{"id":42913,"date":"2019-06-27T06:00:00","date_gmt":"2019-06-27T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-conjoncture-politico-financiere-defavorable\/"},"modified":"2019-06-27T06:00:00","modified_gmt":"2019-06-27T10:00:00","slug":"la-conjoncture-politico-financiere-defavorable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-conjoncture-politico-financiere-defavorable\/","title":{"rendered":"La conjoncture politico-financi\u00e8re d\u00e9favorable"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"119\">\n<p>L\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne est-elle encore en mesure de cr\u00e9er de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la croissance est en berne, les tensions financi\u00e8res plus que jamais vives et les incertitudes politiques font reculer l\u2019embauche et l\u2019acte d\u2019investir ? Dans ses derni\u00e8res pr\u00e9visions de croissance pour l\u2019Alg\u00e9rie, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a dit s\u2019attendre \u00e0 une croissance de 2,3% en 2019, nettement moins que ses pr\u00e9c\u00e9dentes pr\u00e9visions qui la situaient \u00e0 2,7%. La cons\u00e9quence directe est que le ch\u00f4mage devrait repartir \u00e0 la hausse d\u00e8s cette ann\u00e9e ; il devrait progresser \u00e0 12,6% cette ann\u00e9e et \u00e0 13,7% en 2020, contre 11,7% en 2018. Son institution jumelle, la Banque mondiale, s\u2019est, quant \u00e0 elle, montr\u00e9e plus pessimiste dans son dernier rapport sur l\u2019Alg\u00e9rie.\u00a0<\/p>\n<p>Cette institution a indiqu\u00e9 en janvier dernier que la croissance alg\u00e9rienne s\u2019essoufflera pour tomber \u00e0 2,3% cette ann\u00e9e et \u00e0 1,8% en 2020 et en 2021. Les retomb\u00e9es directes sur l\u2019emploi seront catastrophiques et devraient affecter essentiellement les cat\u00e9gories jeunes et femmes. Ces groupes de population affichent les plus forts taux de ch\u00f4mage avec, au tableau, 19,4% chez les femmes et 29,1% chez les 16-24 ans. Chez les jeunes (16-24 ans), le ch\u00f4mage a progress\u00e9 de 2,7 points de pourcentage depuis avril 2018. Cependant, entre avril 2017 et septembre 2018, l\u2019\u00e9conomie a d\u00e9truit plus d\u2019emplois qu\u2019elle en a cr\u00e9\u00e9s. En t\u00e9moignent les donn\u00e9es officielles de l\u2019Office national des statistiques (ONS) qui, faut-il le rappeler, avait situ\u00e9 le taux de ch\u00f4mage en Alg\u00e9rie \u00e0 12,3% en avril 2017 contre 10,5% en septembre 2016.\u00a0<\/p>\n<p>Cette hausse de 1,8% correspond \u00e0 une population de 160 000 personnes en qu\u00eate d\u2019emploi, puisqu\u2019en avril 2017, le nombre de la population active a atteint 12,277 millions de personnes contre 12,117 millions en septembre 2016. Le taux de ch\u00f4mage a, en revanche, baiss\u00e9 \u00e0 11,1% en avril 2018 contre 11,7% en septembre 2017, soit une baisse de 0,6 point entre les deux p\u00e9riodes, correspondant \u00e0 128 000 postes d\u2019emploi cr\u00e9\u00e9s. Le taux de ch\u00f4mage a, n\u00e9anmoins, rebondi \u00e0 11,7% \u00e0 septembre 2018, effa\u00e7ant ainsi les 128 000 emplois cr\u00e9\u00e9s entre avril et septembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Cette arithm\u00e9tique fait ressortir un nombre de 160 000 emplois d\u00e9truits entre avril 2017 et septembre 2018.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Sombres perspectives\u00a0<\/strong><br \/>Les perspectives pour 2019 et les ann\u00e9es \u00e0 venir sont plut\u00f4t sombres. Outre cette croissance l\u00e9thargique qui peine \u00e0 offrir des d\u00e9bouch\u00e9s aux milliers de personnes en qu\u00eate d\u2019emploi, la Fonction publique ne parvient plus, autant que par le pass\u00e9, \u00e0 offrir des emplois stables, alors que les recrutements dans l\u2019\u00e9ducation et la sant\u00e9 ne compensent pas les d\u00e9parts, plus nombreux. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es marqu\u00e9es par des coupes drastiques dans le budget d\u2019\u00e9quipement (2016-2017), le revirement budg\u00e9taire en 2018 en faveur de la croissance et de l\u2019emploi a provoqu\u00e9 l\u2019effet inverse.<\/p>\n<p>Il est peu probable que cette m\u00eame politique, reconduite pour 2019, ne puisse d\u00e9boucher sur un rebond de croissance et des cr\u00e9ations d\u2019emplois, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les incertitudes politiques font reculer le plus z\u00e9l\u00e9 parmi les investisseurs. Pis encore, la r\u00e9vision \u00e0 mi-chemin de la trajectoire budg\u00e9taire, en r\u00e9visant \u00e0 la baisse les d\u00e9penses d&rsquo;investissement (-28%) durant le premier trimestre 2019, entra\u00eenera un nouveau repli de la croissance, lequel trou d\u2019air entra\u00eenera \u00e0 son tour un rebond net du taux de ch\u00f4mage ; l\u2019\u00c9tat \u00e9tant le principal employeur et la commande publique faisant l\u2019essentiel de la croissance \u00e9conomique de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019employeur priv\u00e9 se voit, quant \u00e0 lui, entra\u00een\u00e9 dans un long tunnel o\u00f9 les perspectives ne sont point claires et ne plaident plus en faveur de l\u2019entrepreneuriat, alors que les risques sur l\u2019investissement n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi pesants. Le moral des patrons priv\u00e9s s\u2019effrite. La confiance dans l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne a encore recul\u00e9 avec l\u2019impasse politique et les proc\u00e8s faits \u00e0 quelques patrons et \u00e0 certaines activit\u00e9s.\u00a0La m\u00e9thode r\u00e9pressive choisie par les tenants du pouvoir ne fait que ternir davantage l\u2019image d\u2019un pays dont le climat des affaires est des plus repoussants.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Ali Titouche<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"119\">\n<p>L\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne est-elle encore en mesure de cr\u00e9er de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la croissance est en berne, les tensions financi\u00e8res plus que jamais vives et les incertitudes politiques font reculer l\u2019embauche et l\u2019acte d\u2019investir ? Dans ses derni\u00e8res pr\u00e9visions de croissance pour l\u2019Alg\u00e9rie, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a dit s\u2019attendre \u00e0 une croissance de 2,3% en 2019, nettement moins que ses pr\u00e9c\u00e9dentes pr\u00e9visions qui la situaient \u00e0 2,7%. La cons\u00e9quence directe est que le ch\u00f4mage devrait repartir \u00e0 la hausse d\u00e8s cette ann\u00e9e ; il devrait progresser \u00e0 12,6% cette ann\u00e9e et \u00e0 13,7% en 2020, contre 11,7% en 2018. Son institution jumelle, la Banque mondiale, s\u2019est, quant \u00e0 elle, montr\u00e9e plus pessimiste dans son dernier rapport sur l\u2019Alg\u00e9rie.\u00a0<\/p>\n<p>Cette institution a indiqu\u00e9 en janvier dernier que la croissance alg\u00e9rienne s\u2019essoufflera pour tomber \u00e0 2,3% cette ann\u00e9e et \u00e0 1,8% en 2020 et en 2021. Les retomb\u00e9es directes sur l\u2019emploi seront catastrophiques et devraient affecter essentiellement les cat\u00e9gories jeunes et femmes. Ces groupes de population affichent les plus forts taux de ch\u00f4mage avec, au tableau, 19,4% chez les femmes et 29,1% chez les 16-24 ans. Chez les jeunes (16-24 ans), le ch\u00f4mage a progress\u00e9 de 2,7 points de pourcentage depuis avril 2018. Cependant, entre avril 2017 et septembre 2018, l\u2019\u00e9conomie a d\u00e9truit plus d\u2019emplois qu\u2019elle en a cr\u00e9\u00e9s. En t\u00e9moignent les donn\u00e9es officielles de l\u2019Office national des statistiques (ONS) qui, faut-il le rappeler, avait situ\u00e9 le taux de ch\u00f4mage en Alg\u00e9rie \u00e0 12,3% en avril 2017 contre 10,5% en septembre 2016.\u00a0<\/p>\n<p>Cette hausse de 1,8% correspond \u00e0 une population de 160 000 personnes en qu\u00eate d\u2019emploi, puisqu\u2019en avril 2017, le nombre de la population active a atteint 12,277 millions de personnes contre 12,117 millions en septembre 2016. Le taux de ch\u00f4mage a, en revanche, baiss\u00e9 \u00e0 11,1% en avril 2018 contre 11,7% en septembre 2017, soit une baisse de 0,6 point entre les deux p\u00e9riodes, correspondant \u00e0 128 000 postes d\u2019emploi cr\u00e9\u00e9s. Le taux de ch\u00f4mage a, n\u00e9anmoins, rebondi \u00e0 11,7% \u00e0 septembre 2018, effa\u00e7ant ainsi les 128 000 emplois cr\u00e9\u00e9s entre avril et septembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Cette arithm\u00e9tique fait ressortir un nombre de 160 000 emplois d\u00e9truits entre avril 2017 et septembre 2018.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Sombres perspectives\u00a0<\/strong><br \/>Les perspectives pour 2019 et les ann\u00e9es \u00e0 venir sont plut\u00f4t sombres. Outre cette croissance l\u00e9thargique qui peine \u00e0 offrir des d\u00e9bouch\u00e9s aux milliers de personnes en qu\u00eate d\u2019emploi, la Fonction publique ne parvient plus, autant que par le pass\u00e9, \u00e0 offrir des emplois stables, alors que les recrutements dans l\u2019\u00e9ducation et la sant\u00e9 ne compensent pas les d\u00e9parts, plus nombreux. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es marqu\u00e9es par des coupes drastiques dans le budget d\u2019\u00e9quipement (2016-2017), le revirement budg\u00e9taire en 2018 en faveur de la croissance et de l\u2019emploi a provoqu\u00e9 l\u2019effet inverse.<\/p>\n<p>Il est peu probable que cette m\u00eame politique, reconduite pour 2019, ne puisse d\u00e9boucher sur un rebond de croissance et des cr\u00e9ations d\u2019emplois, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les incertitudes politiques font reculer le plus z\u00e9l\u00e9 parmi les investisseurs. Pis encore, la r\u00e9vision \u00e0 mi-chemin de la trajectoire budg\u00e9taire, en r\u00e9visant \u00e0 la baisse les d\u00e9penses d&rsquo;investissement (-28%) durant le premier trimestre 2019, entra\u00eenera un nouveau repli de la croissance, lequel trou d\u2019air entra\u00eenera \u00e0 son tour un rebond net du taux de ch\u00f4mage ; l\u2019\u00c9tat \u00e9tant le principal employeur et la commande publique faisant l\u2019essentiel de la croissance \u00e9conomique de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019employeur priv\u00e9 se voit, quant \u00e0 lui, entra\u00een\u00e9 dans un long tunnel o\u00f9 les perspectives ne sont point claires et ne plaident plus en faveur de l\u2019entrepreneuriat, alors que les risques sur l\u2019investissement n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi pesants. Le moral des patrons priv\u00e9s s\u2019effrite. La confiance dans l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne a encore recul\u00e9 avec l\u2019impasse politique et les proc\u00e8s faits \u00e0 quelques patrons et \u00e0 certaines activit\u00e9s.\u00a0La m\u00e9thode r\u00e9pressive choisie par les tenants du pouvoir ne fait que ternir davantage l\u2019image d\u2019un pays dont le climat des affaires est des plus repoussants.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Ali Titouche<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/actualite\/la-conjoncture-politico-financiere-defavorable-318727\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne est-elle encore en mesure de cr\u00e9er de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la croissance est en berne, les tensions financi\u00e8res plus que jamais vives et les incertitudes politiques font reculer l\u2019embauche et l\u2019acte d\u2019investir ? Dans ses derni\u00e8res pr\u00e9visions de croissance pour l\u2019Alg\u00e9rie, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a dit s\u2019attendre \u00e0 une croissance [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1742,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-42913","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42913","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1742"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42913"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42913\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42913"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42913"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42913"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}