{"id":41751,"date":"2019-06-20T14:51:00","date_gmt":"2019-06-20T18:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-poids-de-leconomie-informelle-illegale-en-tunisie-un-manque-de-recettes-fiscales-et-cotisations-sociales-de-pres-de-12-milliards-de-dinars-pour-letat\/"},"modified":"2019-06-20T14:51:00","modified_gmt":"2019-06-20T18:51:00","slug":"le-poids-de-leconomie-informelle-illegale-en-tunisie-un-manque-de-recettes-fiscales-et-cotisations-sociales-de-pres-de-12-milliards-de-dinars-pour-letat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-poids-de-leconomie-informelle-illegale-en-tunisie-un-manque-de-recettes-fiscales-et-cotisations-sociales-de-pres-de-12-milliards-de-dinars-pour-letat\/","title":{"rendered":"Le poids de l&rsquo;\u00e9conomie informelle ill\u00e9gale en Tunisie: Un manque de recettes fiscales et cotisations sociales de pr\u00e8s de 12 milliards de dinars pour l\u2019Etat?"},"content":{"rendered":"<p>Quel g\u00e2chis! Rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait dzns cette cette l\u00e9gislature pour mettre fin \u00e0 l\u2019\u00e9conomie informelle ill\u00e9gale. La probl\u00e9matique du poids de cette forme d\u2019\u00e9conomie parall\u00e8le fait de nouveau la \u00abUne des journaux\u00bb. Cette \u00e9conomie souterraine est \u00e0 l\u2019origine, en large partie, du probl\u00e8me de liquidit\u00e9 qui menace aujourd\u2019hui les banques tunisiennes.<\/p>\n<h2>1\/ L\u2019\u00e9conomie informelle: du blanc au noir<\/h2>\n<p>L\u2019\u00e9conomie informelle d\u00e9signe l\u2019ensemble des activit\u00e9s de production qui ne donnent pas lieu \u00e0 d\u00e9claration \u00e0 des organismes officiels et ne s\u2019inscrit pas dans une forme l\u00e9gale pr\u00e9vue par le code de travail. L\u2019\u00e9conomie informelle inclut les activit\u00e9s souterraines et certains auteurs utilisent les deux termes comme synonyme.<br \/>Elle se d\u00e9cline en 5 formes:\u00a0<\/p>\n<ul>\n<li>Travail domestique, coup de main \u00e0 des amis pour d\u00e9m\u00e9nager, \u00e9change de services,\u2026 : Il s\u2019agit de la seule forme l\u00e9gale et visible de l\u2019\u00e9conomie informelle m\u00eame si elle ne donne pas lieu \u00e0 d\u00e9claration.<\/li>\n<li>Des Tunisiens ou des non Tunisiens en situation irr\u00e9guli\u00e8re (des clandestins) qui travaillent dans des entreprises non d\u00e9clar\u00e9es (clandestines). Il s\u2019agit ici d\u2019une forme de banditisme ;<\/li>\n<li>Des clandestins ou des Tunisiens qui travaillent sans d\u00e9claration dans des entreprises d\u00e9clar\u00e9es ;<\/li>\n<li>Des heures suppl\u00e9mentaires non d\u00e9clar\u00e9es dans des entreprises d\u00e9clar\u00e9es ;<\/li>\n<li>Une part de la production non d\u00e9clar\u00e9e produite dans des entreprises d\u00e9clar\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>2\/ Le co\u00fbt pour l\u2019\u00e9conomie tunisienne de la dissimulation fiscale et de la fraude en cotisations sociales<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie informelle ill\u00e9gale cause \u00e0 l&rsquo;Etat tunisien un manque de recettes fiscales et cotisations sociales de 11,7 milliards de dinars, ce qui repr\u00e9sente presque 28,8% des 40,6 milliards du budget de l&rsquo;Etat de 2019.<\/p>\n<p>En effet, d&rsquo;apr\u00e8s le rapport de la Banque Centrale Tunisienne, les recettes fiscales en 2017 sont environ de 21 milliards de dinars (P.38); ce qui donne un taux de pression fiscale de 21,8% du PIB (P.26). Au total, le taux des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires (pressions fiscales + cotisations sociales) devrait \u00eatre aujourd\u2019hui aux alentours de 32% (25,5% en 1996 et 30,8% en 2013)<span class=\"c2\"><sup><strong>(1)<\/strong><\/sup><\/span> .<\/p>\n<p>On sait par ailleurs, d&rsquo;apr\u00e8s certains rapports d&rsquo;organisations internationales, que l&rsquo;\u00e9conomie informelle ill\u00e9gale repr\u00e9sente au minimum 38% du PIB<span class=\"c2\"><sup><strong>(2)<\/strong><\/sup><\/span> , soit un peu plus de 36,7 milliards de dinars<span class=\"c2\"><sup><strong>(3)<\/strong><\/sup><\/span> . Ainsi, le manque de recettes fiscales et de cotisations sociales pour l&rsquo;Etat avoisine les\u00a0 11,7 milliards<span class=\"c2\"><sup><strong>(4)<\/strong><\/sup><\/span>.<\/p>\n<p>Notre d\u00e9ficit budg\u00e9taire pour 2019 est de 4 milliards ; un d\u00e9ficit qui va \u00eatre combl\u00e9 par des emprunts \u00e0 des conditions tr\u00e8s contraignantes. Si la lutte contre l\u2019\u00e9conomie parall\u00e8le \u00e9tait s\u00e9rieusement men\u00e9e on aurait pu \u00e9viter de tomber sous l\u2019\u00e9gide des organisations internationales et des puissances occidentales. L\u2019endettement est une v\u00e9ritable \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s qui menace notre souverainet\u00e9. Aujourd\u2019hui, le ratio de notre dette publique par rapport \u00e0 notre produit int\u00e9rieur brut est d\u2019environ 75%.<\/p>\n<p>La lutte contre ce fl\u00e9au doit donc \u00eatre impitoyable car avec de telles recettes suppl\u00e9mentaires nous n&rsquo;aurons plus besoin, selon toute logique, d&#8217;emprunter de l&rsquo;ext\u00e9rieur et, mieux encore, la s\u00e9curit\u00e9 sociale comblera son d\u00e9ficit. La question est donc \u00e9minemment politique. 11,7 milliards, comme je l&rsquo;ai soulign\u00e9 plus haut, c&rsquo;est pr\u00e8s de 28,8% du budget de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Ezzeddine Ben Hamida<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Bibliographie:<\/strong><\/span><\/p>\n<ul>\n<li>Bou Ali M., Boussida S. et Brahem K. : \u00ab L\u2019\u00e9conomie non observ\u00e9e en Tunisie \u00bb, DT de l\u2019ITECEQ n\u00b059, juin 2017<\/li>\n<li>Centre des recherches et des \u00e9tudes sociales (CRES): \u00ab Protection sociale et \u00e9conomie informelle en Tunisie \u00bb, 2016.<\/li>\n<li>Revue Monde en d\u00e9veloppement : \u00ab L\u2019&rsquo;\u00e9conomie informelle dans les pays en d\u00e9veloppement : D\u00e9terminants, genre et dynamiques de l&#8217;emploi \u00bb, Tome 2,\u00a0 juin 2014.<\/li>\n<li>SBOUI F., \u00ab Le Secteur informel en Tunisie : \u00e9tat des lieux et recommandations \u00bb (2019), disponible en PDF sur internet.<\/li>\n<\/ul>\n<p><span class=\"c4\"><em>(1) Moufida SAHLI in Notes et analyses de l\u2019ITCEQ, N\u00b042, 2016.<br \/>(2) Selon les chiffres avanc\u00e9s par les autorit\u00e9s tunisiennes l\u2019\u00e9conomie informelle pourrait repr\u00e9senter pr\u00e8s de 38% du PIB. Cette part est estim\u00e9e \u00e0 53% par certaines instances internationales telles que la Banque Mondiale.<br \/>(3) Le PIB tunisien en 2017 est de 96,66 milliards de dinars..<br \/>(4) 36,7 milliards * 32% = 11,7 milliards.<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/27325-le-poids-de-l-economie-informelle-illegale-en-tunisie-un-manque-de-recettes-fiscales-et-cotisations-sociales-de-pres-de-12-milliards-de-dinars-pour-l-etat\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quel g\u00e2chis! Rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait dzns cette cette l\u00e9gislature pour mettre fin \u00e0 l\u2019\u00e9conomie informelle ill\u00e9gale. La probl\u00e9matique du poids de cette forme d\u2019\u00e9conomie parall\u00e8le fait de nouveau la \u00abUne des journaux\u00bb. 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