{"id":33263,"date":"2019-05-09T06:00:00","date_gmt":"2019-05-09T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-geoles-de-la-rue-mogador-revisitees\/"},"modified":"2019-05-09T06:00:00","modified_gmt":"2019-05-09T10:00:00","slug":"les-geoles-de-la-rue-mogador-revisitees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-geoles-de-la-rue-mogador-revisitees\/","title":{"rendered":"Les ge\u00f4les de la rue Mogador revisit\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"133\">\n<p class=\"c10\">Fatigu\u00e9, visiblement affect\u00e9 par ces souvenirs douloureux, on d\u00e9c\u00e8le, \u00e0 travers ses lunettes de vue, une tristesse profonde quand ammi Ahmed \u00e9voque cette tranche de sa vie : \u201cApr\u00e8s notre marche qui avait un caract\u00e8re pacifique et au cours de laquelle nous affirmions nos aspirations pour recouvrer notre identit\u00e9 nationale, nous f\u00fbmes dispers\u00e9s brutalement et beaucoup de compagnons furent massacr\u00e9s par les balles assassines du colonialisme.\u201d Notre interlocuteur enl\u00e8ve ses lunettes, les essuie machinalement et les repose sur la table. Il garde un silence que nous n&rsquo;osons pas briser par respect car nous avons ouvert une plaie \u00e0 peine cicatris\u00e9e. Enfin, il reprend apr\u00e8s un profond soupir : \u201cDeux jours plus tard, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 chez moi par deux agents de police. J&rsquo;habitais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque la rue du Fondouk, actuellement rue Bouzit-Malika, dans le quartier de Bab Souk. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 pieds nus au commissariat de police de l&rsquo;\u00e9poque, sis rue Mogador, actuellement rue Mohamed-Debabi.<\/p>\n<p class=\"c10\">Nous\u00a0 \u00e9tions une quarantaine de d\u00e9tenus par cellule et nous souffrions de l&rsquo;exigu\u00eft\u00e9, de la chaleur suffocante, de la soif et de la faim. Je me rappelle d&rsquo;un f\u00fbt de deux cents litres qui nous servait \u00e0 faire nos besoins. Je n&rsquo;oublierai jamais un certain policier qui \u00e9prouvait un plaisir sadique \u00e0 nous frapper sauvagement \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une canne pr\u00e9alablement tremp\u00e9e dans un bassin d&rsquo;eau. Nous souffrions le martyre, mais nous avions la foi, convaincus de la justesse de notre cause ! Nous partagions la nourriture que quelques compagnons recevaient de l&rsquo;ext\u00e9rieur, de la part de leurs proches.\u201d Ammi Ahmed qui nous a livr\u00e9 ce t\u00e9moignage posthume (il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2010), nous avait \u00e9voqu\u00e9 le four cr\u00e9matoire d&rsquo;H\u00e9liopolis, de Kef-El-Boumba et la carri\u00e8re de Hadj Embarek, qui ont \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;atrocit\u00e9s, de crimes barbares, de g\u00e9nocide sur un peuple d\u00e9sarm\u00e9 et pacifique.<br \/>Hadj Brahim nous a livr\u00e9 un t\u00e9moignage poignant : \u201cLa veille du 8 mai 1945, f\u00eate de l&rsquo;Armistice qui avait mis fin \u00e0 la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et \u00e0 la victoire des alli\u00e9s sur le IIe Reich, nos responsables nous invit\u00e8rent \u00e0 d\u00e9filer et \u00e0 prouver au monde entier que nous voulions notre ind\u00e9pendance. Le rassemblement eut lieu sur les hauteurs de la ville de Guelma \u00e0 El-Karmet, aux environs de 16 heures. Miltants, sympathisants, gens de la ville et de la campagne participaient \u00e0 cette marche pacifique. Nous portions des banderoles \u2018Vive l&rsquo;Alg\u00e9rie musulmane\u2019, \u2018L&rsquo;Alg\u00e9rie libre et ind\u00e9pendante\u2019, \u2018Lib\u00e9rez les d\u00e9tenus politiques\u2019. Nous descendions la rue d&rsquo;Announa et nous f\u00fbmes stopp\u00e9s au niveau de la banque de l&rsquo;\u00e9poque par les forces coloniales. Le sous-pr\u00e9fet Achiary, le maire Maubert, le procureur de la R\u00e9publique, le chef de compagnie de la gendarmerie, le commissaire Tocquart, flanqu\u00e9s de policiers et de gendarmes, nous donn\u00e8rent l&rsquo;ordre de nous disperser. Nous entamions des chants patriotiques et devant notre refus, l&rsquo;on tira sur la foule. Il y eut 2 morts, Boumaza et S\u00e9ridi, et de nombreux bless\u00e9s. Le cort\u00e8ge se disloqua et tout le monde fuyait pour \u00e9chapper \u00e0 la fusillade.<\/p>\n<p class=\"c10\">L&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge fut d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 et avec l&rsquo;arriv\u00e9e des renforts, dont des tirailleurs marocains et s\u00e9n\u00e9galais, la ville fut encercl\u00e9e deux jours plus tard et le couvre-feu fut instaur\u00e9 de jour comme de nuit. Les forces coloniales, assist\u00e9es par la milice arm\u00e9e compos\u00e9e de colons, op\u00e9raient des arrestations arbitraires. Des camions acheminaient des innocents au four cr\u00e9matoire d&rsquo;H\u00e9liopolis, \u00e0 Kef-El-Boumba et \u00e0 la carri\u00e8re de Hadj Embarek, qui furent ex\u00e9cut\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re atroce et barbare. La r\u00e9gion de Guelma fut mise \u00e0 feu et \u00e0 sang et aucun village, aucun douar, aucune mechta n&rsquo;a \u00e9chapp\u00e9 au carnage. Les maisons \u00e9taient vid\u00e9es, les occupants assassin\u00e9s, le butin de guerre emport\u00e9 (b\u00e9tail, vivres, bijoux).\u201d Hadj Brahim a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 quatre jours plus tard. Il raconte : \u201cNous \u00e9tions quatre \u00e0 \u00eatre dirig\u00e9s \u00e0 la prison civile de Guelma. Jervais, le directeur de la banque, demanda aux policiers d&#8217;embarquer dans son v\u00e9hicule deux d&rsquo;entre nous. Ces derniers ne revinrent jamais. Mon compagnon et moi-m\u00eame f\u00fbmes jet\u00e9s en prison o\u00f9 nous avons pass\u00e9 deux mois dans des conditions inhumaines. Jervais, le colon barbare, qui avait du sang dans les mains, a perdu la raison et s&rsquo;est tir\u00e9 une balle dans la tempe. Les colons Chemol, Sultana Joseph et Ditelot furent abattus par nos moudjahidine, en signe de repr\u00e9sailles, durant la Guerre de Lib\u00e9ration nationale.\u201d Hadj Brahim, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 voil\u00e0 une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, l\u00e8gue ce t\u00e9moignage posthume \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration montante. L&rsquo;appel du massacre retentit dans la matin\u00e9e du 10 mai de la bouche du sous-pr\u00e9fet.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">Les fonctionnaires, les ouvriers, les colons, les jeunes gens, les femmes, les Maltais et m\u00eame les Italiens re\u00e7oivent des armes pour \u201cchasser les ratons, des va-nu-pieds faits pour nous servir, qui osent parler de dignit\u00e9 humaine et qui poussent la pr\u00e9tention \u00e0 vouloir \u00eatre nos \u00e9gaux et vivre comme des hommes libres sur cette terre d&rsquo;Alg\u00e9rie qui doit nous appartenir pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !\u201d Les armes automatiques entr\u00e8rent en action jetant l&rsquo;effroi dans tous les quartiers musulmans. Combien d&rsquo;Alg\u00e9riens tomb\u00e8rent ce jour-l\u00e0 ? Des milliers, \u00e0 en croire des t\u00e9moignages ! Des avions de chasse se dirigeaient vers les campagnes, l\u00e2chant leurs bombes et mitraillant en rase-mottes, tuant les paysans non encore au courant du drame de Guelma.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">La ville fut \u00e9pargn\u00e9e par les bombardements a\u00e9riens pour la simple raison que tous les Europ\u00e9ens s&rsquo;y \u00e9taient rendus. Les coups de feu continu\u00e8rent tandis que les arrestations emplissaient, outre la prison civile, la gendarmerie, le commissariat de police, les locaux des Scouts musulmans et d&rsquo;autres r\u00e9quisitionn\u00e9s pour servir de ge\u00f4les \u00e0 \u201cl&rsquo;Arabe\u201d qui subissait les s\u00e9vices et les tortures dignes de la Gestapo ! Le soir, des d\u00e9tenus \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s pour enterrer, \u00e0 la faveur de la nuit, des dizaines de cadavres dans des fosses communes, alors que des centaines d&rsquo;autres \u00e9taient incin\u00e9r\u00e9s dans le tristement c\u00e9l\u00e8bre four cr\u00e9matoire.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c11\"><strong>H. B.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"133\">\n<p class=\"c10\">Fatigu\u00e9, visiblement affect\u00e9 par ces souvenirs douloureux, on d\u00e9c\u00e8le, \u00e0 travers ses lunettes de vue, une tristesse profonde quand ammi Ahmed \u00e9voque cette tranche de sa vie : \u201cApr\u00e8s notre marche qui avait un caract\u00e8re pacifique et au cours de laquelle nous affirmions nos aspirations pour recouvrer notre identit\u00e9 nationale, nous f\u00fbmes dispers\u00e9s brutalement et beaucoup de compagnons furent massacr\u00e9s par les balles assassines du colonialisme.\u201d Notre interlocuteur enl\u00e8ve ses lunettes, les essuie machinalement et les repose sur la table. Il garde un silence que nous n&rsquo;osons pas briser par respect car nous avons ouvert une plaie \u00e0 peine cicatris\u00e9e. Enfin, il reprend apr\u00e8s un profond soupir : \u201cDeux jours plus tard, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 chez moi par deux agents de police. J&rsquo;habitais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque la rue du Fondouk, actuellement rue Bouzit-Malika, dans le quartier de Bab Souk. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 pieds nus au commissariat de police de l&rsquo;\u00e9poque, sis rue Mogador, actuellement rue Mohamed-Debabi.<\/p>\n<p class=\"c10\">Nous\u00a0 \u00e9tions une quarantaine de d\u00e9tenus par cellule et nous souffrions de l&rsquo;exigu\u00eft\u00e9, de la chaleur suffocante, de la soif et de la faim. Je me rappelle d&rsquo;un f\u00fbt de deux cents litres qui nous servait \u00e0 faire nos besoins. Je n&rsquo;oublierai jamais un certain policier qui \u00e9prouvait un plaisir sadique \u00e0 nous frapper sauvagement \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une canne pr\u00e9alablement tremp\u00e9e dans un bassin d&rsquo;eau. Nous souffrions le martyre, mais nous avions la foi, convaincus de la justesse de notre cause ! Nous partagions la nourriture que quelques compagnons recevaient de l&rsquo;ext\u00e9rieur, de la part de leurs proches.\u201d Ammi Ahmed qui nous a livr\u00e9 ce t\u00e9moignage posthume (il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2010), nous avait \u00e9voqu\u00e9 le four cr\u00e9matoire d&rsquo;H\u00e9liopolis, de Kef-El-Boumba et la carri\u00e8re de Hadj Embarek, qui ont \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;atrocit\u00e9s, de crimes barbares, de g\u00e9nocide sur un peuple d\u00e9sarm\u00e9 et pacifique.<br \/>Hadj Brahim nous a livr\u00e9 un t\u00e9moignage poignant : \u201cLa veille du 8 mai 1945, f\u00eate de l&rsquo;Armistice qui avait mis fin \u00e0 la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale et \u00e0 la victoire des alli\u00e9s sur le IIe Reich, nos responsables nous invit\u00e8rent \u00e0 d\u00e9filer et \u00e0 prouver au monde entier que nous voulions notre ind\u00e9pendance. Le rassemblement eut lieu sur les hauteurs de la ville de Guelma \u00e0 El-Karmet, aux environs de 16 heures. Miltants, sympathisants, gens de la ville et de la campagne participaient \u00e0 cette marche pacifique. Nous portions des banderoles \u2018Vive l&rsquo;Alg\u00e9rie musulmane\u2019, \u2018L&rsquo;Alg\u00e9rie libre et ind\u00e9pendante\u2019, \u2018Lib\u00e9rez les d\u00e9tenus politiques\u2019. Nous descendions la rue d&rsquo;Announa et nous f\u00fbmes stopp\u00e9s au niveau de la banque de l&rsquo;\u00e9poque par les forces coloniales. Le sous-pr\u00e9fet Achiary, le maire Maubert, le procureur de la R\u00e9publique, le chef de compagnie de la gendarmerie, le commissaire Tocquart, flanqu\u00e9s de policiers et de gendarmes, nous donn\u00e8rent l&rsquo;ordre de nous disperser. Nous entamions des chants patriotiques et devant notre refus, l&rsquo;on tira sur la foule. Il y eut 2 morts, Boumaza et S\u00e9ridi, et de nombreux bless\u00e9s. Le cort\u00e8ge se disloqua et tout le monde fuyait pour \u00e9chapper \u00e0 la fusillade.<\/p>\n<p class=\"c10\">L&rsquo;\u00e9tat de si\u00e8ge fut d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 et avec l&rsquo;arriv\u00e9e des renforts, dont des tirailleurs marocains et s\u00e9n\u00e9galais, la ville fut encercl\u00e9e deux jours plus tard et le couvre-feu fut instaur\u00e9 de jour comme de nuit. Les forces coloniales, assist\u00e9es par la milice arm\u00e9e compos\u00e9e de colons, op\u00e9raient des arrestations arbitraires. Des camions acheminaient des innocents au four cr\u00e9matoire d&rsquo;H\u00e9liopolis, \u00e0 Kef-El-Boumba et \u00e0 la carri\u00e8re de Hadj Embarek, qui furent ex\u00e9cut\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re atroce et barbare. La r\u00e9gion de Guelma fut mise \u00e0 feu et \u00e0 sang et aucun village, aucun douar, aucune mechta n&rsquo;a \u00e9chapp\u00e9 au carnage. Les maisons \u00e9taient vid\u00e9es, les occupants assassin\u00e9s, le butin de guerre emport\u00e9 (b\u00e9tail, vivres, bijoux).\u201d Hadj Brahim a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 quatre jours plus tard. Il raconte : \u201cNous \u00e9tions quatre \u00e0 \u00eatre dirig\u00e9s \u00e0 la prison civile de Guelma. Jervais, le directeur de la banque, demanda aux policiers d&#8217;embarquer dans son v\u00e9hicule deux d&rsquo;entre nous. Ces derniers ne revinrent jamais. Mon compagnon et moi-m\u00eame f\u00fbmes jet\u00e9s en prison o\u00f9 nous avons pass\u00e9 deux mois dans des conditions inhumaines. Jervais, le colon barbare, qui avait du sang dans les mains, a perdu la raison et s&rsquo;est tir\u00e9 une balle dans la tempe. Les colons Chemol, Sultana Joseph et Ditelot furent abattus par nos moudjahidine, en signe de repr\u00e9sailles, durant la Guerre de Lib\u00e9ration nationale.\u201d Hadj Brahim, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 voil\u00e0 une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, l\u00e8gue ce t\u00e9moignage posthume \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration montante. L&rsquo;appel du massacre retentit dans la matin\u00e9e du 10 mai de la bouche du sous-pr\u00e9fet.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">Les fonctionnaires, les ouvriers, les colons, les jeunes gens, les femmes, les Maltais et m\u00eame les Italiens re\u00e7oivent des armes pour \u201cchasser les ratons, des va-nu-pieds faits pour nous servir, qui osent parler de dignit\u00e9 humaine et qui poussent la pr\u00e9tention \u00e0 vouloir \u00eatre nos \u00e9gaux et vivre comme des hommes libres sur cette terre d&rsquo;Alg\u00e9rie qui doit nous appartenir pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !\u201d Les armes automatiques entr\u00e8rent en action jetant l&rsquo;effroi dans tous les quartiers musulmans. Combien d&rsquo;Alg\u00e9riens tomb\u00e8rent ce jour-l\u00e0 ? Des milliers, \u00e0 en croire des t\u00e9moignages ! Des avions de chasse se dirigeaient vers les campagnes, l\u00e2chant leurs bombes et mitraillant en rase-mottes, tuant les paysans non encore au courant du drame de Guelma.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\">La ville fut \u00e9pargn\u00e9e par les bombardements a\u00e9riens pour la simple raison que tous les Europ\u00e9ens s&rsquo;y \u00e9taient rendus. Les coups de feu continu\u00e8rent tandis que les arrestations emplissaient, outre la prison civile, la gendarmerie, le commissariat de police, les locaux des Scouts musulmans et d&rsquo;autres r\u00e9quisitionn\u00e9s pour servir de ge\u00f4les \u00e0 \u201cl&rsquo;Arabe\u201d qui subissait les s\u00e9vices et les tortures dignes de la Gestapo ! Le soir, des d\u00e9tenus \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s pour enterrer, \u00e0 la faveur de la nuit, des dizaines de cadavres dans des fosses communes, alors que des centaines d&rsquo;autres \u00e9taient incin\u00e9r\u00e9s dans le tristement c\u00e9l\u00e8bre four cr\u00e9matoire.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c11\"><strong>H. B.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/actualite\/les-geoles-de-la-rue-mogador-revisitees-315451\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fatigu\u00e9, visiblement affect\u00e9 par ces souvenirs douloureux, on d\u00e9c\u00e8le, \u00e0 travers ses lunettes de vue, une tristesse profonde quand ammi Ahmed \u00e9voque cette tranche de sa vie : \u201cApr\u00e8s notre marche qui avait un caract\u00e8re pacifique et au cours de laquelle nous affirmions nos aspirations pour recouvrer notre identit\u00e9 nationale, nous f\u00fbmes dispers\u00e9s brutalement et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1742,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-33263","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33263","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1742"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33263"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33263\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33263"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33263"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33263"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}