{"id":26935,"date":"2019-04-09T16:26:38","date_gmt":"2019-04-09T20:26:38","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/affaire-bicia-b-djelika-niodogo-huit-ans-de-tergiversations-et-de-denis\/"},"modified":"2019-04-09T16:26:38","modified_gmt":"2019-04-09T20:26:38","slug":"affaire-bicia-b-djelika-niodogo-huit-ans-de-tergiversations-et-de-denis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/affaire-bicia-b-djelika-niodogo-huit-ans-de-tergiversations-et-de-denis\/","title":{"rendered":"Affaire BICIA-B\/Djelika NIODOGO : Huit ans de tergiversations et de d\u00e9nis"},"content":{"rendered":"<div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logo_right spip_logos\" alt=\"\" style=\"float:right\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/arton1994.jpg?1554375651\" width=\"150\" height=\"90\"><\/p>\n<div class=\"rss_texte\">\n<p><strong>La note est tomb\u00e9e le 14 f\u00e9vrier dernier au terme de laquelle, madame Niodogo est invit\u00e9e \u00e0 \u00ab se pr\u00e9senter \u00e0 la Direction des ressources humaines de la banque le premier jour ouvrable suivant la r\u00e9ception de la pr\u00e9sente \u00bb. <br class=\"autobr\"><br \/>\nCela faisait plus de huit ans qu&rsquo;elle avait quitt\u00e9 la banque suite \u00e0 un licenciement pour \u00ab faute grave \u00bb. Le retour de madame Niodogo \u00e0 la banque est l&rsquo;\u00e9pilogue d&rsquo;un long processus judiciaire. Retour sur le parcours d&rsquo;un dossier qui aura fait couler beaucoup d&rsquo;encre et de salive.<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"spip_document_1522 spip_documents spip_documents_left\" style=\"float:left;\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/jpg\/bicia-b.jpg?1554375493\" width=\"500\" height=\"394\" alt=\"\"><\/span>L&rsquo;opinion publique burkinab\u00e8 l&rsquo;a d\u00e9couverte au cours du mouvement social d\u00e9clench\u00e9 par les travailleurs de la BICIA-B en avril 2010. Alors d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du personnel, elle s&rsquo;\u00e9tait illustr\u00e9e pendant ce mouvement social en v\u00e9ritable pasonaria. D\u00e8s lors elle \u00e9tait devenue une cible privil\u00e9gi\u00e9e, la mauvaise graine qu&rsquo;il fallait vite extirper de la banque. A la man\u0153uvre, le directeur g\u00e9n\u00e9ral, le tout puissant Luc Vidal et toute sa clique de serviteurs z\u00e9l\u00e9s. Ces derniers vont minutieusement s&#8217;employer \u00e0 r\u00e9duire toute contestation au sein de la banque et \u00e0 y installer la terreur afin que plus jamais il ne vienne \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de personne de troubler la qui\u00e9tude au sein de l&rsquo;institution. Pour r\u00e9gler le cas de madame Niodogo, ils useront d&rsquo;un incroyable cynisme. En effet, profitant de son cong\u00e9, madame Niodogo se rend \u00e0 Hong Kong pour ses affaires. Comme si le sort \u00e9tait de m\u00e8che avec ses pires d\u00e9tracteurs, un accident de la circulation en plein Hong Kong va l&#8217;emp\u00eacher de prendre son vol retour \u00e0 bonne date. L&rsquo;incident lui cause une semaine de retard au travail. Le bureau est pr\u00e9venu de l&rsquo;incident malencontreux. Malgr\u00e9 tout, une demande d&rsquo;explication lui est coll\u00e9e d\u00e8s son retour au bureau. Celle-ci sera vite fournie appuy\u00e9e de tous les documents de justification n\u00e9cessaires. N&#8217;emp\u00eache ! Madame Niodogo sera traduite en conseil de discipline devant un coll\u00e8ge de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e9bahis par cette proc\u00e9dure d&rsquo;exception qui viole les dispositions en la mati\u00e8re. Ces derniers boudent le conseil de discipline qui ne se g\u00eane pas cependant d&rsquo;infliger \u00e0 madame Niodogo une mise \u00e0 pied de 8 jours. Une deuxi\u00e8me mise \u00e0 pied suivra. Les raisons ? Elle a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7ue dans une boutique, alors qu&rsquo;elle aurait d\u00fb selon les sicaires de la direction g\u00e9n\u00e9rale, garder le lit pour cause de maladie. Pour la direction de la banque, les conditions de son licenciement sont \u00e0 pr\u00e9sent r\u00e9unies. Le 1er septembre 2010, la lettre de licenciement tombe. Commence alors le temps de la justice. Cela va durer plus de huit ans. Le juge administratif saisi par madame Niodogo va rendre une d\u00e9cision le 8 mai 2012, soit pr\u00e8s de deux ans apr\u00e8s. L&rsquo;autorisation de licenciement de madame Niodogo qui avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e par l&rsquo;inspection du travail (c&rsquo;est une proc\u00e9dure obligatoire en mati\u00e8re de licenciement d&rsquo;un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de personnel) est annul\u00e9e. Sa r\u00e9int\u00e9gration qui d\u00e8s lors coule de source est act\u00e9e par le tribunal. Mais c&rsquo;est sans compter avec le tout puissant Luc Vidal, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la banque qui refuse d&rsquo;obtemp\u00e9rer. L&rsquo;avocat de la plaignante lui rappelle par le biais d&rsquo;une requ\u00eate introduite le 23 ao\u00fbt 2012 que sa cliente attend toujours de sa part l&rsquo;application de la d\u00e9cision judiciaire. Aucune suite ne lui sera donn\u00e9e. Le 16 juin 2013 seconde requ\u00eate en r\u00e9int\u00e9gration. Cette fois aussi, pas de r\u00e9ponse. L&rsquo;avocat d\u00e9cide alors de changer de strat\u00e9gie. Il relance la justice par le biais du volet salarial de l&rsquo;affaire (une question socialement sensible) en r\u00e9clamant \u00e0 la banque le versement des arri\u00e9r\u00e9s de salaires de la plaignante. En effet, l&rsquo;acte de licenciement ayant \u00e9t\u00e9 annul\u00e9, Mme Niodogo est consid\u00e9r\u00e9e comme n&rsquo;ayant jamais rompu ses liens de travail avec la banque. La strat\u00e9gie se r\u00e9v\u00e8le en effet payante. Par jugement rendu le 23 avril 2015, le tribunal du travail condamne la BICIA-B \u00e0 lui verser la somme de 32 372 976 FCFA. Cette somme repr\u00e9sente les arri\u00e9r\u00e9s de salaires, les primes et gratifications de la p\u00e9riode allant du 1er septembre 2010 au 30 avril 2014. Et ce n&rsquo;est pas tout. La banque doit aussi verser \u00e0 Mme Niodogo la somme de 500 000FCFA au titre de frais non compris dans les d\u00e9pens. La BICIA-B qui n&rsquo;entend pas d\u00e9caisser la moindre somme attaque le jugement du tribunal en appel. Mais les arguties juridiques qu&rsquo;elle pr\u00e9sente ne vont pas prosp\u00e9rer devant la chambre sociale de la Cour d&rsquo;appel qui a dans un arr\u00eat rendu le 12 d\u00e9cembre 2017, confirm\u00e9 le jugement rendu par le tribunal du travail. Autrement dit, la banque est invit\u00e9e \u00e0 payer ce qu&rsquo;elle doit \u00e0 madame Niodogo.<\/p>\n<p><strong>Des rebondissements <\/strong><\/p>\n<p><span class=\"spip_document_1523 spip_documents spip_documents_left\" style=\"float:left;\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/jpg\/bicia-b2.jpg?1554375493\" width=\"500\" height=\"732\" alt=\"\"><\/span>Le 28 novembre 2018, madame Niodogo, dans un \u00e9crit adress\u00e9 au DG\/BICIA-B demande sa r\u00e9int\u00e9gration. Dans cet \u00e9crit, elle \u00e9voque les diff\u00e9rentes d\u00e9cisions judiciaires rendues en sa faveur (tribunal administratif, tribunal du travail, cour d&rsquo;appel). La r\u00e9ponse de la banque arrive le 14 f\u00e9vrier 2019 en ces termes : <i>\u00ab Prenant compte de la teneur de cet arr\u00eat, nous vous invitons \u00e0 vous pr\u00e9senter \u00e0 la Direction des ressources humaines de la banque le premier jour ouvrable suivant la r\u00e9ception de la pr\u00e9sente \u00bb<\/i>. La banque est-elle revenue \u00e0 de meilleurs sentiments ? Va-t-elle enfin instaurer la paix des braves ou poursuivra-t-elle sa fuite en avant en usant de man\u0153uvres tendant \u00e0 \u00e9loigner madame Niodogo de la banque ? Pour l&rsquo;heure, il y a des faits qui interrogent. En effet, d\u00e8s son retour \u00e0 la banque et suite \u00e0 un entretien de r\u00e9int\u00e9gration tenu le 26 f\u00e9vrier dernier, madame Niodogo est inform\u00e9e que <i>\u00ab dans le cadre de la redynamisation des portefeuilles des conseillers client\u00e8le et pour r\u00e9pondre \u00e0 la strat\u00e9gie groupe, la BICIA-B a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une r\u00e9organisation des portefeuilles des CCP qui a pr\u00e9value \u00e0 une vague d&rsquo;affectations de CCP vers le Back Office au sein de la banque. A ce jour, le besoin qui reste identifi\u00e9 est un poste de CCP \u00e0 l&rsquo;agence de Banfora \u00bb<\/i>. Le lendemain 27 f\u00e9vrier, son affectation lui est en effet notifi\u00e9e : \u00ab Nous vous informons que vous \u00eates affect\u00e9e comme charg\u00e9e de client\u00e8le priv\u00e9e (CCP) \u00e0 l&rsquo;agence de Banfora, \u00e0 compter du 4 mars 2019. La note est sign\u00e9e du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Bakoul\u00e9 Dantioko et de la directrice des Ressources Humaines Eulalie Belemlilga. Cette mesure va-t-elle dans le bon sens, au regard des \u00e9l\u00e9ments de contexte ? En effet le diff\u00e9rend traine depuis plus de huit ans. Pas de salaire vers\u00e9 comme d\u00e9but de r\u00e8glement, au contraire, l&rsquo;ex\u00e9cution de la d\u00e9cision judiciaire s&rsquo;y rapportant se heurte \u00e0 une v\u00e9h\u00e9mente r\u00e9sistance de la banque.* Une affectation en plein milieu scolaire sans allusion \u00e0 la situation des enfants et de la famille. Pas de communication non plus sur les conditions de transport et de s\u00e9jour au lieu d&rsquo;affectation. En somme, on a l\u00e0 les conditions d&rsquo;une affectation-punition. On aurait pu croire qu&rsquo;avec le changement de staff (directeur g\u00e9n\u00e9ral, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral), on s&rsquo;orientera d\u00e9sormais vers un sc\u00e9nario d&rsquo;apaisement. Mais non. Nous sommes plut\u00f4t en pr\u00e9sence d&rsquo;un sc\u00e9nario r\u00e9pressif. Quelle sera la suite de cette affaire ? Pour l&rsquo;heure, elle est entre les mains des deux parties. Mais on en saura sans doute plus dans les jours qui viennent.<br class=\"autobr\"> C&rsquo;est le lieu pour les travailleurs de la banque \u00e0 travers leurs organisations repr\u00e9sentatives de s&rsquo;impliquer pour un r\u00e8glement honorable de cette affaire qui engage leur cr\u00e9dibilit\u00e9. Reste \u00e0 savoir ce qui en reste des valeurs de solidarit\u00e9 et de lutte apr\u00e8s toutes les \u00e9preuves subies pendant la dure p\u00e9riode de Luc Vidal. Ils ont la justice et le droit de leur c\u00f4t\u00e9, il d\u00e9pend d&rsquo;eux que l&rsquo;opinion publique se r\u00e9veille et leur apporte l&rsquo;appui n\u00e9cessaire. L&rsquo;affaire Niodogo Djelika est assur\u00e9ment un symbole de pers\u00e9v\u00e9rance dans le combat pour la justice et la libert\u00e9 d&rsquo;organisation et d&rsquo;action des travailleurs. La bonne dame a port\u00e9 h\u00e9ro\u00efquement ce combat, avec le sentiment d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 par ses camarades. On peut comprendre qu&rsquo;en ces moments de terreur, certains aient eu peur de bouger, pour ne pas perdre leur emploi. Mais jusqu&rsquo;\u00e0 quand et \u00e0 quel prix va-t-on continuer \u00e0 courber l&rsquo;\u00e9chine. Comme il est proclam\u00e9 dans l&rsquo;hymne du Wassoulou, \u00ab si tu ne peux prot\u00e9ger les faibles et braver l&rsquo;ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t&rsquo;indiqueront le chemin de l&rsquo;honneur. \u00bb Des phrases fortes qui donnent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et invitent surtout \u00e0 l&rsquo;action.<\/p>\n<p><i> <strong>Par Germain Bitiou NAMA<\/strong> <\/i><\/p>\n<p>* Le compte de la banque log\u00e9 \u00e0 la Sonaposte a m\u00eame \u00e9t\u00e9 saisi par voie d&rsquo;huissier !<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/spip.php?article1994\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><br \/>\nAuteur: LEVENEMENT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La note est tomb\u00e9e le 14 f\u00e9vrier dernier au terme de laquelle, madame Niodogo est invit\u00e9e \u00e0 \u00ab se pr\u00e9senter \u00e0 la Direction des ressources humaines de la banque le premier jour ouvrable suivant la r\u00e9ception de la pr\u00e9sente \u00bb. 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