{"id":29735,"date":"2019-04-23T10:55:06","date_gmt":"2019-04-23T14:55:06","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/cafe-la-descente-aux-enfers-de-la-production-locale\/"},"modified":"2019-04-23T10:55:06","modified_gmt":"2019-04-23T14:55:06","slug":"cafe-la-descente-aux-enfers-de-la-production-locale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/cafe-la-descente-aux-enfers-de-la-production-locale\/","title":{"rendered":"Caf\u00e9: la descente aux enfers de la production locale"},"content":{"rendered":"<p>Le caf\u00e9 va mal au Cameroun et m\u00eame tr\u00e8s mal. Sa production est en chute libre. D\u2019aucuns pr\u00e9disent m\u00eame une disparition de ce produit d\u2019exportation, si la tendance baissi\u00e8re actuelle de la production ne s\u2019interrompt pas. De <strong>130 000 tonnes d<\/strong>ans les ann\u00e9es 90, elle est pass\u00e9e \u00e0 <strong>25 000 tonnes<\/strong>, voire <strong>22 000 tonnes<\/strong> actuellement. Une d\u00e9gringolade qui a \u00e9galement fait passer le Cameroun de 2\u00e8me producteur mondial de caf\u00e9 \u00e0 la 25\u00e8me place aujourd\u2019hui. Une situation que <strong>Luc Magloire Mbarga Atangana<\/strong>, le ministre du Commerce explique globalement par le manque de perspectives. En effet, suite \u00e0 la chute du prix de ce produit d\u2019exportation sur le march\u00e9 international, les producteurs ont abandonn\u00e9 les plantations. On a m\u00eame vu dans certains bassins de production, certains caf\u00e9iculteurs couper tout simplement les plants de caf\u00e9iers pour les remplacer par d\u2019autres cultures. Cette mauvaise conjoncture de la fili\u00e8re caf\u00e9 a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par le vieillissement de la force de production, tout comme celle du verger caf\u00e9ier. Les plantations de caf\u00e9ier \u00e9tant pour la plus part tenues par de personnes \u00e2g\u00e9es, ne disposant plus d\u2019assez de force pour renouveler le verger.<\/p>\n<hr\/>\n<h4><strong>>> Lire aussi \u2013 <a title=\"Cacao-caf\u00e9: une niche de m\u00e9tiers sous-explor\u00e9e au Cameroun\" href=\"https:\/\/ecomatin.net\/cacao-cafe-une-niche-de-metiers-sous-exploree-au-cameroun\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cacao-caf\u00e9: une niche de m\u00e9tiers sous-explor\u00e9e au Cameroun<\/a><br \/><\/strong><\/h4>\n<hr\/>\n<blockquote readability=\"12\">\n<p>Et pourtant, les atouts ne manquent pas pour une relance durable de la caf\u00e9iculture au Cameroun : des terres fertiles et propices \u00e0 la culture des deux vari\u00e9t\u00e9s Arabica et Robusta, un climat id\u00e9al, une population jeune et motiv\u00e9e ; et par-dessus tout, une qualit\u00e9 intrins\u00e8que tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e par le march\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pourtant, une r\u00e9alit\u00e9 est palpable dans la fili\u00e8re caf\u00e9 au Cameroun, c\u2019est le foisonnement de nouvelles marques de caf\u00e9 moulu, toutes plus innovantes les unes que les autres, \u2026 jusqu\u2019aux capsules ! Cette diversit\u00e9 de produits observable dans les rayons des magasins est le reflet d\u2019une consommation de caf\u00e9 qui augmente d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. Toutefois, ce dynamisme du segment transformation dans la Fili\u00e8re caf\u00e9 masque mal une autre r\u00e9alit\u00e9 : le d\u00e9clin constant de la production. Une baisse chronique, et une d\u00e9saffection des planteurs, malgr\u00e9 les pr\u00e9conisations de tous les plans de relance. Et pourtant, les atouts ne manquent pas pour une relance durable de la caf\u00e9iculture au Cameroun : des terres fertiles et propices \u00e0 la culture des deux vari\u00e9t\u00e9s Arabica et Robusta, un climat id\u00e9al, une population jeune et motiv\u00e9e ; et par-dessus tout, une qualit\u00e9 intrins\u00e8que tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e par le march\u00e9. Sans oublier la disponibilit\u00e9 des plants am\u00e9lior\u00e9s, l\u2019acc\u00e8s aux engrais et autres produits phytopharmaceutiques, de m\u00eame que le rajeunissement de la force de production, avec notamment les retomb\u00e9es du <strong>programme New Generation<\/strong> impl\u00e9ment\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es par le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Caf\u00e9 (CICC).<\/p>\n<p>Tout comme ne cesse de le rappeler le Mincommerce, les perspectives sont bonnes, en r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9tudes de l\u2019universitaire <strong>Jeffrey Sacks<\/strong>, qui stipulent qu\u2019au regard des changements climatiques, le Cameroun sera \u00e0 l\u2019horizon 2025, l\u2019un des principaux p\u00f4les de production du caf\u00e9 au monde. Aussi, l\u2019av\u00e8nement de la zone de libre-\u00e9change continental en Afrique est une s\u00e9rieuse opportunit\u00e9 \u00e0 saisir pour la fili\u00e8re caf\u00e9, avec environ un march\u00e9 d\u2019environ 1,3 milliard de consommateurs \u00e0 satisfaire. Face donc \u00e0 ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme une descente aux enfers de la production du caf\u00e9 camerounais, il est de plus en plus urgent d\u2019\u00ab <em>Agir maintenant pour le caf\u00e9<\/em> \u00bb. Cette d\u00e9clinaison logique du th\u00e8me de la 7\u00e8me \u00e9dition de <strong>Festicoffee 2019<\/strong>, a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e au crible, lors de la Tribune qui a r\u00e9uni, du 16 au 17 avril dernier dans la salle des f\u00eates de l\u2019h\u00f4tel de ville de Yaound\u00e9, des experts de haut vol et un demi-millier de planteurs de caf\u00e9 venus de tous les bassins de production du Cameroun. Cette Tribune s\u2019articulait autour de deux ateliers, le premier sur la disponibilit\u00e9 des plants et acc\u00e8s aux intrants et le second sur l\u2019insertion des jeunes dans la caf\u00e9iculture.<\/p>\n<p><strong><span class=\"c2\">Vers une relance cibl\u00e9e<br \/><\/span><\/strong><\/p>\n<p>Ce sera peut-\u00eatre l\u2019amorce d\u2019une sortie de crise pour ce qui est de la production du caf\u00e9 au Cameroun. Si du c\u00f4t\u00e9 des pouvoirs publics, rien de pr\u00e9cis n\u2019est envisag\u00e9, avec de nombreux plans de relance qui dorment dans les tiroirs, cette atonie semble ne pas \u00eatre du go\u00fbt de l\u2019interprofession. Le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Caf\u00e9 (<strong>CICC<\/strong>), a compris qu\u2019il est de plus en plus urgent d\u2019agir et \u00ab\u00a0<em>d\u2019Agir maintenant pour le caf\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, th\u00e8me retenu pour la 7<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition du festival international du caf\u00e9 (<strong>Festicoffee<\/strong>) qui vient de s\u2019achever \u00e0 Yaound\u00e9. Lors de la Tribune caf\u00e9 organis\u00e9e durant ces assises et qui a r\u00e9uni des experts de haut vol et un demi-millier de planteurs de caf\u00e9 venus de tous les bassins de production du Cameroun, tout comme la participation du <strong>CICC<\/strong> du Togo, qui a partag\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience de son pays en la mati\u00e8re.<\/p>\n<blockquote readability=\"10\">\n<p>De mani\u00e8re pr\u00e9cise, il est question entre autres, de r\u00e9habiliter ou de cr\u00e9er <strong>100 hectares<\/strong> de caf\u00e9 par an et par site\u00a0; renforcer les coop\u00e9ratives de producteurs, accompagner les jeunes avec les appuis divers dans le cadre du programme <strong>New Generation<\/strong> mis en \u0153uvre par le CICC<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au sortir de cette Tribune qui\u00a0 s\u2019articulait autour de deux ateliers, le premier sur la disponibilit\u00e9 des plants et acc\u00e8s aux intrants et le second sur l\u2019insertion des jeunes dans la caf\u00e9iculture, il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 un plan de relance cibl\u00e9e pour le caf\u00e9. Un plan bien pr\u00e9cis port\u00e9 cette fois-ci par le CICC et qui, on l\u2019esp\u00e8re bien ne subira pas le sort de ceux souvent annonc\u00e9s par les pouvoirs publics. D\u2019ailleurs au CICC, on annonce le d\u00e9but de la mise en \u0153uvre de ce plan de relance cibl\u00e9e de la caf\u00e9iculture d\u00e8s le mois de mai prochain par la zone de <strong>Bankim<\/strong> dans le <strong>Mayo-Banyo<\/strong>, un des bassins de production du caf\u00e9 au Cameroun. Ce plan de relance cibl\u00e9e, explique-t-on, vise globalement, l\u2019insertion des jeunes dans la caf\u00e9iculture et la r\u00e9habilitation des champs. De mani\u00e8re pr\u00e9cise, il est question entre autres, de r\u00e9habiliter ou de cr\u00e9er <strong>100 hectares<\/strong> de caf\u00e9 par an et par site\u00a0; renforcer les coop\u00e9ratives de producteurs, accompagner les jeunes avec les appuis divers dans le cadre du programme <strong>New Generation<\/strong> mis en \u0153uvre par le CICC. Mais \u00e9galement, mettre en place des parcs \u00e0 bois\u00a0; former les producteurs \u00e0 la conduite des parcs \u00e0 bois\u00a0; former \u00e0 la conduite du planting et aux op\u00e9rations post-r\u00e9coltes. Le CICC s\u2019engage aussi \u00e0 implanter des stations de lavage dans certains bassins de production, en fonction de la capacit\u00e9 qui aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e dans chaque site, etc.<\/p>\n<hr\/>\n<h4><strong>>> Lire aussi \u2013 <a title=\"Sodecao: le projet \u00ab Biofabrique \u00bb aux oubliettes\" href=\"https:\/\/ecomatin.net\/sodecao-le-projet-biofabrique-aux-oubliettes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sodecao: le projet \u00ab Biofabrique \u00bb aux oubliettes<\/a><br \/><\/strong><\/h4>\n<hr\/>\n<p>Pour mettre en \u0153uvre cet ambitieux plan de relance cibl\u00e9e, le CICC mise sur un budget d\u2019un montant de <strong>2,6 milliards de FCFA<\/strong> pour l\u2019exercice 2019. Un budget semblable \u00e0 celui de 2018 qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 lors de la 27<sup>\u00e8me<\/sup> session ordinaire de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de cette interprofession, le 16 avril dernier \u00e0 Yaound\u00e9. Entre autres activit\u00e9s phares \u00e0 mener au cours de cet exercice 2019, l\u2019on cite l\u2019identification des producteurs, dans le cadre de leur professionnalisation, la cr\u00e9ation de 04 nouveaux centres d\u2019excellence, la structuration des coll\u00e8ges des transformateurs et des usiniers, la poursuite de la mise en \u0153uvre optimale des autres programmes structurants, etc.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>La promesse non tenue du gouvernement<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Au regard des donn\u00e9es actuelles de la production, Le Cameroun n\u2019atteindra certainement pas l\u2019objectif qu\u2019il s\u2019\u00e9tait fix\u00e9 en 2014. Notamment, porter \u00e0 600 000 tonnes le volume de la production cacaoy\u00e8re nationale et 160.000 tonnes pour le caf\u00e9 d\u2019ici 2020. Ce plan de relance s\u2019articulait autour de l\u2019accroissement du financement, de la recherche et du d\u00e9veloppement, de la production et de la distribution \u00e0 grande \u00e9chelle des plants produits \u00e0 partir de semences am\u00e9lior\u00e9es, le traitement int\u00e9gral du verger cacao-caf\u00e9 dans le pays et la cr\u00e9ation de nouvelles et grandes plantations. Le tout pour un financement \u00e9valu\u00e9 \u00e0 <strong>600 milliards de FCFA<\/strong>.<\/p>\n<blockquote readability=\"5\">\n<p>Cet ambitieux plan de relance est en effet victime du manque de financement<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pr\u00e9sident de la Cellule technique de coordination et de suivi des fili\u00e8res cacao et caf\u00e9 des services du Premier ministre, <strong>Evariste Evane<\/strong>, expliquait en 2014 que le financement pour l\u2019ensemble de ces actions d\u00e9coulerait \u00ab <em>prioritairement de la fili\u00e8re elle-m\u00eame, \u00e0 travers l\u2019optimisation du pr\u00e9l\u00e8vement \u00e0 l\u2019exportation du cacao et du caf\u00e9 qui devra supporter les charges aff\u00e9rentes \u00e0 la mise en \u0153uvre de ce plan<\/em> \u00bb. Trois ans apr\u00e8s le lancement de l\u2019initiative, le Cameroun peinait encore \u00e0 franchir les <strong>300 000 tonnes<\/strong> de cacao, pendant que la production du caf\u00e9 ne fait que d\u00e9cro\u00eetre, tournant d\u00e9sormais autour de <strong>22\u00a0000 \u00e0 25\u00a0000 tonnes<\/strong>.<\/p>\n<p>Cet ambitieux plan de relance est en effet victime du manque de financement. Alors qu\u2019il pr\u00e9voyait de mobiliser <strong>600 milliards de FCFA<\/strong> pour relancer la fili\u00e8re, des sources au sein de l\u2019<strong>ONCC<\/strong> r\u00e9v\u00e9laient que ce budget n\u2019\u00e9tait pas totalement disponible du fait de l\u2019insuffisance des fonds propres du Fonds de D\u00e9veloppement des fili\u00e8res cacao et caf\u00e9 (<strong>FODECC<\/strong>), contributeur \u00e0 <strong>65%<\/strong>, et de la non implication massive des organes de financement externes dans le projet.<\/p>\n<div class=\"about-author about-author-box container-wrapper\">\n<div class=\"author-avatar\">\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/\" alt=\"\"\/><\/p>\n<\/div>\n<p><h4>La R\u00e9daction EcoMatin<\/h4>\n<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget blog_subscription-2\">\n<h4 class=\"widget-title\">Abonnez-vous \u00e0 notre lettre d&rsquo;information<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: EcoMatin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/cafe-la-descente-aux-enfers-de-la-production-locale\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le caf\u00e9 va mal au Cameroun et m\u00eame tr\u00e8s mal. Sa production est en chute libre. D\u2019aucuns pr\u00e9disent m\u00eame une disparition de ce produit d\u2019exportation, si la tendance baissi\u00e8re actuelle de la production ne s\u2019interrompt pas. De 130 000 tonnes dans les ann\u00e9es 90, elle est pass\u00e9e \u00e0 25 000 tonnes, voire 22 000 tonnes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1969,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[82,78],"tags":[],"class_list":["post-29735","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cameroun","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29735","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1969"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29735"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29735\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29735"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29735"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29735"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}