{"id":43767,"date":"2019-07-01T06:00:00","date_gmt":"2019-07-01T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/il-etait-une-fois-la-revolution\/"},"modified":"2019-07-01T06:00:00","modified_gmt":"2019-07-01T10:00:00","slug":"il-etait-une-fois-la-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/il-etait-une-fois-la-revolution\/","title":{"rendered":"Il \u00e9tait une fois la r\u00e9volution"},"content":{"rendered":"<p>5 juillet 1962-5 juillet 2019, 57 ans d\u00e9j\u00e0 dans quelques jours. Nous livrons ci-dessous un bref survol des \u00e9v\u00e8nements qui ont marqu\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie de l\u2019ind\u00e9pendance en 1962 jusqu\u2019en 2004, fin du 1er mandat du trop long r\u00e8gne de Bouteflika, r\u00e8gne o\u00f9 la corruption fit sa loi\u2026<br \/>\u00a0<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire singuli\u00e8re de l&rsquo;ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne et de ses premiers pas redouble les h\u00e9ritages transmis. L&rsquo;arm\u00e9e eut la part qu&rsquo;on sait dans la lib\u00e9ration de l&rsquo;Alg\u00e9rie. Elle ne se r\u00e9solut pas \u00e0 la perte d&rsquo;un r\u00f4le pr\u00e9\u00e9minent. En 1962, apr\u00e8s cent\u00a0 trente\u2011deux ans de colonisation fran\u00e7aise, une des plus destructrices qui aient \u00e9t\u00e9, et une guerre de lib\u00e9ration particuli\u00e8rement meurtri\u00e8re, les Alg\u00e9riens aspiraient \u00e0 la paix, \u00e0 un peu de mieux-\u00eatre et \u00e0 plus de libert\u00e9. Cependant, les choses tourn\u00e8rent autrement. Bien avant l&rsquo;ind\u00e9pendance, des conflits sont apparus entre le FLN (Front de lib\u00e9ration nationale), le Gouvernement provisoire et l&rsquo;Arm\u00e9e de lib\u00e9ration, essentiellement autour de la question du pouvoir. Ces conflits reprirent de plus belle d\u00e8s les premiers mois de l&rsquo;ind\u00e9pendance, avec une tournure sanglante. Si l&rsquo;arm\u00e9e fit le dos rond pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l&rsquo;ind\u00e9pendance, c&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9e, entre autres, \u00e0 prendre seule le pouvoir. Avec sa politique d\u00e9sastreuse, Ben Bella, le premier Pr\u00e9sident, donna \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e l&rsquo;occasion d&rsquo;acc\u00e9der au pouvoir par un coup d&rsquo;Etat militaire en juin 1965, de ne plus le l\u00e2cher jusqu&rsquo;en 1999 et de rel\u00e9guer au second plan le FLN.\u00a0<br \/>Les structures d&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e se transmirent au pouvoir lui\u2011m\u00eame, \u00e9cartant la possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement d\u00e9mocratique pacifique. L&rsquo;arm\u00e9e devint garante de toute l\u00e9gitimit\u00e9, m\u00eame s&rsquo;il fallait de temps en temps en r\u00e9affirmer l&rsquo;essence r\u00e9volutionnaire.<br \/>Depuis plus de quarante ans, l&rsquo;arm\u00e9e d\u00e9tient les pouvoirs essentiels et chaque crise ram\u00e8ne les m\u00eames noms aux postes de commande. Dans ces conditions, aucun \u00e9largissement des structures politiques n&rsquo;est vraiment possible, le monopole de la classe politique issue de l&rsquo;arm\u00e9e a concentr\u00e9 les pouvoirs \u00e9conomiques, permis le d\u00e9veloppement en serre de la corruption et s&rsquo;est inscrit ainsi comme une n\u00e9cessit\u00e9 pour les clans au pouvoir. Les liens qu&rsquo;elle tisse occupent une place d\u00e9mesur\u00e9e dans les d\u00e9cisions sociales, \u00e9conomiques et politiques. Toute id\u00e9e de transformation est soumise, pour ces hommes, \u00e0 la volont\u00e9 de perdurer.<br \/>1988 aura \u00e9t\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e d\u00e9cisive, l&rsquo;ann\u00e9e d&rsquo;une grande crise. La p\u00e9nurie de produits alimentaires de base s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9e du fait de la baisse sensible des importations cons\u00e9cutive \u00e0 la chute de plus de moiti\u00e9 des revenus p\u00e9troliers. La r\u00e9volte grondait dans les milieux ouvriers et populaires, d&rsquo;autant plus que le pouvoir avait mis les syndicats au pas. Au sein du pouvoir, les luttes de clans s&rsquo;exacerb\u00e8rent.<\/p>\n<p>La guerre des chefs<br \/>\u00a0projet\u00e9e dans la rue<br \/>A partir de 1986, des manifestations populaires (dans le prolongement de la premi\u00e8re crise p\u00e9troli\u00e8re o\u00f9 les prix s&rsquo;effondr\u00e8rent), dues \u00e0 un profond m\u00e9contentement social, eurent lieu dans plusieurs villes d&rsquo;Alg\u00e9rie. Les premiers groupes islamiques arm\u00e9s qui venaient de faire leur apparition furent rapidement an\u00e9antis par le pouvoir militaire. Du 5 au 10 octobre 1988, d&rsquo;importantes manifestations \u00e9clat\u00e8rent dans les grandes villes alg\u00e9riennes.<br \/>En particulier \u00e0 Alger o\u00f9 les manifestants saccag\u00e8rent les \u00e9difices publics, se lanc\u00e8rent dans le pillage des magasins d&rsquo;Etat et clam\u00e8rent des slogans conspuant le Pr\u00e9sident et ses sbires en les accusant de corruption. La guerre des chefs \u00e9tait projet\u00e9e dans la rue. L&rsquo;arm\u00e9e intervint pour \u00abr\u00e9tablir l&rsquo;ordre\u00bb.\u00a0<br \/>La r\u00e9pression fut terrible : plus de cinq cents morts et des milliers de personnes tortur\u00e9es. L&rsquo;introduction du pluralisme politique \u00e0 partir de la Constitution de 1989, qui a pourtant mis fin au syst\u00e8me du parti unique, n&rsquo;a rien chang\u00e9 \u00e0 ces pratiques.<br \/>En raison du tr\u00e8s lourd endettement ext\u00e9rieur de l&rsquo;Alg\u00e9rie et des faibles performances de l&rsquo;\u00e9conomie, la situation sociale continua \u00e0 se d\u00e9grader tr\u00e8s rapidement. Cet \u00e9tat de fait ne cessa de profiter aux islamistes qui, exploitant la d\u00e9route du FLN, le faible ancrage des forces d\u00e9mocratiques dans la soci\u00e9t\u00e9, la marginalisation de masse et l&rsquo;exclusion, d\u00e9nonc\u00e8rent sans tr\u00eave la corruption du pouvoir. Les barons de la grande corruption, install\u00e9s au sein des institutions de l&rsquo;Etat, \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 pactiser avec les islamistes (m\u00eame radicaux), non seulement pour prot\u00e9ger leurs r\u00e9seaux et leur butin, et \u00e9viter d&rsquo;avoir \u00e0 rendre des comptes, mais aussi pour se trouver encore aux premiers postes lors de la lib\u00e9ralisation de l&rsquo;\u00e9conomie, source de nouveaux dividendes criminels.\u00a0<br \/>Apr\u00e8s avoir tir\u00e9 les le\u00e7ons des victoires \u00e9lectorales \u00e9crasantes du Front islamique du salut en 1990 et 1991 (tant aux municipales qu&rsquo;aux l\u00e9gislatives), le pouvoir militaire annula les \u00e9lections remport\u00e9es par les islamistes, poussa \u00e0 la d\u00e9mission le pr\u00e9sident Chadli au tout d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1992 (lui\u2011m\u00eame issu de l&rsquo;arm\u00e9e et en place depuis 1979) et instaura une p\u00e9riode de transition.\u00a0<br \/>Ces \u00e9v\u00e8nements marqu\u00e8rent le d\u00e9but de l&rsquo;action arm\u00e9e des islamistes, rejoints par des milliers de jeunes victimes de l&rsquo;exclusion sociale, dont nombre d&rsquo;entre eux avaient \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment marqu\u00e9s par la violente r\u00e9pression d&rsquo;octobre 1988. Le pouvoir militaire fit appel, en janvier 1992, \u00e0 un ancien leader historique du FLN, Mohamed Boudiaf, qui s&rsquo;\u00e9tait signal\u00e9 d\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance par une autonomie certaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du pouvoir et \u00e9tait favorable \u00e0 plus de libert\u00e9 d&rsquo;expression et d&rsquo;ouverture politique. Boudiaf, plac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Etat, s&rsquo;aper\u00e7ut vite de l&rsquo;\u00e9tendue de la corruption dans laquelle \u00e9taient impliqu\u00e9s de hauts dignitaires du r\u00e9gime. Il multiplia les interventions dans lesquelles il d\u00e9non\u00e7ait sans faiblesse \u00abla mafia politico\u2011financi\u00e8re\u00bb. Trois mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e, il fit part de sa d\u00e9termination \u00e0 lutter contre la corruption. Le 29 juin 1992, lors d&rsquo;une rencontre avec des jeunes et des associations, Mohamed Boudiaf fut mitraill\u00e9. Sa mort avait \u00e9t\u00e9 film\u00e9e et ses images partiellement retransmises \u00e0 des millions d&rsquo;Alg\u00e9riens atterr\u00e9s. Le tout\u2011s\u00e9curitaire mis en pratique par le pouvoir \u00e0 l&rsquo;encontre des militants islamistes et des groupes arm\u00e9s, la lib\u00e9ralisation sauvage de l&rsquo;\u00e9conomie, les atteintes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es aux droits de l&rsquo;homme et la limitation des libert\u00e9s d\u00e9mocratiques marqu\u00e8rent cette longue p\u00e9riode dite de transition, dans l&rsquo;attente de nouvelles \u00e9lections.<\/p>\n<p>Le monopole politique s&rsquo;habillait de pluralisme<br \/>\u00a0pour la continuit\u00e9<br \/>Lors de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1993, vacances scolaires aidant, le d\u00e9part massif des \u00e9lites s&rsquo;accentua, vidant le pays de ses cadres et de ses intellectuels.<br \/>\u00a0La terreur s&rsquo;installa dans la soci\u00e9t\u00e9 civile et les d\u00e9mocrates de tous bords furent particuli\u00e8rement pris pour cible. Le contexte parut propice aux barons de la corruption, exc\u00e9d\u00e9s par les caisses vides de l&rsquo;Etat et les cons\u00e9quences catastrophiques que cela avait sur la \u00absant\u00e9\u00bb de leurs affaires.<br \/>Ceci les amena \u00e0 pousser les d\u00e9cideurs politiques \u00e0 pr\u00e9cipiter un rapprochement avec le FMI et rapidement, un accord s&rsquo;appuyant sur un reprofilage multilat\u00e9ral de la dette fut sign\u00e9. Les chefs des r\u00e9seaux de la corruption se frottaient les mains : le remboursement de la dette allait conna\u00eetre un r\u00e9pit durable et de l&rsquo;argent frais serait de nouveau disponible par milliards de dollars.\u00a0<br \/>En 1993, l&rsquo;Alg\u00e9rie devait une somme de pr\u00e8s de 30 milliards de dollars. Puis, gr\u00e2ce au r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette, la facture des importations put doubler d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre pour atteindre 9 milliards de dollars. Comme la violence et l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 s&rsquo;aggravaient de jour en jour, bloquant les investissements productifs nationaux et \u00e9trangers, les conditions \u00e9taient r\u00e9unies pour relancer la politique mafieuse de l\u2019\u00abimport\u2011import\u00bb.\u00a0<br \/>Cette expression couramment utilis\u00e9e\u00a0 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;Alg\u00e9rie qui n&rsquo;exporte pratiquement rien d&rsquo;autre que le p\u00e9trole et le gaz et importe tout ce dont elle a besoin. Apr\u00e8s avoir dissous le Front islamique du salut et s&rsquo;\u00eatre assur\u00e9e que les autres courants islamistes n&rsquo;avaient aucune chance de l&#8217;emporter, l&rsquo;arm\u00e9e a remis en marche le processus \u00e9lectoral d\u00e8s 1995 pour les pr\u00e9sidentielles.\u00a0<br \/>En 1997 les l\u00e9gislatives connurent une fraude \u00e0 grande \u00e9chelle au profit du parti du g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sident Z\u00e9roual, coopt\u00e9 par ses pairs de l&rsquo;arm\u00e9e d\u00e8s 1994 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Etat. Ainsi le pouvoir, apr\u00e8s avoir abus\u00e9 de la \u00abl\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9volutionnaire\u00bb pendant trente\u2011cinq ans, peut\u2011il se pr\u00e9valoir d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique.\u00a0 \u00a0 \u00a0Le monopole politique s&rsquo;habillait de pluralisme pour la continuit\u00e9. Le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 de Z\u00e9roual et le choix par les militaires de Bouteflika pour le remplacer d\u00e8s le 15 avril 1999 (apr\u00e8s un semblant d&rsquo;\u00e9lection) s&rsquo;inscrivent dans la m\u00eame logique. Cinq ann\u00e9es plus tard, les militaires lui apport\u00e8rent de nouveau leur soutien pour un second mandat.\u00a0<br \/>Aujourd&rsquo;hui, gr\u00e2ce \u00e0 la tr\u00e8s forte augmentation des recettes p\u00e9troli\u00e8res, le syst\u00e8me du parti unique se refait une sant\u00e9. Les dissensions entre Bouteflika et l&rsquo;arm\u00e9e ont fait l&rsquo;objet de longs commentaires dans la presse \u00e9crite alg\u00e9rienne (relay\u00e9e par la presse \u00e9trang\u00e8re) qui a renonc\u00e9 \u00e0 maintenir un point de vue autonome en se rangeant en majorit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des g\u00e9n\u00e9raux (qui n&rsquo;en demandaient pas tant) et en exigeant le d\u00e9part de Bouteflika.\u00a0<br \/>Monopole militaire, monopole politique, monopole \u00e9conomique, un seul monolithe s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 : celui du pouvoir h\u00e9rit\u00e9 de la guerre de lib\u00e9ration. La p\u00e9riode de l&rsquo;id\u00e9al soutenu par quelques hommes int\u00e8gres et exprim\u00e9 dans un socialisme de casernes est pass\u00e9e. Les sir\u00e8nes du lib\u00e9ralisme ont tout emport\u00e9 : absence de d\u00e9mocratie, mirage du p\u00e9trole et de la privatisation, voil\u00e0 les ferments de l&rsquo;explosion de la corruption aliment\u00e9e par les flux ext\u00e9rieurs.\u00a0<br \/>Le pouvoir est \u00e0 peine entrouvert aux seuls courants conservateurs et fondamentalistes. Les int\u00e9gristes islamistes et le pouvoir en place font cause commune. Le terrorisme et la violence du pouvoir font 200 000 morts et 20 000 disparus.\u00a0<br \/>Le 7 octobre 2003, l&rsquo;Alg\u00e9rie apparaissait en 88e place dans le classement de\u00a0 Transparency\u00a0 International sur la perception de la corruption, avec un tr\u00e8s faible score signifiant un haut niveau de corruption. En 2004, ce monopole politique avec toutes ses d\u00e9rives anti\u2011d\u00e9mocratiques et liberticides demeure omnipr\u00e9sent.<\/p>\n<p>\u00a0La mal\u00e9diction du p\u00e9trole<br \/>Nombre d&rsquo;observateurs et de sp\u00e9cialistes de l&rsquo;Alg\u00e9rie s&rsquo;interrogent \u00e0 juste titre : comment ce pays, qui poss\u00e8de un potentiel humain magnifique, un territoire gigantesque, une histoire mill\u00e9naire et de fantastiques ressources naturelles\u00a0 peut\u2011il, plus de quarante ann\u00e9es apr\u00e8s son ind\u00e9pendance, compter pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la population en dessous du seuil de pauvret\u00e9 et parall\u00e8lement une caste de nouveaux riches issus des cercles du pouvoir ? Pour comprendre l&rsquo;av\u00e8nement et l&rsquo;extension de la corruption en Alg\u00e9rie, il est essentiel de revenir sur l&rsquo;exploitation des hydrocarbures d&rsquo;\u00e9conomie. En effet, l\u2019\u00abor noir\u00bb nourrit depuis des d\u00e9cennies une v\u00e9ritable culture de la rente. Cette forme de pens\u00e9e mortif\u00e8re place en toutes circonstances le calcul \u00e9go\u00efste et born\u00e9 de l&rsquo;argent facile \u00e0 r\u00e9partir\u00a0 au\u2011dessus de la pr\u00e9occupation de l&rsquo;avenir d&rsquo;un peuple.<br \/>N&rsquo;est\u2011ce pas l\u00e0 une des sources principales de tous les malheurs qui se sont abattus sur ce pays depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance ? Les retomb\u00e9es financi\u00e8res de l&rsquo;\u00e9conomie \u00abmono\u2011exportatrice\u00bb de p\u00e9trole, apr\u00e8s la nationalisation des hydrocarbures en 1971 et le premier choc p\u00e9trolier de 1973, permirent de lancer, au d\u00e9triment de l&rsquo;agriculture, un vaste programme d&rsquo;industrialisation. La corruption y trouva un aliment surabondant. Ce que les pays occidentaux ont \u00abperdu\u00bb suite au choc p\u00e9trolier, ils l&rsquo;ont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s largement par la conclusion de march\u00e9s faramineux, notamment dans le secteur de l&rsquo;armement qui donn\u00e8rent lieu \u00e0 d&rsquo;abondantes commissions alimentant les dictatures et les r\u00e9seaux de la corruption.<br \/>De 1973 \u00e0 1984, l&rsquo;argent du p\u00e9trole rentrait \u00e0 ne plus savoir qu&rsquo;en faire. Douce p\u00e9riode pour les versements occultes, comme l&rsquo;explique Pierre P\u00e9an dans son livre L&rsquo;argent noir (1988) : \u00abDans l&rsquo;arsenal mis en place pour r\u00e9cup\u00e9rer la part de notre richesse nationale amput\u00e9e par l&rsquo;Opep, la corruption tient alors une place d\u00e9terminante (&#8230;), des dizaines de milliards de francs ont ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9riv\u00e9s vers des comptes en banque secrets de pr\u00e9sidents, princes, ministres et hauts fonctionnaires des pays pauvres.\u00bb\u00a0 A partir de 1986, les crises dues aux chutes durables des prix du p\u00e9trole mirent \u00e0 nu les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses de ce type d&rsquo;\u00e9conomie mono\u2011exportatrice.\u00a0<br \/>En d\u00e9cembre 1998, les prix du p\u00e9trole \u00e9taient au plus bas, au grand dam du pouvoir qui voyait d\u00e9j\u00e0 ses \u00abaffaires\u00bb d\u00e9cliner. Cette situation faisait augurer un troisi\u00e8me r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette qui aurait mis d\u00e9finitivement l&rsquo;Alg\u00e9rie en faillite.\u00a0<br \/>Or, le prix du p\u00e9trole a connu une forte augmentation \u00e0 partir du second semestre de 1999 et d\u00e9pass\u00e9 des mois durant, 30 dollars le baril. Cette hausse est toujours pr\u00e9sente en 2004, pour la cinqui\u00e8me ann\u00e9e successive. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019\u00abimport\u2011import\u00bb retrouv\u00e8rent espoir.<br \/>Djilali Hadjadj<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/corruption\/il-etait-une-fois-la-revolution-26269\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>5 juillet 1962-5 juillet 2019, 57 ans d\u00e9j\u00e0 dans quelques jours. 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