{"id":46094,"date":"2019-07-14T06:00:00","date_gmt":"2019-07-14T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-paludisme-de-retour-chez-les-amerindiens-yukpa\/"},"modified":"2019-07-14T06:00:00","modified_gmt":"2019-07-14T10:00:00","slug":"le-paludisme-de-retour-chez-les-amerindiens-yukpa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-paludisme-de-retour-chez-les-amerindiens-yukpa\/","title":{"rendered":"Le paludisme de retour  chez les Am\u00e9rindiens Yukpa"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"176\">\n<p><strong>En 2018, \u201cil y a eu 600 000 cas de paludisme (au Venezuela) et nous, les organisations scientifiques,\u00a0estimons qu&rsquo;en 2019, on pourrait arriver \u00e0 un million de cas pour 30 millions d&rsquo;habitants\u201d, avance un m\u00e9decin.<\/strong><\/p>\n<p>La touffeur de la for\u00eat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne n&rsquo;y fait rien. Jos\u00e9 Gregorio a froid. \u201cJ&rsquo;ai mal partout, de la fi\u00e8vre\u201d, balbutie le vacher am\u00e9rindien. Diagnostic : crise de paludisme, un mal \u00e9radiqu\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es chez les Yukpa mais revenu en force avec la crise, comme dans le reste du Venezuela. \u201cIl avait mal aux articulations et a commenc\u00e9 \u00e0 vomir.<\/p>\n<p>Ca fait quatre ou cinq jours qu&rsquo;il ne mange rien\u201d, soupire sa femme Marisol. Leur b\u00e9b\u00e9 de quatre mois, Gregorio Jos\u00e9, babille au c\u00f4t\u00e9 de son p\u00e8re sur le lit. \u201cMal partout, \u00e0 la t\u00eate, de la fi\u00e8vre\u201d, marmonne Jos\u00e9 Gregorio, les yeux perdus, incapables de suivre la t\u00e9l\u00e9novela \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. \u201cLe b\u00e9b\u00e9 et moi avons aussi eu le paludisme\u201d, explique Marisol. Sans ironie aucune, elle ajoute: \u201cAvant, \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas comme \u00e7a ici, il n&rsquo;y avait que le chikungunya et la dengue.<\/p>\n<p class=\"c10\">Le paludisme est revenu l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.\u201d \u201cIci\u201d, c&rsquo;est El Tucuco, un village du bout du monde, au pied de montagnes que traverse la fronti\u00e8re avec la Colombie, \u00e0 plus de trois heures de voiture de Maracaibo, la capitale de l&rsquo;\u00c9tat de Zulia. Avec 3 700 personnes, El Tucuco est le plus grand centre de population des Am\u00e9rindiens Yukpa (prononcer \u201cYoupa\u201d). Et, comme le souligne Marisol, le paludisme y est \u201crevenu\u201d, comme dans tout le Venezuela, un pays qui pouvait pourtant se targuer d&rsquo;\u00eatre le premier au monde \u00e0 avoir \u00e9radiqu\u00e9 la maladie en 1961.<\/p>\n<p><strong>\u201cUne pand\u00e9mie\u201d<\/strong><br \/>Il n&rsquo;existe aucune statistique officielle sur le paludisme \u00e0 El Tucuco, ni sur le nombre de d\u00e9c\u00e8s qu&rsquo;il cause. Mais depuis la salle de la mission catholique o\u00f9 il consulte, Dr Carlos Polanco explique : \u201cSur dix personnes test\u00e9es pour le paludisme au laboratoire du village, 4 \u00e0 5 ressortent avec un test positif. Un chiffre alarmant\u201d. Fr\u00e8re Nelson Sandoval, un capucin qui pr\u00e9side aux destin\u00e9es de la mission, rench\u00e9rit : \u201cAvant d&rsquo;entrer dans les ordres, je connaissais d\u00e9j\u00e0 cette communaut\u00e9 et je n&rsquo;avais jamais vu de cas de paludisme. Aujourd&rsquo;hui, nous sommes en pleine pand\u00e9mie\u201d, estime-t-il. El Tucuco est touch\u00e9 par le plasmodium vivax, une forme de paludisme consid\u00e9r\u00e9e comme moins l\u00e9tale que l&rsquo;autre souche, le plasmodium falciparum,<\/p>\n<p class=\"c10\">surtout r\u00e9pandue dans les r\u00e9gions amazoniennes du sud-est du Venezuela. \u00c0 en croire fr\u00e8re Nelson et le Dr Polanco, la raison de son retour \u00e0 El Tucuco est simple. Il y a encore quelques ann\u00e9es, le gouvernement v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien envoyait r\u00e9guli\u00e8rement des employ\u00e9s proc\u00e9der \u00e0 des fumigations. Les fum\u00e9es chassaient les moustiques anoph\u00e8les, vecteurs du paludisme, et la maladie \u00e9tait sous contr\u00f4le.\u00a0Mais selon fr\u00e8re Nelson, ces campagnes de fumigation ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es &#8211; sans aucune explication &#8211; \u201cet au fur et \u00e0 mesure que la population de moustiques augmentait, les cas ont explos\u00e9\u201d. Les autorit\u00e9s ne se sont pas exprim\u00e9es sur le sujet.\u00a0<\/p>\n<p>Un facteur aggravant du retour du paludisme est la malnutrition, qui affaiblit les organismes. \u201cAvant\u201d, dit Dr Polanco, \u201cil \u00e9tait possible de varier son r\u00e9gime alimentaire, mais avec l&rsquo;inflation, les Yukpa n&rsquo;ont plus les moyens\u00a0\u00bb et se contentent souvent de consommer ce qu&rsquo;ils cultivent, comme le manioc et la banane plantain\u201d. Rosa, 67 ans, allong\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol de sa maison, conna\u00eet bien le sujet. Elle vit sa troisi\u00e8me crise de paludisme. \u201cLe m\u00e9decin m&rsquo;a pes\u00e9e hier: 37 kg. Avant, je pesais 83 kg\u201d, dit-elle, v\u00eatue d&rsquo;un t-shirt trop grand. Dans la pi\u00e8ce principale, la t\u00e9l\u00e9vision crache \u00e0 pleins tubes. Au dehors, sur la route goudronn\u00e9e, les petits-enfants de Rosa jouent au cahat et \u00e0 la souris, tandis qu&rsquo;un petit groupe d&rsquo;\u00e9coliers en uniforme rentre de l&rsquo;\u00e9cole.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Dissimulation<\/strong><br \/>El Tucuco est \u00e0 l&rsquo;image du Venezuela tout entier en mati\u00e8re de propagation du paludisme : \u201cLa situation est catastrophique\u201d, s&rsquo;alarme Dr Huniades Urbina, secr\u00e9taire de l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine. \u201cEn 2018, il y a eu 600 000 cas de paludisme (au Venezuela) et nous, les organisations scientifiques, estimons qu&rsquo;en 2019 on pourrait arriver \u00e0 un million de cas pour 30 millions d&rsquo;habitants\u201d, avance le praticien. Mais ces chiffres ne sont que des estimations car \u201cle gouvernement dissimule les statistiques\u201d, dit-il. L&rsquo;explosion du paludisme est all\u00e9e de pair avec l&rsquo;aggravation de la crise. Selon le gouvernement de Nicolas Maduro, l&rsquo;inflation a d\u00e9pass\u00e9 les 130 000% en 2018 et le PIB s&rsquo;est r\u00e9duit de moiti\u00e9 entre 2013 et 2018. Dans l&rsquo;\u00c9tat de Zulia, les stations-service sont \u00e0 sec depuis plus d&rsquo;un mois.<\/p>\n<p>Les pannes de courant sont monnaie courante et les habitants fuient \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger par milliers. Le manque de perspectives pousse aussi les V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens \u00e0 se d\u00e9placer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays pour trouver du travail.\u00a0<br \/>Beaucoup rejoignent notamment les mines d&rsquo;or de l&rsquo;\u00c9tat de Bolivar. Mais cette r\u00e9gion est infest\u00e9e de moustiques transmetteurs du paludisme. Lorsque ces V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens rentrent chez eux depuis des zones impalud\u00e9es, certains sont infect\u00e9s et contaminent leur entourage par le biais des moustiques.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>\u201cPersonne ne nous r\u00e9pond\u201d<\/strong><br \/>\u00c0 El Tucuco, le gouvernement est loin en actes mais proche en symboles. \u00c0 l&rsquo;entr\u00e9e du dispensaire, une affiche de l&rsquo;ancien pr\u00e9sident, Hugo Chavez, mort en 2013, veille sur les visiteurs. Mais Dr Luisana Hernandez d\u00e9sesp\u00e8re de voir une quelconque aide publique. \u201cChaque jour, tout se d\u00e9t\u00e9riore un peu plus.\u201d Elle \u00e9gr\u00e8ne: les r\u00e9frig\u00e9rateurs destin\u00e9s \u00e0 conserver les vaccins ne marchent pas \u201cparce qu&rsquo;on a pas d&rsquo;essence pour faire fonctionner le groupe \u00e9lectrog\u00e8ne\u201d, les deux ambulances \u201cinop\u00e9rantes\u201d rouillent dans le jardin. \u201cNous avons frapp\u00e9 \u00e0 toutes les portes, mais personne ne nous r\u00e9pond.\u201d Sans essence pour apporter les m\u00e9dicaments depuis la ville et sans ressources pour pr\u00e9venir le mal, \u00e9radiquer le paludisme rel\u00e8ve de la mission quasi impossible.<\/p>\n<p>Fr\u00e8re Nelson fait avec les moyens du bord. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ONG catholique Caritas et l&rsquo;Organisation panam\u00e9ricaine de la Sant\u00e9 (OPS), la mission distribue les antipalud\u00e9ennes chloroquines et primaquine aux Yukpa malades. Maria Jos\u00e9 Romero, 22 ans, en a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. \u201cLes crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition sont dues au fait que beaucoup de personnes ne peuvent pas suivre le traitement, faute de m\u00e9dicaments\u201d, dit cette jeune femme qui vit en Colombie \u00e0 cause de la crise au Venezuela et est de passage \u00e0 El Tucuco pour voir sa famille. Bient\u00f4t, elle retournera de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la montagne&#8230; \u00e0 pied. \u201cC&rsquo;est trois jours de marche\u201d, sourit-elle.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c11\"><strong>Par Guillaume DECAMME (AFP)<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"176\">\n<p><strong>En 2018, \u201cil y a eu 600 000 cas de paludisme (au Venezuela) et nous, les organisations scientifiques,\u00a0estimons qu&rsquo;en 2019, on pourrait arriver \u00e0 un million de cas pour 30 millions d&rsquo;habitants\u201d, avance un m\u00e9decin.<\/strong><\/p>\n<p>La touffeur de la for\u00eat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne n&rsquo;y fait rien. Jos\u00e9 Gregorio a froid. \u201cJ&rsquo;ai mal partout, de la fi\u00e8vre\u201d, balbutie le vacher am\u00e9rindien. Diagnostic : crise de paludisme, un mal \u00e9radiqu\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es chez les Yukpa mais revenu en force avec la crise, comme dans le reste du Venezuela. \u201cIl avait mal aux articulations et a commenc\u00e9 \u00e0 vomir.<\/p>\n<p>Ca fait quatre ou cinq jours qu&rsquo;il ne mange rien\u201d, soupire sa femme Marisol. Leur b\u00e9b\u00e9 de quatre mois, Gregorio Jos\u00e9, babille au c\u00f4t\u00e9 de son p\u00e8re sur le lit. \u201cMal partout, \u00e0 la t\u00eate, de la fi\u00e8vre\u201d, marmonne Jos\u00e9 Gregorio, les yeux perdus, incapables de suivre la t\u00e9l\u00e9novela \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. \u201cLe b\u00e9b\u00e9 et moi avons aussi eu le paludisme\u201d, explique Marisol. Sans ironie aucune, elle ajoute: \u201cAvant, \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pas comme \u00e7a ici, il n&rsquo;y avait que le chikungunya et la dengue.<\/p>\n<p class=\"c10\">Le paludisme est revenu l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.\u201d \u201cIci\u201d, c&rsquo;est El Tucuco, un village du bout du monde, au pied de montagnes que traverse la fronti\u00e8re avec la Colombie, \u00e0 plus de trois heures de voiture de Maracaibo, la capitale de l&rsquo;\u00c9tat de Zulia. Avec 3 700 personnes, El Tucuco est le plus grand centre de population des Am\u00e9rindiens Yukpa (prononcer \u201cYoupa\u201d). Et, comme le souligne Marisol, le paludisme y est \u201crevenu\u201d, comme dans tout le Venezuela, un pays qui pouvait pourtant se targuer d&rsquo;\u00eatre le premier au monde \u00e0 avoir \u00e9radiqu\u00e9 la maladie en 1961.<\/p>\n<p><strong>\u201cUne pand\u00e9mie\u201d<\/strong><br \/>Il n&rsquo;existe aucune statistique officielle sur le paludisme \u00e0 El Tucuco, ni sur le nombre de d\u00e9c\u00e8s qu&rsquo;il cause. Mais depuis la salle de la mission catholique o\u00f9 il consulte, Dr Carlos Polanco explique : \u201cSur dix personnes test\u00e9es pour le paludisme au laboratoire du village, 4 \u00e0 5 ressortent avec un test positif. Un chiffre alarmant\u201d. Fr\u00e8re Nelson Sandoval, un capucin qui pr\u00e9side aux destin\u00e9es de la mission, rench\u00e9rit : \u201cAvant d&rsquo;entrer dans les ordres, je connaissais d\u00e9j\u00e0 cette communaut\u00e9 et je n&rsquo;avais jamais vu de cas de paludisme. Aujourd&rsquo;hui, nous sommes en pleine pand\u00e9mie\u201d, estime-t-il. El Tucuco est touch\u00e9 par le plasmodium vivax, une forme de paludisme consid\u00e9r\u00e9e comme moins l\u00e9tale que l&rsquo;autre souche, le plasmodium falciparum,<\/p>\n<p class=\"c10\">surtout r\u00e9pandue dans les r\u00e9gions amazoniennes du sud-est du Venezuela. \u00c0 en croire fr\u00e8re Nelson et le Dr Polanco, la raison de son retour \u00e0 El Tucuco est simple. Il y a encore quelques ann\u00e9es, le gouvernement v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien envoyait r\u00e9guli\u00e8rement des employ\u00e9s proc\u00e9der \u00e0 des fumigations. Les fum\u00e9es chassaient les moustiques anoph\u00e8les, vecteurs du paludisme, et la maladie \u00e9tait sous contr\u00f4le.\u00a0Mais selon fr\u00e8re Nelson, ces campagnes de fumigation ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es &#8211; sans aucune explication &#8211; \u201cet au fur et \u00e0 mesure que la population de moustiques augmentait, les cas ont explos\u00e9\u201d. Les autorit\u00e9s ne se sont pas exprim\u00e9es sur le sujet.\u00a0<\/p>\n<p>Un facteur aggravant du retour du paludisme est la malnutrition, qui affaiblit les organismes. \u201cAvant\u201d, dit Dr Polanco, \u201cil \u00e9tait possible de varier son r\u00e9gime alimentaire, mais avec l&rsquo;inflation, les Yukpa n&rsquo;ont plus les moyens\u00a0\u00bb et se contentent souvent de consommer ce qu&rsquo;ils cultivent, comme le manioc et la banane plantain\u201d. Rosa, 67 ans, allong\u00e9e \u00e0 m\u00eame le sol de sa maison, conna\u00eet bien le sujet. Elle vit sa troisi\u00e8me crise de paludisme. \u201cLe m\u00e9decin m&rsquo;a pes\u00e9e hier: 37 kg. Avant, je pesais 83 kg\u201d, dit-elle, v\u00eatue d&rsquo;un t-shirt trop grand. Dans la pi\u00e8ce principale, la t\u00e9l\u00e9vision crache \u00e0 pleins tubes. Au dehors, sur la route goudronn\u00e9e, les petits-enfants de Rosa jouent au cahat et \u00e0 la souris, tandis qu&rsquo;un petit groupe d&rsquo;\u00e9coliers en uniforme rentre de l&rsquo;\u00e9cole.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Dissimulation<\/strong><br \/>El Tucuco est \u00e0 l&rsquo;image du Venezuela tout entier en mati\u00e8re de propagation du paludisme : \u201cLa situation est catastrophique\u201d, s&rsquo;alarme Dr Huniades Urbina, secr\u00e9taire de l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale de m\u00e9decine. \u201cEn 2018, il y a eu 600 000 cas de paludisme (au Venezuela) et nous, les organisations scientifiques, estimons qu&rsquo;en 2019 on pourrait arriver \u00e0 un million de cas pour 30 millions d&rsquo;habitants\u201d, avance le praticien. Mais ces chiffres ne sont que des estimations car \u201cle gouvernement dissimule les statistiques\u201d, dit-il. L&rsquo;explosion du paludisme est all\u00e9e de pair avec l&rsquo;aggravation de la crise. Selon le gouvernement de Nicolas Maduro, l&rsquo;inflation a d\u00e9pass\u00e9 les 130 000% en 2018 et le PIB s&rsquo;est r\u00e9duit de moiti\u00e9 entre 2013 et 2018. Dans l&rsquo;\u00c9tat de Zulia, les stations-service sont \u00e0 sec depuis plus d&rsquo;un mois.<\/p>\n<p>Les pannes de courant sont monnaie courante et les habitants fuient \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger par milliers. Le manque de perspectives pousse aussi les V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens \u00e0 se d\u00e9placer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays pour trouver du travail.\u00a0<br \/>Beaucoup rejoignent notamment les mines d&rsquo;or de l&rsquo;\u00c9tat de Bolivar. Mais cette r\u00e9gion est infest\u00e9e de moustiques transmetteurs du paludisme. Lorsque ces V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens rentrent chez eux depuis des zones impalud\u00e9es, certains sont infect\u00e9s et contaminent leur entourage par le biais des moustiques.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>\u201cPersonne ne nous r\u00e9pond\u201d<\/strong><br \/>\u00c0 El Tucuco, le gouvernement est loin en actes mais proche en symboles. \u00c0 l&rsquo;entr\u00e9e du dispensaire, une affiche de l&rsquo;ancien pr\u00e9sident, Hugo Chavez, mort en 2013, veille sur les visiteurs. Mais Dr Luisana Hernandez d\u00e9sesp\u00e8re de voir une quelconque aide publique. \u201cChaque jour, tout se d\u00e9t\u00e9riore un peu plus.\u201d Elle \u00e9gr\u00e8ne: les r\u00e9frig\u00e9rateurs destin\u00e9s \u00e0 conserver les vaccins ne marchent pas \u201cparce qu&rsquo;on a pas d&rsquo;essence pour faire fonctionner le groupe \u00e9lectrog\u00e8ne\u201d, les deux ambulances \u201cinop\u00e9rantes\u201d rouillent dans le jardin. \u201cNous avons frapp\u00e9 \u00e0 toutes les portes, mais personne ne nous r\u00e9pond.\u201d Sans essence pour apporter les m\u00e9dicaments depuis la ville et sans ressources pour pr\u00e9venir le mal, \u00e9radiquer le paludisme rel\u00e8ve de la mission quasi impossible.<\/p>\n<p>Fr\u00e8re Nelson fait avec les moyens du bord. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ONG catholique Caritas et l&rsquo;Organisation panam\u00e9ricaine de la Sant\u00e9 (OPS), la mission distribue les antipalud\u00e9ennes chloroquines et primaquine aux Yukpa malades. Maria Jos\u00e9 Romero, 22 ans, en a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. \u201cLes crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition sont dues au fait que beaucoup de personnes ne peuvent pas suivre le traitement, faute de m\u00e9dicaments\u201d, dit cette jeune femme qui vit en Colombie \u00e0 cause de la crise au Venezuela et est de passage \u00e0 El Tucuco pour voir sa famille. 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