{"id":42703,"date":"2019-06-26T10:00:35","date_gmt":"2019-06-26T14:00:35","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/enseignement-les-eleves-condamnes-a-subir-leur-heritage-social\/"},"modified":"2019-06-26T10:00:35","modified_gmt":"2019-06-26T14:00:35","slug":"enseignement-les-eleves-condamnes-a-subir-leur-heritage-social","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/enseignement-les-eleves-condamnes-a-subir-leur-heritage-social\/","title":{"rendered":"Enseignement: Les \u00e9l\u00e8ves condamn\u00e9s \u00e0 subir leur h\u00e9ritage social"},"content":{"rendered":"<div readability=\"38\">\n<p>Au lieu d\u2019effacer les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019origine, l\u2019\u00e9cole les reproduit<\/p>\n<p>Les enfants \u00e9voluent dans des mondes \u00e9ducatifs parall\u00e8les<\/p>\n<p>Les ruraux et les enfants handicap\u00e9s, les plus discrimin\u00e9s<\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"96\">\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"40\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/mobile.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/enseignement_heritage_social_5542.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"enseignement_heritage_social_5542.jpg\" title=\"enseignement_heritage_social_5542.jpg\"\/><\/div>\n<p>A peine 8% des \u00e9l\u00e8ves marocains sont scolaris\u00e9s dans des \u00e9coles en \u00e9quilibre social, alors que la moyenne internationale est de 33%. La mixit\u00e9 sociale est en recul permanent dans les \u00e9tablissements. Les enfants de milieux d\u00e9favoris\u00e9s, majoritaires, se retrouvent entre eux dans une \u00e9cole publique \u00e0 faible rendement. Ceux de parents ais\u00e9s se retrouvent aussi entre eux, dans des syst\u00e8mes priv\u00e9s, plus divers et plus performants\u00a0 \u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">A l\u2019\u00e9cole publique, l\u2019appartenance sociale p\u00e8se bien trop lourd dans le parcours scolaire des \u00e9l\u00e8ves. Or, le r\u00f4le de l\u2019\u00e9cole est, justement, de\u00a0 gommer les in\u00e9galit\u00e9s de d\u00e9part et de permettre aux enfants d\u2019\u00e9voluer, peu importe leur origine sociale. Au lieu d\u2019octroyer les m\u00eames chances \u00e0 ses usagers, \u00e0 travers un enseignement de qualit\u00e9 ouvert \u00e0 tous, d\u2019\u00eatre un ascenseur\u2026 elle s\u2019est transform\u00e9e en machine \u00e0 reproduction sociale. Ce qui y d\u00e9termine la r\u00e9ussite ce n\u2019est pas le m\u00e9rite, ce sont les conditions mat\u00e9rielles des parents.<br \/>Plusieurs \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019\u00e9cole marocaine figure parmi les plus in\u00e9galitaires au monde. \u00abLes jeunes Marocains vivent d\u00e9sormais dans des mondes \u00e9ducatifs parall\u00e8les, d\u00e9limit\u00e9s par la capacit\u00e9 financi\u00e8re de leur famille\u00bb, rel\u00e8ve la Banque mondiale, dans son m\u00e9morandum sur le Maroc, publi\u00e9 en 2017. Dans les enqu\u00eates internationales \u00e9valuant les acquis des enfants en maths et sciences, lecture et compr\u00e9hension, TIMSS et PIRLS, les disparit\u00e9s sont patentes. Le groupe des 10% des meilleurs d\u00e9crochent des scores 2,5 fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux des 10% les moins performants, alors que la moyenne internationale est de 1,5 fois seulement. Le gap entre les deux est trop important. G\u00e9n\u00e9ralement, ceux qui s\u2019en sortent le mieux sont issus de familles ais\u00e9es et instruites. Ils b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un soutien scolaire, d\u2019outils informatiques, d\u2019un transport scolaire, d\u2019une biblioth\u00e8que \u00e0 la maison\u2026 Sont expos\u00e9s \u00e0 des langues \u00e9trang\u00e8res au quotidien, pratiquent des activit\u00e9s parascolaires\u2026 Contrairement \u00e0 leurs camarades appartenant \u00e0 des couches d\u00e9favoris\u00e9es.\u00a0 \u00a0 \u00a0<br \/>Les r\u00e9sultats de la derni\u00e8re enqu\u00eate TIMSS (2016) prouve bien que l\u2019origine sociale des \u00e9l\u00e8ves est d\u00e9terminante dans les \u00e9coles marocaines. Les enfants de 4e ann\u00e9e du primaire scolaris\u00e9s dans des \u00e9tablissements o\u00f9 les classes ais\u00e9es sont dominantes r\u00e9alisent des scores sup\u00e9rieurs de 77 points en math\u00e9matiques et de 100 points en sciences. Et plus le grade professionnel du p\u00e8re est \u00e9lev\u00e9, plus les r\u00e9sultats sont importants.\u00a0<br \/>Les in\u00e9galit\u00e9s sont, \u00e9galement, par milieu de r\u00e9sidence et par sexe. Dans son enqu\u00eate sur les acquis des \u00e9l\u00e8ves (PNEA), le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation rel\u00e8ve le gouffre entre les mondes urbain et rural. Les urbains de 15 ans et plus restent \u00e0 l\u2019\u00e9cole en moyenne 7,13 ann\u00e9es, contre seulement 3,24 ans pour leurs homologues ruraux. Pour les gar\u00e7ons, la moyenne est de 6,52 ans. Elle chute \u00e0 4,8 ans pour les filles. Les enfants handicap\u00e9s sont encore plus discrimin\u00e9s. Leur taux de scolarisation en ville est de seulement 49,5%, contre 32,9% en milieu rural. Les petites filles handicap\u00e9es sont quasi exclues, avec un taux de scolarisation d\u2019\u00e0 peine 29,1%.\u00a0\u00a0<br \/>Trop d\u2019injustices au sein de l\u2019\u00e9cole marocaine. \u00abL\u2019\u00e9cole, dont la mission est pr\u00e9cis\u00e9ment de favoriser la promotion sociale de l\u2019individu, reproduit les in\u00e9galit\u00e9s \u00e0 travers une \u00e9ducation non inclusive et non \u00e9quitable\u00bb, d\u00e9plore le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, dans son rapport: \u00abUne \u00e9cole de justice sociale\u00bb. Le syst\u00e8me est d\u00e9sormais scind\u00e9 en deux: un, gratuit et totalement d\u00e9faillant, et un deuxi\u00e8me payant et plus avantageux.\u00a0<br \/>Le projet avort\u00e9 d\u2019\u00e9tablissements d\u2019excellence (voir article pr\u00e9c\u00e9dent), pr\u00f4n\u00e9 par le Plan d\u2019urgence, aurait pu permettre \u00e0 quelques \u00e9l\u00e8ves m\u00e9ritants issus de milieux d\u00e9munis d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une offre de qualit\u00e9 gratuite. Une offre leur permettant de s\u2019en sortir mieux que leurs parents et d\u2019am\u00e9liorer leur condition, en attendant une r\u00e9forme globale qui peine \u00e0 se concr\u00e9tiser.\u00a0<\/p>\n<blockquote readability=\"21\">\n<p class=\"rtecenter\"><strong><span class=\"c6\">Gaspillage de capital humain\u00a0 \u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Impuissante devant ses d\u00e9faillances, l\u2019\u00e9cole marocaine \u00abse r\u00e9gule par le rejet\u00bb, selon le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation. Chaque ann\u00e9e, des centaines de milliers d\u2019\u00e9l\u00e8ves la quittent. De 2000 \u00e0 2018, plus de 6 millions d\u2019enfants l\u2019ont abandonn\u00e9e. Un \u00e9norme g\u00e2chis. L\u2019indice du capital humain de la Banque mondiale, d\u00e9voil\u00e9 en octobre dernier, a \u00e9valu\u00e9 la perte de capital humain au Maroc, en raison d\u2019insuffisances en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation et de sant\u00e9. Le d\u00e9ficit est de 50%. En d\u2019autres termes, un enfant n\u00e9 aujourd\u2019hui se voit priv\u00e9 de la moiti\u00e9 de son capital humain \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. De son c\u00f4t\u00e9, le Pnud, estime le potentiel gaspill\u00e9 \u00e0 cause des in\u00e9galit\u00e9s en \u00e9ducation au Maroc \u00e0 45,8%.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: mbasraoui<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1046880-enseignement-les-eleves-condamnes-subir-leur-heritage-social\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au lieu d\u2019effacer les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019origine, l\u2019\u00e9cole les reproduit Les enfants \u00e9voluent dans des mondes \u00e9ducatifs parall\u00e8les Les ruraux et les enfants handicap\u00e9s, les plus discrimin\u00e9s A peine 8% des \u00e9l\u00e8ves marocains sont scolaris\u00e9s dans des \u00e9coles en \u00e9quilibre social, alors que la moyenne internationale est de 33%. La mixit\u00e9 sociale est en recul permanent [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1763,"featured_media":42704,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[78,54],"tags":[],"class_list":["post-42703","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1763"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42703"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42703\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42703"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42703"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}