{"id":40692,"date":"2019-06-14T04:33:17","date_gmt":"2019-06-14T08:33:17","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/nouveaux-clashes-en-perspective-entre-producteurs-de-boissons-consommateurs-et-letat\/"},"modified":"2019-06-14T04:33:17","modified_gmt":"2019-06-14T08:33:17","slug":"nouveaux-clashes-en-perspective-entre-producteurs-de-boissons-consommateurs-et-letat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/nouveaux-clashes-en-perspective-entre-producteurs-de-boissons-consommateurs-et-letat\/","title":{"rendered":"Nouveaux clashes en perspective entre producteurs de boissons, consommateurs et l\u2019Etat"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9but mai 2019, le gouvernement a inform\u00e9 les entreprises du secteur de production des boissons, de son intention de poursuivre avec le marquage fiscal des bi\u00e8res. Le <strong>minist\u00e8re des Finances<\/strong> \u00e0 la manette de cette nouvelle initiative a donn\u00e9 deux mois pour que soient effectu\u00e9es les pr\u00e9parations en vue de la mise en place de ces solutions de marquage. Les objectifs du gouvernement sont rest\u00e9s constants. Il dit vouloir s\u2019assurer de la tra\u00e7abilit\u00e9, la r\u00e9conciliation fiscale et du contr\u00f4le de production des produits les plus touch\u00e9s par le commerce illicite. Il invoque aussi sa volont\u00e9 de mettre \u00e0 la disposition des industriels des solutions leur permettant \u00e9galement de prot\u00e9ger et authentifier leur production.<\/p>\n<hr\/>\n<h4><strong>>> Lire aussi \u2013 <a title=\"Performance: la SABC se redresse, le gouvernement se frotte les mains, pourtant\u2026.\" href=\"https:\/\/ecomatin.net\/performance-la-sabc-se-redresse-le-gouvernement-se-frotte-les-mains-pourtant\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Performance: la SABC se redresse, le gouvernement se frotte les mains, pourtant\u2026.<\/a><br \/><\/strong><\/h4>\n<hr\/>\n<p>Les acteurs du secteur de production des boissons se refusent \u00e0 commenter officiellement cette d\u00e9marche de politique publique, mais n\u2019affichent pas un grand enthousiasme \u00e0 cette d\u00e9marche du gouvernement. \u00ab\u00a0<em>On n\u2019est pas s\u00fbr, d\u00e9j\u00e0 que cette mesure sera suffisamment efficace \u00e0 la lutte contre les importations frauduleuses qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019autres facteurs. Le plus difficile, c\u2019est cette volont\u00e9 de prot\u00e9ger, en mettant en place un processus qui induira des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires, alors que la pression de la fiscalit\u00e9 sur le secteur est suffisamment importante<\/em>\u00a0\u00bb, a confi\u00e9 le responsable d\u2019une des entreprises \u00e9tablies de productions de boissons au Cameroun.<\/p>\n<p><strong>Le passage en force du gouvernement<\/strong><\/p>\n<p>En effet, les entreprises brassicoles notamment n\u2019ont pas attendu la r\u00e8glementation sur le marquage pour mettre en place un syst\u00e8me de tra\u00e7abilit\u00e9 de leurs produits. \u00ab\u00a0<em>Pour nous c\u2019est vital, ne serait-ce que pour avoir un contr\u00f4le sur notre cha\u00eene d\u2019approvisionnement d\u2019avoir un syst\u00e8me de marquage. Nous avons des contraintes de qualit\u00e9 et de processus en tant que filiale de groupes \u00e9trangers. Ce que nous esp\u00e9rons surtout, c\u2019est que les d\u00e9cisions de ce type doivent faire l\u2019objet de concertation, afin que soient bien compris les contraintes de toutes les parties prenantes<\/em>\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 un responsable de l\u2019un des deux groupes brassicoles du pays.<\/p>\n<blockquote readability=\"8\">\n<p>Les diff\u00e9rentes crises socio-politiques dans les parties Nord et Sud-ouest du pays, dans le Septentrion et \u00e0 l\u2019Est du Cameroun, sont devenues une vraie contrainte pour les producteurs locaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En effet, des entretiens sur les processus de productions des trois principaux brasseurs, r\u00e9v\u00e8lent que, conscientes des enjeux de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de sant\u00e9 publique, et aussi contraintes de se conformer aux standards de leurs partenaires internationaux, elles se sont engag\u00e9es dans des d\u00e9marches de qualit\u00e9, qui ont plusieurs fois re\u00e7u des certifications. Elles se sont aussi fix\u00e9es des standards de qualit\u00e9 et de contr\u00f4le en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire qui les ont oblig\u00e9es chacune depuis quelques ann\u00e9es \u00e0 acqu\u00e9rir un dispositif automatis\u00e9 de contr\u00f4le et de tra\u00e7abilit\u00e9 relevant des technologies avanc\u00e9es. Dans le cadre de la concertation avec les autorit\u00e9s, les installations des brasseurs avaient fait l\u2019objet en avril 2018, d\u2019une inspection par un groupe de travail mixte\u00a0comprenant, des repr\u00e9sentants des minist\u00e8res des Finances, du Commerce et de l\u2019<strong>Agence nationale des normes<\/strong> (ANOR). En plus des producteurs, la rencontre avait associ\u00e9 les associations des consommateurs et les syndicats des vendeurs de boissons.<\/p>\n<p><strong>Des surcouts importants pour les producteurs locaux<\/strong><\/p>\n<p>Lesdits travaux \u00e9taient suivis par le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Premier minist\u00e8re. Au sein du secteur brassicole, on peut ressentir un certain embarras. La d\u00e9cision du minist\u00e8re des Finances tombe en effet \u00e0 un moment difficile. Les diff\u00e9rentes crises socio-politiques dans les parties Nord et Sud-ouest du pays, dans le Septentrion et \u00e0 l\u2019Est du Cameroun, sont devenues une vraie contrainte pour les producteurs locaux. Les fronti\u00e8res nationales qui, \u00e0 une p\u00e9riode plus calme \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 poreuses, sont devenues davantage perm\u00e9ables et difficiles \u00e0 contr\u00f4ler, ce qui p\u00e9nalise les activit\u00e9s de production nationale dans l\u2019ensemble du secteur.\u00a0 Mais pour les brasseurs, les d\u00e9fis sont beaucoup plus financiers. Le dispositif de marquage actuel devrait se traduire par des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires. Il s\u2019agira en effet pour eux d\u2019abandonner le dispositif de marquage et de tra\u00e7abilit\u00e9 sur lequel chacun d\u2019eux a investi d\u2019importants moyens, il y a quelques ann\u00e9es. Les analystes financiers y voient d\u00e9j\u00e0 une perte financi\u00e8re, car ils n\u2019auront pas eu le temps de tirer le b\u00e9n\u00e9fice complet de ces investissements. Aussi pour se conformer, \u00e0 l\u2019injonction minist\u00e9rielle, elles sont contraintes de modifier dans un bref d\u00e9lai la disposition des lignes de productions acquises afin d\u2019int\u00e9grer les sp\u00e9cifications de l\u2019appareillage du prestataire qui accompagne le gouvernement, la <strong>SIPCA<\/strong>. Il y a aussi \u00e0 pr\u00e9voir des pertes de gestion\u00a0inh\u00e9rentes aux phases d\u2019installation et de test auxquelles il faudra ajouter les co\u00fbts de complexit\u00e9 li\u00e9s \u00e0 ces changements, et enfin ceux li\u00e9s \u00e0 l\u2019adaptation et de formation du personnel \u00e0 l\u2019usage et \u00e0 la ma\u00eetrise de ces nouvelles technologies.<\/p>\n<hr\/>\n<h4><strong>>> Lire aussi \u2013 <a title=\"Les \u00e9clairages du groupe SABC sur le nouveau statut de distributeur\" href=\"https:\/\/ecomatin.net\/les-eclairages-du-groupe-sabc-sur-le-nouveau-statut-de-distributeur\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les \u00e9clairages du groupe SABC sur le nouveau statut de distributeur<\/a><br \/><\/strong><\/h4>\n<hr\/>\n<p>Pour l\u2019amortissement de l\u2019ensemble de ces charges, il n\u2019est pas exclu, que les brasseurs soient contraints de passer les prix aux consommateurs. Or, c\u2019est l\u00e0 une des complexit\u00e9s du secteur brassicole, c\u2019est que ses produits sont consid\u00e9r\u00e9s comme sensibles \u00e0 la stabilit\u00e9 sociale. Mais dans le m\u00eame temps, au contraire des produits de cette cat\u00e9gorie comme le riz, le lait le sucre et autres, ils sont la cible privil\u00e9gi\u00e9s des administrations de pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires, qu\u2019elles soient fiscales ou para fiscales. L\u2019entreprise la plus expos\u00e9e finalement risque d\u2019\u00eatre le Groupe <strong>Soci\u00e9t\u00e9 Anonyme des Brasseries du Cameroun<\/strong>. Ce dernier est le plus gros acteur du march\u00e9 et fait face \u00e0 de gros arbitrages aussi bien de conjoncture que de r\u00e9gulation, pour continuer de d\u00e9livrer de bonnes performances.<\/p>\n<blockquote readability=\"9\">\n<p>\u2026avec une contribution fiscale qui fr\u00f4le les <strong>430 milliards de FCFA<\/strong> en 2018, le secteur brassicole a apport\u00e9 plus de ressources \u00e0 l\u2019Etat, que les recettes et ressources fiscales p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En plus des actions entreprises par tous les autres brasseurs, ses dirigeants ont accompagn\u00e9 un processus de formalisation de son r\u00e9seau de distribution. Ses dirigeants se refusent cependant \u00e0 commenter la nouvelle mesure et pr\u00e9f\u00e8rent privil\u00e9gier la voie des discussions avec les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>SIPCA, un partenaire qui n\u2019a pas toujours dop\u00e9 les recettes fiscales<\/strong><\/p>\n<p>Un autre point qui risquera de soulever les attentions, c\u2019est la qualit\u00e9 du partenaire. Des responsables du minist\u00e8re des Finances d\u00e9fendent bec et ongle le projet au motif que cela rapportera plus de ressources. Mais avec une contribution fiscale qui fr\u00f4le les <strong>430 milliards de FCFA<\/strong> en 2018, le secteur brassicole a apport\u00e9 plus de ressources \u00e0 l\u2019Etat, que les recettes et ressources fiscales p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re. Et au contraire des hydrocarbures, la chaine des valeurs brassicoles impacte en aval, plus de personnes en termes d\u2019emplois directs et indirects. L\u2019argument d\u2019une am\u00e9lioration fiscale ne semble donc pas \u00eatre suffisamment solide. Il y a enfin le mode de s\u00e9lection du partenaire, l\u2019entreprise Suisse <strong>SIPCA<\/strong> a \u00e9t\u00e9 retenue suite \u00e0 un gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9. Une proc\u00e9dure qui vaut lorsqu\u2019il est question de recruter un partenaire dont l\u2019expertise ne souffre d\u2019aucun doute. Ce qui ne semble pas \u00eatre le cas pour cette derni\u00e8re. Un des pays o\u00f9 est intervenu SIPCA, c\u2019est le Maroc. On lui reproche notamment des surco\u00fbts qui finalement plombent les prix des produits marqu\u00e9s, ce qui n\u2019aura pas pour avantage de r\u00e9duire la concurrence des produits import\u00e9s, qui progresse surtout dans des segments de demandes de boissons \u00e0 bas prix. L\u2019exemple marocain est assez int\u00e9ressant car, il a inspir\u00e9 les responsables camerounais. Une \u00e9tude publi\u00e9e par l\u2019organisation <strong>Oxford Economics<\/strong>, a d\u00e9montr\u00e9, que la solution du marquage sur les cigarettes notamment, n\u2019a pas contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire le volume des cigarettes frauduleuses. De m\u00eame, des \u00e9tudes similaires au Kenya ont d\u00e9montr\u00e9 que le marquage fiscal comme mode de protection des produits locaux ou am\u00e9lioration des recettes fiscales n\u2019a pas pleinement \u00e9t\u00e9 \u00e9prouv\u00e9. Or dans ces pays cit\u00e9s en exemple, l\u2019entreprise SIPCA avait \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9e par les administrations en charge des collectes fiscales. Enfin, les termes du contrat de SIPCA ne sont pas clairs, et on ignore donc comment au-del\u00e0 du timbre, il parviendrait \u00e0 s\u00e9curiser le march\u00e9 des boissons.<\/p>\n<div class=\"about-author about-author-box container-wrapper\">\n<div class=\"author-avatar\">\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/\" alt=\"\"\/><\/p>\n<\/div>\n<p><h4>La R\u00e9daction EcoMatin<\/h4>\n<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget blog_subscription-2\">\n<h4 class=\"widget-title\">Abonnez-vous \u00e0 notre lettre d&rsquo;information<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: EcoMatin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/consommation-nouveaux-clashes-en-perspective-entre-producteurs-de-boissons-consommateurs-et-letat\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9but mai 2019, le gouvernement a inform\u00e9 les entreprises du secteur de production des boissons, de son intention de poursuivre avec le marquage fiscal des bi\u00e8res. 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