{"id":43997,"date":"2019-07-01T20:12:51","date_gmt":"2019-07-02T00:12:51","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/centre-jean-bosco-de-koudougou-un-refuge-pour-personnes-abandonnees\/"},"modified":"2019-07-01T20:12:51","modified_gmt":"2019-07-02T00:12:51","slug":"centre-jean-bosco-de-koudougou-un-refuge-pour-personnes-abandonnees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/centre-jean-bosco-de-koudougou-un-refuge-pour-personnes-abandonnees\/","title":{"rendered":"Centre Jean-Bosco de Koudougou: un refuge pour personnes abandonn\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/centre02.gif?fit=974%2C548&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"392\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/centre02.gif?resize=696%2C392&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"centre02\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Le centre sociosanitaire Jean-Bosco de Koudougou, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00abLafi ziiga\u00bb accueille des personnes vuln\u00e9rables : orphelins, enfants de la rue, veuves et femmes victimes de violences de toutes sortes. Sidwaya est all\u00e9 \u00e0 la rencontre des responsables et des pensionnaires de cet \u00e9tablissement social.<\/strong><\/p>\n<p>Il est 10 heures, ce mardi 16 avril 2019 \u00e0 Koudougou. Les Koudougoulais vaquent \u00e0 leurs occupations habituelles, sous un soleil de plomb. Assise sur une terrasse au Centre sociosanitaire Jean-Bosco de Koudougou, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00abLafi ziiga\u00bb (havre de paix en langue nationale moor\u00e9), la soixantaine r\u00e9volue, Lal\u00e9 Zoma se rappelle comme si c\u2019\u00e9tait hier, l\u2019histoire qui a fait d\u2019elle aujourd\u2019hui, une \u00absorci\u00e8re\u00bb. Pour cette pensionnaire, se rappeler les faits, c\u2019est revivre ce pass\u00e9 douloureux. Le cauchemar de Lal\u00e9 Zoma commence en 2007, lorsqu\u2019elle perd son troisi\u00e8me fils. \u00abMa belle-famille m\u2019a accus\u00e9e de l\u2019avoir tu\u00e9. J\u2019\u00e9tais assise dans ma case en train de faire mon deuil, quand une foule de personnes est venue s\u2019en prendre \u00e0 moi. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e de mangeuse d\u2019\u00e2mes et rou\u00e9e de coups. Ma case a \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9e\u00bb, se souvient-elle. Dans la course-poursuite qui s\u2019en est suivie, elle trouve refuge dans la brousse, le corps couvert de blessures, sans avoir eu le temps de prendre des v\u00eatements. Humili\u00e9e, la sexag\u00e9naire a d\u00fb quitter le village, sans destination pr\u00e9cise. \u00abJe ne savais pas o\u00f9 aller. J\u2019ai march\u00e9 dans la brousse pendant quatre jours sans manger, ni boire. J\u2019ai m\u00eame pens\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9, mettre un terme \u00e0 ma vie\u00bb, relate-t-elle, les yeux embu\u00e9s de larmes. \u00abAu quatri\u00e8me jour de ma fuite, un jeune homme m\u2019a aper\u00e7ue, assise \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un arbre. Il m\u2019a approch\u00e9e et a \u00e9chang\u00e9 avec moi. Ayant eu piti\u00e9 de moi, il m\u2019a conduite au centre oasis Jean- Bosco de Koudougou. J\u2019y vis maintenant depuis une douzaine d\u2019ann\u00e9es, sans nouvelles de mes enfants et de ma famille\u00bb, rapporte-t-elle. Selon la directrice du centre, Clarisse Mussoni, la vieille Zoma est arriv\u00e9e malade, le corps recouvert de nombreuses blessures. \u00abElle \u00e9tait toute affaiblie, avec le corps recouvert de nombreuses blessures. Notre premi\u00e8re r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 de la prendre imm\u00e9diatement en charge, de lui donner une douche, des v\u00eatements et de la nourriture\u00bb, soutient Mme Mussoni. Yyerega Luigi Bertrand Bama, un autre pensionnaire, est originaire du village de Pouni dans la province du Sangui\u00e9. Il est arriv\u00e9, au centre en 2018, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re. Nourrisson de 15 mois \u00e0 l\u2019\u00e9poque, tr\u00e8s malade, il est abandonn\u00e9 par les siens. \u00abVu les circonstances, j\u2019ai imm\u00e9diatement entam\u00e9 les d\u00e9marches n\u00e9cessaires aupr\u00e8s des services de l\u2019Action sociale afin que celui-ci soit intern\u00e9 au Centre de r\u00e9cup\u00e9ration des enfants (CREN)), car il \u00e9tait mal en point. Aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9 de 3 ans, le petit va tr\u00e8s bien\u00bb, raconte Mme Mussoni.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e9c\u00e9d\u00e9s du SIDA\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En classe de CP2, I.K a 10 ans. Orpheline de p\u00e8re et de m\u00e8re, elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par ses proches. \u00abLorsque nous l\u2019avons accueillie, elle \u00e9tait tr\u00e8s mal en point\u00bb, se souvient la responsable du centre. Tes parents viennent-ils souvent te voir ? A cette question, elle \u00e9clate en sanglots. Selon la directrice du centre, aucun des membres de sa famille, pourtant r\u00e9sidant \u00e0 Koudougou, n\u2019a daign\u00e9 prendre de ses nouvelles. Au lieu d\u2019\u00eatre soign\u00e9e, la \u00ab\u00a0petite\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par sa famille et d\u00e9pos\u00e9e au \u00abrefuge\u00bb, parce que ses g\u00e9niteurs sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s du SIDA, regrette la patronne du centre. \u00abHeureusement, gr\u00e2ce au centre, j\u2019ai un toit o\u00f9 dormir, je pars \u00e0 l\u2019\u00e9cole et j\u2019ai m\u00eame des amis avec qui jouer\u00bb, t\u00e9moigne I.K, tout \u00e9mue. Elle est actuellement, sous traitement antir\u00e9troviral, d\u2019apr\u00e8s Mussoni.<\/p>\n<p>Sauv\u00e9e de justesse<\/p>\n<p>Le centre Jean-Bosco de Koudougou h\u00e9berge actuellement quatre vieilles femmes. \u00abElles \u00e9taient auparavant au nombre de 18. Malheureusement, treize d\u2019entre elles sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Et une autre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par son fils qui vit en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Lors des d\u00e9c\u00e8s, certaines familles ont refus\u00e9 de prendre les d\u00e9pouilles\u00bb, fait savoir la directrice. En plus des femmes du 3e \u00e2ge, l\u2019\u00e9tablissement accueille des orphelins, des malnutris, des malades du SIDA, des femmes ayant fui le l\u00e9virat et des filles excis\u00e9es. C\u2019est le cas de Marie Zio, \u00e2g\u00e9e aujourd\u2019hui de 18 ans. Orpheline de p\u00e8re et de m\u00e8re, elle est arriv\u00e9e au centre \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 6 ans, en 2001, \u00e0 la suite d\u2019une excision qui a failli lui co\u00fbter la vie. Apr\u00e8s avoir subi cette pratique, elle a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e de justesse par un inconnu qui l\u2019a laiss\u00e9e \u00e0 la porte du centre. \u00abElle est arriv\u00e9e d\u00e9nu\u00e9e de toute force. Nous l\u2019avons conduit sur-le-champ \u00e0 la clinique pour des soins\u00bb, se souvient dame Mussoni. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre r\u00e9tablie, elle subira plusieurs interventions r\u00e9paratrices. \u00abCes interventions m\u2019ont permis de retrouver ma sant\u00e9\u00bb, soutient la jeune fille. Aujourd\u2019hui sp\u00e9cialiste du tissage et de la teinture, Marie Zio transmet \u00e0 pr\u00e9sent son savoir aux autres pensionnaires. \u00abC\u2019est elle qui forme les nouvelles venues en technique de teinture du pagne tiss\u00e9\u00bb, souligne Mme Mussoni. A l\u2019image de ces pensionnaires, ils sont environ 4 000 au Centre Jean-Bosco de Koudougou. \u00ab\u00a0Nous recevons par an pr\u00e8s de 400 personnes avec des cas diff\u00e9rents\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise la responsable. Il existe au sein du centre une \u00e9cole primaire de neuf classes, r\u00e9duite \u00e0 six par manque de moyens, et un Coll\u00e8ge d\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral (CEG) au profit des pensionnaires. \u00abNous prenons en charge 220 \u00e9l\u00e8ves sans compter ceux qui sont parrain\u00e9s mais fr\u00e9quentent d\u2019autres \u00e9tablissements\u00bb, indique la directrice. C\u2019est le cas d\u2019Ernest Bationo. Il est inscrit en premi\u00e8re ann\u00e9e de Math\u00e9matiques et physique-Chimie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Norbert-Zongo de Koudougou. Il affirme \u00eatre \u00e0 la charge du centre depuis ses premiers pas \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00abJ\u2019ai un v\u00e9lo et chaque deux semaines, j\u2019ai droit \u00e0 une demi-tine de mil pour mon alimentation\u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p>Form\u00e9es \u00e0 l\u2019autoemploi<\/p>\n<p>Au centre Jean-Bosco, les femmes victimes de violences bas\u00e9es sur le genre (l\u00e9virat, mariage forc\u00e9, excision, refus de paternit\u00e9) s\u2019adonnent au tissage, et \u00e0 la fabrication du beurre de karit\u00e9. \u00abLes articles qu\u2019elles confectionnent sont envoy\u00e9s en Italie pour des expositions- ventes. Les sommes engrang\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es leur permettront de s\u2019installer \u00e0 leurs propres comptes\u00bb, affirme Clarisse Mussoni. Ces femmes sont autoris\u00e9es \u00e0 rester un bout de temps au centre. \u00abApr\u00e8s leur d\u00e9part du centre, nous continuons \u00e0 les suivre pour voir si l\u2019activit\u00e9 men\u00e9e leur permet de vivre\u00bb, rench\u00e9rit-elle. Mamounata Ou\u00e9draogo, pensionnaire du centre, est aujourd\u2019hui une tisseuse accomplie. Elle est devenue une formatrice. Elle est arriv\u00e9e au centre avec ses gosses sous les bras, apr\u00e8s la mort de son mari. \u00abJ\u2019ai perdu mon mari. Avec cinq enfants sous les bras, je ne savais pas \u00e0 quel saint se vouer. Mais, gr\u00e2ce au centre, j\u2019arrive \u00e0 prendre soin de mes enfants et \u00e0 subvenir \u00e0 leurs besoins\u00bb, assure-t-elle. \u00abQuand je vois toutes ces personnes joyeuses, je suis heureuse de savoir que j\u2019ai fait \u0153uvre utile dans ma vie\u00bb, se r\u00e9jouit Clarisse Mussoni.<\/p>\n<p>Un travail reconnu<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la noblesse de la mission du centre, des difficult\u00e9s existent. En effet, \u00e0 sa cr\u00e9ation, Jean-Bosco comprenait une clinique, une pharmacie et un centre de couture. Mais faute de moyens financiers depuis 2009, ses structures sont ferm\u00e9es. La directrice souhaite avoir un appui en personnel en vue de la r\u00e9ouverture de la clinique, \u00e9tant donn\u00e9 que le mat\u00e9riel est disponible. \u00abCela va beaucoup nous soulager et \u00e9viter d\u2019aller \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour des soins, sauf les cas tr\u00e8s graves\u00bb, estime-t-elle.<br \/>Aussi, le centre, fait-elle savoir, manque cruellement de fonds sp\u00e9cifiques pour sa gestion. \u00abNous vivons gr\u00e2ce aux dons de nos amis en Italie. Cette aide est parfois insuffisante. Depuis sa cr\u00e9ation, le centre n\u2019a jamais re\u00e7u d\u2019appui financier de l\u2019Etat\u00bb, d\u00e9plore la directrice. Pourtant, l\u2019\u00e9tablissement re\u00e7oit souvent, confie-t-elle, des cas r\u00e9f\u00e9r\u00e9s par la direction provinciale de la femme, de la solidarit\u00e9 nationale, de la famille et de l\u2019action humanitaire. Cela est effectivement confirm\u00e9 par le directeur provincial du minist\u00e8re en charge de l\u2019action humanitaire, Jules Zongo. \u00abNotre d\u00e9partement reconna\u00eet \u00e0 sa juste valeur le travail abattu par le centre. Car, il contribue \u00e9norm\u00e9ment au soutien des personnes vuln\u00e9rables de la r\u00e9gion du Centre-Ouest. Il nous arrive effectivement de r\u00e9f\u00e9rer des cas \u00e0 la structure\u00bb, rel\u00e8ve-t-il. C\u2019est pourquoi, la direction provinciale de l\u2019action humanitaire, explique M. Zongo, suit les activit\u00e9s de Jean Bosco. Mieux, elle apporte des appuis-conseils dans la gestion des pensionnaires.<\/p>\n<p>Fleur BIRBA<br \/>fleurbirba@gmail.com<\/p>\n<p>\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.<\/p>\n<p>L\u2019histoire du centre Oasis<br \/>Le centre oasis \u00abLafi Ziiga\u00bb de Koudougou a vu le jour en 1994, gr\u00e2ce \u00e0 la bonne volont\u00e9 de l\u2019Italien, Mussoni. Celui-ci \u00e9tait venu au Burkina Faso, pr\u00e9cis\u00e9ment dans le village de Goundi, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Koudougou, pour servir comme un volontaire chez le fr\u00e8re Sylvestre, un religieux. Apr\u00e8s un mois de s\u00e9jour, Mussoni est reparti dans son pays natal. Par amour et par solidarit\u00e9 pour les populations de ce village, il est revenu vivre \u00e0 Goundi pendant huit ans. \u00abCe que son p\u00e8re adoptif faisait l\u2019a motiv\u00e9 \u00e0 vouloir apporter son aide aux personnes vuln\u00e9rables. Il l\u2019a ainsi aid\u00e9 \u00e0 acqu\u00e9rir le terrain \u00e0 Koudougou, pour construire le centre\u00bb, explique son \u00e9pouse, Clarisse Mussoni. Il fut baptis\u00e9 centre socio-sanitaire oasis Jean-Bosco. La structure a \u00e9t\u00e9 reconnue par l\u2019Etat en 1996. Aujourd\u2019hui, le centre emploie 17 personnes.<\/p>\n<p>F.B.<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d1bd03015717_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/07\/02\/centre-jean-bosco-de-koudougou-un-refuge-pour-personnes-abandonnees\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le centre sociosanitaire Jean-Bosco de Koudougou, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00abLafi ziiga\u00bb accueille des personnes vuln\u00e9rables : orphelins, enfants de la rue, veuves et femmes victimes de violences de toutes sortes. Sidwaya est all\u00e9 \u00e0 la rencontre des responsables et des pensionnaires de cet \u00e9tablissement social. Il est 10 heures, ce mardi 16 avril 2019 \u00e0 Koudougou. 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