{"id":43576,"date":"2019-06-30T06:00:00","date_gmt":"2019-06-30T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-questions-economiques-tapies-dans-langle-mort-de-la-crise-politique\/"},"modified":"2019-06-30T06:00:00","modified_gmt":"2019-06-30T10:00:00","slug":"les-questions-economiques-tapies-dans-langle-mort-de-la-crise-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/les-questions-economiques-tapies-dans-langle-mort-de-la-crise-politique\/","title":{"rendered":"Les questions \u00e9conomiques tapies dans l\u2019angle mort de la crise politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><em>Par Pr Mohamed Bouchakour(*)<\/em><br \/>Notre pays traverse une crise politique in\u00e9dite. Celle-ci fait l\u2019objet d\u2019un foisonnement d\u2019interpr\u00e9tations et de feuilles de route destin\u00e9es \u00e0 lui proposer des issues, sur lesquelles il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de revenir ici. L\u2019objet de cette contribution est d\u2019\u00e9voquer les questions \u00e9conomiques qui se posent dans le contexte de cette crise et qui restent tr\u00e8s largement occult\u00e9es du d\u00e9bat. Pourtant, celles-ci se posent avec une acuit\u00e9 et une urgence extr\u00eame et chaque jour de perdu dans leur prise en charge sera pay\u00e9 10 fois plus cher, une fois la crise politique r\u00e9solue. Bien plus, s\u2019il est vrai que le \u00abtemps politique\u00bb est plus long que le \u00abtemps \u00e9conomique\u00bb, il faut garder \u00e0 l\u2019esprit que \u00abl\u2019\u00e9conomie a toujours le dernier mot\u00bb. Aussi, il faut craindre que la meilleure feuille de route de sortie de crise politique risque d\u2019\u00eatre dans sa mise en \u0153uvre fortement compromise, et peut-\u00eatre m\u00eame pulv\u00e9ris\u00e9e de plein fouet par le t\u00e9lescopage de conditions \u00e9conomiques devenues entre-temps invivables.<\/p>\n<p class=\"c3\">En premi\u00e8re approche, ce que l\u2019on observe actuellement se r\u00e9sume \u00e0 une situation \u00e9conomique caract\u00e9ris\u00e9e par une rupture des \u00e9quilibres macrofinanciers interne et externe, du fait de la chute des prix du p\u00e9trole intervenue en juin 2014, mais aussi de la grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 de nos grands agr\u00e9gats \u00e9conomiques \u00e0 la monoexportation d\u2019hydrocarbures.<br \/>Le d\u00e9ficit de la balance commerciale (environ 50 milliards de dollars cumul\u00e9s de 2015 \u00e0 fin 2018) et la pr\u00e9tendue impossibilit\u00e9 de compresser les importations (pour des raisons d\u2019int\u00e9r\u00eats claniques) n\u2019ont pas laiss\u00e9 d\u2019autre recours que de puiser dans des r\u00e9serves de change\u00a0 qui ont fondu de 60% depuis 2013 pour passer, \u00e0 fin 2018, sous la barre des 80 milliards de dollars. Dans 3 ans, au maximum, ce stock de devises sera compl\u00e8tement tari, alors que l\u2019on sait que la prudence \u2014 pour ne pas dire la s\u00e9curit\u00e9 nationale \u2014 voudrait qu\u2019on le m\u00e9nage pour le maintenir au moins au-dessus d\u2019un ratio de 12 mois d\u2019importation.<br \/>Quant au d\u00e9ficit budg\u00e9taire, suite \u00e0 l\u2019ass\u00e8chement du\u00a0 Fonds de r\u00e9gulation des recettes qui a pu, un moment, assurer la \u00absoudure\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 par un recours syst\u00e9matique \u00e0 la planche \u00e0 billets, un artifice d\u2019autant plus inconsid\u00e9r\u00e9 qu\u2019aucun effort n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait pour r\u00e9duire le train de vie de l\u2019Etat, et que les 6 565 milliards de DA imprim\u00e9s, sans contrepartie r\u00e9elle \u00e0 la fin janvier 2019, ont \u00e9t\u00e9 destin\u00e9s, non pas \u00e0 l\u2019investissement, mais, pour l\u2019essentiel, \u00e0 des d\u00e9penses improductives. La fin du recours \u00e0 la planche \u00e0 billets vient d\u2019\u00eatre annonc\u00e9e (juin 2019), mais sans que l\u2019on sache quelles sont les mesures alternatives qui seront prises pour faire face aux d\u00e9penses tout en freinant l\u2019emballement de la dette int\u00e9rieure qui a d\u00e9j\u00e0 atteint 36% du PIB.<br \/>Tel est, grosso modo, le tableau des urgences \u00e9conomiques de court terme auxquelles le pays est confront\u00e9 depuis 4 ans. A la place de solutions hardies et efficaces, on a eu droit \u00e0 de l\u2019attentisme dans l\u2019espoir que les prix du p\u00e9trole se redressent, \u00e0 du verbiage sur un nouveau mod\u00e8le de croissance, \u00e0 un bricolage de demi-mesures et de fausses r\u00e9ponses.<br \/>La relance \u00e9conomique est reconnue par tous comme une urgence pour r\u00e9tablir les \u00e9quilibres macrofinanciers, mais aussi pour r\u00e9sorber le fl\u00e9au du ch\u00f4mage. Les derni\u00e8res estimations le donnent officiellement \u00e0 12,3%, mais ce taux cache des r\u00e9alit\u00e9s encore plus terribles. Chez les jeunes de la tranche d\u2019\u00e2ge 16-24 ans, ceux-l\u00e0 m\u00eames dont plus de la moiti\u00e9 n\u2019a aucun dipl\u00f4me, il est de 30%, voire beaucoup plus chez les filles. A c\u00f4t\u00e9 du taux de ch\u00f4mage, un autre indice est tout aussi r\u00e9v\u00e9lateur de la dimension dramatique de ce fl\u00e9au. La dur\u00e9e du ch\u00f4mage : plus de 6 ch\u00f4meurs sur 10 passent le cap d\u2019une ann\u00e9e. L\u2019absence de perspective finit par conduire \u00e0 toutes sortes de palliatifs ou de d\u00e9rives dans les activit\u00e9s informelles ou carr\u00e9ment \u00e0 des drames sociaux (toxicomanie, d\u00e9linquance, suicide, harga).<br \/>On peut imaginer plusieurs issues possibles \u00e0 la crise politique, mais une seule sera la bonne : celle qui rendra possibles et faisables les seules solutions efficaces \u00e0 la crise \u00e9conomique. Les solutions tent\u00e9es jusque-l\u00e0 ont toutes \u00e9chou\u00e9. Elles avaient pour point commun de rappeler cet individu qui essaie de soulever un seau en se tenant debout \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. La premi\u00e8re condition pour sortir de la crise est de&#8230; \u00abse tenir debout \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du seau\u00bb. Cette posture passe en ce qui concerne notre propos par cinq orientations de rupture tr\u00e8s solidaires entre elles.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>1. Le passage d\u2019un r\u00e9gime de croissance rentier \u00e0 un nouveau r\u00e9gime de croissance fond\u00e9 sur la lib\u00e9ration de tous les potentiels nationaux dans une optique de d\u00e9veloppement durable<\/strong><br \/>Le r\u00e9gime de croissance consacr\u00e9 au cours de ces 20 derni\u00e8res ann\u00e9es a montr\u00e9 toute son inefficacit\u00e9. Il est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie nationale. D\u2019autres moteurs de croissance que la d\u00e9pense publique, nourrie \u00e0 la rente des hydrocarbures, doivent \u00eatre allum\u00e9s. Fond\u00e9s principalement sur l\u2019offre, ils renvoient \u00e0 l\u2019investissement productif en vue de (i) d\u00e9velopper des exportations hors hydrocarbures diversifi\u00e9es, massives, comp\u00e9titives et porteuses de valeur ajout\u00e9e, et (ii) reconqu\u00e9rir le plus possible des parts de march\u00e9 national par la substitution de la production domestique aux importations. Ce r\u00e9gime de croissance doit cesser de miser \u00e0 outrance sur les facteurs de production qui ont fait, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe, le bonheur des deux premi\u00e8res r\u00e9volutions industrielles, \u00e0 savoir le capital et le travail. Ces derniers ont perdu aujourd\u2019hui une grande partie de leur potentiel. L\u2019avantage est que nous sommes relativement lib\u00e9r\u00e9s du poids financier tr\u00e8s lourd des sch\u00e9mas d\u2019industrialisation classiques, mais la contrainte est que cette nouvelle donne limite l\u2019option des investissements \u00e0 haute intensit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre, alors que le pays vit un ch\u00f4mage end\u00e9mique qui a atteint des seuils socialement et politiquement intol\u00e9rables. Il ressort que le nouveau r\u00e9gime de croissance devra donner toute leur place aux investissements fortement cr\u00e9ateurs d\u2019emplois tout en pla\u00e7ant les activit\u00e9s concern\u00e9es sous un protectionnisme renforc\u00e9, exactement comme le font les pays les plus lib\u00e9raux lorsque leur int\u00e9r\u00eat national l\u2019exige.<br \/>Ce nouveau r\u00e9gime de croissance devra donc r\u00e9aliser le tour de force de r\u00e9sorber le ch\u00f4mage par des approches extensives, tout en privil\u00e9giant les atouts li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de la croissance tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 promus par la troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle qui a \u00e9clos dans le dernier quart du XXe si\u00e8cle et la quatri\u00e8me r\u00e9volution industrielle, actuellement en cours.<br \/>Ceci suppose donc des politiques sectorielles audacieuses, mais r\u00e9fl\u00e9chies, qui tiennent compte intelligemment des opportunit\u00e9s et contraintes des march\u00e9s internationaux, des cha\u00eenes de valeurs mondiales, de la g\u00e9opolitique et des accords commerciaux pass\u00e9s par le pays et des d\u00e9fis que ses propres forces et faiblesses lui permettent raisonnablement de se lancer. Ces politiques doivent couvrir la plupart des fili\u00e8res, branches et niches d\u2019activit\u00e9 convoqu\u00e9es par le nouveau r\u00e9gime de croissance et s\u2019attacher \u00e0 y faire \u00e9merger un tissu de PME-PMI dense et diversifi\u00e9, ainsi que des champions nationaux dans des activit\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es. Dans cette perspective, une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre r\u00e9serv\u00e9e aux institutions d\u2019appui, de soutien et d\u2019accompagnement qui forme l\u2019environnement imm\u00e9diat des affaires : TIC et num\u00e9risation, intelligence \u00e9conomique, formation, conseil et expertise, infrastructure qualit\u00e9 et normalisation, syst\u00e8me bancaire et financier, logistique internationale, diplomatie \u00e9conomique. Chaque secteur minist\u00e9riel devrait pouvoir afficher 10 actions et mesures fortes \u00e0 prendre \u00e0 court terme pour sortir du marasme actuel et amorcer la dynamique d\u2019avenir. En dehors de cela, le nouveau r\u00e9gime de croissance exige un climat g\u00e9n\u00e9ral des affaires \u00e0 la fois incitatif aux investissements, aux IDE et au transfert des technologies, et respectueux du d\u00e9veloppement durable, surtout sur le plan de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement, du respect du travail d\u00e9cent. Mais tout ceci serait encore insuffisant, voire m\u00eame impossible en l\u2019absence d\u2019une bonne gouvernance en rupture avec celle qui a pr\u00e9valu jusque-l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>2. Le passage d\u2019une gouvernance mafieuse \u00e0 une gouvernance vertueuse<\/strong><br \/>La bonne gouvernance est totale ou n\u2019est pas. Elle part de l\u2019entreprise et s\u2019\u00e9l\u00e8ve au plus haut au sommet de l\u2019Etat. R. Perez, un sp\u00e9cialiste de la gouvernance, la pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un syst\u00e8me de poup\u00e9es russes ou chaque niveau assure le contr\u00f4le et la commande du pr\u00e9c\u00e9dent selon une architecture en cinq \u00e9tages :<br \/>&#8211; le management : il propose des m\u00e9thodes et outils applicables aux organisations (entreprises priv\u00e9es, institutions publiques, organisations de soci\u00e9t\u00e9 civile) ;<br \/>&#8211; la gouvernance : elle repr\u00e9sente le management du management, ou m\u00e9ta management au sein des organes de gestion des organisations (conseil d\u2019administration, assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale) ;<br \/>&#8211; le management de la gouvernance : il est confi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019espace interm\u00e9diaire \u00e0 des autorit\u00e9s de r\u00e9gulation dont les champs de comp\u00e9tences sont sectoriels ou transversaux ;<br \/>&#8211; la gouvernance de la gouvernance : elle rel\u00e8ve du contr\u00f4le politique et juridictionnel sur les autorit\u00e9s de r\u00e9gulation ;<br \/>&#8211; la m\u00e9ta-gouvernance : elle renvoie \u00e0 des principes fondamentaux r\u00e9gissant toute la vie publique et qui peuvent \u00eatre instaur\u00e9s par des lois-cadres ou par des dispositions constitutionnelles. Toute bonne gouvernance combine quatre principes cardinaux : la responsabilisation, la redevabilit\u00e9, la transparence et l\u2019\u00e9quit\u00e9. Ces principes ont pour corollaires (i) le contr\u00f4le de la conformit\u00e9 pour lutter contre la mauvaise gestion et les malversations, et (ii) l\u2019\u00e9valuation des processus et surtout des r\u00e9sultats en vue d\u2019\u00e9clairer les d\u00e9cisions futures, d\u2019alimenter la courbe d\u2019apprentissage et d\u2019exp\u00e9rience, et enfin d\u2019assurer bien s\u00fbr la redevabilit\u00e9 et la sanction positive et n\u00e9gative. Face aux in\u00e9galit\u00e9s sociales et territoriales, et pour pond\u00e9rer les choix politiques, la bonne gouvernance pr\u00e9f\u00e8re toujours les approches en termes d\u2019\u00e9quit\u00e9 \u00e0 toute autre forme d\u2019arbitrage. La bonne gouvernance passe donc par la r\u00e9habilitation du contr\u00f4le, l\u2019institutionnalisation de la pratique de l\u2019\u00e9valuation, et la remise en cause de la r\u00e8gle bureaucratique des pouvoirs centralis\u00e9s et concentr\u00e9s, qui entrave celle de la responsabilisation. Ceci suppose une rupture radicale avec le syst\u00e8me en cours.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>3. Le passage de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la m\u00e9diocrit\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des comp\u00e9tences<\/strong><br \/>Passe encore un r\u00e9gime de croissance rentier, passe encore qu\u2019il soit pris en otage par une gouvernance mafieuse, la situation du pays sur tous les plans, et d\u2019abord celui de l\u2019\u00e9conomie, est davantage aggrav\u00e9e par l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la m\u00e9diocrit\u00e9. Une l\u00e9gende rapporte qu\u2019un sage chinois, il y a de cela plusieurs si\u00e8cles, conseiller de son empereur, confia \u00e0 ce dernier : \u00abSi vous voulez d\u00e9truire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des d\u00e9cennies et co\u00fbter cher en vies humaines. Il suffit de d\u00e9truire son syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation et d\u2019y g\u00e9n\u00e9raliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitu\u00e9 d\u2019ignorants et dirig\u00e9 par des voleurs. Il vous sera alors tr\u00e8s facile de les vaincre.\u00bb Tout est dit.<br \/>Trois priorit\u00e9s sont \u00e0 retenir pour \u00e9radiquer la m\u00e9diocrit\u00e9. Elles doivent \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es \u00e0 toutes les sph\u00e8res et appliqu\u00e9es avec la rigueur voulue pour que la m\u00e9diocrit\u00e9 soit \u00e9radiqu\u00e9e dans les espaces o\u00f9 elle peut encore nuire au nouveau r\u00e9gime de croissance et \u00e0 la bonne gouvernance qui doit l\u2019accompagner.<br \/>R\u00e9habiliter dans l\u2019imm\u00e9diat les comp\u00e9tences techniques et manag\u00e9riales. Il est urgent d\u2019en finir avec les nominations de responsables bas\u00e9es sur les passe-droits, le n\u00e9potisme, le clanisme, le r\u00e9gionalisme.<\/p>\n<p class=\"c3\">Pour tous les postes de responsabilit\u00e9s techniques et manag\u00e9riales, trois principes doivent primer : la s\u00e9lection transparente par appel public \u00e0 candidature, la contractualisation sur une base n\u00e9goci\u00e9e, et l\u2019\u00e9valuation ind\u00e9pendante avec publication de ses r\u00e9sultats. C\u2019est l\u00e0 un des domaines d\u2019application de la bonne gouvernance. La r\u00e9habilitation des comp\u00e9tences passe aussi par la mise en place, de mani\u00e8re proactive, de cadres institutionnels qui ont exist\u00e9 avant d\u2019\u00eatre supprim\u00e9s (minist\u00e8re de la Planification, Agence de coop\u00e9ration internationale, etc.) ou qui restent \u00e0 cr\u00e9er (organismes de prospective, organisme d\u2019intelligence \u00e9conomique, etc.).<\/p>\n<p class=\"c3\">. Lancer un programme national de rattrapage des gaps scientifiques et techniques creus\u00e9s dans tous les secteurs sans exception. C\u2019est l\u00e0 un axe prioritaire, transversal \u00e0 toutes les politiques publiques, en particulier celles qui sont tr\u00e8s directement li\u00e9es aux nouveaux moteurs de croissance. Un bond historique doit \u00eatre op\u00e9r\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie de la deuxi\u00e8me r\u00e9volution industrielle (qu\u2019elle n\u2019a m\u00eame pas parachev\u00e9e), aux troisi\u00e8me et quatri\u00e8me r\u00e9volutions industrielles\u00a0 (dans lesquelles se jouent aujourd\u2019hui la comp\u00e9titivit\u00e9, et m\u00eame la guerre \u00e9conomique autour de la recomposition de la division internationale du travail et la d\u00e9fense des enjeux g\u00e9ostrat\u00e9giques). Le rattrapage vis\u00e9 doit concerner les capacit\u00e9s nationales en mati\u00e8re d\u2019innovation et de recherche-d\u00e9veloppement en priorit\u00e9s dans les domaines qui touchent ou conditionnent le nouveau r\u00e9gime de croissance.<\/p>\n<p class=\"c3\">. Proc\u00e9der \u00e0 la refondation du syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation-formation en vue de construire la pyramide des comp\u00e9tences. Les comp\u00e9tences sont entendues comme un ensemble de savoir, de savoir-faire, de savoir-agir, de savoir-\u00eatre dont les trois p\u00f4les constitutifs sont : les connaissances, les qualifications et les attitudes. Sur le seul terrain des connaissances dont un des jalons de base reste le baccalaur\u00e9at, sur 100 \u00e9l\u00e8ves qui entrent \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, 4 seulement acc\u00e8dent \u00e0 l\u2019universit\u00e9 sans redoubler. Plus grave, une fois dipl\u00f4m\u00e9s, ces derniers ont plus de chances de se retrouver au ch\u00f4mage que le reste des demandeurs d\u2019emploi. En effet, le taux de ch\u00f4mage des dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019universit\u00e9 est pratiquement de 50% sup\u00e9rieur au taux moyen national, ce qui signifie que plus on fait des \u00e9tudes, plus on risque de finir au ch\u00f4mage.<br \/>La refondation du syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation-formation ne doit viser qu\u2019\u00e0 construire, loin de tout bourrage de cr\u00e2ne, la pyramide des comp\u00e9tences. Celle-ci s\u2019\u00e9chaffaude par palier \u00e0 partir de la transmission des connaissances universelles les plus r\u00e9centes, l\u2019acquisition des langues \u00e9trang\u00e8res, et les qualifications n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019utilisation intelligente de ces savoirs telles qu\u2019identifier objectivement un probl\u00e8me et le poser de mani\u00e8re rationnelle, \u00eatre capable d\u2019autonomie dans l\u2019apprentissage et dans l\u2019action, communiquer efficacement avec autrui en particulier en situation de conflit, s\u2019adapter \u00e0 de nouvelles t\u00e2ches et situations, g\u00e9rer le temps, le stress, etc. Ces atouts ne vont pas sans les valeurs comportementales qui conditionnent les attitudes payantes dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui : le sens du travail et de l\u2019effort, la conscience de ses droits et devoirs, le sens des responsabilit\u00e9s, les valeurs d\u2019int\u00e9grit\u00e9 et de fiabilit\u00e9. Tout autre politique n\u2019est qu\u2019une entreprise de destruction de la ressource humaine nationale et de sabotage de destin\u00e9es personnelles des Alg\u00e9riennes et Alg\u00e9riens de demain. Outre le d\u00e9fi de les armer des comp\u00e9tences dont ils ont besoin, nos concitoyens sont expos\u00e9s \u00e0 un autre p\u00e9ril, celui d\u2019un syndrome malthusien.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>4. La ma\u00eetrise de la croissance d\u00e9mographique<\/strong><br \/>La population alg\u00e9rienne est pass\u00e9e de 42,2 millions d\u2019habitants le 1er janvier 2018 \u00e0 43 millions au 1er janvier 2019. Compte tenu de la structure de l\u2019\u00e9conomie nationale, de la pyramide des \u00e2ges et des caract\u00e9ristiques du march\u00e9 de l\u2019emploi, on ne compte qu\u2019un seul travailleur r\u00e9ellement productif pour 10 habitants. Le taux d\u2019accroissement d\u00e9mographique situ\u00e9 actuellement \u00e0 2% par an d\u00e9passe sensiblement un taux de croissance \u00e9conomique qui peine \u00e0 atteindre les 1,5% en 2018. Pour prendre toute la mesure du probl\u00e8me, il faudrait rappeler que cette croissance, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s molle, est encore plus faible (n\u00e9gative !) si on la ram\u00e8ne \u00e0 sa mesure r\u00e9elle en la d\u00e9flatant. Au demeurant, au rythme d\u2019un accroissement d\u00e9mographique de 2% par an, la population alg\u00e9rienne passerait en 2030 le cap de 53 millions d\u2019habitants \u00e0 nourrir, \u00e0 former, \u00e0 occuper. Il est \u00e0 souligner qu\u2019\u00e0 cet horizon l\u2019Alg\u00e9rie aura cess\u00e9 d\u2019exporter du p\u00e9trole pour, au contraire, en importer. Quant aux exportations gazi\u00e8res, le risque est grand qu\u2019elles soient dans les 10 prochaines ann\u00e9es brid\u00e9es par une consommation interne d\u00e9multipli\u00e9e, par une concurrence aigu\u00eb du gaz qatari et russe sur des march\u00e9s europ\u00e9ens, par une forte p\u00e9n\u00e9tration du gaz de schiste aux Etats-Unis et par les avanc\u00e9es consid\u00e9rables de la transition \u00e9nerg\u00e9tique qui aura fortement ramen\u00e9 la demande mondiale dans ses retranchements les plus circonscrits.<br \/>Quels que soient les efforts qui seront r\u00e9alis\u00e9s pour assurer le rel\u00e8ve de la rente des hydrocarbures, et mettre en route un nouveau r\u00e9gime de croissance, il est imp\u00e9ratif de freiner d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent la croissance d\u00e9mographique et de diviser son taux par au moins 2, ce qui ram\u00e8nerait la population de 2030 \u00e0 48 millions d\u2019\u00e2mes.<br \/>A c\u00f4t\u00e9 d\u2019une politique de planification familiale orient\u00e9e sur la r\u00e9duction active de la f\u00e9condit\u00e9 \u00e0 travers la promotion de la sant\u00e9 de la reproduction, il est n\u00e9cessaire d\u2019introduire une politique de r\u00e9gulation volontaire des naissances par un syst\u00e8me d\u2019allocations sociales d\u00e9gressif et modul\u00e9 de sorte \u00e0 dissuader les couples \u00e0 fonder des familles nombreuses.<br \/>Plus fondamentalement, il faut aussi et surtout miser sur une politique de la population qui s\u2019inscrive plus strat\u00e9giquement dans le d\u00e9veloppement humain. Celle-ci privil\u00e9gierait les avanc\u00e9es socio\u00e9conomiques, la primaut\u00e9 de l\u2019\u00e9ducation et de l\u2019instruction des femmes, leur autonomisation \u00e9conomique et l\u2019observation accrue des droits humains dans le respect du genre. Mais, l\u2019enjeu d\u2019une d\u00e9mographie ma\u00eetris\u00e9e est \u00e9galement li\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re directe \u00e0 la r\u00e9paration d\u2019une profonde fracture territoriale.<\/p>\n<p><strong>5. La r\u00e9paration de la fracture territoriale<\/strong><br \/>La redistribution spatiale de la population est \u00e9galement un levier de la politique d\u00e9mographique dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9duit la pression sur les territoires surpeupl\u00e9s et ouvre des perspectives \u00e9conomiques nouvelles.\u00a0<br \/>En mati\u00e8re de territoire, l\u2019Alg\u00e9rie souffre de deux tares qu\u2019il est urgent de r\u00e9soudre en liaison avec le lancement d\u2019un nouveau r\u00e9gime de croissance :\u00a0<\/p>\n<p class=\"c3\">\u2022 L\u2019extr\u00eame concentration de la population (et donc des activit\u00e9s) sur une portion r\u00e9duite du territoire national. Le RGPH de 2008 avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 63% des habitants \u00e9taient concentr\u00e9s sur 4% du territoire national situ\u00e9 au nord du pays. Aujourd\u2019hui, la situation n\u2019a pu qu\u2019empirer. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect s\u00e9curitaire, cet \u00e9tat de fait laisse en jach\u00e8re des potentiels locaux riches et vari\u00e9s qui n\u2019attendent qu\u2019\u00e0 \u00eatre valoris\u00e9s dans le cadre du nouveau r\u00e9gime de croissance attendu. Un autre ratio stup\u00e9fiant illustre on ne peut mieux la fracture territoriale : 99% de la fiscalit\u00e9 ordinaire provient de 12 wilayas seulement. Les 3\/4 des wilayas du pays seraient-elles pauvres \u00e0 ce point ? C\u2019est plut\u00f4t l\u2019\u00e9touffement de leurs potentiels et l\u2019\u00e9vasion fiscale qu\u2019il faut incriminer.<br \/>On estime que l\u2019Alg\u00e9rie a vaincu le ph\u00e9nom\u00e8ne de la pauvret\u00e9 absolue, mais elle reste confront\u00e9e aujourd\u2019hui \u00e0 un grave probl\u00e8me d\u2019in\u00e9galit\u00e9s sociales dont une des manifestations appara\u00eet \u00e0 travers la fracture entre les zones urbaines du nord et des poches de pauvret\u00e9 souvent extr\u00eames couvrant les zones sub-urbaines et surtout quelque 10% des communes du pays r\u00e9parties sur une quarantaine de da\u00efras situ\u00e9s dans les Hauts-plateaux, le Sud et le grand Sud. S\u2019agissant de toutes ces vastes \u00e9tendues inoccup\u00e9es, on ne peut qu\u2019\u00e9voquer le c\u00e9l\u00e8bre dicton selon lequel \u00abil n\u2019y a pas de territoire sans avenir, il n\u2019y a que des territoires sans projets\u00bb. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de commencer par des monographies et des analyses Swot par commune pour identifier les potentiels locaux et sortir des portefeuilles de projets localis\u00e9s et sectorialis\u00e9s dont il s\u2019agira de faire la promotion dans le cadre d\u2019une politique de gouvernance territoriale nouvelle.<\/p>\n<p class=\"c3\">\u2022 La caract\u00e9ristique commune de tous les territoires du pays est qu\u2019ils sont tr\u00e8s peu attractifs. Ils ne r\u00e9pondent pas, ou seulement de mani\u00e8re tr\u00e8s imparfaite, aux nombreux crit\u00e8res qui font que les entreprises et les m\u00e9nages y affluent et s\u2019y installent durablement. Ces crit\u00e8res se ram\u00e8nent pour l\u2019essentiel \u00e0 l\u2019existence d\u2019infrastructures de base compl\u00e8tes, int\u00e9gr\u00e9es et fonctionnelles, \u00e0 la disponibilit\u00e9 d\u2019une offre compl\u00e8te de services publics et priv\u00e9s de qualit\u00e9 et facilement accessibles, et \u00e0 la qualit\u00e9 de la vie quotidienne et du vivre-ensemble (hygi\u00e8ne, s\u00e9curit\u00e9, commodit\u00e9s, loisir, qui\u00e9tude, convivialit\u00e9 sociale, etc.). S\u2019il est admis qu\u2019un certain rattrapage a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019infrastructures dans certaines r\u00e9gions du pays, les deux autres crit\u00e8res sont tr\u00e8s loin d\u2019\u00eatre r\u00e9unis. On peut incriminer l\u2019absence de d\u00e9centralisation des pouvoirs et des moyens d\u2019intervention, ainsi que le d\u00e9ficit immense en mati\u00e8re de capacit\u00e9s dans le domaine de la gouvernance locale. Certes, un Sh\u00e9ma national d\u2019am\u00e9nagement du territoire a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. Il a m\u00eame fait l\u2019objet d\u2019une loi en 2010. Mais \u00e0 ce jour, celle-ci n\u2019a eu aucun effet sensible sur le terrain.<\/p>\n<p class=\"c3\">En conclusion, la situation actuelle de l\u2019Alg\u00e9rie est celle d\u2019un pays coinc\u00e9 dans une crise politique qui a entra\u00een\u00e9 un blocage de sa croissance et une perversion de son d\u00e9veloppement. Ce blocage prend l\u2019aspect d\u2019un enchev\u00eatrement d\u2019\u00e9quations solidaires qui couvrent des probl\u00e9matiques sectorielles, d\u00e9mographiques, manag\u00e9riales, sociales, territoriales et dont le traitement, n\u00e9cessairement syst\u00e9mique, passe par une rupture politique salutaire qui redistribuera les cartes dans le cadre d\u2019un nouveau contrat social, qui fera sauter les verrous et lib\u00e9rera les potentialit\u00e9s et les initiatives.<br \/>Le d\u00e9blocage \u00e9conomique et sa condition sine qua non la rupture politique sont devenus plus qu\u2019urgents. Plus cette rupture tardera \u00e0 se produire, plus la situation \u00e9conomique s\u2019aggravera et tendra \u00e0 devenir inextricable, et plus ses solutions tendront \u00e0 se complexifier et \u00e0 \u00eatre compromises dans leurs faisabilit\u00e9 et impacts, alors qu\u2019elles sont aujourd\u2019hui encore possibles, relativement simples, peu co\u00fbteuses et efficaces. En effet, la transition \u00e9conomique consiste pour l\u2019essentiel \u00e0 allumer des moteurs de croissance fond\u00e9s sur l\u2019\u00e9conomie de la connaissance, un domaine o\u00f9 les barri\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e restent en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale basses. Elle consiste aussi \u00e0 promouvoir la bonne gouvernance, \u00e0 r\u00e9habiliter les comp\u00e9tences, \u00e0 ma\u00eetriser la d\u00e9mographie et mieux am\u00e9nager le territoire. Elle n\u00e9cessitera, certes, des financements, mais ces derniers demeurent largement mobilisables, avec un co\u00fbt social tr\u00e8s supportable et politiquement accept\u00e9, si celui-ci est \u00e9quitablement r\u00e9parti.<br \/>L\u2019obstacle majeur reste celui d\u2019une rupture politique qui se fait attendre. Il est \u00e0 craindre que la crise \u00e9conomique ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re et fasse basculer le pays vers une situation politique nouvelle dont l\u2019issue sera excessivement co\u00fbteuse et douloureuse. Le mouvement social du 22 f\u00e9vrier est rest\u00e9 pacifiste car il a exprim\u00e9 des besoins de reconnaissance et d\u2019estime, une revendication sur laquelle l\u2019esprit humain peut prendre du recul et adopter de la mesure. Il n\u2019est pas certain que ce sera encore le cas lorsque les exigences porteront sur la satisfaction de besoins plus primaires.<br \/>Enfin, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas isol\u00e9e du reste du monde et dans sa position de vuln\u00e9rabilit\u00e9 actuelle, elle n\u2019est pas totalement ma\u00eetresse de ses faits et gestes, m\u00eame si elle se pr\u00e9vaut de sa souverainet\u00e9. Les puissances qui ont des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques en Alg\u00e9rie et m\u00eame des pays interm\u00e9diaires influents veillent \u00e0 ce que la place qui nous a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9e dans les courants d\u2019\u00e9change avec eux, et m\u00eame notre position dans la division internationale du travail et dans la g\u00e9opolitique mondiale et r\u00e9gionale, reste inchang\u00e9e. Face \u00e0 ce plafond de verre qui risque d\u2019hypoth\u00e9quer tout red\u00e9ploiement \u00e9conomique national sur une base r\u00e9nov\u00e9e, l\u2019Alg\u00e9rie est plac\u00e9e devant une question existentielle : to be, or not to be.<br \/><strong><em>M. B.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\"><em>(*) Coordonnateur du Cercle de r\u00e9flexion NAR\u00e9 (Notre nouvelle Alg\u00e9rie). r\u00e9publicaine)<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/contribution\/les-questions-economiques-tapies-dans-langle-mort-de-la-crise-politique-26209\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Pr Mohamed Bouchakour(*)Notre pays traverse une crise politique in\u00e9dite. Celle-ci fait l\u2019objet d\u2019un foisonnement d\u2019interpr\u00e9tations et de feuilles de route destin\u00e9es \u00e0 lui proposer des issues, sur lesquelles il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de revenir ici. 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