{"id":36352,"date":"2019-05-24T06:15:00","date_gmt":"2019-05-24T10:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/elections-generales-sud-africaines-2019-quel-impact-sur-le-maroc\/"},"modified":"2019-05-24T06:15:00","modified_gmt":"2019-05-24T10:15:00","slug":"elections-generales-sud-africaines-2019-quel-impact-sur-le-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/elections-generales-sud-africaines-2019-quel-impact-sur-le-maroc\/","title":{"rendered":"Elections g\u00e9n\u00e9rales sud-africaines 2019: Quel impact sur le Maroc?"},"content":{"rendered":"<p class=\"rtejustify\">Les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales sud-africaines ont eu lieu le mercredi 8 mai 2019 afin d\u2019\u00e9lire les membres de l\u2019Assembl\u00e9e nationale et des assembl\u00e9es provinciales des neuf provinces du pays. C\u2019est l\u2019Assembl\u00e9e nationale qui proc\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au scrutin indirect par un mandat de cinq ans. Le mode de scrutin de l\u2019Assembl\u00e9e nationale compos\u00e9e de 400 si\u00e8ges est proportionnel et plurinominal.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Quarante-huit partis sont en lice pour ces \u00e9lections, mais trois se d\u00e9tachent nettement des autres. Il s\u2019agit en premier lieu de l\u2019ANC (African National Congress). Ce parti fut fond\u00e9 en 1912 pour d\u00e9fendre la majorit\u00e9 noire contre la minorit\u00e9 blanche. Il fut d\u00e9clar\u00e9 hors la loi en 1960 pendant la p\u00e9riode de l\u2019apartheid, et fut \u00e0 nouveau l\u00e9galis\u00e9 en 1990.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Les premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives multiraciales au suffrage universel en 1994 ont permis \u00e0 l\u2019ANC de conqu\u00e9rir le pouvoir, et \u00e0 Nelson Mandela d\u2019\u00eatre \u00e9lu premier pr\u00e9sident noir de l\u2019Afrique du Sud. Depuis cette date, la sc\u00e8ne politique sud-africaine fut domin\u00e9e par l\u2019ANC avec un pourcentage de votes en sa faveur entre 60 et 70%. Cependant, l\u2019ANC n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s sociales et \u00e0 calmer la frustration des Sud-Africains les plus pauvres, qui consid\u00e8rent que leur situation ne s\u2019est pas am\u00e9lior\u00e9e. Durant la pr\u00e9sidence de Jacob Zuma (2007-2017), la corruption est devenue end\u00e9mique, le ch\u00f4mage d\u00e9passe les 50% chez les jeunes noirs, et les violences se multiplient.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En d\u00e9cembre 2017, le vice-pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa remplace Zuma \u00e0 la t\u00eate du parti, et en f\u00e9vrier 2018 \u00e0 la t\u00eate du pays.\u00a0 Le second parti qui compte en Afrique du Sud est l\u2019Alliance d\u00e9mocratique fond\u00e9e en 2000 qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un parti centriste et lib\u00e9ral. Cependant, son programme est travers\u00e9 par plusieurs courants internes.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Pr\u00f4nant le progressisme, le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique et la d\u00e9fense des droits des minorit\u00e9s, il a \u00e9volu\u00e9 vers un certain conservatisme. Il d\u00e9fend aussi une \u00e9conomie sociale de march\u00e9 permettant plus d\u2019\u00e9galit\u00e9, le respect des libert\u00e9s individuelles et de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Principal opposant \u00e0 l\u2019ANC, son \u00e9lectorat est compos\u00e9 pour moiti\u00e9 de blancs, 20% de noirs, et un tiers de \u00abcoloured\u00bb (populations d\u2019ethnies m\u00e9lang\u00e9es, ni blancs, ni noirs, ni asiatiques).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Son actuel pr\u00e9sident Mmusi Maimane est le premier pr\u00e9sident noir de ce parti. Le troisi\u00e8me parti se nomme Combattants pour la libert\u00e9 \u00e9conomique, qui a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 2013 par Julius Malema, ancien membre de l\u2019ANC. C\u2019est un parti souvent d\u00e9crit comme misogyne et incitant \u00e0 la haine raciale. Il milite pour l\u2019expropriation des terres et la nationalisation des mines sans compensation.\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Il reproche aux autres partis, l\u2019ANC et l\u2019Alliance d\u00e9mocratique, d\u2019avoir vendu le peuple noir d\u2019Afrique du Sud au capitalisme. Il promet de lutter contre la corruption et de fournir un logement social de qualit\u00e9, des soins de sant\u00e9 et une \u00e9ducation pour tous gratuitement. Il propose enfin un programme panafricaniste consistant \u00e0 changer le nom et l\u2019hymne national du pays, ainsi que de rebaptiser une quarantaine de villes de province.\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Selon les r\u00e9sultats provisoires portant sur le d\u00e9pouillement de 95% des bureaux de vote, l\u2019ANC remporte 57,7% des suffrages, soit l\u2019\u00e9lection de 230 d\u00e9put\u00e9s et une baisse de cinq points par rapport aux l\u00e9gislatives 2014. L\u2019Alliance d\u00e9mocratique est arriv\u00e9e en seconde position avec 20,6% de voix et l\u2019\u00e9lection de 84 d\u00e9put\u00e9s, soit une perte de 5 si\u00e8ges par rapport \u00e0 2014.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Quant au parti des Combattants pour la libert\u00e9, il a obtenu 10,5% de suffrages, soit l\u2019\u00e9lection de 44 d\u00e9put\u00e9s avec un gain de 19 d\u00e9put\u00e9s par rapport \u00e0 2014. Au vu de ces r\u00e9sultats, Cyril Ramaphosa de l\u2019ANC sera \u00e9lu \u00e0 la pr\u00e9sidence le 25 mai. Cependant, sa marge de man\u0153uvre est faible tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du parti que pour faire face aux graves probl\u00e8mes \u00e9conomiques que conna\u00eet l\u2019Afrique du Sud.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Nelson Mandela \u00e0 Oujda entre 1960 et 1962<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Concernant les relations entre le Maroc et l\u2019Afrique du Sud, elles ont \u00e9volu\u00e9 en dents de scie. Dans les ann\u00e9es 1960, le Royaume faisait figure d\u2019exemple dans la lutte pour la lib\u00e9ration des pays africains du joug colonial. C\u2019est ainsi que Nelson Mandela a s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Oujda entre 1960 et 1962, et a re\u00e7u une aide financi\u00e8re et mat\u00e9rielle de notre pays. Le Maroc et l\u2019Afrique du Sud ont \u00e9tabli des relations diplomatiques en 1994, et plusieurs accords de coop\u00e9ration ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Pendant toute la pr\u00e9sidence de Nelson Mandela (1994-1999) les relations ont connu un essor remarquable. Cependant, en septembre 2004, l\u2019Afrique du Sud reconna\u00eet la RASD sous la pr\u00e9sidence de Thabo Mbeki, ce qui a occasionn\u00e9 un gel des relations entre les deux pays.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En novembre 2017, \u00e0 l\u2019occasion du Sommet de l\u2019Union Africaine d\u2019Abidjan, un entretien a eu lieu entre le Roi Mohammed VI et le pr\u00e9sident Jacob Zuma, qui ont affirm\u00e9 leur volont\u00e9 de travailler ensemble dans l\u2019avenir. En ao\u00fbt 2018, fut nomm\u00e9 un nouvel ambassadeur marocain en Afrique du Sud en la personne de Youssef Amrani, ancien ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Malgr\u00e9 cette nomination qui n\u2019a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e par l\u2019Afrique du Sud que dans un d\u00e9lai de huit mois, il ne semble pas que ce pays ait chang\u00e9 sa position concernant la question du Sahara.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En janvier 2019, aussi bien le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de l\u2019Afrique du Sud que le pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa ont renouvel\u00e9 leur soutien au Polisario. De m\u00eame qu\u2019en mars 2019, l\u2019Afrique du Sud a organis\u00e9 \u00e0 Pretoria une conf\u00e9rence en faveur du Polisario. Il faut esp\u00e9rer que l\u2019installation effective de notre ambassadeur permettra de faire \u00e9voluer la position de l\u2019Afrique du Sud concernant la question du Sahara, notamment par le biais \u00e9conomique.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Pauvret\u00e9, ch\u00f4mage, in\u00e9galit\u00e9s&#8230;<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/afrique_du_sud_022.jpg\" width=\"454\" height=\"487\" alt=\"afrique_du_sud_022.jpg\" title=\"afrique_du_sud_022.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Il y a vingt-cinq ans, l\u2019Afrique du Sud organisait ses premi\u00e8res \u00e9lections d\u00e9mocratiques, mettant un point final \u00e0 l\u2019apartheid. Un quart de si\u00e8cle plus tard, la population n\u2019est pourtant \u00abpas libre\u00bb \u00e0 cause de la pauvret\u00e9 qui gangr\u00e8ne le pays, a regrett\u00e9, samedi 27 avril, le pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00abNous ne pouvons pas \u00eatre une nation libre quand autant de gens vivent dans la pauvret\u00e9 (&#8230;), n\u2019ont pas assez \u00e0 manger, n\u2019ont pas de toit digne de ce nom, n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 des services de sant\u00e9 de qualit\u00e9, n\u2019ont pas les moyens de gagner leur vie\u00bb, a-t-il estim\u00e9. Depuis 1994, les in\u00e9galit\u00e9s ont augment\u00e9, au point d\u2019en faire une des soci\u00e9t\u00e9s les plus in\u00e9galitaires au monde, \u00e9crivait l\u2019an dernier la Banque mondiale.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Entre 2011 et 2015, 3 millions de Sud-Africains ont bascul\u00e9 dans la pauvret\u00e9, soulignait l\u2019institution. Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une classe moyenne, 20% des foyers noirs vivent dans une extr\u00eame pauvret\u00e9 contre 2,9% des foyers blancs, selon l\u2019Institut sud-africain des relations entre les races (IRR).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Au ban des nations pour cause d\u2019apartheid, l\u2019Afrique du Sud devait b\u00e9n\u00e9ficier de son retour dans l\u2019\u00e9conomie mondialis\u00e9e. Apr\u00e8s une p\u00e9riode faste entre 1994 et 2006 o\u00f9 elle a atteint jusqu\u2019\u00e0 5,6%, la croissance \u00e9conomique du pays a \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9e nette par la crise financi\u00e8re de 2008 et peine \u00e0 red\u00e9coller depuis: elle n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 0,8% l\u2019an dernier. Le ch\u00f4mage continue de gangr\u00e9ner la premi\u00e8re puissance industrielle du continent et frappe actuellement 27% de sa population active, contre 20% en 1994.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/logo_imri.jpg\" width=\"100\" height=\"75\" alt=\"logo_imri.jpg\" title=\"logo_imri.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1045513-elections-generales-sud-africaines-2019-quel-impact-sur-le-maroc\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales sud-africaines ont eu lieu le mercredi 8 mai 2019 afin d\u2019\u00e9lire les membres de l\u2019Assembl\u00e9e nationale et des assembl\u00e9es provinciales des neuf provinces du pays. 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