{"id":47314,"date":"2019-07-19T02:47:53","date_gmt":"2019-07-19T06:47:53","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/jean-marc-palm-president-du-haut-conseil-du-dialogue-social-notre-role-cest-de-calmer-les-esprits\/"},"modified":"2019-07-19T02:47:53","modified_gmt":"2019-07-19T06:47:53","slug":"jean-marc-palm-president-du-haut-conseil-du-dialogue-social-notre-role-cest-de-calmer-les-esprits","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/jean-marc-palm-president-du-haut-conseil-du-dialogue-social-notre-role-cest-de-calmer-les-esprits\/","title":{"rendered":"Jean Marc Palm, pr\u00e9sident du Haut conseil du dialogue social : \u00abNotre r\u00f4le, c\u2019est de calmer les esprits\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\" readability=\"35\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp1.gif?fit=797%2C597&#038;ssl=1\" data-caption=\"Pour le pr\u00e9sident du HCDS, Domba Jean Marc Palm, son institution n\u2019a pas vocation \u00e0 avoir des positions partisanes.\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"521\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp1.gif?resize=696%2C521&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"jmp1\"\/><\/a>Pour le pr\u00e9sident du HCDS, Domba Jean Marc Palm, son institution n\u2019a pas vocation \u00e0 avoir des positions partisanes.<\/div>\n<p><strong>La fronde sociale est en \u00e9bullition au Burkina Faso, au point que le Pr\u00e9sident du Faso, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, a demand\u00e9 une tr\u00eave. Dans cette interview r\u00e9alis\u00e9e, le lundi 15 juillet 2019, le pr\u00e9sident du Haut conseil du dialogue social (HCDS), Domba Jean Marc Palm, revient sur les missions de son institution, les dossiers en examen et la fronde sociale.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sidwaya (S.)\u00a0: Quelles sont les missions du Haut conseil du dialogue social (HCDS) ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Jean Marc Palm (J.M.P.)\u00a0:<\/strong> Le Haut conseil du dialogue social (HCDS) a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 par d\u00e9cret du 5 mai 2017. Sa cr\u00e9ation est cons\u00e9cutive aux recommandations du Bureau international du travail (BIT) et de l\u2019UEMOA. Ses composantes ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9es par d\u00e9cret, le 8 f\u00e9vrier, et son pr\u00e9sident, le 27 f\u00e9vrier 2018. Il a pour r\u00f4le d\u2019impl\u00e9menter une culture du dialogue social dans notre pays.<\/p>\n<p>Nous avons, par exemple, les rencontres patronat-syndicats, gouvernement-syndicats, mais la particularit\u00e9 du HCDS, c\u2019est d\u2019\u00eatre une institution tripartite compos\u00e9e de l\u2019ex\u00e9cutif, des travailleurs et du patronat. Chaque composante a dix membres, nomm\u00e9s par le gouvernement. L\u2019institution a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e, le 3 mai 2018. Par la suite, il nous fallait fonctionner.<\/p>\n<p>Nous avons demand\u00e9 l\u2019intervention du pr\u00e9sident du Faso, qui nous a permis d\u2019organiser une assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re extraordinaire en juin 2018 pour adopter les textes et le r\u00e8glement int\u00e9rieur. Le HCDS est compos\u00e9 de trois commissions\u00a0: m\u00e9diation-dialogue social sensibilisation-formation et \u00e9tudes-\u00e9conomique, social et du travail. Chaque commission est dirig\u00e9e par un vice-pr\u00e9sident.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Qu\u2019est-ce qui explique la mise en place des trois commissions\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Ces commissions nous permettent d\u2019avoir une approche globale des missions de l\u2019institution. Par exemple, la commission m\u00e9diation et dialogue sociale nous permet d\u2019intervenir dans le r\u00e8glement des diff\u00e9rents conflits.<\/p>\n<p>La commission formation est habilit\u00e9e \u00e0 proposer des programmes de formations, pas seulement au profit des membres du Haut conseil, mais \u00e9galement pour d\u2019autres travailleurs, des membres du gouvernement et le patronat.<\/p>\n<p>La commission \u00e9tudes nous permet l\u2019appropriation d\u2019un certain nombre de probl\u00e8mes qui se posent dans le pays, de pr\u00e9venir et de faire des propositions au gouvernement. Le Haut conseil n\u2019est pas un organe de d\u00e9cision, mais un conseil qui fait des propositions aux diff\u00e9rentes parties.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Ne craignez-vous pas que le HCDS soit per\u00e7u comme une institution de trop \u00e0 l\u2019image du Conseil \u00e9conomique et social (CES)\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Chacun a son point de vue. Le probl\u00e8me de fond, c\u2019est la m\u00e9connaissance des missions et pr\u00e9rogatives des diff\u00e9rentes institutions. Ce qui fait que le citoyen lambda a tendance \u00e0 faire des confusions quant \u00e0 leurs domaines d\u2019intervention.<\/p>\n<p>J\u2019ai une anecdote. A la fin de la Seconde guerre mondiale, lorsque les Am\u00e9ricains sont arriv\u00e9s en France, ils ont estim\u00e9 que la seule institution qui vaille, c\u2019est le CES, compte tenu de son r\u00f4le et de l\u2019impact qu\u2019il peut avoir sur le d\u00e9veloppement du pays. Aux Nations unies, le CES existe. Pour le cas du Burkina, le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 le Haut conseil \u00e0 la demande d\u2019un ensemble d\u2019organismes et des travailleurs.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: A la cr\u00e9ation de votre institution, des syndicats avaient estim\u00e9 que c\u2019est une strat\u00e9gie pour dilapider des fonds publics.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Le gouvernement n\u2019a pas intervenu dans la d\u00e9signation des diff\u00e9rentes composantes du HCDS. Les centrales syndicales ont particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction des textes. C\u2019est lorsqu\u2019il s\u2019est agi de la d\u00e9signation des composantes, que le probl\u00e8me s\u2019est pos\u00e9 en leur sein.<\/p>\n<p>J\u2019ai suivi la pol\u00e9mique et d\u2019autres syndicats ont aussi fait des conf\u00e9rences de presse sur le sujet. Mais, les cinq centrales syndicales qui ont particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation du Haut conseil ont eu une attitude extr\u00eamement mature, en envoyant neuf membres au lieu de 10, laissant la porte ouverte \u00e0 la centrale qui n\u2019avait pas envoy\u00e9 de membre.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: N\u2019y a-t-il pas de doublon entre le HCDS et le Haut conseil pour la r\u00e9conciliation et l\u2019unit\u00e9 nationale (HCRUN)\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Il n\u2019y a pas de doublon avec le HCRUN, qui est charg\u00e9 essentiellement de la r\u00e9conciliation nationale et de la coh\u00e9sion sociale. C\u2019est vrai que de par son action, le HCDS peut participer \u00e0 la coh\u00e9sion sociale et \u00e0 la paix, mais c\u2019est un domaine sp\u00e9cifique au HCRUN. Nous, nous intervenons essentiellement dans le monde du travail, ce qui n\u2019est pas le cas du HCRUN.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Votre structure n\u2019est-elle pas un instrument aux mains des d\u00e9cideurs ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Le HCDS n\u2019est pas aux mains des d\u00e9cideurs, parce qu\u2019il n\u2019a pas vocation \u00e0 avoir des positions partisanes compte tenu de ses composantes. Nous ne pouvons pas prendre position pour le gouvernement, ni pour le patronat, ni pour les travailleurs. Nous travaillons dans l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de la nation. Notre r\u00f4le est de faciliter les discussions entre les diff\u00e9rentes parties, d\u2019arriver \u00e0 des d\u00e9cisions consensuelles.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Comment s\u2019op\u00e8re la saisine du HCDS ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Le pr\u00e9sident du Faso, le Premier ministre ou un ministre qui a un probl\u00e8me peut nous saisir. Nous pouvons aussi nous autosaisir d\u2019une question.<br \/>D\u2019ailleurs, nous avons propos\u00e9 au gouvernement un projet de d\u00e9cret qui clarifie la saisine du HCDS.<\/p>\n<p>Nous pouvons m\u00eame \u00eatre saisi par un syndicat ou par une administration qui a des probl\u00e8mes. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas avec La Poste Burkina par exemple, o\u00f9 le DG nous a saisi.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Qu\u2019en est-il des travailleurs non affili\u00e9s \u00e0 une organisation syndicale ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous travaillons avec des organisations et non des individus. Le travailleur qui n\u2019est pas affili\u00e9 \u00e0 un syndicat va chez le M\u00e9diateur du Faso.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Vous arrive-t-il de r\u00e9f\u00e9rer des dossiers \u00e0 d\u2019autres institutions ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Pour l\u2019instant, aucun travailleur, pris individuellement, ne nous a saisi pour quoi que ce soit. Ce sont des organisations qui le font.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Quels sont les grands dossiers sur lesquels vous avez d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous sommes intervenus dans le dossier des transporteurs routiers en 2018, dans des conditions extr\u00eamement difficiles. Nous n\u2019avions pas de budget et pas de si\u00e8ge, mais nous nous sommes autosaisis de la question, compte tenu de l\u2019impact de la crise dans le pays. Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 un Proc\u00e8s-verbal (PV) de conciliation entre les deux parties, ce qui a permis de r\u00e9sorber la crise.<\/p>\n<p>Et nous avons fait des propositions au minist\u00e8re en charge des transports, afin qu\u2019on trouve des solutions durables au probl\u00e8me. De m\u00eame, nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la question de la crise au minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Nous avons \u00e9crit aux diff\u00e9rents syndicats pour les rencontrer, comprendre leurs pr\u00e9occupations et propositions. Nous avons \u00e9galement rencontr\u00e9 le ministre de la Sant\u00e9 autour de cette question.<\/p>\n<p>La m\u00e9diation pour l\u2019instant n\u2019a pas totalement abouti, puisqu\u2019elle est toujours en cours. Il y a \u00e9galement le syndicat du b\u00e2timent qui nous a saisis, compte tenu des diff\u00e9rends qui l\u2019opposent au minist\u00e8re des Infrastructures. Nous avons \u00e9cout\u00e9 les diff\u00e9rentes parties et nous avons fait des propositions concr\u00e8tes \u00e0 qui de droit.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, quand vous vous autosaisissez ou quand vous \u00eates saisis, comment proc\u00e9dez-vous?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> D\u2019abord, nous rencontrons chaque partie concern\u00e9e individuellement pour conna\u00eetre le probl\u00e8me. Nous recensons, ensuite, les points de divergences, ceux de convergences, pour faire une synth\u00e8se. Nous proposons alors une d\u00e9marche de r\u00e9solution \u00e0 chaque partie.<\/p>\n<p>Si chacune d\u2019elle est d\u2019accord, nous faisons, enfin, la r\u00e9union tripartite et nous signons un PV de conciliation. Nous n\u2019imposons absolument rien \u00e0 qui que ce soit. Notre r\u00f4le est de faciliter les d\u00e9bats pour arriver \u00e0 un consensus.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Quand il y a des rebondissements dans des dossiers o\u00f9 vous intervenez, comme celui des transporteurs, qu\u2019est-ce que cela vous laisse comme sentiment ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> La vie n\u2019est pas un long fleuve tranquille. Ce n\u2019est pas parce qu\u2019aujourd\u2019hui vous avez r\u00e9solu un probl\u00e8me, qu\u2019apr\u00e8s une ou l\u2019autre des parties n\u2019estimera pas qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 l\u00e9s\u00e9e. Par exemple, en ce qui concerne les transporteurs routiers, nous sommes parvenus \u00e0 un PV de conciliation qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 devant le Premier ministre. Mais cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 qu\u2019il y ait de nouveau des probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas nous qui conduisons la mise en \u0153uvre des propositions faites au minist\u00e8re des Transports. Dans la conduite, il peut avoir des couacs. Et l\u00e0, nous sommes oblig\u00e9s d\u2019intervenir pour donner notre point de vue sur le sch\u00e9ma propos\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le probl\u00e8me des transporteurs, la revendication principale est le d\u00e9part du pr\u00e9sident du syndicat. Alors que cela est une d\u00e9cision souveraine interne au syndicat. Il faut donc que nous travaillions de mani\u00e8re discr\u00e8te \u00e0 lever toutes les entraves et \u00e0<br \/>voir comment on peut arriver \u00e0 une entente.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Comment assurez-vous le suivi des recommandations de vos m\u00e9diations?<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-10588\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=300%2C230&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=300%2C230&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=768%2C589&#038;ssl=1 768w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=696%2C534&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp2.gif?resize=548%2C420&#038;ssl=1 548w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Jean Marc Palm\u00a0: \u00abN\u2019importe qui peut nous saisir en attendant que le d\u00e9cret<br \/>de saisine propos\u00e9 au gouvernement soit adopt\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Lorsque nous proposons par exemple une solution avec des m\u00e9canismes de mise en \u0153uvre, nous sommes forc\u00e9ment membres, sans \u00eatre acteurs, pour le suivi. Nous veillons donc au respect des engagements par les parties.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: O\u00f9 en \u00eates-vous avec la crise \u00e0 La Poste Burkina Faso ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous avons \u00e9t\u00e9 saisis par le DG de la soci\u00e9t\u00e9. Nous avons rencontr\u00e9 toutes les parties concern\u00e9es, le syndicat et l\u2019administration. Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame avec le ministre en charge des postes et le conseil d\u2019administration de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9cout\u00e9 chacun et fait une proposition de r\u00e9solution de la crise. Il se trouve que le syndicat avait un point essentiel qui ne pouvait pas \u00eatre l\u2019objet de discussions, le d\u00e9part du DG. Nous avons fait comprendre au syndicat, que nous n\u2019avons jamais vu dans un pays, une telle structure remettre en cause le pouvoir d\u00e9cisionnel d\u2019un responsable.<\/p>\n<p>Il serait difficile qu\u2019un DG signe sa mise \u00e0 mort dans un PV de conciliation \u00e9tabli par un organe de dialogue social. Nous avons pr\u00e9sent\u00e9 aux parties, des m\u00e9canismes qui permettent d\u2019assainir la situation au sein de l\u2019institution. Au sein de la bo\u00eete, le syndicat et la direction ont repris langue et nous attendons de voir quel sera le r\u00e9sultat pour poursuivre.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Dans une situation o\u00f9 les protagonistes sont intransigeants, comment vous vous y prenez\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> L\u2019intransigeance, justement, fait partie des probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre. Il faut faire en sorte qu\u2019on ram\u00e8ne tout le monde \u00e0 la table de discussion et qu\u2019on puisse trouver un compromis. En fait, notre objectif est d\u2019arriver \u00e0 un consensus entre les diff\u00e9rents acteurs. Ce n\u2019est pas facile. Cela peut \u00eatre long et m\u00eame parfois extr\u00eamement violent dans les discussions. Notre r\u00f4le, c\u2019est de calmer les esprits et de ramener balle \u00e0 terre.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Les probl\u00e8mes perdurent au niveau du minist\u00e8re de la Sant\u00e9. A quel niveau en \u00eates-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous avons demand\u00e9 \u00e0 voir tous les syndicats du minist\u00e8re. Nous en avons rencontr\u00e9 pour le moment quatre sur les six. Nous avons \u00e9galement \u00e9chang\u00e9 avec le ministre. Nous avons fait des propositions. Comme je l\u2019ai dit, nous ne sommes pas des d\u00e9cideurs. Au vu des discussions avec les diff\u00e9rents protagonistes, nous faisons nos propositions \u00e0 l\u2019autorit\u00e9. C\u2019est \u00e0 elle de juger de l\u2019opportunit\u00e9 de leur mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Si l\u2019autorit\u00e9 ne met pas en \u0153uvre vos propositions, ne vous met-elle pas en porte-\u00e0-faux avec les diff\u00e9rentes parties\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Non, pas du tout\u00a0! Nous ne d\u00e9cidons pas, nous proposons. Mais ce n\u2019est pas pour autant que nous allons rendre public que nos propositions. Il y a un esprit de responsabilit\u00e9 que nous devons avoir. Il ne faut pas non plus mettre le gouvernement en porte-\u00e0-faux avec les populations.<\/p>\n<p>Ce que nous recherchons, c\u2019est du consensus dans la r\u00e9solution des probl\u00e8mes. Je ne communique pas sur les rencontres tenues dans la r\u00e9solution des crises. Si nous ne faisons pas du bruit autour de notre action, c\u2019est parce que nous estimons que notre mission est extr\u00eamement d\u00e9licate et il ne faut pas trop en parler.<\/p>\n<p>Ce que les gens verront, c\u2019est le r\u00e9sultat auquel nous sommes parvenus. Cela peut prendre du temps. Les probl\u00e8mes sociaux ne se r\u00e9solvent pas en un claquement de doigts. Cela d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des diff\u00e9rentes parties. Mais il ne faut pas se d\u00e9courager ou casser la baraque. Il faut suivre le processus lentement pour qu\u2019enfin, on arrive \u00e0 une solution.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Dans les crises o\u00f9 le gouvernement a pris des engagements qu\u2019il ne respecte pas. Quel langage lui tenez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Notre langage, c\u2019est amener le gouvernement \u00e0 montrer la n\u00e9cessit\u00e9 de respecter ses engagements. Cela participe \u00e0 la baisse de la tension dans le pays.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Y a-t-il d\u00e9j\u00e0 eu des cas de ce genre?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0<\/strong>: Si\u00a0! Lorsque nous avons entam\u00e9 la discussion pour la tr\u00eave sociale, les syndicats ont envoy\u00e9 un ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments, montrant les engagements que le gouvernement n\u2019a pas respect\u00e9s. Mais nous estimons que ces diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments font partie des discussions pour arriver \u00e0 une tr\u00eave sociale. Ce sont des conditions qu\u2019il faut inclure pour arriver \u00e0 une accalmie.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Qu\u2019est-ce qu\u2019une tr\u00eave sociale\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Une tr\u00eave sociale, contrairement \u00e0 ce que les gens pensent, ne se d\u00e9cr\u00e8te pas, ne s\u2019impose pas. C\u2019est un processus qu\u2019on conduit, qui se n\u00e9gocie avec des engagements de part et d\u2019autre.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rentes parties prennent l\u2019engagement de respecter certains engagements, et c\u2019est ensemble qu\u2019on d\u00e9termine la p\u00e9riode et le contenu de la tr\u00eave.<br \/>C\u2019est au bout de ce processus que les diff\u00e9rentes parties signent une charte instituant la tr\u00eave sociale.<\/p>\n<p>Un comit\u00e9 de suivi peut \u00eatre mis en place pour v\u00e9rifier si effectivement les engagements sont mis en \u0153uvre ou pas. Mais la tr\u00eave sociale ne veut pas dire que c\u2019est la fin des revendications. C\u2019est plut\u00f4t la r\u00e9solution des revendications par d\u2019autres mani\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: La tr\u00eave sociale est-elle pour bient\u00f4t\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Elle ne peut pas \u00eatre pour bient\u00f4t, car elle ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Nous continuons les discussions. Les syndicats ont une autre perception de la tr\u00eave sociale. C\u2019est pour cela qu\u2019ils ont envoy\u00e9 un pr\u00e9alable qui devrait plut\u00f4t faire partie des discussions pour l\u2019instauration d\u2019une tr\u00eave sociale.<\/p>\n<p>Il faut qu\u2019on arrive, avec les diff\u00e9rentes parties, le gouvernement et les syndicats, \u00e0 discuter de ces diff\u00e9rents points pour que chacun accepte, \u00e0 partir des engagements pris, qu\u2019on arrive \u00e0 une tr\u00eave sociale.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Selon vous, quelle est la d\u00e9finition que les syndicats donnent \u00e0 la tr\u00eave sociale\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Pour certains syndicats, la tr\u00eave sociale signifie la fin des revendications, ce qui est mortel pour eux. Mais c\u2019est une incompr\u00e9hension. M\u00eame au niveau du gouvernement, il n\u2019y a pas une bonne compr\u00e9hension de la tr\u00eave sociale ni du dialogue social.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cela que lorsque nous avons commenc\u00e9, l\u2019un des premiers actes avec le BIT a \u00e9t\u00e9 de former les conseillers du HCDS sur la tr\u00eave et le dialogue social. Au sortir de cette formation, les conseillers avaient une autre approche des questions.<\/p>\n<p>Nous pr\u00e9parons, du reste, un s\u00e9minaire gouvernemental avec le BIT pour faire comprendre \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif, la notion de tr\u00eave sociale, comment elle se construit pour que chacun ait une id\u00e9e claire du sujet et ne se fasse pas d\u2019illusions. Il ne faut pas que le gouvernement croit que la tr\u00eave sociale est la fin des revendications. C\u2019est amener les syndicats \u00e0 poser les probl\u00e8mes et chercher leur r\u00e9solution autrement que par le bras de fer.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: A votre installation en mai 2018, vous disiez que le dialogue social n\u2019est pas des slogans, ni des d\u00e9clarations. Est-ce \u00e0 cela que vous faites r\u00e9f\u00e9rence\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> J\u2019ai plut\u00f4t parl\u00e9 de la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des travailleurs. En fait, \u00e7a d\u00e9pend de l\u2019int\u00e9r\u00eat des larges masses. Ce ne sont pas des d\u00e9clamations et des proclamations de foi. C\u2019est du concret. Il faut montrer par des actions concr\u00e8tes, qu\u2019on d\u00e9fend effectivement l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur des masses populaires.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Faut-il faire appel \u00e0 la bonne foi des acteurs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Oui\u00a0! Il y a la bonne foi des acteurs mais aussi leur engagement. Il faut qu\u2019on travaille \u00e0 aller au contr\u00f4le, au consensus qui permettent de r\u00e9soudre et de prendre en compte les pr\u00e9occupations des larges masses.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: R\u00e9cemment, lors des 100 ans de l\u2019Organisation internationale du travail (OIT), le Premier ministre a sollicit\u00e9 la m\u00e9diation du BIT. Est-ce un aveu d\u2019\u00e9chec pour les institutions nationales de dialogue social\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Ce n\u2019est pas un aveu d\u2019\u00e9chec. C\u2019est nous qui avons demand\u00e9 au Premier ministre d\u2019interc\u00e9der aupr\u00e8s du BIT pour nous accompagner dans la mise en \u0153uvre du dialogue et une tr\u00eave sociale. Nous ferons toujours appel au BIT car il a 100 ans d\u2019exp\u00e9riences, afin qu\u2019il nous aide \u00e0 r\u00e9ussir notre mission. Ce n\u2019est donc pas un aveu d\u2019\u00e9chec, mais une compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Les institutions de dialogue social arrivent-elles pas \u00e0 faire baisser la tension sociale, au point qu\u2019il faille faire appel au BIT?<\/strong><\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-10589 alignright\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp3.gif?resize=300%2C189&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp3.gif?resize=300%2C189&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp3.gif?resize=768%2C485&#038;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp3.gif?resize=696%2C439&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/jmp3.gif?resize=665%2C420&#038;ssl=1 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Est-ce que c\u2019est le BIT qui va se saisir des probl\u00e8mes\u00a0ou rencontrer les diff\u00e9rents acteurs\u00a0? C\u2019est nous qui le ferons. C\u2019est nous qui l\u2019avons demand\u00e9. Par exemple, lors du s\u00e9minaire gouvernemental sur la tr\u00eave sociale, le repr\u00e9sentant du BIT pour le Burkina bas\u00e9 en C\u00f4te d\u2019Ivoire, le responsable adjoint et celui charg\u00e9 du dialogue social seront l\u00e0.<\/p>\n<p>Cela entre dans le cadre de l\u2019accompagnement que le Premier ministre a demand\u00e9. Nous conjuguons nos efforts pour r\u00e9ussir la mission d\u00e9volue au Haut conseil du dialogue social. Ce n\u2019est pas un aveu d\u2019\u00e9chec. Nous avons adopt\u00e9 un plan d\u2019actions qui se d\u00e9cline en trois points\u00a0: formations, plaidoyers et \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Cela demande plus de 700\u00a0millions de francs CFA sur trois ans. Le gouvernement ne peut pas trouver ces fonds pour donner au HCDS. Nous avons \u00e9galement en projet une formation avec les journalistes sur le dialogue social et quel doit \u00eatre leur r\u00f4le dans ce domaine extr\u00eamement sensible.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Le dialogue social a quand-m\u00eame un prix\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Tenant compte des pr\u00e9occupations du pays, nous sommes r\u00e9alistes avec les 700\u00a0millions F CFA. Le gouvernement va participer au financement, mais nous sommes oblig\u00e9s de faire appel aux partenaires techniques et financiers pour d\u00e9rouler notre programme.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Avez-vous le sentiment que le gouvernement fait des efforts pour donner les moyens au HCDS ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous venons d\u2019\u00eatre install\u00e9s et le gouvernement a donn\u00e9 pour l\u2019instant ce qu\u2019il peut. Nous avons pris 250 millions FCFA. C\u2019est un premier pas, en attendant que l\u2019institution s\u2019installe et fasse ses preuves.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: On constate que le dialogue social au Burkina est difficile. Il y a comme une crise de confiance entre les acteurs. N\u2019y a-t-il pas lieu d\u2019observer un pr\u00e9alable qui peut \u00eatre de r\u00e9former la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abord ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> De pr\u00e9alable en pr\u00e9alable, on n\u2019arrivera \u00e0 rien. On ne va rien construire. Au contraire, il faut int\u00e9grer cette donne pour aller au dialogue social. Vous parlez de changement de mentalit\u00e9 mais comment on le fait\u00a0? Cela se fait \u00e0 partir d\u2019un ensemble d\u2019actions qu\u2019on pose et c\u2019est pour cela que la formation est la cl\u00e9, l\u2019\u00e9ducation est la cl\u00e9. Il faut qu\u2019on commence quelque part.<\/p>\n<p>Prenez la soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e8. Voyez comment elle a \u00e9volu\u00e9, de la p\u00e9riode coloniale \u00e0 maintenant. Pour qu\u2019on arrive \u00e0 \u00abplus rien ne sera comme avant\u00bb, on a parcouru du chemin. De 1960 \u00e0 une certaine date, c\u2019\u00e9tait une attitude de soumission des populations. Mais \u00e0 partir de 1990, il y a eu une sorte de r\u00e9veil des consciences. Mais c\u2019\u00e9tait mal utilis\u00e9, parfois avec des violences. Il faut rectifier le tir. Il faut continuer la conscientisation pour la d\u00e9fense citoyenne de la cit\u00e9 mais sans exc\u00e8s.<\/p>\n<p>A mon sens, il n\u2019y a que l\u2019\u00e9ducation qui peut amener les gens \u00e0 avoir une attitude correcte. Ils revendiqueront toujours mais sous d\u2019autres formes. Ce qui se fait le plus souvent, c\u2019est la r\u00e9volte qui se manifeste de mani\u00e8re d\u00e9sordonn\u00e9e. Il n\u2019y a m\u00eame pas d\u2019acquis ou tout ce que l\u2019on peut avoir comme acquis par la suite se d\u00e9t\u00e9riore facilement.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Comment analysez-vous la flamb\u00e9e du front social avec ces multiples mouvements de gr\u00e8ve\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> C\u2019est vrai que le gouvernement avait pris un ensemble d\u2019engagements sans les respecter. \u00c7a \u00e9nerve. C\u2019est comme si on banalisait l\u2019action des syndicats. Il faut arriver \u00e0 r\u00e9tablir la confiance entre les diff\u00e9rents acteurs. Qu\u2019on accepte que celui qui a pris l\u2019engagement le tienne effectivement. Ou s\u2019il ne le fait pas, qu\u2019il rassemble les acteurs pour le signifier. Mais avec l\u2019\u00e9volution de la situation, il est difficile de tout faire. Dans ce cas, l\u2019on discute pour recadrer sans pour autant renoncer aux engagements pris.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Comment r\u00e9tablir la confiance\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Il y a des propositions que nous avons faites au gouvernement, que je ne souhaite pas vous livrer.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Quels sont vos rapports avec le monde syndical\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous n\u2019avons aucun probl\u00e8me avec les syndicats. Selon les revendications, nous prenons attache avec l\u2019Union d\u2019action syndicale (UAS) et nous discutons de mani\u00e8re cordiale.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Est-ce que vous pensez comme certains que les syndicats demandent trop au gouvernement\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Placez-vous du c\u00f4t\u00e9 des travailleurs qui vivent certaines situations, vous comprendrez qu\u2019ils n\u2019ont pas conscience que les revendications qu\u2019ils font sont trop. C\u2019est au gouvernement de leur montrer que certains mouvements sont excessifs. Il n\u2019 y a que le dialogue social pour r\u00e9gler la situation.<\/p>\n<p>La formation permet aussi aux syndicats de comprendre un certain nombre de choses. Le manque de formation des travailleurs les am\u00e8ne \u00e0 des situations incongrues. Dans un minist\u00e8re, le syndicat voulait aller en gr\u00e8ve. Il a \u00e9crit une lettre au ministre et ne savait m\u00eame pas la proc\u00e9dure \u00e0 suivre pour d\u00e9poser un pr\u00e9avis de gr\u00e8ve.<\/p>\n<p>Il y a un probl\u00e8me de formation qui se pose. Nous pensons qu\u2019au fur et \u00e0 mesure que les gens acquerront un ensemble de savoirs, leur comportement va changer, car la compr\u00e9hension des r\u00e9alit\u00e9s va \u00eatre plus compl\u00e8te ou va s\u2019\u00e9largir et l\u2019appr\u00e9hension va \u00e9voluer.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Qu\u2019en est-il de vos relations avec le patronat\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Le probl\u00e8me dans nos pays francophones, c\u2019est qu\u2019on compte sur le priv\u00e9 pour d\u00e9velopper l\u2019\u00e9conomie, mais on n\u2019en parle pas tant que \u00e7a. Nous avons rencontr\u00e9 le patronat plusieurs fois pour conna\u00eetre ses pr\u00e9occupations et voir comment contribuer \u00e0 leur r\u00e9solution.<\/p>\n<p>Les patrons ne nous ont pas totalement soumis leurs pr\u00e9occupations \u00e0 l\u2019endroit du gouvernement et des travailleurs. Le patronat, a \u00e9t\u00e9 depuis 2015-2016, l\u2019une des structures \u00e0 s\u2019engager dans la tr\u00eave sociale, mais cela n\u2019a pas abouti. S\u2019il a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation du Haut conseil, c\u2019est parce qu\u2019il s\u2019est rendu compte que les rencontres patronat-syndicat n\u2019ont pas bien fonctionn\u00e9.<\/p>\n<p>Un certain nombre de pr\u00e9occupations n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prises en compte. Nous rencontrerons encore le patronat, mais de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, parce que nous aussi, avons un ensemble de pr\u00e9occupations \u00e0 lui exposer. Par exemple, il y a des conventions que le patronat devait signer dans certains domaines qui rel\u00e8vent du priv\u00e9. Nous avons des plaidoyers de ce genre \u00e0 mener mais en retour, le patronat nous posera de mani\u00e8re claire et pr\u00e9cise ses dol\u00e9ances.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Est-ce que la porte du HCDS est ouverte aux travailleurs du priv\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> La porte est totalement ouverte. N\u2019importe qui peut nous saisir, en attendant que le d\u00e9cret de saisine propos\u00e9 au gouvernement soit adopt\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S.\u00a0: Avez-vous l\u2019impression que le doute que les Burkinab\u00e8 avaient au d\u00e9part vis-\u00e0-vis de votre institution est lev\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>J.M.P.\u00a0:<\/strong> Nous n\u2019avons pas encore fait une sorte de sondage, mais nous d\u00e9roulons notre action. Ce qui est certain, nous ne nous lan\u00e7ons pas dans des gesticulations pour nous faire voir. Mon probl\u00e8me, c\u2019est l\u2019efficacit\u00e9 et nous laissons le soin aux autres de juger.<\/p>\n<p><strong>S\u00a0: Que pensez-vous du dialogue politique en cours?<\/strong><\/p>\n<p><strong>JMP\u00a0:<\/strong> A mon avis, le dialogue politique \u00e9tait n\u00e9cessaire tout comme le dialogue social. Il ne faut pas attendre que les probl\u00e8mes se posent pour se parler. Ce dialogue va permettre \u00e0 la classe politique nationale, opposition comme majorit\u00e9, d\u2019\u00e9changer sur un ensemble de questions vitales.<\/p>\n<p>La question de la s\u00e9curit\u00e9 aujourd\u2019hui n\u2019est pas un probl\u00e8me d\u2019opposition et de majorit\u00e9 parce que quand la grenade \u00e9clate, elle ne choisit pas les journalistes, ou les policiers ou encore les militants de l\u2019UPC ou du MPP. C\u2019est donc une question nationale sur laquelle le gouvernement doit avoir le courage d\u2019\u00e9changer avec la classe politique, pour prendre en compte ce que l\u2019autre bord dit.<\/p>\n<p>La question n\u2019est pas que militaire et\/ou politique. Elle est aussi socio\u00e9conomique, si l\u2019on sait la facilit\u00e9 avec laquelle on recrute les jeunes dans les zones d\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Il faut donc des activit\u00e9s socioprofessionnelles pour les jeunes afin qu\u2019ils ne soient pas tent\u00e9s par ce que les terroristes leurs proposent. Les pays qui sont confront\u00e9s \u00e0 ce probl\u00e8me doivent mutualiser les efforts, pour la cr\u00e9ation d\u2019activit\u00e9s socio\u00e9conomiques au profit des jeunes, mais aussi d\u2019un point de vue politique et militaire. Pour moi le dialogue politique \u00e9tait plus que n\u00e9cessaire et je pense qu\u2019il devait se faire, il y a bien longtemps.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e<\/strong><br \/><strong>par Jean-Marie TOE<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d3239b11881b_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/07\/19\/jean-marc-palm-president-du-haut-conseil-du-dialogue-social-notre-role-cest-de-calmer-les-esprits\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour le pr\u00e9sident du HCDS, Domba Jean Marc Palm, son institution n\u2019a pas vocation \u00e0 avoir des positions partisanes. La fronde sociale est en \u00e9bullition au Burkina Faso, au point que le Pr\u00e9sident du Faso, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, a demand\u00e9 une tr\u00eave. 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