 533-11 dit que le viol est puni d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de 11 \u00e0 20 ans et d\u2019une amende de 1 \u00e0 3 millions de francs CFA, lorsqu\u2019entre autres, il est commis sur un mineur \u00e2g\u00e9 de 13 \u00e0 15 ans au plus \u00bb, avertit Patrice Segda.<\/p>\n<p>L\u2019aggravation de la sanction est fonction de la qualit\u00e9 de la victime. \u00a0A entendre le juge des enfants, l\u2019emprisonnement va de 11 \u00e0 30 ans et l\u2019amende passe de 3 \u00e0 10 millions de francs CFA, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une personne mineure de moins de 13 ans de l\u2019un ou de l\u2019autre sexe.<\/p>\n<p>Les enseignants qui imposent une violence sexuelle \u00e0 leurs apprenties tombent aussi sous le coup de la loi en son article 533-14. \u00ab Cet article dit que tout personnel de l\u2019enseignement ou de tout syst\u00e8me \u00e9ducatif est puni d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de 5 \u00e0 10 ans et d\u2019une amende de 9 cent mille \u00e0 5 millions de francs CFA, le fait d\u2019avoir une relation sexuelle avec un \u00e9l\u00e8ve, apprenti ou stagiaire mineur de l\u2019un ou de l\u2019autre sexe \u00bb, pr\u00e9vient Patrice Segda.<\/p>\n<p>Et de poursuivre : \u00ab S\u2019il r\u00e9sulte de cette relation sexuelle, la grossesse de l\u2019\u00e9l\u00e8ve, de l\u2019apprentie ou de la stagiaire, la peine d\u2019emprisonnement est de 7 \u00e0 10 ans et l\u2019amende de 3 \u00e0 6 millions de francs \u00bb. De son l\u2019avis du magistrat Segda, pour l\u2019ann\u00e9e 2018, seulement une dizaine de dossiers de violences sexuelles en milieu scolaire a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par le TGI de Kaya.<\/p>\n<p>Ce qui confirme le r\u00e8glement \u00e0 l\u2019aimable du fl\u00e9au par les parents de la victime et le pr\u00e9sum\u00e9 auteur de la grossesse. \u00ab Ce r\u00e8glement \u00e0 l\u2019aimable n\u2019est pas une source de justice pour la victime. Parce que les gens ne voient que la violence purement physique, alors qu\u2019elle est surtout psychologique \u00e0 court et long terme \u00bb, d\u00e9sapprouve M. Segda. De ce fait, il propose la sensibilisation de tous les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 et la cr\u00e9ation d\u2019un code sp\u00e9cifique de l\u2019enfance comme celui de la femme et de la famille.<\/p>\n<p><strong>Emil SEGDA<\/strong><br \/><em>Segda9emil@gmail.com<\/em><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_31_5ca67aa343f2b_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1724\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/sidwaya-pub.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DB. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/04\/03\/grossesses-precoces-en-milieu-scolaire-un-mal-persistant-dans-le-centre-nord\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les grossesses pr\u00e9coces et non d\u00e9sir\u00e9es en milieu scolaire prennent de l\u2019ampleur. 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