{"id":38006,"date":"2019-05-31T06:18:47","date_gmt":"2019-05-31T10:18:47","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/droits-sexuels-et-reproductifs-le-burkina-faso-vers-un-jour-historique\/"},"modified":"2019-05-31T06:18:47","modified_gmt":"2019-05-31T10:18:47","slug":"droits-sexuels-et-reproductifs-le-burkina-faso-vers-un-jour-historique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/droits-sexuels-et-reproductifs-le-burkina-faso-vers-un-jour-historique\/","title":{"rendered":"Droits sexuels et reproductifs\u00a0: le Burkina Faso vers un jour historique"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Evelyne-Directrice-Amnesty-Afrique-de-lOuest.jpeg?fit=653%2C518&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"653\" height=\"518\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Evelyne-Directrice-Amnesty-Afrique-de-lOuest.jpeg?resize=653%2C518&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Evelyne-Directrice-Amnesty-Afrique-de-lOuest.jpeg?w=653&#038;ssl=1 653w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Evelyne-Directrice-Amnesty-Afrique-de-lOuest.jpeg?resize=300%2C238&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Evelyne-Directrice-Amnesty-Afrique-de-lOuest.jpeg?resize=529%2C420&#038;ssl=1 529w\" sizes=\"auto, (max-width: 653px) 100vw, 653px\" alt=\"\" title=\"Evelyne Directrice Amnesty Afrique de l'Ouest\"\/><\/a><\/div>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_top td_uid_30_5cf1a04174294_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4463\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/FESPACO-TOUR-2019-Bannie%CC%80re-728x90-1.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p><strong>L\u2019Etat burkinab\u00e8 a d\u00e9cid\u00e9 de rendre gratuit\u00a0 les services de planification familiale \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> juin 2019. Cette d\u00e9cision a suscit\u00e9 une tribune sign\u00e9e par \u00a0Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d\u2019Amnesty International pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et l\u2019Afrique centrale \u00a0qui voit le 1<sup>er<\/sup> juin comme un jour historique<\/strong> <strong>pour les droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso. Lisez plut\u00f4t.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juin promet d\u2019\u00eatre un jour historique pour les droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso. En effet, l\u2019\u00c9tat s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 fournir, \u00e0 compter de cette date, des services de planning familial gratuits, notamment des contraceptifs et des consultations m\u00e9dicales. Il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9cision longtemps attendue mais extr\u00eamement positive qu\u2019Amnesty International appelle de ses v\u0153ux depuis un certain temps. N\u00e9anmoins, pour qu\u2019elle porte ses fruits et contribue v\u00e9ritablement \u00e0 accro\u00eetre la protection des droits des femmes et des filles, il faudra qu\u2019elle soit soutenue par une campagne de sensibilisation nationale, associ\u00e9e \u00e0 un d\u00e9veloppement des \u00e9tablissements de sant\u00e9.<\/p>\n<p>En 2016, Amnesty International a publi\u00e9 un rapport sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la contraception et les mariages pr\u00e9coces et forc\u00e9s au Burkina Faso. Les femmes et les filles interrog\u00e9es dans le cadre de l\u2019\u00e9laboration de ce rapport, en particulier celles qui vivaient en zone rurale, ont mis en \u00e9vidence un certain nombre de facteurs qui les emp\u00eachaient d\u2019acc\u00e9der aux soins et services de sant\u00e9 sexuelle et reproductive.<\/p>\n<p>Elles ont notamment cit\u00e9 le co\u00fbt, les actes d\u2019intimidation et la stigmatisation, l\u2019impossibilit\u00e9 de prendre les d\u00e9cisions les concernant, qui incombent souvent \u00e0 des membres de leur famille, le manque d\u2019information et l\u2019absence d\u2019\u00e9ducation sexuelle compl\u00e8te, ainsi que l\u2019insuffisance du nombre de structures accessibles qui fournissent des informations, des services et des produits. Plus de 375\u00a0femmes et filles ont fait part de leur exp\u00e9rience \u00e0 nos chercheurs et chercheuses et presque toutes ont d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre fr\u00e9quemment victimes de violence verbale ou physique lorsqu\u2019elles \u00e9voquaient la question de la contraception avec leur partenaire. Beaucoup ont expliqu\u00e9 qu\u2019elles \u00e9taient contraintes \u00e0 aborder le sujet puisqu\u2019elles devaient demander de l\u2019argent \u00e0 leur partenaire pour acheter des produits contraceptifs, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles n\u2019avaient pas la ma\u00eetrise de leurs ressources financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Le taux de mariages pr\u00e9coces et forc\u00e9s au Burkina Faso est l\u2019un des plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Une fois mari\u00e9, un couple est cens\u00e9 avoir des enfants le plus rapidement possible. Par ailleurs, le pays enregistre l\u2019un des plus faibles taux d\u2019utilisation de la contraception-19\u00a0% en 2014-et l\u2019un des taux de mortalit\u00e9 maternelle les plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Au niveau mondial, les d\u00e9c\u00e8s en couches sont la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 des filles de 15 \u00e0 19\u00a0ans. En outre, les filles de 19\u00a0ans et moins ont davantage de risques de subir des blessures qui les mettent en danger et changent le cours de leur vie, comme les fistules obst\u00e9triques-d\u00e9chirures allant du vagin au rectum.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt de la contraception a \u00e9t\u00e9 souvent signal\u00e9 comme un obstacle par les femmes que nous avons interrog\u00e9es. Il influence en g\u00e9n\u00e9ral le choix de la m\u00e9thode. Ainsi, les femmes et les filles n\u2019optent pas n\u00e9cessairement pour le moyen de contraception qu\u2019elles pr\u00e9f\u00e8rent mais pour le plus \u00e9conomique, celui disponible au centre de sant\u00e9 le plus proche ou celui qui peut \u00eatre obtenu le plus discr\u00e8tement. Faute de ressources financi\u00e8res suffisantes, elles ont recours \u00e0 la contraception de mani\u00e8re sporadique, ce qui augmente la probabilit\u00e9 de grossesses non d\u00e9sir\u00e9es, voire \u00e0 haut risque.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la promesse faite par l\u2019\u00c9tat de fournir des services de planning familial gratuits pourrait \u00eatre une planche de salut pour de nombreuses femmes et filles. Cependant, aussi bienvenue et importante que soit cette d\u00e9cision, il faut que les pouvoirs publics aillent beaucoup plus loin pour rendre les services de planning familial v\u00e9ritablement accessibles et prot\u00e9ger les droits des femmes et des filles.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la contraception doit aller de pair avec une campagne d\u2019information et de sensibilisation du public de grande ampleur. Nombre de femmes et de filles nous ont dit qu\u2019elles n\u2019avaient jamais entendu parler de contraception avant d\u2019avoir donn\u00e9 naissance \u00e0 un enfant. Beaucoup d\u2019entre elles, en particulier celles vivant en zone rurale, ont indiqu\u00e9 ne pas avoir \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9es, ou seulement pendant de courtes p\u00e9riodes, et n\u2019avoir re\u00e7u ni informations par la voie associative ni \u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 sexuelle et reproductive. Le manque d\u2019\u00e9l\u00e9ments fiables et scientifiques peut engendrer des id\u00e9es re\u00e7ues, une d\u00e9sinformation et des rumeurs qui limitent l\u2019utilisation de la contraception.<\/p>\n<p>Ainsi, un certain nombre d\u2019hommes interrog\u00e9s par Amnesty International avan\u00e7aient des id\u00e9es re\u00e7ues pour s\u2019opposer \u00e0 la contraception, notamment la croyance qu\u2019elle rendrait leur \u00e9pouse infid\u00e8le, pourrait \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d\u2019une naissance g\u00e9mellaire ou serait susceptible de provoquer la st\u00e9rilit\u00e9. Voici le t\u00e9moignage de Binta (le nom a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9)\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai eu mon premier enfant \u00e0 16\u00a0ans. J\u2019ignorais tout de la contraception jusqu\u2019\u00e0 la naissance de mon quatri\u00e8me enfant. Mes enfants ont moins d\u2019un an d\u2019\u00e9cart. Au d\u00e9but, mon mari refusait que j\u2019utilise une contraception, il disait qu\u2019il ne serait pas responsable si \u00e7a me rendait malade. Si j\u2019avais connu la contraception avant, j\u2019aurais espac\u00e9 les naissances parce que j\u2019ai du mal \u00e0 prendre soin de tous mes enfants. Mon mari disait qu\u2019il me rejetterait si je prenais une contraception. Mais quand il s\u2019est rendu compte qu\u2019on avait beaucoup d\u2019enfants et pas les moyens de nous en occuper, il a accept\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Outre une campagne de sensibilisation, l\u2019\u00c9tat doit veiller \u00e0 ce que toutes les femmes, qu\u2019elles vivent en milieu urbain ou en zone rurale, puissent b\u00e9n\u00e9ficier de la gratuit\u00e9 des produits contraceptifs et des consultations m\u00e9dicales. Les femmes et les filles sont souvent oblig\u00e9es de parcourir de longues distances, parfois 15\u00a0kilom\u00e8tres, pour se rendre dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9 o\u00f9 sont fournis des informations, des services et des produits de sant\u00e9 sexuelle et reproductive. Ces \u00e9tablissements sont rares en zone rurale et les transports sont g\u00e9n\u00e9ralement on\u00e9reux et peu fiables. Ce probl\u00e8me est particuli\u00e8rement exacerb\u00e9 pour les femmes et les filles qui n\u2019ont pas de ressources financi\u00e8res personnelles et d\u00e9pendent de leur mari ou de leur famille. Bien que les autorit\u00e9s aient augment\u00e9 le nombre d\u2019\u00e9tablissements de sant\u00e9 dans le pays ces derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u2019immenses disparit\u00e9s demeurent entre les villes et les campagnes.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat burkinab\u00e9 a pris des mesures notables pour faire respecter les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles, comme le droit international l\u2019y oblige. Alors que le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juin se rapproche, nous esp\u00e9rons qu\u2019il tienne sa promesse de fournir des services de planning familial gratuits et aille beaucoup plus loin afin de garantir que ces services soient v\u00e9ritablement accessibles, et ce de fa\u00e7on \u00e9quitable, \u00e0 toutes les femmes et les filles, peu importe o\u00f9 elles vivent, et que les autres obstacles qui entravent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la contraception, comme le manque d\u2019information, soient \u00e9limin\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 une campagne globale de sensibilisation au niveau national.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d\u2019Amnesty International pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et l\u2019Afrique centrale \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Twitter\u00a0: @MPetrusBarry<\/u><\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_31_5cf1a04174437_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1724\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/sidwaya-pub.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/05\/31\/droits-sexuels-et-reproductifs-le-burkina-faso-vers-un-jour-historique\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Etat burkinab\u00e8 a d\u00e9cid\u00e9 de rendre gratuit\u00a0 les services de planification familiale \u00e0 partir du 1er juin 2019. 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