{"id":38765,"date":"2019-06-05T07:50:12","date_gmt":"2019-06-05T11:50:12","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gabon-produire-du-vin-sur-lequateur-le-projet-fou-domar-bongo\/"},"modified":"2019-06-05T07:50:12","modified_gmt":"2019-06-05T11:50:12","slug":"gabon-produire-du-vin-sur-lequateur-le-projet-fou-domar-bongo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gabon-produire-du-vin-sur-lequateur-le-projet-fou-domar-bongo\/","title":{"rendered":"Gabon: produire du vin sur l\u2019\u00e9quateur, le projet fou d\u2019Omar Bongo"},"content":{"rendered":"<p>Au coeur des plateaux Bat\u00e9k\u00e9, dans le sud-est du Gabon, sur les terres natales du pr\u00e9sident d\u00e9funt Omar Bongo, s\u2019\u00e9tendent quatre hectares de vignes. Sous 28\u00b0C, un ouvrier agricole, Forty Ngambeke, vendange les derni\u00e8res grappes de carignan de la r\u00e9colte.<\/p>\n<p>Faire pousser des vignes sous le soleil gabonais: c\u2019est le d\u00e9fi \u00ab\u00a0compl\u00e8tement fou\u00a0\u00bb lanc\u00e9 en 2005 par Omar Bongo Ondimba. Dix ans apr\u00e8s sa mort, son \u00ab\u00a0grand cru \u00e9quatorial\u00a0\u00bb essaye tant bien que mal de lui survivre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est tr\u00e8s certainement un des pires endroits o\u00f9 faire pousser des vignes, et pourtant, regardez, c\u2019est bien du raisin qui pousse!\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9merveille C\u00e9dric Pabou, exploitant fran\u00e7ais du domaine d\u2019Assiami depuis 2017.<\/p>\n<p>S\u00e9cateur \u00e0 la main, avec sept autres employ\u00e9s du domaine, Forty s\u2019active. \u00ab\u00a0Il faut tout ramasser aujourd\u2019hui, sinon la r\u00e9colte sera foutue, les insectes risquent de tout d\u00e9vorer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avec des temp\u00e9ratures jamais inf\u00e9rieures \u00e0 24 degr\u00e9s, un taux d\u2019humidit\u00e9 dans l\u2019air d\u2019environ 90% et une terre constitu\u00e9e \u00e0 98% de sable, faire pousser du raisin au Gabon n\u2019est pas une mince affaire, explique M. Pabou.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas d\u2019hiver ici, une saison vitale pour que la vigne se repose et puisse produire \u00e0 nouveau du raisin\u00a0\u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n<p>En saison s\u00e8che, il peut ne pas tomber une seule goutte de pluie durant trois mois. \u00ab\u00a0Alors on est oblig\u00e9 d\u2019irriguer la vigne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une digue a \u00e9t\u00e9 creus\u00e9e dans la luxuriante for\u00eat jouxtant le vignoble pour arroser les raisins au goutte-\u00e0-goutte.<\/p>\n<p>\u2013 Eloigner les b\u00eates sauvages-<\/p>\n<p>Et lorsque les raisins noirs arrivent enfin \u00e0 maturit\u00e9, d\u2019autres menaces apparaissent. Chaque nuit, des employ\u00e9s se relaient lampe torche \u00e0 la main et fusil \u00e0 l\u2019\u00e9paule, pour \u00e9loigner singes, civettes et autres b\u00eates sauvages.<\/p>\n<p>Une fois les grappes ramass\u00e9es, le processus de vinification peut commencer.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous faisons le maximum \u00e0 la main. Nous ne pouvons pas nous permettre d\u2019\u00eatre trop d\u00e9pendants des machines\u00a0\u00bb. Car si une pi\u00e8ce venait \u00e0 faire d\u00e9faut, il faut compter au moins un mois pour la faire venir de France, explique M. Pabou.<\/p>\n<p>Et ici, impossible, selon lui, de demander de l\u2019aide \u00e0 un voisin viticulteur. \u00ab\u00a0Nous sommes le seul vignoble pour toute l\u2019Afrique centrale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 2018, les huit employ\u00e9s du domaine ont r\u00e9colt\u00e9 environ 900 kilos de raisin et produit un peu plus d\u2019un millier de bouteilles.<\/p>\n<p>Du ros\u00e9 uniquement, vendu 21.000 francs CFA (32 euros) l\u2019unit\u00e9 sous l\u2019appellation Malymas (le vin d\u2019Assiami) dans deux boutiques \u00e0 Libreville.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019objectif, selon M. Pabou, n\u2019est pas d\u2019\u00eatre rentable, mais de perp\u00e9tuer un des derniers projets du +p\u00e8re+\u00a0\u00bb Bongo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u2013 Homme d\u2019affaires tahitien \u2013<\/p>\n<p>Le projet na\u00eet en 2005 de la rencontre du pr\u00e9sident Omar Bongo avec Dominique Auroy, un entrepreneur tahitien d\u00e9sireux de faire des affaires au Gabon, raconte un des employ\u00e9s du domaine, Ruphin Ndoua, qui y travaille depuis sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Sur une \u00eele de la Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise, il a r\u00e9ussi l\u2019exploit de faire pousser du raisin, et l\u2019homme s\u2019en sert comme carte de visite pour approcher les hautes sph\u00e8res gabonaises, confie \u00e0 l\u2019AFP l\u2019ancien exploitant fran\u00e7ais du domaine \u00e0 cette \u00e9poque, Olivier Crespy.<\/p>\n<p>Passionn\u00e9 par la politique fran\u00e7aise plus que par son patrimoine viticole, Omar Bongo, habitu\u00e9 des projets pharaoniques, se laisse s\u00e9duire.<\/p>\n<p>Ensemble, ils cr\u00e9ent la soci\u00e9t\u00e9 Viticulture du Haut-Ogoou\u00e9 (VHO) et investissent 9 millions d\u2019euros, selon M. Crespy.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident d\u00e9cide alors que les vignes pousseront sur une de ses terres, o\u00f9 ses anc\u00eatres maternels reposent.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois ans de recherches pour d\u00e9terminer les c\u00e9pages susceptibles de pousser sur ce terrain, 35 hectares de vignes sont enfin plant\u00e9s en 2008.<\/p>\n<p>A ce moment, le domaine emploie jusqu\u2019\u00e0 120 personnes. \u00ab\u00a0Mais la mort du pr\u00e9sident Omar Bongo a marqu\u00e9 un coup d\u2019arr\u00eat\u00a0\u00bb, ajoute M. Crespy.<\/p>\n<p>Par manque de financement et de volont\u00e9, les surfaces cultiv\u00e9es passent de 35 \u00e0 4 hectares.<\/p>\n<p>Depuis la cr\u00e9ation du domaine, pas moins de six exploitants se sont succ\u00e9d\u00e9, car \u00ab\u00a0tous ont jet\u00e9 l\u2019\u00e9ponge\u00a0\u00bb, confie un des employ\u00e9s du domaine sous couvert d\u2019anonymat.<\/p>\n<p>Certaines ann\u00e9es, aucune production n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en bouteille. Et le projet n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 rentable.<\/p>\n<p>En 2015, l\u2019entrepreneur tahitien finit par rendre son tablier. Aujourd\u2019hui, Delta Synergie, la holding financi\u00e8re de la famille Bongo, est l\u2019unique propri\u00e9taire de VHO.<\/p>\n<p>Mais C\u00e9dric Pabou, engag\u00e9 en 2017, semble bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 relancer le domaine, quitte \u00e0 se diversifier.<\/p>\n<p>Son ambition: pr\u00e9server les emplois des huit derniers salari\u00e9s \u00ab\u00a0tr\u00e8s attach\u00e9s au domaine\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre plus encore que le d\u00e9funt pr\u00e9sident qui, emport\u00e9 par un cancer, n\u2019y a jamais mis un pied.<\/p>\n<p>Auteur: AFP<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/gabon-produire-du-vin-sur-lequateur-le-projet-fou-domar-bongo\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au coeur des plateaux Bat\u00e9k\u00e9, dans le sud-est du Gabon, sur les terres natales du pr\u00e9sident d\u00e9funt Omar Bongo, s\u2019\u00e9tendent quatre hectares de vignes. Sous 28\u00b0C, un ouvrier agricole, Forty Ngambeke, vendange les derni\u00e8res grappes de carignan de la r\u00e9colte. Faire pousser des vignes sous le soleil gabonais: c\u2019est le d\u00e9fi \u00ab\u00a0compl\u00e8tement fou\u00a0\u00bb lanc\u00e9 en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1965,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,82],"tags":[],"class_list":["post-38765","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-cameroun"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38765","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1965"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38765"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38765\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38765"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}