{"id":28529,"date":"2019-04-18T06:00:00","date_gmt":"2019-04-18T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ines-sabrina-malekla-matraque-mise-a-nu\/"},"modified":"2019-04-18T06:00:00","modified_gmt":"2019-04-18T10:00:00","slug":"ines-sabrina-malekla-matraque-mise-a-nu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ines-sabrina-malekla-matraque-mise-a-nu\/","title":{"rendered":"In\u00e8s-Sabrina Malek,la matraque mise \u00e0 nu"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"103\">\n<p class=\"c10\"><strong>In\u00e8s-Sabrina Malek, 26 ans, est \u00e9tudiante en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master journalisme audiovisuel et animatrice du flash d\u2019information de la web radio RAJ &#8211; voix de jeunes. Elle a subi, samedi 13 avril \u00e0 Alger, une arrestation muscl\u00e9e alors qu\u2019elle participait \u00e0 un rassemblement qui avait justement pour but de d\u00e9noncer la r\u00e9pression polici\u00e8re et les arrestations arbitraires. Arr\u00eat\u00e9e \u00e0 17h, elle a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 se d\u00e9nuder cinq heures plus tard dans un bureau du commissariat de Baraki o\u00f9 trois autres jeunes femmes et six hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s en m\u00eame temps qu\u2019elle. Rel\u00e2ch\u00e9e au milieu de la nuit, la militante d\u00e9nonce depuis l\u2019affront et assure que la tentative d\u2019intimidation est loin d\u2019avoir march\u00e9. Elle appelle les Alg\u00e9riennes \u00e0 ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de la peur.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c10\">Elle n\u2019aurait jamais cru avoir \u00e0 vivre un tel moment d\u2019humiliation. Se retrouver d\u00e9nud\u00e9e dans un bureau face \u00e0 un regard inquisiteur, au milieu de la nuit dans un commissariat d\u2019Alger. \u201cJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 me d\u00e9shabiller. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9e lors de mon arrestation dans le seul but de renoncer au militantisme\u201d, d\u00e9nonce In\u00e8s-Sabrina Malek, quatre jours apr\u00e8s l\u2019arrestation muscl\u00e9e qu\u2019elle a subie \u00e0 Alger. \u201cC\u2019est peine perdue\u201d, assure-t-elle. In\u00e8s-Sabrina Malek, 26 ans, est \u00e9tudiante et animatrice du flash d\u2019information de la web radio RAJ &#8211; voix de jeunes.\u00a0<br \/>Elle n\u2019a manqu\u00e9 aucune marche \u00e0 Alger depuis le 22 f\u00e9vrier dernier. Originaire de Kabylie, Sabrina est inscrite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Tizi Ouzou o\u00f9 elle cl\u00f4ture sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master en journalisme audiovisuel : \u201cJe cl\u00f4ture mon m\u00e9moire de fin d\u2019\u00e9tudes, ce qui me donne du temps libre pour me consacrer \u00e0 mes activit\u00e9s militantes.\u201d Samedi 13 avril 2019, alors qu\u2019elle manifestait justement pour d\u00e9noncer la r\u00e9pression polici\u00e8re et les arrestations arbitraires, elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e \u00e0 17h, pr\u00e8s de la Grande Poste \u00e0 Alger-centre et a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 se d\u00e9nuder cinq heures plus tard dans un bureau du commissariat de Baraki o\u00f9 trois autres jeunes femmes et six hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s en m\u00eame temps qu\u2019elle, avant d\u2019\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9e au milieu de la nuit. Depuis, la militante d\u00e9nonce l\u2019affront et assure que la tentative d\u2019intimidation est loin d\u2019avoir march\u00e9.\u00a0<br \/>La g\u00eane de devoir raconter ce moment d\u00e9gradant est pesante mais, pour Sabrina, il y a plus important. La sensation d\u2019humiliation n\u2019aura dur\u00e9 que le temps de cette mise \u00e0 nu forc\u00e9e.\u00a0<br \/>Une fois encaiss\u00e9, l\u2019affront subi dans son corps s\u2019est vite \u00e9clips\u00e9 pour donner encore plus de force \u00e0 ses convictions. Elle estime que \u201craconter les faits\u201d tels qu\u2019ils se sont produits afin que l\u2019opinion publique r\u00e9alise tout ce qui se joue en ce moment est un devoir citoyen qui participe \u00e9galement \u00e0 cette lutte acharn\u00e9e pour un changement de\u00a0syst\u00e8me.<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Mise \u00e0 nu<\/strong><br \/>\u201cElle portrait un voile rose p\u00e2le.\u201d Sabrina reconstitue le fil de cette journ\u00e9e trouble avec des phrases courtes, percutantes, comme si elle \u00e9tait press\u00e9e de se d\u00e9lester d\u2019un poids, en les \u00e9non\u00e7ant. \u201cApr\u00e8s 5 heures pass\u00e9es dans la salle d\u2019attente du commissariat, \u00e0 22h une polici\u00e8re en civil est arriv\u00e9e. Taille moyenne, la quarantaine. J\u2019\u00e9tais la troisi\u00e8me \u00e0 passer. Elle m\u2019a demand\u00e9 de me d\u00e9shabiller et de l\u00e2cher mes cheveux.\u201d Sabrina refuse dans un premier temps d\u2019obtemp\u00e9rer et r\u00e9clame qu\u2019on lui \u00e9nonce les faits qui lui sont reproch\u00e9s. Mais la polici\u00e8re qui se penche sur elle lui semble avoir la d\u00e9termination ferme de la d\u00e9nuder elle-m\u00eame et de force. Sabrina l\u2019arr\u00eate et c\u00e8de : \u201cNe me touchez pas, je le ferai moi-m\u00eame.\u201d En se d\u00e9shabillant sous le regard r\u00e9probateur de la polici\u00e8re, la jeune fille la harc\u00e8le n\u00e9anmoins de questions : \u201cPourquoi voulez-vous que je retire tous mes v\u00eatements, qu\u2019esp\u00e9rez-vous trouver ? Avez-vous le droit de faire ce que vous faites ?\u201d Sabrina re\u00e7oit pour seule r\u00e9ponse la sommation de d\u00e9couvrir son buste : \u201cJe n\u2019ai rien \u00e0 vous dire, taisez-vous, d\u00e9shabillez-vous enti\u00e8rement et laissez-moi faire mon travail\u201d, aurait s\u00e9v\u00e8rement r\u00e9torqu\u00e9 la polici\u00e8re. \u201cJe veux comprendre en quoi consiste justement votre travail\u201d, insiste encore Sabrina. En vain. La polici\u00e8re fouille minutieusement son linge comme si elle \u00e9tait cens\u00e9e y trouver le pire. Elle farfouille ostentatoirement l\u2019\u00e9charpe de la jeune fille avant de l\u2019abandonner et de se rapprocher de nouveau de son corps d\u00e9nud\u00e9 pour y poursuivre sa scrupuleuse enqu\u00eate.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">Dans son r\u00e9cit, Sabrina livre de nombreux d\u00e9tails p\u00e9nibles \u00e0 raconter. Ils seront s\u00fbrement rapport\u00e9s et rendus publics lors du proc\u00e8s qu\u2019elle est bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 intenter \u00e0 la police.\u00a0<br \/>Accompagn\u00e9e d\u2019un collectif d\u2019avocats constitu\u00e9 pour la d\u00e9fendre \u2013 elle ainsi que les militantes qui l\u2019accompagnaient \u2013 elle devrait d\u00e9poser sa plainte aujourd\u2019hui m\u00eame.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>La politique de la peur\u00a0<\/strong><br \/>\u201cC\u2019est dur. Je me sens diff\u00e9rente, atteinte dans ma dignit\u00e9, certes, mais plus que jamais d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 me battre pour mes droits.\u201d Elle n\u2019a aucun doute sur les objectifs cach\u00e9s de cette proc\u00e9dure de fouille corporelle qu\u2019elle a subie. Elle y voit une man\u0153uvre politique qui vise \u00e0 casser l\u2019engagement des femmes dans la r\u00e9volution pacifique qui envahit les rues du pays depuis pr\u00e8s de deux mois. \u201cLes hommes, eux, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s \u00e0 se d\u00e9shabiller, contrairement \u00e0 nous\u201d, condamne-t-elle. Sabrina ne cherche pas ses mots. Elle s\u2019exprime spontan\u00e9ment et d\u00e9fend ses id\u00e9es fermement : \u201cEn nous traitant de la sorte, ils ont voulu passer un message \u00e0 toutes les familles et toutes les femmes qui sortent manifester dans la rue. Ils veulent leur faire peur en essayant de d\u00e9grader notre image.\u201d Elle appelle toutes les femmes \u00e0 maintenir leur pr\u00e9sence pacifique dans les marches et \u00e0 ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de l\u2019intimidation. \u201cIls ont voulu nous humilier et toucher \u00e0 notre honneur pour que plus aucune femme n\u2019ose sortir manifester sans ressentir cette peur d\u2019\u00eatre d\u00e9nud\u00e9e dans un commissariat en pleine nuit.\u201d La peur, Sabrina veut lui faire face et la combattre, co\u00fbte que co\u00fbte.\u00a0<br \/>La jeune femme souligne d\u2019ailleurs la chance qu\u2019elle a d\u2019avoir une famille qui l\u2019\u00e9paule, la soutient et refuse de c\u00e9der \u00e0 cette \u201cmanipulation grotesque\u201d qui vise \u00e0 faire planer le d\u00e9shonneur sur les femmes militantes. \u201cMes parents sont fiers du combat que je m\u00e8ne malgr\u00e9 l\u2019inqui\u00e9tude qu\u2019ils vivent de me voir monter ainsi au front depuis deux mois\u201d, confie-t-elle.\u00a0<br \/>Lors de la premi\u00e8re marche historique du vendredi 22 f\u00e9vrier, Sabrina \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 de ceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 atteindre le Palais de la Pr\u00e9sidence qui n\u2019a plus jamais \u00e9t\u00e9 atteint par les manifestants depuis. La jeune femme ne manque pas de courage ni de d\u00e9termination. Elle assure qu\u2019elle sera de toutes les manifestations jusqu\u2019\u00e0 ce que les droits des Alg\u00e9riens soient entendus.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c11\"><strong>F. B.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"103\">\n<p class=\"c10\"><strong>In\u00e8s-Sabrina Malek, 26 ans, est \u00e9tudiante en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master journalisme audiovisuel et animatrice du flash d\u2019information de la web radio RAJ &#8211; voix de jeunes. Elle a subi, samedi 13 avril \u00e0 Alger, une arrestation muscl\u00e9e alors qu\u2019elle participait \u00e0 un rassemblement qui avait justement pour but de d\u00e9noncer la r\u00e9pression polici\u00e8re et les arrestations arbitraires. Arr\u00eat\u00e9e \u00e0 17h, elle a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 se d\u00e9nuder cinq heures plus tard dans un bureau du commissariat de Baraki o\u00f9 trois autres jeunes femmes et six hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s en m\u00eame temps qu\u2019elle. Rel\u00e2ch\u00e9e au milieu de la nuit, la militante d\u00e9nonce depuis l\u2019affront et assure que la tentative d\u2019intimidation est loin d\u2019avoir march\u00e9. Elle appelle les Alg\u00e9riennes \u00e0 ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de la peur.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c10\">Elle n\u2019aurait jamais cru avoir \u00e0 vivre un tel moment d\u2019humiliation. Se retrouver d\u00e9nud\u00e9e dans un bureau face \u00e0 un regard inquisiteur, au milieu de la nuit dans un commissariat d\u2019Alger. \u201cJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 me d\u00e9shabiller. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9e lors de mon arrestation dans le seul but de renoncer au militantisme\u201d, d\u00e9nonce In\u00e8s-Sabrina Malek, quatre jours apr\u00e8s l\u2019arrestation muscl\u00e9e qu\u2019elle a subie \u00e0 Alger. \u201cC\u2019est peine perdue\u201d, assure-t-elle. In\u00e8s-Sabrina Malek, 26 ans, est \u00e9tudiante et animatrice du flash d\u2019information de la web radio RAJ &#8211; voix de jeunes.\u00a0<br \/>Elle n\u2019a manqu\u00e9 aucune marche \u00e0 Alger depuis le 22 f\u00e9vrier dernier. Originaire de Kabylie, Sabrina est inscrite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Tizi Ouzou o\u00f9 elle cl\u00f4ture sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master en journalisme audiovisuel : \u201cJe cl\u00f4ture mon m\u00e9moire de fin d\u2019\u00e9tudes, ce qui me donne du temps libre pour me consacrer \u00e0 mes activit\u00e9s militantes.\u201d Samedi 13 avril 2019, alors qu\u2019elle manifestait justement pour d\u00e9noncer la r\u00e9pression polici\u00e8re et les arrestations arbitraires, elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e \u00e0 17h, pr\u00e8s de la Grande Poste \u00e0 Alger-centre et a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e \u00e0 se d\u00e9nuder cinq heures plus tard dans un bureau du commissariat de Baraki o\u00f9 trois autres jeunes femmes et six hommes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s en m\u00eame temps qu\u2019elle, avant d\u2019\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9e au milieu de la nuit. Depuis, la militante d\u00e9nonce l\u2019affront et assure que la tentative d\u2019intimidation est loin d\u2019avoir march\u00e9.\u00a0<br \/>La g\u00eane de devoir raconter ce moment d\u00e9gradant est pesante mais, pour Sabrina, il y a plus important. La sensation d\u2019humiliation n\u2019aura dur\u00e9 que le temps de cette mise \u00e0 nu forc\u00e9e.\u00a0<br \/>Une fois encaiss\u00e9, l\u2019affront subi dans son corps s\u2019est vite \u00e9clips\u00e9 pour donner encore plus de force \u00e0 ses convictions. Elle estime que \u201craconter les faits\u201d tels qu\u2019ils se sont produits afin que l\u2019opinion publique r\u00e9alise tout ce qui se joue en ce moment est un devoir citoyen qui participe \u00e9galement \u00e0 cette lutte acharn\u00e9e pour un changement de\u00a0syst\u00e8me.<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Mise \u00e0 nu<\/strong><br \/>\u201cElle portrait un voile rose p\u00e2le.\u201d Sabrina reconstitue le fil de cette journ\u00e9e trouble avec des phrases courtes, percutantes, comme si elle \u00e9tait press\u00e9e de se d\u00e9lester d\u2019un poids, en les \u00e9non\u00e7ant. \u201cApr\u00e8s 5 heures pass\u00e9es dans la salle d\u2019attente du commissariat, \u00e0 22h une polici\u00e8re en civil est arriv\u00e9e. Taille moyenne, la quarantaine. J\u2019\u00e9tais la troisi\u00e8me \u00e0 passer. Elle m\u2019a demand\u00e9 de me d\u00e9shabiller et de l\u00e2cher mes cheveux.\u201d Sabrina refuse dans un premier temps d\u2019obtemp\u00e9rer et r\u00e9clame qu\u2019on lui \u00e9nonce les faits qui lui sont reproch\u00e9s. Mais la polici\u00e8re qui se penche sur elle lui semble avoir la d\u00e9termination ferme de la d\u00e9nuder elle-m\u00eame et de force. Sabrina l\u2019arr\u00eate et c\u00e8de : \u201cNe me touchez pas, je le ferai moi-m\u00eame.\u201d En se d\u00e9shabillant sous le regard r\u00e9probateur de la polici\u00e8re, la jeune fille la harc\u00e8le n\u00e9anmoins de questions : \u201cPourquoi voulez-vous que je retire tous mes v\u00eatements, qu\u2019esp\u00e9rez-vous trouver ? Avez-vous le droit de faire ce que vous faites ?\u201d Sabrina re\u00e7oit pour seule r\u00e9ponse la sommation de d\u00e9couvrir son buste : \u201cJe n\u2019ai rien \u00e0 vous dire, taisez-vous, d\u00e9shabillez-vous enti\u00e8rement et laissez-moi faire mon travail\u201d, aurait s\u00e9v\u00e8rement r\u00e9torqu\u00e9 la polici\u00e8re. \u201cJe veux comprendre en quoi consiste justement votre travail\u201d, insiste encore Sabrina. En vain. La polici\u00e8re fouille minutieusement son linge comme si elle \u00e9tait cens\u00e9e y trouver le pire. Elle farfouille ostentatoirement l\u2019\u00e9charpe de la jeune fille avant de l\u2019abandonner et de se rapprocher de nouveau de son corps d\u00e9nud\u00e9 pour y poursuivre sa scrupuleuse enqu\u00eate.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">Dans son r\u00e9cit, Sabrina livre de nombreux d\u00e9tails p\u00e9nibles \u00e0 raconter. Ils seront s\u00fbrement rapport\u00e9s et rendus publics lors du proc\u00e8s qu\u2019elle est bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 intenter \u00e0 la police.\u00a0<br \/>Accompagn\u00e9e d\u2019un collectif d\u2019avocats constitu\u00e9 pour la d\u00e9fendre \u2013 elle ainsi que les militantes qui l\u2019accompagnaient \u2013 elle devrait d\u00e9poser sa plainte aujourd\u2019hui m\u00eame.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>La politique de la peur\u00a0<\/strong><br \/>\u201cC\u2019est dur. Je me sens diff\u00e9rente, atteinte dans ma dignit\u00e9, certes, mais plus que jamais d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 me battre pour mes droits.\u201d Elle n\u2019a aucun doute sur les objectifs cach\u00e9s de cette proc\u00e9dure de fouille corporelle qu\u2019elle a subie. Elle y voit une man\u0153uvre politique qui vise \u00e0 casser l\u2019engagement des femmes dans la r\u00e9volution pacifique qui envahit les rues du pays depuis pr\u00e8s de deux mois. \u201cLes hommes, eux, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s \u00e0 se d\u00e9shabiller, contrairement \u00e0 nous\u201d, condamne-t-elle. Sabrina ne cherche pas ses mots. Elle s\u2019exprime spontan\u00e9ment et d\u00e9fend ses id\u00e9es fermement : \u201cEn nous traitant de la sorte, ils ont voulu passer un message \u00e0 toutes les familles et toutes les femmes qui sortent manifester dans la rue. Ils veulent leur faire peur en essayant de d\u00e9grader notre image.\u201d Elle appelle toutes les femmes \u00e0 maintenir leur pr\u00e9sence pacifique dans les marches et \u00e0 ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de l\u2019intimidation. \u201cIls ont voulu nous humilier et toucher \u00e0 notre honneur pour que plus aucune femme n\u2019ose sortir manifester sans ressentir cette peur d\u2019\u00eatre d\u00e9nud\u00e9e dans un commissariat en pleine nuit.\u201d La peur, Sabrina veut lui faire face et la combattre, co\u00fbte que co\u00fbte.\u00a0<br \/>La jeune femme souligne d\u2019ailleurs la chance qu\u2019elle a d\u2019avoir une famille qui l\u2019\u00e9paule, la soutient et refuse de c\u00e9der \u00e0 cette \u201cmanipulation grotesque\u201d qui vise \u00e0 faire planer le d\u00e9shonneur sur les femmes militantes. \u201cMes parents sont fiers du combat que je m\u00e8ne malgr\u00e9 l\u2019inqui\u00e9tude qu\u2019ils vivent de me voir monter ainsi au front depuis deux mois\u201d, confie-t-elle.\u00a0<br \/>Lors de la premi\u00e8re marche historique du vendredi 22 f\u00e9vrier, Sabrina \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 de ceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 atteindre le Palais de la Pr\u00e9sidence qui n\u2019a plus jamais \u00e9t\u00e9 atteint par les manifestants depuis. La jeune femme ne manque pas de courage ni de d\u00e9termination. Elle assure qu\u2019elle sera de toutes les manifestations jusqu\u2019\u00e0 ce que les droits des Alg\u00e9riens soient entendus.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c11\"><strong>F. B.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/a-visage-decouvert\/ines-sabrina-malek-la-matraque-mise-a-nu-314119\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In\u00e8s-Sabrina Malek, 26 ans, est \u00e9tudiante en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de master journalisme audiovisuel et animatrice du flash d\u2019information de la web radio RAJ &#8211; voix de jeunes. 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