{"id":42026,"date":"2019-06-22T13:58:18","date_gmt":"2019-06-22T17:58:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tizi-ouzou-tirgwa-dath-ouabane-lun-des-plus-anciens-systemes-dirrigation-de-kabylie\/"},"modified":"2019-06-22T13:58:18","modified_gmt":"2019-06-22T17:58:18","slug":"tizi-ouzou-tirgwa-dath-ouabane-lun-des-plus-anciens-systemes-dirrigation-de-kabylie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tizi-ouzou-tirgwa-dath-ouabane-lun-des-plus-anciens-systemes-dirrigation-de-kabylie\/","title":{"rendered":"Tizi Ouzou: Tirgwa d&rsquo;Ath Ouabane, l&rsquo;un des plus anciens syst\u00e8mes d&rsquo;irrigation de Kabylie"},"content":{"rendered":"<div>\n<div class=\"K2FeedImage\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.aps.dz\/media\/k2\/items\/cache\/83578bae35023c9994b6c929e70a2d2c_S.jpg\" alt=\"Tizi Ouzou: Tirgwa d'Ath Ouabane, l'un des plus anciens syst\u00e8mes d'irrigation de Kabylie\"><\/div>\n<div class=\"K2FeedIntroText\">\n<p><strong>TIZI-OUZOU &#8211; Tirgwa, ou les canaux d&rsquo;irrigation d&rsquo;Ath Ouabane, un village cern\u00e9 de c\u00e8dres et enclav\u00e9 au creux d&rsquo;un ravin dans la montagne du Djurdjura dans la commune d&rsquo;Akbil (70 km au nord-est de Tizi-Ouzou), demeure l&rsquo;un des plus anciens syst\u00e8mes d&rsquo;irrigation de la r\u00e9gion de Kabylie auxquels les habitants ont toujours recours.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"K2FeedFullText\">\n<p>Construit de fa\u00e7on rudimentaire, cet ing\u00e9nieux syst\u00e8me d&rsquo;irrigation qui rappelle en partie les foggaras du sud alg\u00e9rien, permet d&rsquo;acheminer par gravitation, l&rsquo;eau de deux retenues dot\u00e9es chacune d&rsquo;une digue pour stocker l&rsquo;eau en hiver, vers des jardins potagers du village de 4.085 \u00e2mes.<\/p>\n<p>La plus importante retenue est situ\u00e9e dans la for\u00eat qui surplombe Ath Ouabane au lieudit Oulsous et l&rsquo;autre, plus proche du village, appel\u00e9e Essed, se trouve \u00e0 Timerdhemth. Une conduite principale part de ces retenues puis se ramifie en canaux secondaires vers les jardins.<\/p>\n<p>Les connexions entre la conduite principale et les canaux secondaires, qui arrosent les jardins, sont dot\u00e9es de regards qui permettent d&rsquo;ouvrir ou de fermer, au moyen de chiffons ou autres objets, l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;eau. Un planning de partage du pr\u00e9cieux liquide est mis en place par les villageois pour permettre \u00e0 chaque agriculteur de b\u00e9n\u00e9ficier de sa part d&rsquo;eau, a indiqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;APS un membre du comit\u00e9 du village d&rsquo;Ath Ouabane, Ibrahim Mohand Ouali.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 de village n&rsquo;intervient pas pour faire respecter le planning de r\u00e9partition de l&rsquo;eau, puisque c&rsquo;est les propri\u00e9taires des jardins qui y veillent. Une fois qu&rsquo;un cultivateur, ou plut\u00f4t une cultivatrice, puisque la culture maraich\u00e8re \u00e0 Ath Ouabane, comme partout en Kabylie, est une activit\u00e9 exclusivement f\u00e9minine, a re\u00e7u sont quota d&rsquo;eau, sa voisine ferme le regard qui alimente le jardin avec des chiffons, pour qu&rsquo;elle puisse recevoir l&rsquo;eau \u00e0 son tour.<\/p>\n<p>Aucun incident d\u00fb au non respect de la r\u00e9partition de l&rsquo;eau n&rsquo;a eu lieu ou n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 par nos anciens. Le programme d&rsquo;irrigation, qui est tr\u00e8s ancien et que nous n&rsquo;avons jamais modifi\u00e9, garantit une dotation en eau en fonction de la superficie de chaque jardin. Plus la parcelle est grande plus la dur\u00e9e d&rsquo;irrigation est prolong\u00e9e, ainsi la r\u00e9partition est \u00e9quitable et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune contestation\u00a0\u00bb, a t\u00e9moign\u00e9 M. Ouali.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bbTiririt n&rsquo;Trgwa\u00a0\u00bb ou le l\u00e2cher d&rsquo;eau vers les jardins, se fait le dernier vendredi du mois de mai de chaque ann\u00e9e. L&rsquo;\u00e9v\u00e8nement est une occasion pour les villageois de faire la f\u00eate et de partager un repas entre eux. Cette ann\u00e9e, en raison du mois de Ramadan, l&rsquo;ouverture de ce syst\u00e8me d&rsquo;irrigation n&rsquo;a eu lieu que le deuxi\u00e8me vendredi de juin, soit le 14 de ce mois, a expliqu\u00e9 le membre du comit\u00e9 de village.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>\u00a0\u00bbTafaska N&rsquo;trgwa\u00a0\u00bb ou partage d&rsquo;eau, une tradition qui c\u00e9l\u00e8bre la vie<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00bbAmane d&rsquo;Imane\u00a0\u00bb (l&rsquo;eau c&rsquo;est la vie) dit un proverbe amazigh. A Ath Ouabane ce vieil adage prend tout son sens, puisque piments, dont le c\u00e9l\u00e8bre \u00a0\u00bbIfelfel Aouavane\u00a0\u00bb (piment d&rsquo;Ath Ouabane), sp\u00e9cifique \u00e0 ce village et r\u00e9put\u00e9 pour son go\u00fbt exceptionnel, ma\u00efs, ails, oignons, tomates, pommes de terre, ainsi qu&rsquo;une riche vari\u00e9t\u00e9 de courges et d&rsquo;haricots, courgettes, fraises, cerises, figues, abricots poussent \u00e0 profusion dans ce village.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bbSi nous n&rsquo;avions pas d&rsquo;eau et surtout ces canaux d&rsquo;irrigation, qui sont un legs pr\u00e9cieux de nos a\u00efeux, il n&rsquo;y aurait pas autant de jardins dans le village, et l&rsquo;activit\u00e9 exigeante de maraichage aurait disparu depuis longtemps\u00a0\u00bb, ont soutenu de nombreux villageois rencontr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;occasion de la traditionnelle f\u00eate de \u00a0\u00bbTiririt n&rsquo;Trgwa\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;irrigation des jardins qui co\u00efncide avec l&rsquo;arriv\u00e9e de la saison chaude, commence g\u00e9n\u00e9ralement vers le mois de juin dans ce village qui se caract\u00e9rise, en raison de sa position dans un ravin, par un microclimat.<\/p>\n<p>Les saisons sont d\u00e9cal\u00e9es d&rsquo;une vingtaine de jours, selon les agriculteurs rencontr\u00e9s sur place. La f\u00eate ou \u00a0\u00bbTimchret\u00a0\u00bb qui accompagne cet \u00e9v\u00e9nement agricole est une f\u00eate de partage et de joie, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par des sacrifices pour la p\u00e9rennit\u00e9 de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Le jour du l\u00e2cher d&rsquo;eau d&rsquo;irrigation, les villageois d\u00e9butent leur journ\u00e9e d\u00e8s 5h du matin, a-t-on appris des habitants rencontr\u00e9s au niveau du site de d\u00e9roulement des festivit\u00e9s, abrit\u00e9es par le mausol\u00e9e du saint du village, Si Mhand Ouamrane. \u00a0\u00bbD\u00e8s le lever du jour des hommes se rendent aux deux barrages et retirent la digue faite de pierres et de troncs d&rsquo;arbres, qui emp\u00eache l&rsquo;eau de couler dans les canaux d&rsquo;irrigation, et \u00ab\u00a0Tigra\u00a0\u00bb qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement nettoy\u00e9s par des volontaires parmi les villageois, reprennent vie jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des pluies\u00a0\u00bb, ont expliqu\u00e9 MM. Ibrahim et Ouabed Jugurta.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les femmes arrivent vers le lieu o\u00f9 se d\u00e9roule Timchret, charg\u00e9es de mets traditionnels (couscous, beignets, petit lait, \u0153ufs durs, cr\u00eapes, th\u00e9, caf\u00e9, jus) qu&rsquo;elles avaient pr\u00e9alablement pr\u00e9par\u00e9 chez elles pour les partager avec les villageois et les visiteurs qui sont b\u00e9nis par des sages du village install\u00e9s sur une plate-forme qui domine le site. Et, ceux qui le souhaitent peuvent faire des dons.<\/p>\n<p>Pour la f\u00eate de cette ann\u00e9e, quatre veaux, dont deux achet\u00e9s par le village et deux autres offerts par des donateurs, ainsi que plusieurs agneaux ont \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9s. Les hommes se mobilisent pour faire des parts \u00e9quitables en s&rsquo;assurant que chacun des habitants ait une quantit\u00e9 \u00e9gale en pi\u00e8ces nobles. Les abats sont aussi r\u00e9partis alors que les t\u00eates et pieds des veaux sont vendus aux ench\u00e8res. \u00a0\u00bbLe prix grimpe souvent et parfois il atteint les 10 000 DA voir plus\u00a0\u00bb, s&rsquo;en amuse un jeune, ajoutant qu&rsquo;il s&rsquo;agit pourtant la partie la moins noble du veau. L&rsquo;argent de cette vente aux ench\u00e8res est vers\u00e9 dans la caisse du village, a indiqu\u00e9 pour sa part M. Ibrahim.<\/p>\n<p>Lors de Timchret, les hommes et les femmes mangent s\u00e9par\u00e9ment, ce qui offre \u00e0 la gent f\u00e9minine l&rsquo;occasion de faire la f\u00eate \u00e0 travers \u00a0\u00bbOurar\u00a0\u00bb en chantant et en dansant.<\/p>\n<p>Rencontr\u00e9 lors de l&rsquo;Ourar, Malika Ath Maamar, cultivatrice, a insist\u00e9 sur le fait que \u00ab\u00a0cette f\u00eate de l&rsquo;irrigation ne se r\u00e9sume pas au partage de viande. Sa port\u00e9e d\u00e9passe cet aspect puisque elle est organis\u00e9e pour apporter la Baraka (b\u00e9n\u00e9diction) \u00e0 notre village.<\/p>\n<p>Aussi, \u00a0\u00bbjardiner permet de disposer de l\u00e9gumes frais et de r\u00e9duire les d\u00e9penses sur le budget familial, elle est aussi une activit\u00e9 qui nous maintien en bonne sant\u00e9 physique et morale\u00a0\u00bb, a-t-elle ajout\u00e9.<\/p>\n<p>Farroudja, 50 ans, qui rentrait de son jardin portant sur son dos un jerricane de lait frais, regrette que les jeunes filles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui quittent le village pour \u00e9tudier ou travailler, ne puissent pas assurer la rel\u00e8ve. \u00a0\u00bb Il n y a que des femmes de mon \u00e2ge ou plus qui continuent \u00e0 faire vivre nos jardins qui font la r\u00e9putation de notre village et pour lesquels nous continuons de faire fonctionner notre syst\u00e8me d&rsquo;irrigation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.aps.dz\/regions\/90980-tizi-ouzou-tirgwa-d-ath-ouabane-l-un-des-plus-anciens-systemes-d-irrigation-de-kabylie\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TIZI-OUZOU &#8211; Tirgwa, ou les canaux d&rsquo;irrigation d&rsquo;Ath Ouabane, un village cern\u00e9 de c\u00e8dres et enclav\u00e9 au creux d&rsquo;un ravin dans la montagne du Djurdjura dans la commune d&rsquo;Akbil (70 km au nord-est de Tizi-Ouzou), demeure l&rsquo;un des plus anciens syst\u00e8mes d&rsquo;irrigation de la r\u00e9gion de Kabylie auxquels les habitants ont toujours recours. 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