{"id":36849,"date":"2019-05-27T06:00:00","date_gmt":"2019-05-27T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/traverser-le-bosphore-en-musique\/"},"modified":"2019-05-27T06:00:00","modified_gmt":"2019-05-27T10:00:00","slug":"traverser-le-bosphore-en-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/traverser-le-bosphore-en-musique\/","title":{"rendered":"Traverser le Bosphore en musique"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"104\">\n<p>Traverser le Bosphore dans un ferry reliant les c\u00f4tes europ\u00e9enne et asiatique d&rsquo;Istanbul offre au passager un splendide panorama des deux rives. Avec d\u00e9sormais en prime des concerts amateurs organis\u00e9s \u00e0 bord, qui assurent \u00e0 leurs auteurs un petit revenu bienvenu en plein marasme \u00e9conomique. Jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, des musiciens jouaient sans autorisation durant la travers\u00e9e, mais la municipalit\u00e9, s\u00e9duite, a lanc\u00e9 en 2016 le projet \u201cMusique sur le ferry\u201d pour en faire une partie int\u00e9grante de l&rsquo;exp\u00e9rience.\u00a0<\/p>\n<p>Ces concerts sont assur\u00e9s par des musiciens qui s&rsquo;efforcent de refl\u00e9ter dans leurs airs le caract\u00e8re unique de la m\u00e9gapole s&rsquo;\u00e9tendant sur deux continents. \u201cNous voyageons d&rsquo;un continent \u00e0 l&rsquo;autre. Tandis que nous voguons entre les deux, nous essayons d&rsquo;exprimer les \u00e9motions provoqu\u00e9es par les deux cultures : une sorte de fusion, de synth\u00e8se\u201d, d\u00e9crit \u00e0 l&rsquo;AFP l&rsquo;un d&rsquo;eux, Oguzhan Erdem. Il joue de la fl\u00fbte ney, l&rsquo;instrument traditionnel des soufis, une branche mystique de l&rsquo;islam, et son partenaire joue du clavier, \u201cune fa\u00e7on de combiner Orient et Occident\u201d, estime-t-il. \u201cNous, Turcs, ne sommes ni tout \u00e0 fait occidentaux, ni tout \u00e0 fait orientaux. C&rsquo;est ici que les deux cultures se rejoignent\u201d.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u201cComme dans un film\u201d<\/strong><br \/>En tout, 82 musiciens se produisent sur le d\u00e9troit, de 9 h \u00e0 1 h du matin, avec le dernier ferry. Ils vivent des pourboires laiss\u00e9s par les passagers, une rentr\u00e9e d&rsquo;argent appr\u00e9ciable pour ceux qui souffrent de la crise \u00e9conomique frappant la Turquie. M. Erdem, qui pratique aussi son instrument dans les rues avec son groupe \u201cDoguBang\u201d, n&rsquo;a pas pu trouver de travail en tant qu&rsquo;architecte d&rsquo;int\u00e9rieur, son m\u00e9tier.\u00a0\u201cLe march\u00e9 est si difficile&#8230; Un jour o\u00f9 je broyais du noir, j&rsquo;ai vu une jeune fille qui chantait sur le ferry et je me suis demand\u00e9 pourquoi je ne tenterais pas ma chance\u201d, se souvient-il. Il joue du ney depuis 9 mois sur les eaux du Bosphore. Eren Ko\u00e7, au clavier, est sculpteur de profession et s&rsquo;est retrouv\u00e9 \u00e0 jouer sur les ferries apr\u00e8s avoir visit\u00e9 Istanbul pour l&rsquo;une de ses expositions.\u00a0Il dit appr\u00e9cier ces moments, notamment quand des applaudissements \u00e9clatent soudain ou que quelqu&rsquo;un se l\u00e8ve pour danser : \u201cC&rsquo;est comme dans les films.\u201d\u00a0<\/p>\n<p>De tr\u00e8s nombreux musiciens arpentent les rues d&rsquo;Istanbul, tant Turcs qu&rsquo;\u00e9trangers, comme sur la tr\u00e8s commer\u00e7ante avenue Istiklal. Chez certains passagers, les exp\u00e9riences musicales v\u00e9cues sur les ferries sont source d&rsquo;\u00e9motions apr\u00e8s une journ\u00e9e de travail. \u201cLes m\u00e9lodies parlent \u00e0 mon \u00e2me et reposent mon esprit. Elles me ram\u00e8nent \u00e0 mon pass\u00e9\u201d, confie Nimet, les larmes aux yeux \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute du ney. \u201cTout comme les eaux du Bosphore, cela d\u00e9clenche un flot d&rsquo;\u00e9motions\u201d. M. Erdem se dit touch\u00e9 par ces r\u00e9actions. \u201cLe soir, les gens se vident la t\u00eate, atteignent une sorte de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. J&rsquo;en vois beaucoup qui dorment en paix. C&rsquo;est une grande source de plaisir pour moi\u201d, assure-t-il.<\/p>\n<p><strong>\u201cAmbiance authentique\u201d<\/strong><br \/>Tun\u00e7 Baydar, coordinateur du projet pour la municipalit\u00e9, explique que des musiciens jouant sans autorisation avaient pos\u00e9 probl\u00e8me par le pass\u00e9 pour les \u00e9quipages et personnels de s\u00e9curit\u00e9. \u201cL&rsquo;objectif \u00e9tait de cr\u00e9er un environnement pour que ces musiciens puissent jouer sur les ferries, avec des autorisations et de fa\u00e7on plus confortable\u201d, affirme-t-il. \u201cNous avons int\u00e9gr\u00e9 ces musiciens \u00e0 notre marque\u201d. Il d\u00e9niche de nouveaux talents gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux sociaux ou au conservatoire. Beaucoup de grandes villes ont de formidables musiciens de rue, mais toutes n&rsquo;ont pas une aussi belle toile de fond \u00e0 offrir \u00e0 leur performance. \u201cNous \u00e9coutons de la musique dans les m\u00e9tros europ\u00e9ens, mais c&rsquo;est si beau sur l&rsquo;eau&#8230;\u201d, se r\u00e9jouit Berker Colak, un touriste venu d&rsquo;Allemagne avec sa fianc\u00e9e, en \u00e9voquant les mouettes, \u201cl&rsquo;ambiance authentique et l&rsquo;harmonie r\u00e9elle ainsi cr\u00e9\u00e9es\u201d, selon lui.\u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Par Fulya OZERKAN (AFP)<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"104\">\n<p>Traverser le Bosphore dans un ferry reliant les c\u00f4tes europ\u00e9enne et asiatique d&rsquo;Istanbul offre au passager un splendide panorama des deux rives. Avec d\u00e9sormais en prime des concerts amateurs organis\u00e9s \u00e0 bord, qui assurent \u00e0 leurs auteurs un petit revenu bienvenu en plein marasme \u00e9conomique. Jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, des musiciens jouaient sans autorisation durant la travers\u00e9e, mais la municipalit\u00e9, s\u00e9duite, a lanc\u00e9 en 2016 le projet \u201cMusique sur le ferry\u201d pour en faire une partie int\u00e9grante de l&rsquo;exp\u00e9rience.\u00a0<\/p>\n<p>Ces concerts sont assur\u00e9s par des musiciens qui s&rsquo;efforcent de refl\u00e9ter dans leurs airs le caract\u00e8re unique de la m\u00e9gapole s&rsquo;\u00e9tendant sur deux continents. \u201cNous voyageons d&rsquo;un continent \u00e0 l&rsquo;autre. Tandis que nous voguons entre les deux, nous essayons d&rsquo;exprimer les \u00e9motions provoqu\u00e9es par les deux cultures : une sorte de fusion, de synth\u00e8se\u201d, d\u00e9crit \u00e0 l&rsquo;AFP l&rsquo;un d&rsquo;eux, Oguzhan Erdem. Il joue de la fl\u00fbte ney, l&rsquo;instrument traditionnel des soufis, une branche mystique de l&rsquo;islam, et son partenaire joue du clavier, \u201cune fa\u00e7on de combiner Orient et Occident\u201d, estime-t-il. \u201cNous, Turcs, ne sommes ni tout \u00e0 fait occidentaux, ni tout \u00e0 fait orientaux. C&rsquo;est ici que les deux cultures se rejoignent\u201d.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u201cComme dans un film\u201d<\/strong><br \/>En tout, 82 musiciens se produisent sur le d\u00e9troit, de 9 h \u00e0 1 h du matin, avec le dernier ferry. Ils vivent des pourboires laiss\u00e9s par les passagers, une rentr\u00e9e d&rsquo;argent appr\u00e9ciable pour ceux qui souffrent de la crise \u00e9conomique frappant la Turquie. M. Erdem, qui pratique aussi son instrument dans les rues avec son groupe \u201cDoguBang\u201d, n&rsquo;a pas pu trouver de travail en tant qu&rsquo;architecte d&rsquo;int\u00e9rieur, son m\u00e9tier.\u00a0\u201cLe march\u00e9 est si difficile&#8230; Un jour o\u00f9 je broyais du noir, j&rsquo;ai vu une jeune fille qui chantait sur le ferry et je me suis demand\u00e9 pourquoi je ne tenterais pas ma chance\u201d, se souvient-il. Il joue du ney depuis 9 mois sur les eaux du Bosphore. Eren Ko\u00e7, au clavier, est sculpteur de profession et s&rsquo;est retrouv\u00e9 \u00e0 jouer sur les ferries apr\u00e8s avoir visit\u00e9 Istanbul pour l&rsquo;une de ses expositions.\u00a0Il dit appr\u00e9cier ces moments, notamment quand des applaudissements \u00e9clatent soudain ou que quelqu&rsquo;un se l\u00e8ve pour danser : \u201cC&rsquo;est comme dans les films.\u201d\u00a0<\/p>\n<p>De tr\u00e8s nombreux musiciens arpentent les rues d&rsquo;Istanbul, tant Turcs qu&rsquo;\u00e9trangers, comme sur la tr\u00e8s commer\u00e7ante avenue Istiklal. Chez certains passagers, les exp\u00e9riences musicales v\u00e9cues sur les ferries sont source d&rsquo;\u00e9motions apr\u00e8s une journ\u00e9e de travail. \u201cLes m\u00e9lodies parlent \u00e0 mon \u00e2me et reposent mon esprit. Elles me ram\u00e8nent \u00e0 mon pass\u00e9\u201d, confie Nimet, les larmes aux yeux \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute du ney. \u201cTout comme les eaux du Bosphore, cela d\u00e9clenche un flot d&rsquo;\u00e9motions\u201d. M. Erdem se dit touch\u00e9 par ces r\u00e9actions. \u201cLe soir, les gens se vident la t\u00eate, atteignent une sorte de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. J&rsquo;en vois beaucoup qui dorment en paix. C&rsquo;est une grande source de plaisir pour moi\u201d, assure-t-il.<\/p>\n<p><strong>\u201cAmbiance authentique\u201d<\/strong><br \/>Tun\u00e7 Baydar, coordinateur du projet pour la municipalit\u00e9, explique que des musiciens jouant sans autorisation avaient pos\u00e9 probl\u00e8me par le pass\u00e9 pour les \u00e9quipages et personnels de s\u00e9curit\u00e9. \u201cL&rsquo;objectif \u00e9tait de cr\u00e9er un environnement pour que ces musiciens puissent jouer sur les ferries, avec des autorisations et de fa\u00e7on plus confortable\u201d, affirme-t-il. \u201cNous avons int\u00e9gr\u00e9 ces musiciens \u00e0 notre marque\u201d. Il d\u00e9niche de nouveaux talents gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux sociaux ou au conservatoire. Beaucoup de grandes villes ont de formidables musiciens de rue, mais toutes n&rsquo;ont pas une aussi belle toile de fond \u00e0 offrir \u00e0 leur performance. \u201cNous \u00e9coutons de la musique dans les m\u00e9tros europ\u00e9ens, mais c&rsquo;est si beau sur l&rsquo;eau&#8230;\u201d, se r\u00e9jouit Berker Colak, un touriste venu d&rsquo;Allemagne avec sa fianc\u00e9e, en \u00e9voquant les mouettes, \u201cl&rsquo;ambiance authentique et l&rsquo;harmonie r\u00e9elle ainsi cr\u00e9\u00e9es\u201d, selon lui.\u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Par Fulya OZERKAN (AFP)<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/magazine\/traverser-le-bosphore-en-musique-316674\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traverser le Bosphore dans un ferry reliant les c\u00f4tes europ\u00e9enne et asiatique d&rsquo;Istanbul offre au passager un splendide panorama des deux rives. 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