{"id":43280,"date":"2019-06-28T03:19:02","date_gmt":"2019-06-28T07:19:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/deplaces-internes-dans-le-centre-nord-chemin-de-croix-pour-la-survie\/"},"modified":"2019-06-28T03:19:02","modified_gmt":"2019-06-28T07:19:02","slug":"deplaces-internes-dans-le-centre-nord-chemin-de-croix-pour-la-survie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/deplaces-internes-dans-le-centre-nord-chemin-de-croix-pour-la-survie\/","title":{"rendered":"D\u00e9plac\u00e9s internes dans le Centre-Nord:  Chemin de croix pour la survie"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\" readability=\"32\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace1.gif?fit=787%2C525&#038;ssl=1\" data-caption=\"Les d\u00e9plac\u00e9s \u00e9rigent des abris de fortune dans leurs localit\u00e9s d\u2019accueil.\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"464\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace1.gif?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"deplace1\"\/><\/a>Les d\u00e9plac\u00e9s \u00e9rigent des abris de fortune dans leurs localit\u00e9s d\u2019accueil.<\/div>\n<p><strong>Les attaques terroristes au Burkina Faso ont occasionn\u00e9 des d\u00e9plac\u00e9s dans diverses localit\u00e9s. A Kaya, dans la province du Sanmatenga, plus de 6 000 personnes y ont trouv\u00e9 refuge aupr\u00e8s des communaut\u00e9s h\u00f4tes ou sur des sites de fortune. Reportage !<\/strong><\/p>\n<p>Le jour vient de se lever au secteur n\u00b04 de la ville de Kaya. Hamad\u00e9 Ou\u00e9draogo a encore pass\u00e9 une nuit cauchemardesque, \u00e0 la belle \u00e9toile. Sa petite cour d\u2019\u00e0-peine 100 m\u00e8tres carr\u00e9s grouille de monde. Les gamins courent dans tous les sens. 20, 25, 30\u2026, difficile de les d\u00e9nombrer. Le regard interrogateur de Hamad\u00e9 est braqu\u00e9 sur des femmes, assises \u00e0 m\u00eame le sol. Celles-ci scrutent une marmite fumante, \u00e0 proximit\u00e9 des toilettes.<\/p>\n<p>Les odeurs naus\u00e9abondes ne les d\u00e9rangent gu\u00e8re. C\u2019est, peut-\u00eatre, le seul repas quotidien en pr\u00e9paration. L\u2019air pensif, Hamad\u00e9 ne se soucie pas des va-et-vient des bambins. \u00abJe me demande comment je vais m\u2019occuper de toutes ces personnes \u00e0 ma charge\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te le quinquag\u00e9naire Ou\u00e9draogo \u00e0 la barbichette blanche. Sous la menace terroriste, ce p\u00e8re de famille a \u00e9t\u00e9 contraint de fuir avec les siens, Silmadjo, village de la commune de Bouroum, dans la province du Namentenga, sans bagage.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le sauve-qui-peut ! Les forces terroristes y ont pris pour cible les populations civiles, br\u00fbl\u00e9 leurs maisons et greniers. Le cheptel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9. La famille Ou\u00e9draogo s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e dans la brousse. Mais l\u2019ombre de la mort plane encore sur eux. Apr\u00e8s trois jours de marche, la nuit, \u00e0 la merci des reptiles, des insectes, elle arrive \u00e0 quitter Silmadjo. Gr\u00e2ce \u00e0 un bienfaiteur, Ladji, M. Ou\u00e9draogo a trouv\u00e9 un abri provisoire au secteur n\u00b04 de Kaya avec sa femme et ses cinq enfants.<\/p>\n<p>\u00abJe me suis enfui aussi, avec les trois femmes de mes fr\u00e8res et leurs 30 enfants\u00bb, explique-t-il, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Ladji a accept\u00e9 de loger ce beau monde dans sa maisonnette en banco d\u2019\u00e0-peine 40 m\u00e8tres carr\u00e9s, sans fen\u00eatre. Dans ces conditions, il est difficile de pr\u00e9server leur intimit\u00e9. Une bicoque pour 40 personnes Dans la bicoque, les murs sont fissur\u00e9s. Pas de places pour tous les 40 rescap\u00e9s des tueries de Silmadjo. \u00abIci, tous ne peuvent pas dormir. Il n\u2019y a pas de place\u00bb, lance le vieux Ou\u00e9draogo. La nuit tomb\u00e9e, certains dorment \u00e0 la belle \u00e9toile. \u00abOn n\u2019a pas le choix\u00bb, regrette le d\u00e9plac\u00e9. De leur \u00abcachette\u00bb \u00e0 Kaya, ces d\u00e9plac\u00e9s essaient, tant bien que mal, de reconstruire leur vie.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9824\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace2.gif?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace2.gif?resize=300%2C200&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace2.gif?resize=768%2C512&#038;ssl=1 768w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace2.gif?resize=696%2C464&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace2.gif?resize=630%2C420&#038;ssl=1 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Pour cette famille, le confort importe peu, l\u2019essentiel \u00e9tant d\u2019avoir un toit et \u00e0 manger.<\/p>\n<p>Assurer la pitance quotidienne de sa ribambelle d\u2019enfants est devenu une \u00e9quation \u00e0 multiples inconnues pour Hamad\u00e9. \u00abC\u2019est Ladji qui nous donne \u00e0 manger. Nous ne savons pas comment le remercier\u00bb, susurre-t-il. A Kaya, les jours se suivent et se ressemblent pour cette famille : compter sur le bon samaritain Ladji, pour manger \u00e0 sa faim. Pas d\u2019activit\u00e9s, pas le moindre kopeck ! Tous peinent \u00e0 vivre. Les yeux rouges, la nuit a \u00e9t\u00e9 difficile pour Issa Ou\u00e9draogo, un autre d\u00e9plac\u00e9. Fatigu\u00e9, il cherche \u00e0 manger, mais il n\u2019y a rien \u00e0 se mettre sous la dent.<\/p>\n<p>La faim l\u2019a contraint \u00e0 quitter sa couchette \u00e0 un jet de pierre du refuge familial. \u00abNous sommes nombreux dans la cour. C\u2019est pourquoi, je vais dormir dans la maison inachev\u00e9e juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00bb, lance, le visage renfrogn\u00e9e, cet \u00e9l\u00e8ve de 6e, qui n\u2019a pas pu achever son ann\u00e9e scolaire, \u00e0 cause de la menace terroriste. M\u00eame si la faim le tenaille au quotidien, son v\u0153u le plus cher est le retour de la paix au pays des Hommes int\u00e8gres.<\/p>\n<p>Les attaques terroristes ont pouss\u00e9 certaines personnes \u00e0 se d\u00e9placer vers des endroits plus s\u00e9curis\u00e9s. D\u2019autres ont quitt\u00e9 leurs villages de fa\u00e7on pr\u00e9ventive, de peur d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9s. Safoura Kontogomd\u00e9, au teint d\u2019\u00e9b\u00e8ne, a pass\u00e9 deux jours en brousse. Le foulard impeccablement nou\u00e9 \u00e0 la t\u00eate, son gar\u00e7onnet et elle doivent leur salut \u00e0 leurs jambes. \u00abPlusieurs personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es sous nos yeux. Nous n\u2019avons m\u00eame pas pu les inhumer. On a tous fui\u00bb, t\u00e9moigne la jeune m\u00e8re encore sous le choc.<\/p>\n<p>Au secteur n\u00b04, o\u00f9 elle vit avec ses cinq enfants, elle se demande de quoi demain sera fait. Elle est oblig\u00e9e de parcourir plus de deux kilom\u00e8tres pour avoir de l\u2019eau potable. A\u00efdara Ou\u00e9draogo, un enfant ch\u00e9tif de deux ans, pleure sans cesse. Ass\u00e9ta Ou\u00e9draogo, sa m\u00e8re, a du mal \u00e0 le calmer. Le corps chaud, le petit souffre de la diarrh\u00e9e. La nourriture de fortune pour r\u00e9sister \u00e0 la faim durant leur fuite a caus\u00e9 sa maladie.<\/p>\n<p>Dans le brouhaha des gamins, nous prenons cong\u00e9 des Ou\u00e9draogo. Nous partons \u00e0 la rencontre d\u2019autres d\u00e9plac\u00e9s. Une porte b\u00e9ante attire notre attention, dans le secteur n\u00b04. A l\u2019int\u00e9rieur, des adolescents s\u2019affairent \u00e0 dresser une hutte. Pleins de vie, les bambins courent dans tous les sens. Les femmes s\u2019activent \u00e0 laver le petit mil re\u00e7u de leur bienfaiteur, Amidou Zor\u00e9. Dans leur \u00abcamp\u00bb de d\u00e9plac\u00e9s, on d\u00e9nombre plus de 25 enfants de 0 \u00e0 6 ans.<\/p>\n<p>\u00abChacun apporte sa contribution pour construire cette demeure pour qu\u2019on puisse tous s\u2019abriter\u00bb, explique Ado Sawadogo, le doyen, qui a fui Belhota, village situ\u00e9 \u00e0 quelques encablures d\u2019Arbinda, dans le Soum. 50 kg de riz en trois jours Apr\u00e8s deux jours de marche, raconte-t-il, lui et les siens sont arriv\u00e9s \u00e0 Kaya, leur \u00abterre promise\u00bb, laissant derri\u00e8re eux, tous leurs biens.<\/p>\n<p>Le vieux Sawadogo a eu le gite et le couvert, gr\u00e2ce \u00e0 son oncle enseignant qui a accept\u00e9 de l\u2019h\u00e9berger avec ses quatre femmes, deux belles-filles, ses 23 enfants et 27 petits-fils. Depuis trois jours, ils ont int\u00e9gr\u00e9 une maisonnette avec leurs bagages. Pas assez de nattes et de couvertures. \u00abLa maisonnette ne peut contenir que sept \u00e0 huit personnes\u00bb, dit-il, l\u2019air d\u00e9pit\u00e9. Le quinquag\u00e9naire Sawadogo l\u00e2che : \u00abNous devons notre survie \u00e0 mon oncle et \u00e0 nos voisins. On avait des maisons, \u00e0 manger, des habits, mais aujourd\u2019hui, plus rien. Quatre de mes enfants sont tomb\u00e9s malades.<\/p>\n<p>C\u2019est mon oncle qui les a conduits \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour assurer leurs soins\u00bb, confie-t-il. Amidou Zor\u00e9, enseignant \u00e0 Nasser\u00e9, dans la commune de Boussouma, a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas fermer ses portes aux siens. Outre Ado Sawadogo, il a accueilli 47 autres d\u00e9plac\u00e9s, venus de Silmagu\u00e9, Wapassi et Zinb\u00e9ogo. Il a d\u00e9cid\u00e9 de partager leurs souffrances. \u00abJ\u2019ai sollicit\u00e9 la cour inoccup\u00e9e de mon voisin pour les loger. Je ne peux pas renier mes parents\u00bb, soutient l\u2019enseignant. Assurer leur pitance quotidienne est un v\u00e9ritable casse-t\u00eate pour lui.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9825\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=300%2C186&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"186\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=300%2C186&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=768%2C476&#038;ssl=1 768w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=356%2C220&#038;ssl=1 356w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=696%2C432&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/deplace3.gif?resize=677%2C420&#038;ssl=1 677w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Dans ces huttes, les d\u00e9plac\u00e9s de Pampa ne sont pas \u00e0 l\u2019abri des dangers.<\/p>\n<p>\u00abAvec leur nombre, un sac de riz de 50 kg est consomm\u00e9 en trois jours\u00bb, relate Zor\u00e9. Des lendemains incertains La r\u00e9currence des attaques terroristes dans le Sahel et le Centre-Nord a provoqu\u00e9 de nouveaux d\u00e9plac\u00e9s et des besoins humanitaires. Ce mardi 19 juin 2019, il est 11h20 mn. Le ciel nuageux commence \u00e0 faire place aux rayons de soleil. Un attroupement de personnes autour de Luc Bamogo attire notre attention.<\/p>\n<p>Stylo en main, celui-ci a le regard riv\u00e9 sur sa fiche de recensement des d\u00e9plac\u00e9s internes de la commune de Kaya. Etudiant au centre universitaire polytechnique de Kaya et volontaire de circonstance, Luc est fils de d\u00e9plac\u00e9s. Il fait le m\u00eame travail que le conseiller municipal Marc Baguian du secteur n\u00b04, charg\u00e9 de recenser les rescap\u00e9s du Sahel et du Centre-Nord. \u00abPar jour, je r\u00e9cence au moins 50 m\u00e9nages. Souvent, des chefs de famille viennent d\u00e9clarer 20 personnes, voire plus\u00bb, relate le jeune b\u00e9n\u00e9vole.<\/p>\n<p>A notre passage, la commune enregistrait 6799 d\u00e9plac\u00e9s internes. A Kaya, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un camp de d\u00e9plac\u00e9s, des habitants accueillent des sans-abri. Sous la tutelle de parents, amis, connaissances ou d\u2019un bon samaritain, les fuyards tentent de se refaire une nouvelle vie, loin des bruits des kalachnikovs. Julien Sawadogo, cultivateur de 25 ans, vient de se faire enr\u00f4ler avec ses trois femmes et 13 enfants, m\u00eame s\u2019il dit ignorer \u00e0 quoi cela servira. Arriv\u00e9, il y a \u00e0 peine trois jours de Foub\u00e9-Boll\u00e9, dans le Namentenga, l\u2019assassinat de Moussa Ler\u00e9, son tuteur, l\u2019a contraint \u00e0 fuir.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui, que j\u2019ai eu la terre pour cultiver, mais il a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9. Craignant d\u2019\u00eatre les prochaines victimes, nous avons quitt\u00e9 la zone\u00bb, relate l\u2019infortun\u00e9. Dans la \u00abcit\u00e9 des brochettes au koura-koura\u00bb, son logeur, le ma\u00e7on Issa Sawadogo (nom d\u2019emprunt), s\u2019occupe d\u2019eux. Mais pour combien de temps ? Il hausse la t\u00eate avant de confier : \u00abJe ne sais vraiment pas. Quel que soit le m\u00e9tier, je suis pr\u00eat \u00e0 l\u2019exercer pour m\u2019occuper des miens\u00bb. Plus d\u2019humanisme Comme plusieurs t\u00e9moins des exactions des terroristes, Nazinigba Sawadogo a trouv\u00e9 refuge, depuis le 16 juin dernier, au secteur n\u00b04 de Kaya.<\/p>\n<p>Traumatis\u00e9, il raconte : \u00ables assaillants ont tu\u00e9 deux membres de ma famille et trois voisins. Pour ne pas subir le m\u00eame sort, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9 de m\u2019enfuir avec mes trois enfants et ma femme\u00bb. Sans famille d\u2019accueil, il a d\u00e9cid\u00e9 de se d\u00e9placer vers un endroit plus s\u00e9curis\u00e9. \u00abJe n\u2019ai pas de famille ici. J\u2019ai lou\u00e9 une maison qui co\u00fbte 7 000 F CFA le mois. Je ne travaille pas et ce n\u2019est pas \u00e9vident que je pourrais payer le loyer dans les mois \u00e0 venir\u00bb, d\u00e9plore Nazinibga. Sa survie, dit-il, la famille de Sawadogo la doit aux d\u00e9plac\u00e9s de Tongomayel, qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s dans le Sanmatenga.<\/p>\n<p>\u00abLes populations nous t\u00e9moignent toute leur solidarit\u00e9 depuis notre arriv\u00e9e. Ils partagent les dons qu\u2019ils ont re\u00e7us avec nous. C\u2019est ce qui nous permet de manger \u00e0 notre faim\u00bb, reconna\u00eet-il. Ibrahim Saoto vit au secteur n\u00b07 dans une maison \u00abentrer-coucher\u00bb. Epoux de deux femmes et p\u00e8re de quatre enfants, il n\u2019est pas s\u00fbr de pouvoir assurer \u00e0 l\u2019avenir son loyer mensuel de 5000 F CFA. Il a abandonn\u00e9 ses biens et son m\u00e9tier pour se r\u00e9fugier \u00e0 Kaya, les poches vides. \u00abJ\u2019ai m\u00eame peur qu\u2019on n\u2019ait plus rien \u00e0 manger dans les jours \u00e0 venir, puisqu\u2019on n\u2019a rien emport\u00e9\u00bb, se lamente-t-il.<\/p>\n<p>A Kaya, plusieurs centaines d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants n\u2019ont pas de familles d\u2019accueil ni les moyens pour louer une maison. Fr\u00e9quemment malades de paludisme, de diarrh\u00e9e\u2026 ils vivent dans la pr\u00e9carit\u00e9. La scolarit\u00e9 de leurs enfants a connu un coup d\u2019arr\u00eat. D\u00e9muni, Pousga Bamogo vit dans une hutte, \u00e0 Pama, village situ\u00e9 \u00e0 quelques encablures de Kaya. \u00abNous n\u2019avons pas \u00e0 manger. Par jour, nous recevons deux charrettes d\u2019eau pour 80 personnes, cela est tr\u00e8s insuffisant\u00bb, regrette le rescap\u00e9 de Gasseliki.<\/p>\n<p>La commune de Kaya et ses partenaires ont manifest\u00e9 leur solidarit\u00e9 \u00e0 leur \u00e9gard, selon Yobi Sawadogo, agent du minist\u00e8re de l\u2019Action sociale. \u00abLes conseillers municipaux se sont cotis\u00e9s pour apporter de la nourriture aux d\u00e9plac\u00e9s. Nous leur apportons notre soutien\u00bb, confirme-t-il. Le minist\u00e8re en charge de l\u2019action humanitaire par le biais du Conseil national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (CONASUR), a \u00e9galement fourni des vivres (ma\u00efs, petit mil, riz, huile, haricot\u2026), poursuit-il.<\/p>\n<p>Mais, il reconna\u00eet que les d\u00e9plac\u00e9s rencontrent des difficult\u00e9s li\u00e9es au logement, \u00e0 l\u2019alimentation et aux soins de sant\u00e9. \u00abA Dondoll\u00e9, au secteur n\u00b06, la population s\u2019est organis\u00e9e pour leur donner plus de dix sacs de c\u00e9r\u00e9ales\u00bb, pr\u00e9cise M.Sawadogo. Vivant dans la pr\u00e9carit\u00e9, les d\u00e9plac\u00e9s n\u2019ont qu\u2019un r\u00eave : le retour de la paix au Burkina Faso.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Abdel Aziz NABALOUM<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>\u00ab J\u2019ai perdu ma grossesse\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Dans le sauve-qui-peut, Mounira Ou\u00e9draogo, m\u00e8re de trois enfants, a malheureusement fait une fausse couche. Sa grossesse de pr\u00e8s de deux mois a coul\u00e9. rapporte-t-elle, toute \u00e9mue. Prise en charge au Centre de sant\u00e9 et de promotion sociale de Barsalogho, elle est d\u00e9sormais hors de danger. Depuis lors, elle a trouv\u00e9 \u00ab l\u2019hospitalit\u00e9 \u00bb \u00e0 Kaya.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Le plan d\u2019urgence financ\u00e9 seulement \u00e0 35%<\/strong><\/p>\n<p>Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 170 000 personnes sont maintenant d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Burkina. Elles ont trouv\u00e9 refuge dans des communaut\u00e9s h\u00f4tes ou sont regroup\u00e9es sur des sites dans les r\u00e9gions du Nord, du Sahel, de l\u2019Est et du Centre-Nord. Plusieurs personnes pourraient voir leur situation alimentaire et sanitaire se d\u00e9t\u00e9riorer \u00e0 l\u2019approche de la p\u00e9riode de soudure, selon la m\u00eame source. Pr\u00e8s de 357 \u00e9coles ont pu \u00eatre rouvertes en mars dernier, mais 1088 autres restent encore ferm\u00e9es, privant d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, pr\u00e8s de 146 000 enfants. Selon l\u2019organisation, le plan d\u2019urgence lanc\u00e9 en f\u00e9vrier pour un montant de 100 millions de dollars et visant \u00e0 porter une assistance \u00e0 90 000 personnes dans le besoin n\u2019est financ\u00e9 qu\u2019\u00e0 35%.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Mendier pour survivre\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Selon certaines sources locales, le nombre de mendiants s\u2019est accru dans la \u00abcit\u00e9 des brochettes au Koura-koura\u00bb. Parmi eux, on compte de nombreux d\u00e9plac\u00e9s du fait des violences terroristes. Sans ressources financi\u00e8res, certains n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 tendre la main dans les carrefours et dans les lieux publics pour avoir leur pitance quotidienne. Pour r\u00e9duire leurs souffrances, il faudrait plus de solidarit\u00e9 de la part des uns et des autres pour leur permettre de vivre dans la dignit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d168a3b17816_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/06\/28\/deplaces-internes-dans-le-centre-nord-chemin-de-croix-pour-la-survie\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les d\u00e9plac\u00e9s \u00e9rigent des abris de fortune dans leurs localit\u00e9s d\u2019accueil. Les attaques terroristes au Burkina Faso ont occasionn\u00e9 des d\u00e9plac\u00e9s dans diverses localit\u00e9s. A Kaya, dans la province du Sanmatenga, plus de 6 000 personnes y ont trouv\u00e9 refuge aupr\u00e8s des communaut\u00e9s h\u00f4tes ou sur des sites de fortune. Reportage ! Le jour vient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-43280","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43280","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43280"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43280\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43280"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43280"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43280"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}