{"id":44623,"date":"2019-07-04T18:00:13","date_gmt":"2019-07-04T22:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/zone-de-libre-echange-continentale-techniquement-il-reste-beaucoup-a-faire-dr-illy-ousseni\/"},"modified":"2019-07-04T18:00:13","modified_gmt":"2019-07-04T22:00:13","slug":"zone-de-libre-echange-continentale-techniquement-il-reste-beaucoup-a-faire-dr-illy-ousseni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/zone-de-libre-echange-continentale-techniquement-il-reste-beaucoup-a-faire-dr-illy-ousseni\/","title":{"rendered":"Zone de libre \u00e9change continentale:  \u00ab\u00a0Techniquement, il reste beaucoup \u00e0 faire\u2026\u00bb, Dr. Illy Ousseni"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/finance.gif?fit=787%2C525&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"464\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/finance.gif?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"finance\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>La Zone de libre \u00e9change continentale (ZLEC) en Afrique est entr\u00e9e en vigueur le 30 mai 2019, \u00e0 l\u2019issue de sa 22\u00e8 ratification faite par la Guin\u00e9e. Et la question sera sur la table du sommet des Chefs d\u2019Etat de l\u2019Union africaine ce vendredi 5 juillet\u00a0 \u00e0 Niamey au Niger. Mais que renferme cette notion de ZLEC\u00a0? Comment sera-t-elle op\u00e9rationnalis\u00e9e\u00a0? Quel sera son impact sur le commerce intra-africain\u00a0? Quels pourraient \u00eatre les obstacles \u00e0 sa mise en \u0153uvre r\u00e9ussie\u00a0? Pour r\u00e9pondre \u00e0 toutes interrogations et bien d\u2019autres, Sidwaya a rencontr\u00e9 un expert en la mati\u00e8re\u00a0: Dr. Ousseni Illy, enseignant chercheur en droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ouaga II, sp\u00e9cialiste des relations commerciales internationales et par ailleurs directeur ex\u00e9cutif du Centre africain pour le commerce international et le d\u00e9veloppement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sidwaya\u00a0(S.) : Le 30 mai 2019, la Zone de libre \u00e9change continentale (ZLEC) en \u00a0entr\u00e9e en vigueur, apr\u00e8s sa 22\u00e8 ratification. \u00a0Que renferme cette notion?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dr. Ousseni Illy (O.I):<\/strong> Une\u00a0 zone de libre \u00e9change est d\u00e9finie techniquement comme un espace \u00e9conomique qui regroupe plusieurs pays et au sein duquel les barri\u00e8res tarifaires (les droits douanes par exemples) et non-tarifaires (les restrictions \u00e0 l\u2019importation, \u00e0 l\u2019exportation comme les quotas,\u00a0 les contingents) sur les \u00e9changes commerciaux sont supprim\u00e9s entre les pays partenaires. Toutes ces barri\u00e8res, y compris barri\u00e8res administratives, de normes, sont supprim\u00e9es de sorte \u00e0 ce que le commerce entre les pays membres puisse se faire de mani\u00e8re libre, sans obstacles tarifaires et non-tarifaires. Une zone de libre \u00e9change continentale (ZLEC) vise justement \u00e0 cr\u00e9er cet espace \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de tout le continent africain. Cela veut dire que lorsque\u00a0 cette ZLEC sera effective, il n\u2019y aura plus de droits de douanes sur le commerce \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent sur les produits originaires africains. Lorsque le Burkina Faso par exemple voudra exporter son coton, son s\u00e9same ses amendes de karit\u00e9 en Afrique du Sud, il le fera sans droits de douane, \u00e0 l\u2019exception de la TVA (qui n\u2019est pas une taxe \u00e0 la porte). Inversement, l\u2019Afrique du Sud, le Kenya Cameroun, etc. \u00a0pourront exporter leurs productions vers le Burkina Faso sans payer les droits de douane et sans \u00eatre soumis \u00e0 des limitations quelconques en termes de quantit\u00e9. L\u2019objectif de la\u00a0 ZLEC, est de cr\u00e9er un vaste march\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle africaine o\u00f9 les produits circuleront librement d\u2019un Etat \u00e0 un autre.<\/p>\n<p><strong>S.: On dit que la phase op\u00e9rationnelle de cette ZLEC commence le 7 juillet prochain, concr\u00e8tement comment cela va se faire ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I:<\/strong> Concr\u00e8tement, le 7 juillet 2019 ne sera pas la phase op\u00e9rationnelle mais plut\u00f4t la phase politique. L\u2019accord de la ZLEC a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en 2018 par la quasi-totalit\u00e9 des Etats africains \u00e0 l\u2019exception du Nig\u00e9ria, du Benin et de l\u2019Erythr\u00e9e mais le \u00a0Nig\u00e9ria\u00a0 a annonc\u00e9 qu\u2019il le signera au sommet de l\u2019UA qui s\u2019ouvre\u00a0 le 5 mai \u00e0\u00a0 Niamey au Niger. L\u2019accord est entr\u00e9 en vigueur le 30 mai 2019 parce qu\u2019il avait besoin d\u2019\u00eatre ratifi\u00e9 par 22 pays. Aujourd\u2019hui, on d\u00e9passe ce nombre. \u00a0Mais il reste encore des \u00e9l\u00e9ments qui ne sont pas encore pr\u00eats\u00a0 pour que la ZLEC soit \u00a0effective maintenant?<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Quels sont ces \u00e9l\u00e9ments manquant pour rendre op\u00e9rationnelle la zone de libre \u00e9change continental\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I:<\/strong> L\u2019un des \u00e9l\u00e9ments importants, c\u2019est d\u00e9finir\u00a0 ce qu\u2019on appelle les r\u00e8gles d\u2019origine. Car dans une zone de libre \u00e9change, la lev\u00e9e des droits de douane, portent sur les produits originaires des pays membres. Et il y a des r\u00e8gles pour d\u00e9finir ce que c\u2019est qu\u2019un produit originaire car un produit peut \u00eatre fabriqu\u00e9 par plusieurs pays. Le Burkina Faso importe\u00a0 par exemple des pi\u00e8ces des motos pour venir\u00a0 les monter \u00a0sur son sol ; est-ce que le fait que ces motos aient \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es dans notre pays, elles \u00a0peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme \u00e9tant des produits made in\u00a0 Burkina Faso et\u00a0 qui pourront par cons\u00e9quent\u00a0 b\u00e9n\u00e9ficier de cette libre circulation ? Et c\u2019est pour \u00e9viter que les pays importent des pi\u00e8ces, les rassemblent pour ensuite revendiquer qu\u2019ils sont des produits originaires qui doivent b\u00e9n\u00e9ficier de la libre circulation, \u00a0\u00a0que l\u2019on d\u00e9finit les r\u00e8gles originaires. \u00a0Dans la d\u00e9finition des r\u00e8gles, on pourra dire que pour qu\u2019un produit industriel soit consid\u00e9r\u00e9 comme un produit originaire burkinab\u00e8, il faudra que\u00a0 par exemple 60% de la valeur ajout\u00e9e ou la mati\u00e8re premi\u00e8re\u00a0 provienne du Burkina Faso. Ce texte d\u00e9finissant ce que c\u2019est qu\u2019un produit africain, qui est tr\u00e8s important et sans lequel la ZLEC ne peut \u00eatre effective n\u2019est pas encore pris. En plus de ce texte, il y a d\u2019autres textes pour harmoniser les normes, les pratiques douani\u00e8res, etc. \u00a0qui ne sont \u00e9galement pas encore pris. Vu tout cela, je pense que Niamey va simplement\u00a0 lancer politiquement la zone. Mais techniquement, il reste encore beaucoup de\u00a0 choses pour que les produits puissent b\u00e9n\u00e9ficier de la libre circulation.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Lorsque cette ZLEC serait effective, quel pourrait \u00eatre son impact sur le commerce intra-africain\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>O.I\u00a0: Th\u00e9oriquement, les effets d\u2019une zone de libre circulation, c\u2019est comme on vient de le dire, les barri\u00e8res sont lev\u00e9es, \u00e0 priori le commerce devient plus libre et va augmenter. Cela\u00a0 va avoir un effet d\u2019entraiment sur la production, sur la cr\u00e9ation d\u2019emplois. Mais tout cela, c\u2019est de la th\u00e9orie. On a essay\u00e9 de faire des simulations, il semblerait que lorsque la zone sera effective, elle pourra entrainer une augmentation du commerce intra-africain de l\u2019ordre de 60% . L\u2019id\u00e9e c\u2019est de faire en sorte \u00a0que les pays africains \u00e9changent plus entre eux. Puisqu\u2019\u00e0 l\u2019heure actuelle on constate que le commerce entre les pays africains est tr\u00e8s faible, entre 10-12%.<\/p>\n<p>L\u2019objectif est que, selon les calculs de l\u2019Union africaine en 2022 et au-del\u00e0, si la zone est effective, au moins 50% du commerce total de l\u2019Afrique\u00a0 soit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent, c\u2019est-\u00e0-dire sur des produits\u00a0 africains. Mais\u00a0 on attend de voir si ce serait le cas.<\/p>\n<blockquote readability=\"5\">\n<p><strong>S\u00a0: Quels seront les effets pour les pays qui n\u2019ont pas ratifi\u00e9s la ZLEC?<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>O.I\u00a0:<\/strong> Pour les pays qui n\u2019ont pas sign\u00e9 aujourd\u2019hui, l\u2019accord ne leur sera pas appliqu\u00e9. Ces pays garderont leurs politiques commerciales ant\u00e9rieures et l\u2019accord ne leur ne sera pas opposable. Ils ne seront pas oblig\u00e9s d\u2019ouvrir leur march\u00e9 aux produits africains. Chacun a ses raisons.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Justement, quelles sont ces raisons qui ont\u00a0 pouss\u00e9 ces pays \u00e0 ne pas signer ou ratifier l\u2019accord\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I:<\/strong> L\u2019argument du Nigeria par exemple qui refusait de signer l\u2019accord est qu\u2019une zone de libre-\u00e9change n\u2019a pas que des effets b\u00e9n\u00e9fiques. Dans une zone de libre-\u00e9change, vous supprimez vos droits de douane et les autres restrictions, c\u2019est-\u00e0-dire que vous ouvrez votre march\u00e9 \u00e0 la concurrence. Ce qui signifie que vous exposez \u00e9galement vos producteurs nationaux. Si vos producteurs ne sont pas bien pr\u00e9par\u00e9s et que les autres qui viennent d\u2019ailleurs sont plus efficients et ont des co\u00fbts de production moindres, ils peuvent \u00e9liminer les v\u00f4tres. Donc il y a un danger qui est l\u00e0. Au-del\u00e0 du fait m\u00eame que l\u2019Etat va perdre des recettes douani\u00e8res en levant les droits de douanes, il y a le risque que les producteurs locaux peuvent subir des dommages pouvant conduire m\u00eame \u00e0 leur disparition.<\/p>\n<p>Le Nigeria avait dit qu\u2019il n\u2019y avait pas suffisamment de garantie dans l\u2019accord qui lui permettait au cas o\u00f9 ses producteurs seraient menac\u00e9s de pouvoir prendre des mesures pour les prot\u00e9ger. C\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 les industriels nig\u00e9rians qui ont pos\u00e9 ce probl\u00e8me \u00e0 leur gouvernement pour dire l\u2019accord risque d\u2019entrainer la fermeture d\u2019industries au Nigeria, compte tenu du fait que la concurrence avec les autres pays va \u00eatre rude. Vous savez que quand on parle de zone de libre \u00e9change continentale, c\u2019est y compris les pays maghr\u00e9bins (le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019Egypte) et l\u2019Afrique du sud\u00a0 qui sont tous des pays industriellement tr\u00e8s avanc\u00e9s. C\u2019est vrai que par rapport \u00e0 ces pays, le Nig\u00e9ria est une grande \u00e9conomie mais ce pays avait des craintes au niveau de l\u2019industrie nationale, parce que son secteur priv\u00e9 \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9, surtout les industriels. Mais est-ce que le secteur priv\u00e9 et le gouvernement nig\u00e9rians ont trouv\u00e9 un terrain d\u2019entente, on attend de voir si le Nig\u00e9ria va finalement signer l\u2019accord.<\/p>\n<p>La principale crainte au niveau des pays, c\u2019est aussi la perte des recettes\u00a0 (taxes douani\u00e8res) mais surtout la perte\u00a0 des march\u00e9s au niveau des producteurs nationaux.<\/p>\n<p><strong>S : Comment peut-on expliquer\u00a0 que des g\u00e9ants comme le Nig\u00e9ria\u00a0 aient\u00a0 h\u00e9sit\u00e9 avant de rejoindre la ZLEC alors que ceux comme le Burkina Faso y ont adh\u00e9r\u00e9 sans h\u00e9sitation ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I\u00a0:<\/strong> Des pays comme le Burkina Faso n\u2019ont pas fait\u00a0 d\u2019\u00e9tudes particuli\u00e8res pour \u00e9valuer les effets de la ZLEC sur leurs \u00e9conomies. Je crois que le Nig\u00e9ria a pris\u00a0 le temps de faire une \u00e9tude d\u2019o\u00f9\u00a0 ses h\u00e9sitations. L\u2019Union africaine et la commission \u00e9conomique des Nations unies\u00a0 ont fait des \u00e9tudes qui ont\u00a0 montr\u00e9 que ce sera positif pour tous les pays mais en r\u00e9alit\u00e9, certains pays vont perdre.\u00a0 Pour un pays comme le Burkina Faso, m\u00eame sans \u00e9tude, on ne peut pas s\u2019attendre \u00e0 un impact\u00a0 significatif sur les importations. Parce que si vous regardez le Burkina Faso,\u00a0 nous sommes d\u00e9j\u00e0 en zone de libre \u00e9change avec nos principaux partenaires commerciaux. Il s\u2019agit de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Nigeria, le Togo, et tous ces pays sont d\u00e9j\u00e0 membres\u00a0 soit de la CEDEAO,\u00a0 soit de l\u2019UEMOA.\u00a0 La zone de libre \u00e9change \u00e9conomique\u00a0 va supprimer les droits de douanes\u00a0 avec les autres pays. Mais quel est le degr\u00e9 de commerce entre le Burkina et \u00a0l\u2019Afrique du Sud\u00a0 ou le Cameroun\u00a0 ou encore le Kenya par exemple ? Peut \u00eatre que la ZLEC va favoriser\u00a0 le commerce avec ces pays. Je vois surtout un impact dans la relation avec le Maroc. Ce pays a une industrie\u00a0 et une agriculture d\u00e9velopp\u00e9es. Vous savez le Maroc exporte des tomates et des oignons au Mali et au S\u00e9n\u00e9gal, peut-\u00eatre \u00a0que si les droits de douanes sont lev\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 la ZLEC on retrouvera des tomates marocaines sur le march\u00e9 burkinab\u00e8 et l\u00e0 on aura un impact sur les producteurs\u00a0 locaux de tomates. Mais on n\u2019en sait rien vu qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019\u00e9tudes sur la question.\u00a0 Vous savez ces accords sont plus politiques qu\u2019\u00e9conomiques.<\/p>\n<p>S\u00a0: <strong>Est-ce que la mise en \u0153uvre\u00a0 de la ZLEC ne risque pas d\u2019\u00eatre confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s \u00e9tant\u00a0 donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019\u00e9tudes au niveau de certains pays\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I\u00a0:<\/strong> Il peut y avoir des difficult\u00e9s et l\u2019accord pr\u00e9voit des soupapes de s\u00e9curit\u00e9, comme tous les accords de commerce. Cela veut dire que lorsqu\u2019un pays est confront\u00e9 \u00e0 une augmentation massive des importations, des techniques\u00a0 sont pr\u00e9vues pour lui permettre de les stabiliser. De plus, l\u2019accord ne va pas ouvrir le march\u00e9 pour tous les produits, il y a une marge de man\u0153uvre qui est laiss\u00e9e aux pays, car \u00e0 terme, les droits de douanes seront lev\u00e9s sur 95% des produits. Chaque pays pourra choisir les produits qu\u2019il juge sensibles et les prot\u00e9ger. Du reste l\u2019accord pr\u00e9voit dans un 1<sup>er<\/sup> temps la suppression des droits de douanes sur 90% des produits pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Tous ces garde-fous font que si le Burkina\u00a0 d\u00e9cide\u00a0 qu\u2019un produit est sensible et qu\u2019en l\u2019ouvrant \u00e0 la concurrence ce secteur risque de souffrir, il peut d\u00e9cider de le mettre dans les 10% et \u00e0 termes dans 5%\u00a0 \u00a0qui ne seront jamais soumis \u00e0 l\u2019ouverture afin\u00a0 de permettre aux secteurs sensibles d\u2019exister.\u00a0 Si l\u2019accord est mis en \u0153uvre de fa\u00e7on transparente, il y aura des opportunit\u00e9s \u00e0 saisir pour les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques\u00a0 burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>S\u00a0: <strong>Quels peuvent \u00eatre les autres obstacles \u00e0 la r\u00e9ussite de la zone\u00a0 de libre \u00e9change \u00e9conomique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I\u00a0:<\/strong> Les pays africains sont champions en signature d\u2019accord. D\u2019ailleurs la ZLEC n\u2019est pas le premier accord d\u2019int\u00e9gration continentale, il ya eu ce qu\u2019on appel\u00e9 le trait\u00e9 d\u2019Abuja qui avait pr\u00e9vu la cr\u00e9ation de la communaut\u00e9 africaine avec un programme de lib\u00e9ralisation assez sch\u00e9matis\u00e9 et bien parfait . Il avait \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par tous les Etats africains en 1991.\u00a0 Le principal obstacle que je vois c\u2019est d\u2019abord la mise en \u0153uvre, le respect des d\u00e9lais pr\u00e9vus. Aucune \u00e9tude n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite au niveau des pays, si dans la mise en \u0153uvre, les pays se rendent compte que l\u2019impact est tr\u00e8s significatif sur\u00a0 leurs recettes,\u00a0 ils peuvent d\u00e9cider d\u2019arr\u00eater la mise en \u0153uvre. D\u00e9j\u00e0 que dans les communaut\u00e9s r\u00e9gionales, il y a des pays\u00a0 qui continuent d\u2019appliquer les droits de douanes sur certains produits \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur\u00a0 de la CEDEAO ou de l\u2019UEMOA.\u00a0 Il y a des m\u00e9canismes de sanctions mais personne ne les actionne.<\/p>\n<p>L\u2019un des d\u00e9fis majeurs et celui de la production, car comme on le dit ce se sont pas les accords qui cr\u00e9ent le commerce. L\u2019une des raisons de la faiblesse du commerce intra-africain\u00a0 c\u2019est parce qu\u2019il n\u2019y a pas de production. Quand vous regardez, en dehors des produits agricoles et des mati\u00e8res premi\u00e8res, il n\u2019y a pas de pays africains\u00a0 qui\u00a0 mettent suffisamment de produits\u00a0 manufactur\u00e9s de qualit\u00e9 sur le march\u00e9\u00a0 de sorte \u00e0 \u00e9viter que les autres ne s\u2019approvisionnent en Chine.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me d\u00e9fi est le transport, alors que tout le sait qu\u2019en Afrique, les routes, les moyens de transport et m\u00eame le \u00a0co\u00fbt de transport\u00a0 sont\u00a0 des facteurs handicapants.\u00a0 Tant que le probl\u00e8me des infrastructures de transport et du parc ne se sont pas r\u00e9gl\u00e9s, cet accord restera th\u00e9orique.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0:<\/strong> <strong>Que doit on attendre de la r\u00e9union des chefs d\u2019Etats de l\u2019Union africaine \u00e0 Niamey\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I:<\/strong> Les chefs d\u2019Etat vont donner le coup de pouce politique pour le d\u00e9part de la zone de libre \u00e9change \u00e9conomique. Mais le probl\u00e8me est qu\u2019apr\u00e8s ils retournent dans leurs bureau et laissent les choses entre les mains des techniciens. S\u2019il n\u2019y a pas de suivi politique aupr\u00e8s des administrations par les chefs d\u2019Etats, le lancement seul ne suffira pas.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Est-ce \u00e0 dire que l\u2019union \u00e9conomique et mon\u00e9taire d\u2019ici\u00a0 2028 n\u2019est pas r\u00e9aliste\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>O.I\u00a0:<\/strong> Tout est possible. Je ne suis pas pessimiste mais juste un peu r\u00e9serv\u00e9. Si vous prenez le projet de 1991, selon le calendrier\u00a0 adopt\u00e9, on devait \u00eatre dans la zone de libre \u00e9change depuis 2017. Pourtant c\u2019est en 2019 qu\u2019on lance une zone\u00a0 de libre \u00e9change et qui va prendre 10 ans minimum pour se mettre en\u00a0 place, cela me laisse sceptique. La monnaie de la CEDEAO devait \u00eatre en vigueur depuis 2005 et 15 ans apr\u00e8s nous sommes entrain de discuter de son nom.\u00a0 En r\u00e9alit\u00e9, la plupart des projets africains sont politiques, mais personne n\u2019y\u00a0 croit et c\u2019est l\u00e0 le probl\u00e8me. C\u2019est pour cela que l\u2019int\u00e9gration sous r\u00e9gionale ne d\u00e9colle pas.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e par Mahamadi SEBOGO<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\"><strong><a href=\"mailto:windmad76@gmail.com\">windmad76@gmail.com<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d1fc4ae9588b_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/07\/04\/zone-de-libre-echange-continentale\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Zone de libre \u00e9change continentale (ZLEC) en Afrique est entr\u00e9e en vigueur le 30 mai 2019, \u00e0 l\u2019issue de sa 22\u00e8 ratification faite par la Guin\u00e9e. Et la question sera sur la table du sommet des Chefs d\u2019Etat de l\u2019Union africaine ce vendredi 5 juillet\u00a0 \u00e0 Niamey au Niger. 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