{"id":31325,"date":"2019-04-30T06:09:55","date_gmt":"2019-04-30T10:09:55","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/langue-denseignement-lemploi-a-tranche\/"},"modified":"2019-04-30T06:09:55","modified_gmt":"2019-04-30T10:09:55","slug":"langue-denseignement-lemploi-a-tranche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/langue-denseignement-lemploi-a-tranche\/","title":{"rendered":"Langue d\u2019enseignement : L\u2019emploi a tranch\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">Cela fait aujourd\u2019hui, pr\u00e8s de 30 ans que le Maroc a adopt\u00e9 la langue arabe dans l\u2019enseignement des mati\u00e8res scientifiques depuis le primaire jusqu\u2019au baccalaur\u00e9at. Un \u00e9tat de fait qui a cr\u00e9\u00e9 une v\u00e9ritable fracture linguistique entre l\u2019enseignement secondaire et l\u2019enseignement sup\u00e9rieur o\u00f9 ces mati\u00e8res sont \u00e9tudi\u00e9es en fran\u00e7ais. R\u00e9sultat : seul 1 \u00e9tudiant sur dix parvient \u00e0 d\u00e9crocher sa licence en 3 ans, et 30% des bacheliers scientifiques pr\u00e9f\u00e8rent finalement s\u2019inscrire dans des fili\u00e8res de sciences humaines et sociales en arabe pour fuir la question des langues. Mais, la sph\u00e8re scientifique n\u2019est pas la seule \u00e0 p\u00e2tir du niveau en langues \u00e9trang\u00e8res des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<div class=\"c6\"\/>\n<p class=\"p1\">Le d\u00e9bat autour du choix de la langue d\u2019enseignement, en particulier des mati\u00e8res scientifiques et techniques, dure depuis ao\u00fbt dernier. Le texte devait \u00eatre adopt\u00e9 au d\u00e9but de ce mois d\u2019avril 2019 et finalement le vote a \u00e9t\u00e9 report\u00e9 sine die. Cette loi-cadre, qui va de report en report, a encore un long chemin \u00e0 parcourir dans le circuit l\u00e9gislatif. Car m\u00eame si elle franchit le cap de la Chambre des Repr\u00e9sentants, elle sera soumise \u00e0 une deuxi\u00e8me lecture \u00e0 la Chambre des Conseillers, pr\u00e9cis\u00e9ment au sein de la commission de l\u2019enseignement.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il faut dire que cette disposition d\u2019enseigner les mati\u00e8res scientifiques et techniques en fran\u00e7ais est m\u00eame \u00e0 l\u2019origine du blocage de l\u2019adoption en commission parlementaire de la loi-cadre sur l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p class=\"p2\">A l\u2019instar du Parlement, les Marocains sont aussi visiblement divis\u00e9s sur la question. En fait, voil\u00e0 aujourd\u2019hui pr\u00e8s de trente ans que le Maroc a adopt\u00e9 la langue arabe dans l\u2019enseignement des mati\u00e8res scientifiques depuis le primaire jusqu\u2019au baccalaur\u00e9at. Une situation qui n\u2019est pas sans cr\u00e9er une v\u00e9ritable fracture linguistique entre l\u2019enseignement secondaire et l\u2019enseignement sup\u00e9rieur o\u00f9 ces mati\u00e8res sont \u00e9tudi\u00e9es en fran\u00e7ais, parfois m\u00eame en anglais. Fini l\u2019arabe, sauf pour quelques fili\u00e8res et sp\u00e9cialit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p2\">De plus, m\u00eame lors de l\u2019apprentissage des langues, les coefficients qui leur sont accord\u00e9s restent tr\u00e8s faibles par rapport aux mati\u00e8res scientifiques. Une autre situation qui am\u00e8ne l\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 n\u00e9gliger les mati\u00e8res d\u2019apprentissage des langues. R\u00e9sultat des courses : seul 1 \u00e9tudiant sur dix parvient \u00e0 d\u00e9crocher sa licence en 3 ans, et ces derniers d\u00e9sertent de plus en plus les fili\u00e8res scientifiques, \u00e0 en croire le minist\u00e8re de l\u2019Education nationale.<\/p>\n<p class=\"p2\">En effet, 30% des bacheliers marocains scientifiques pr\u00e9f\u00e8rent finalement s\u2019inscrire dans des fili\u00e8res de sciences humaines et sociales en arabe telles que le droit. Si l\u2019on rajoute \u00e0 cela la fuite vers les pays \u00e9trangers des cerveaux scientifiques, une fois leur dipl\u00f4me en poche, c\u2019est \u00e0 se demander : o\u00f9 sont les scientifiques marocains de demain ? Le secteur de la recherche-innovation au Maroc, le seul \u00e0 m\u00eame de promouvoir la croissance \u00e9conomique du pays, survivra-t-il \u00e0 cette h\u00e9catombe ?<\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"c7\">Le march\u00e9 du travail a fait son choix<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s1\">M<\/span>ais ce n\u2019est pas tout ! La sph\u00e8re scientifique n\u2019est pas la seule \u00e0 p\u00e2tir du niveau en langues \u00e9trang\u00e8res des \u00e9l\u00e8ves marocains. <em>\u00ab Aujourd\u2019hui, la ma\u00eetrise parfaite des langues \u00e9trang\u00e8res est explicitement exig\u00e9e, lors des recrutements. Pour les postes de responsabilit\u00e9, on exige deux ou trois langues. Malheureusement, rares sont actuellement les chercheurs d\u2019emploi issus du syst\u00e8me public qui maitrisent les langues\u00bb,<\/em> Essa\u00efd Bellal, fondateur de Diorh.<\/p>\n<p class=\"p5\">Pour le patron de ce cabinet de conseil en Ressources Humaines, l\u2019arabe est une langue d\u2019identit\u00e9 et de religion. <em>\u00abLa langue qui permet d\u2019atteindre le savoir reste l\u2019anglais. Or, le Maroc n\u2019a pas actuellement les moyens de cette n\u00e9cessit\u00e9. Partant, le choix du fran\u00e7ais est de moindre mal car il est traduit et v\u00e9hicule la science comme on peut le constater avec les prix Nobel. Ce n\u2019est pas une question de luxe : les<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> gens ne comprennent pas, le d\u00e9bat autour de la question n\u2019a pas sa raison d\u2019\u00eatre. Cette pol\u00e9mique est plut\u00f4t id\u00e9ologique mais pour nous qui recrutons pour les entreprises, nous constatons qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances sur le march\u00e9 du travail entre ceux qui maitrisent les langues \u00e9trang\u00e8res et les autres provenant du syst\u00e8me public \u00bb<\/em>, mart\u00e8le-t-il.<\/p>\n<p class=\"p2\">En effet, au moment o\u00f9 les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s sont confront\u00e9s au ch\u00f4mage, et alors que le fran\u00e7ais demeure une langue pr\u00e9pond\u00e9rante dans le milieu des affaires, cette situation p\u00e9nalise lourdement les dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Le manque de comp\u00e9tence linguistique des jeunes ne favorise pas leur insertion dans le milieu professionnel. Convaincu que l\u2019obtention de dipl\u00f4mes n\u2019est pas plus importante que la ma\u00eetrise du savoir et des comp\u00e9tences, le fondateur du cabinet Diorh estime que <em>\u00abl\u2019ouverture du syst\u00e8me \u00e9ducatif national sur les langues \u00e9trang\u00e8res, notamment dans les fili\u00e8res scientifiques, est indispensable pour am\u00e9liorer la capacit\u00e9 des jeunes marocains \u00e0 acc\u00e9der au march\u00e9 du travail et renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 du Maroc dans un monde en mutation rapide \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p class=\"p2\">Il faut dire que les mutations que connait le travail dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, mais aussi dans des pays \u00e9mergents comme le Maroc se font ressentir sur les usages linguistiques qui appellent de plus en plus l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9crit et des techniques de communication. C\u2019est ainsi que l\u2019analphab\u00e9tisme n\u2019est plus tol\u00e9r\u00e9 dans les usines et les entreprises o\u00f9 toute une documentation relative aux activit\u00e9s et actions professionnelles a recours \u00e0 l\u2019\u00e9crit. Par exemple, les usines de Renault \u00e0 Tanger et \u00e0 Casablanca, entre autres unit\u00e9s industrielles du Royaume, recrutent des personnes ayant une bonne ma\u00eetrise du fran\u00e7ais pour comprendre les instructions relay\u00e9es oralement quant au montage de telle ou telle pi\u00e8ce et surtout pour lire les explications fournies par les documents de plus en plus num\u00e9ris\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"p2\">Le Maroc qui a fait des nouveaux m\u00e9tiers mondiaux (automobile, a\u00e9ronautique, \u00e9lectronique, offshoring, \u00e9nergie renouvelable\u2026) le fer de lance de sa strat\u00e9gie industrielle, n\u2019a plus le choix. <em>\u00abNous op\u00e9rons dans un secteur tr\u00e8s exigeant en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 o\u00f9 toutes les proc\u00e9dures sont en anglais et en fran\u00e7ais. Tout technicien du secteur a\u00e9ronautique doit maitriser au moins l\u2019une de ces deux langues. Il est amen\u00e9 \u00e9galement \u00e0 r\u00e9diger un rapport en cas de probl\u00e8me ou de panne. C\u2019est pourquoi, le premier crit\u00e8re pour les jeunes marocains d\u00e9sirant int\u00e9grer l\u2019Institut des M\u00e9tiers de l\u2019A\u00e9ronautique (IMA) de Casablanca, est la maitrise du fran\u00e7ais et\/ou l\u2019anglais \u00bb, souligne Hamid Benbrahim El Andaloussi Pr\u00e9sident de l\u2019IMA, qui estime que \u00ab le d\u00e9bat actuel autour de la question de la langue d\u2019enseignement appartient au pass\u00e9 et que l\u2019heure devrait \u00eatre plut\u00f4t comment mettre les jeunes marocains \u00e0 l\u2019apprentissage du mandarin et du codage \u00bb<\/em>. Pour rappel, depuis sa cr\u00e9ation en 2011, l\u2019IMA a form\u00e9 6.000 jeunes (50%\/50% entre la formation qualifiante et la formation continue).<\/p>\n<p class=\"p2\">Autre exemple, les centres d\u2019appel implant\u00e9s dans les quatre coins du pays qui exigent des recrues une excellente \u00e9locution. <em>\u00abNotre secteur cr\u00e9e 5000 emplois par an. Et, on pourrait bien en cr\u00e9er 10.000 voire 15.000 par an, si on trouvait les comp\u00e9tences. Aujourd\u2019hui au Maroc, il n\u2019y a pas de ressources suffisamment qualifi\u00e9es. C\u2019est pour cela que nous recrutons aujourd\u2019hui en Afrique subsaharienne pour faire face \u00e0 une demande de plus en plus exigeante du client, notamment sur la ma\u00eetrise du fran\u00e7ais \u00bb<\/em>, explique Youssef Chraibi, PDG Outsourcia.<\/p>\n<p class=\"p2\">Professeur de Sociolinguistique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ibn Tofail, Leila Messaoudi qui s\u2019est pench\u00e9e sur la question \u00e0 travers plusieurs publications et enqu\u00eates, estime que s\u2019il ne faut pas perdre de vue les aspects intimement li\u00e9s \u00e0 l\u2019affect et \u00e0 l\u2019identit\u00e9, il faut bien convenir de l\u2019importance de la langue dans les transactions commerciales. <em>\u00ab Les langues n\u2019ont pas la m\u00eame valeur sur le plan \u00e9conomique. En contexte plurilingue comme celui du Maroc, telle langue peut rapporter gains et profits tandis que telle autre serait rel\u00e9gu\u00e9e au second plan. L\u2019une permettrait une insertion professionnelle r\u00e9ussie, tandis que l\u2019autre condamnerait au ch\u00f4mage : c\u2019est le constat que l\u2019on fait r\u00e9guli\u00e8rement en observant les profils des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs au Maroc. Le plus souvent ceux qui maitrisent les langues et particuli\u00e8rement le fran\u00e7ais sont ins\u00e9r\u00e9s et ne ch\u00f4ment pas longtemps<\/em> \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p><span class=\"c7\">Langue et milieu professionnel<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Au Maroc, le r\u00f4le que joue la langue dans le secteur \u00e9conomique et le milieu professionnel commence \u00e0 int\u00e9resser les chercheurs et l\u2019articulation possible entre la langue de travail et le fonctionnement (et m\u00eame la productivit\u00e9) de l\u2019entreprise est abord\u00e9e sous diff\u00e9rents angles. C\u2019est ainsi que des travaux de terrain r\u00e9alis\u00e9s par des doctorants et jeunes chercheurs au sein du laboratoire Langage et soci\u00e9t\u00e9-URAC 56 de l\u2019universit\u00e9 Ibn Tofail de K\u00e9nitra, portent sur les enjeux linguistiques et le jeu des langues dans les technolectes savants et ordinaires et leur relation \u00e0 l\u2019\u00e9conomie et \u00e0 l\u2019insertion professionnelle. <em>\u00abOn prend conscience en fait de l\u2019importance des langues sous l\u2019effet de la multiplication des moyens de communication via internet, de la prolif\u00e9ration des \u00e9changes au sein de r\u00e9seaux sociaux, du d\u00e9veloppement du march\u00e9 mondial, du libre \u00e9change, de la globalisation, de la d\u00e9localisation de multinationales\u2026 \u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Leila Messaoudi, qui a men\u00e9 avec ses \u00e9quipes des enqu\u00eates sur le terrain aupr\u00e8s des patrons d\u2019entreprises sur l\u2019axe Casablanca-Rabat-K\u00e9nitra (voir interview).<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">Il ressort de ces enqu\u00eates, par exemple, que la langue de l\u2019entretien d\u2019embauche dans les entreprises et dans les secteurs de la sant\u00e9 des assurances et des banques est la langue fran\u00e7aise, tandis que dans celui de l\u2019automobile cette m\u00eame langue est employ\u00e9e \u00e0 80 % (les 20 % restants \u00e9tant issus de m\u00e9langes entre le fran\u00e7ais et l\u2019arabe dialectal ou le fran\u00e7ais et l\u2019anglais mais plus rarement). On y apprend que la langue de travail \u00e0 l\u2019\u00e9crit est le fran\u00e7ais dans toutes les entreprises visit\u00e9es et tous les secteurs retenus.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s2\">A noter toutefois, que dans d\u2019autres secteurs non retenus dans ces enqu\u00eates comme la poste Barid Al-Maghrib ou les t\u00e9l\u00e9communications comme Maroc Telecom, c\u2019est le bilinguisme arabe standard-fran\u00e7ais qui pr\u00e9vaut dans les documents mis \u00e0 la disposition du public. Dans certaines banques, les documents pour les aspects juridiques pointus (dans certains contrats et dans le service du contentieux, c\u2019est l\u2019arabe standard qui est utilis\u00e9). <em>\u00ab La ma\u00eetrise de la langue fran\u00e7aise peut \u00eatre un facteur d\u00e9terminant dans la progression au cours des carri\u00e8res ; elle est m\u00eame dans certaines entreprises \u00ab prim\u00e9e \u00bb\u00bb<\/em>, fait constater Leila Messaoudi.<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Mais, force est de constater que dans ce march\u00e9 o\u00f9 les langues sont porteuses de valeurs \u00e9conomiques, celle qui \u00e9merge en exer\u00e7ant un monopole quasi exclusif rev\u00eatant ainsi un caract\u00e8re h\u00e9g\u00e9monique est bien la langue fran\u00e7aise. <em>\u00ab Rien d\u2019\u00e9tonnant pour cela puisque, entre autres facteurs, figure celui que la plupart des investissements \u00e9trangers sont d\u2019origine fran\u00e7aise et dominent ainsi le march\u00e9 \u00e9conomique marocain. C\u2019est ce qui explique l\u2019engouement observ\u00e9 pour l\u2019apprentissage de la langue fran\u00e7aise motiv\u00e9 non seulement par le rayonnement culturel de cette langue, mais aussi et surtout par sa position dans le secteur \u00e9conomique marocain et son r\u00f4le dans le monde du travail \u00bb<\/em>, analyse Messaoudi.<\/p>\n<p class=\"p2\">C\u2019es<span class=\"s3\">t \u00e0 se demander si ce statut socio\u00e9<\/span>conomique attribu\u00e9 de fait \u00e0 la langue fran\u00e7aise persistera-t-il face \u00e0 l\u2019anglais ou encore le mandarin ?<\/p>\n<div class=\"c14\">\n<fieldset class=\"c13\">\n<legend><strong><span class=\"c8\">Challenge<\/span><span class=\"c9\">news<\/span><\/strong><\/legend>\n<div class=\"c12\">Le meilleur de la r\u00e9daction s\u00e9lectionn\u00e9 par Challenge :<\/p>\n<\/div>\n<\/fieldset>\n<\/div>\n<p>Auteur: Adama Sylla<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/langue-denseignement-lemploi-a-tranche-108299\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cela fait aujourd\u2019hui, pr\u00e8s de 30 ans que le Maroc a adopt\u00e9 la langue arabe dans l\u2019enseignement des mati\u00e8res scientifiques depuis le primaire jusqu\u2019au baccalaur\u00e9at. 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