{"id":46313,"date":"2019-07-15T08:00:00","date_gmt":"2019-07-15T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/vallee-ait-bougmez-un-quotidien-des-habitants-calque-sur-les-saisons\/"},"modified":"2019-07-15T08:00:00","modified_gmt":"2019-07-15T12:00:00","slug":"vallee-ait-bougmez-un-quotidien-des-habitants-calque-sur-les-saisons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/vallee-ait-bougmez-un-quotidien-des-habitants-calque-sur-les-saisons\/","title":{"rendered":"Vall\u00e9e A\u00eft Bougmez: Un quotidien des habitants calqu\u00e9 sur les saisons"},"content":{"rendered":"<div readability=\"40\">\n<p>Des hivers rudes mais des printemps qui chantent<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les pommes, la culture phare, le safran, est \u00e0 l\u2019\u00e9tude<\/p>\n<p>Touda, un h\u00e9bergement \u00e9co-responsable tenu par des natifs de la vall\u00e9e<\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"140\">\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"32\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez.jpg\"\/><\/div>\n<div class=\"dnd-legend-wrapper\" contenteditable=\"true\" readability=\"9\">\n<p>Il faut suivre les sinueuses routes de montagne pour atteindre la vall\u00e9e d\u2019A\u00eft Bougmez, pr\u00e8s de M\u2019Goun dans le Haut-Atlas. Une r\u00e9gion baptis\u00e9e la \u00abvall\u00e9e heureuse\u00bb\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Il faut composer avec le vent. Des rafales de vent qui arrivent tout aussi subitement qu\u2019elles disparaissent. Dans la vall\u00e9e d\u2019A\u00eft Bougmez, au pied de M\u2019Goun dans le Haute-Atlas, les habitants ne vivent pas tout \u00e0 fait pareil qu\u2019ils soient en haut ou au pied des montagnes. Dans les hauteurs, les hivers sont plus rudes, les cultures moins \u00e9tendues et l\u2019enclavement plus prononc\u00e9. Cette ann\u00e9e, il n\u2019a quasiment ni plu ni neig\u00e9, alors forc\u00e9ment les sources sont loin d\u2019\u00eatre abondantes. Le manque d\u2019eau, et donc de p\u00e2turage, g\u00e9n\u00e8re parfois des discordes entre les s\u00e9dentaires et les nomades, que l\u2019on aper\u00e7oit de la route install\u00e9s avec leur b\u00e9tail. Chacun doit composer avec l\u2019autre.\u00a0<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"33.5\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez1.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez1.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez1.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">\u00abLa vie des nomades est si \u00e9prouvante que les habitants ici les voient comme des gens en grande pr\u00e9carit\u00e9, alors qu\u2019eux se consid\u00e8rent, avant tout autre chose, comme des hommes et des femmes libres. Tout d\u00e9pend du regard\u00bb, confie Sa\u00efd Marghadi, guide et photographe, qui a souvent partag\u00e9 leur transhumance. Un pied au Maroc et l\u2019autre en France, ce natif d\u2019Afourer d\u00e9veloppe depuis 10 ans un projet d\u2019h\u00e9bergement en harmonie avec son environnement. Cette confortable demeure, perch\u00e9e \u00e0 2.200 m d\u2019altitude, la plus haute, qui vient de rejoindre le label \u00abCharme &#038; caract\u00e8re\u00bb, est tenue toute l\u2019ann\u00e9e par Ahmed, Brahim et Nejma, des enfants de la vall\u00e9e. Pour eux, tout a chang\u00e9 avec ce projet. \u00c9conomiquement bien s\u00fbr, mais surtout \u00abils rencontrent des gens venus d\u2019ailleurs, des visiteurs \u00e9trangers. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, c\u2019est un \u00e9change de cultures tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fique, qui ouvre les esprits\u00bb, continue Sa\u00efd. Et c\u2019est pour lui le vrai int\u00e9r\u00eat d\u2019un tel projet, faire conna\u00eetre et aimer cette r\u00e9gion au plus profond de son ADN, retourner la carte postale en quelque sorte, et ouvrir l\u2019horizon des habitants de celle que l\u2019on appelle la \u00abvall\u00e9e heureuse\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>D\u00e9couvrir qu\u2019un autre\u00a0monde existe&#8230;<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"33.5\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez2.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez2.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez2.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Il se dit que le premier \u00e0 s\u2019\u00eatre install\u00e9 \u00e0 Zaouiat Oulmzi, le nom de ce village, le plus haut en altitude, est un marabout venu de Figuig. Il y avait 9 maisons seulement \u00e0 l\u2019\u00e9poque, contre 62 aujourd\u2019hui. Toutes en pierres, les seules \u00e0 r\u00e9sister au climat. Les nomades se s\u00e9dentarisaient et les besoins grandissaient, et continuent de grandir, au rythme des populations. Puis, la modernit\u00e9 a perc\u00e9. Ahmed Elbahawil a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 acheter une radio dans le village, ce qui lui vaut d\u2019\u00eatre cit\u00e9 dans l\u2019\u00e9co-mus\u00e9e voisin.\u00a0<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez3.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez3.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez3.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Les hommes se retrouvaient le soir devant la mosqu\u00e9e pour \u00e9couter de la musique et les nouvelles du reste du monde. Une ouverture sur l\u2019ailleurs qui a fait office de petite r\u00e9volution, tout comme l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 en 2000. \u00abTout le monde a alors voulu la t\u00e9l\u00e9vision, puis la parabole, le t\u00e9l\u00e9phone\u2026\u00bb, explique Brahim El Ghazi, un habitant de la r\u00e9gion. \u00abMais aujourd\u2019hui que nous avons tout, la solidarit\u00e9, le savoir-vivre ensemble, disparaissent petit \u00e0 petit\u00bb, ajoute-t-il. Ce qui dispara\u00eet surtout ce sont les jeunes, plus tent\u00e9s par les grandes villes ou \u00e0 rejoindre l\u2019arm\u00e9e. Pendant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9, tous sont de retour. Mais en septembre, chacun reprend sa route et la vall\u00e9e, ainsi d\u00e9lest\u00e9e de la majorit\u00e9 des hommes, change de visage et replonge doucement dans les rudesses du temps. L\u2019hiver arrive vite et avec lui toutes ses contraintes (voir L\u2019Economiste du 09\/01\/2018). Le paysage dispara\u00eet sous la neige, comme les maisons. En attendant, il faut faire les r\u00e9serves tant pour les animaux que pour les familles.\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Les pommiers comme\u00a0 sources de survie<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez4.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez4.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez4.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Il y a plusieurs ann\u00e9es, les habitants cultivaient essentiellement des pommes de terre pour la revente, et des c\u00e9r\u00e9ales. Un jour, quelques-uns, en bas de la vall\u00e9e, se sont lanc\u00e9s dans le commerce des pommes. Leurs affaires ont \u00e9t\u00e9 si fructueuses aux yeux des autres que tout le monde s\u2019y est mis. Dans la plaine, la culture est intensive et tr\u00e8s consommatrice de pesticides. Plus haut, o\u00f9 la fa\u00e7on de produire est plus raisonn\u00e9e, le frein tient au manque de r\u00e9seau pour en faire une vraie source de profit. Pas de formation, ni de sensibilisation, toute opportunit\u00e9 de transformer la pomme en jus ou tout autre produit leur \u00e9chappe. Alors, parmi les initiatives du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, un grand frigidaire va \u00eatre mis \u00e0 disposition des agriculteurs en octobre prochain, dont une partie de la consommation \u00e9lectrique sera fournie par le solaire. Ainsi, plut\u00f4t que de vendre leurs productions apr\u00e8s la r\u00e9colte quand les prix sont au plus bas, ils pourront \u00e9tendre les ventes quand l\u2019offre est moins abondante sur le march\u00e9. \u00abLa dynamique est l\u00e0, mais elle est encore d\u00e9sordonn\u00e9e\u00bb, confie l\u2019h\u00f4telier. Les autorit\u00e9s ont d\u2019autres projets comme la fili\u00e8re du safran. Un programme sur 4 ans est enclench\u00e9 par le conseil provincial et la r\u00e9gion pour d\u00e9ployer cette nouvelle culture sur 17 communes.\u00a0<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"33\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/reportage_vallee_ait_bougmez5.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"reportage_vallee_ait_bougmez5.jpg\" title=\"reportage_vallee_ait_bougmez5.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Le d\u00e9senclavement est en marche. Cinq routes passent aujourd\u2019hui par A\u00eft Bougmez. \u00abChacune d\u2019elle rapproche un peu plus les gens entre eux. Les familles ne sont plus totalement s\u00e9par\u00e9es\u00bb, ajoute Sa\u00efd. La vall\u00e9e sort petit \u00e0 petit de son isolement, s\u2019organise aussi pour multiplier les opportunit\u00e9s de travail et ainsi fixer les populations. Cultures et tourisme \u00e9co-responsable (de nombreuses activit\u00e9s de trekking y sont organis\u00e9es) restent les valeurs s\u00fbres. De quoi donner des ailes \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, et des jours heureux \u00e0 ses habitants.\u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: leco_web_admin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1047728-vallee-ait-bougmez-un-quotidien-des-habitants-calque-sur-les-saisons\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des hivers rudes mais des printemps qui chantent Apr\u00e8s les pommes, la culture phare, le safran, est \u00e0 l\u2019\u00e9tude Touda, un h\u00e9bergement \u00e9co-responsable tenu par des natifs de la vall\u00e9e Il faut suivre les sinueuses routes de montagne pour atteindre la vall\u00e9e d\u2019A\u00eft Bougmez, pr\u00e8s de M\u2019Goun dans le Haut-Atlas. 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