{"id":48010,"date":"2019-07-22T19:52:18","date_gmt":"2019-07-22T23:52:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-premier-ministre-christophe-joseph-marie-dabire-a-propos-du-nouveau-code-penal\/"},"modified":"2019-07-22T19:52:18","modified_gmt":"2019-07-22T23:52:18","slug":"le-premier-ministre-christophe-joseph-marie-dabire-a-propos-du-nouveau-code-penal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-premier-ministre-christophe-joseph-marie-dabire-a-propos-du-nouveau-code-penal\/","title":{"rendered":"Le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabir\u00e9 \u00e0 propos du nouveau Code p\u00e9nal"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/CMjDpm.gif?fit=787%2C525&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"464\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/CMjDpm.gif?resize=696%2C464&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"CMjDpm\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Dans la nuit du dimanche 21 juillet 2019, le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabir\u00e9 a accord\u00e9 un entretien en direct \u00e0 des journalistes \u00e0 la Radiodiffusion-t\u00e9l\u00e9vision du Burkina (RTB). Avec eux, il a abord\u00e9 plusieurs sujets de la vie du pays, entre autres la s\u00e9curit\u00e9, l\u2019\u00e9conomie, les personnes d\u00e9plac\u00e9es internes, l\u2019avenir du Burkina Faso. Les Editions Sidwaya vous proposent l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de cet entretien.<\/strong><\/p>\n<p>Journaliste\u00a0(J): Comment vous vous sentez ici au Premier minist\u00e8re\u00a0?<\/p>\n<p>Premier ministre\u00a0(PM) : Je suis un Premier ministre serein, qui est au c\u0153ur de nombreux d\u00e9fis. Je suis serein parce que je suis adoss\u00e9 \u00e0 un peuple qui est r\u00e9silient qui a d\u00e9montr\u00e9 par le pass\u00e9 que face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9, il est serein. Je travaille \u00e0 m\u00e9riter la confiance que le pr\u00e9sident a plac\u00e9e en moi et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale celle que le peuple a plac\u00e9e en moi en adoptant la d\u00e9claration de politique g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Certains avaient point\u00e9 votre \u00e2ge comme un handicap, six mois apr\u00e8s votre prise de fonction avec les nombreux d\u00e9fis, vu la question s\u00e9curitaire du pays, est-ce que vous sentez le poids\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Pas du tout. Je crois que celui qui m\u2019a confi\u00e9 cette mission a mis cela dans la balance et jug\u00e9 de ne prendre qu\u2019un junior. Il a choisi des s\u00e9niors et ces derniers ont montr\u00e9 qu\u2019ils ont quelque chose \u00e0 apporter au pays.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Jeune Afrique, le pr\u00e9sident Roch Marc Christian Kabor\u00e9 d\u00e9clarait\u00a0ceci\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019accepte d\u2019\u00eatre compar\u00e9 \u00e0 un diesel mais au moins je d\u00e9marre, je roule longtemps et j\u2019arrive au but\u00a0\u00bb. C\u2019est \u00e7a aussi le style Dabir\u00e9, ne pas verser dans le populisme, mais prendre des d\u00e9cisions qui s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: C\u2019est vrai, il faut prendre des mesures qui s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e. Le chef de l\u2019Etat et moi, nous travaillons en compl\u00e9mentarit\u00e9. Le pr\u00e9sident prend les grandes orientations pour la conduite du pays et le gouvernement et moi, nous travaillons \u00e0 traduire cela en actions sur le terrain.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Comment avez-vous v\u00e9cu cet \u00e9pisode sur la mort des 11 d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019Unit\u00e9 anti-drogue et aujourd\u2019hui comment on s\u2019arrange pour ne pas vivre de tel cas, manifestement il y a un probl\u00e8me\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Oui, il y a un probl\u00e8me et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 dire que c\u2019est inadmissible. J\u2019ai joint le chef de l\u2019Etat pour lui dire que c\u2019est inacceptable, car du moment o\u00f9 on construit un Etat de droit, nous n\u2019avons pas le droit d\u2019assister \u00e0 ce type de bavure. D\u00e8s les premi\u00e8res heures, nous avons donn\u00e9 toutes les instructions pour que toute la lumi\u00e8re soit faite sur l\u2019affaire aussi bien au niveau de la justice qu\u2019au niveau administratif. Nous avons pris des mesures vis-\u00e0-vis des premiers responsables. Nous ne disons pas qu\u2019ils sont coupables de quoi que ce soit mais ils sont les premiers responsables de l\u2019administration de la police au niveau de l\u2019Unit\u00e9 anti-drogue. Ils doivent \u00eatre mis dans une position o\u00f9 ils ne doivent plus prendre des d\u00e9cisions en attendant que l\u2019enqu\u00eate d\u00e9montre les responsabilit\u00e9s afin que des sanctions plus fortes soient prises.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Certains pointaient du doigt les conditions de d\u00e9tention dans ces structures de s\u00e9curit\u00e9 qui sont jug\u00e9es inhumaines.<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Dans cette affaire, on ne doit d\u00e9douaner personne. Le gouvernement a sa part de responsabilit\u00e9 mais ceux qui sont charg\u00e9s de mettre en \u0153uvre les orientations du gouvernement sur le terrain ont \u00e9galement une responsabilit\u00e9. Nous avons, \u00e0 l\u2019issue de la situation qui s\u2019est cr\u00e9\u00e9e, organis\u00e9 un conseil de cabinet pour donner des orientations parce qu\u2019il faut faire le bilan et ils nous ont fait venir le premier responsable des d\u00e9tenus pour qu\u2019on puisse faire l\u2019\u00e9valuation d\u2019ensemble et engager des proc\u00e9dures qui peuvent permettre d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie et les situations de ces gens.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Ce sont des familles qui sont en douleur. Elles \u00e9taient \u00e0 la morgue hier pour identifier les corps, qu\u2019est-ce que vous faites pour ces familles\u00a0et est-ce que vous pouvez donner des informations pr\u00e9cises sur ce qui a caus\u00e9 la mort des 11 d\u00e9tenus ?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: On ne peut pas dire qu\u2019ils sont morts de fa\u00e7on myst\u00e9rieuse puisqu\u2019il y a une enqu\u00eate qui a \u00e9t\u00e9 ouverte. Les r\u00e9sultats des autopsies demand\u00e9es par le procureur ont \u00e9t\u00e9 remis, donc la proc\u00e9dure judiciaire va situer les familles sur les raisons de la mort. Il n\u2019y a pas de solution magique en la mati\u00e8re, nous avons re\u00e7u les familles des victimes pour leur donner toutes les informations sur le plan judiciaire et administratif. Nous avons pr\u00e9sent\u00e9 notre compr\u00e9hension en les rassurant de les accompagner pour l\u2019organisation des fun\u00e9railles.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Quel bilan peut-on faire des op\u00e9rations militaires Otampuanou et Odofou en cours \u00e0 l\u2019Est et au Sahel\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Globalement positif. Vous permettrez de ne pas aller au-del\u00e0. Ce sont des op\u00e9rations militaires, mais je dis qu\u2019il y a des motifs de satisfaction. Le p\u00e9ril terroriste est toujours pr\u00e9sent, nous savons que c\u2019est une lutte de longue haleine qui doit nous permettre de pousser ces terroristes loin de nos fronti\u00e8res. Il suffit d\u2019aller dans les provinces o\u00f9 les op\u00e9rations sont men\u00e9es pour savoir que les populations sont satisfaites des r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Mais les attaques se poursuivent\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: C\u2019est tout \u00e0 fait normal car vous savez que le terrorisme ne peut \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9 en un jour. Dans les pays o\u00f9 il s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, il y a plusieurs dizaines d\u2019ann\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 nos jours il existe malgr\u00e9 les moyens d\u00e9ploy\u00e9s par ces puissances, \u00e0 plus forte raison, un pays tel que le Burkina Faso. Mais je dis qu\u2019il y a des motifs de satisfaction. Nous n\u2019allons pas verser dans le triomphalisme. Le probl\u00e8me ne se pose pas en termes de comptabilit\u00e9 statistique. Il se pose dans l\u2019objectif \u00e0 atteindre. Et aujourd\u2019hui les effets pervers des attaques sont moins \u00e9lev\u00e9s qu\u2019il y a un ou deux ans, \u00e0 l\u2019image de Cappuccino. Aujourd\u2019hui le nombre de morts commence \u00e0 baisser car nos forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 se sont adapt\u00e9es \u00e0 leur mode op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Est-ce qu\u2019aujourd\u2019hui nos forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 sont bien \u00e9quip\u00e9es pour faire face \u00e0 la menace terroriste\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Nous avons r\u00e9solu ce probl\u00e8me. Nos forces de d\u00e9fense se sentent capables d\u2019affronter les attaques terroristes.<\/p>\n<p>J.\u00a0: Qui sont ceux qui nous attaquent et pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>PM.\u00a0: Ce sont des groupes terroristes qui op\u00e8rent dans le Sahel. C\u2019est une situation que de nombreux pays connaissent. Et ils ont leur raison de nous attaquer car ils veulent r\u00e9cup\u00e9rer un territoire pour pouvoir d\u00e9velopper leur base et nous disons qu\u2019aucun centim\u00e8tre de notre pays ne sera c\u00e9d\u00e9. C\u2019est pourquoi nous avons renforc\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 dans nos fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le G5 \u00e9tait l\u2019espoir des populations, \u00e0 ce jour les esprits semblent \u00eatre douch\u00e9s. Est-ce que le G5 Sahel reste toujours une solution ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Dans la zone sah\u00e9lienne, le G5 Sahel est incontournable, car il permet de mutualiser les efforts pour venir \u00e0 bout du terrorisme. Nous avons plus de 12 mille hommes qui sont cantonn\u00e9s pour cette mission et rien ne nous fera douter. Nous avons une coop\u00e9ration efficace avec la France et l\u2019Union europ\u00e9enne. Dans cette dynamique, nos soldats re\u00e7oivent des formations et des \u00e9quipements pour faire face au terrorisme. Au niveau des ressources humaines, de la logistique et du renseignement, nos \u00e9l\u00e9ments sont capables.<\/p>\n<p>J\u00a0: Toutefois faut-il admettre que ce que le ministre de la D\u00e9fense affirme est vrai \u00e9tant donn\u00e9 que quand il s\u2019agit de la lib\u00e9ration d\u2019otages, les drones fran\u00e7ais le font en un temps record alors que les pays souffrent toujours des assauts de ces terroristes\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non ! Je ne crois pas qu\u2019il y ait une duplicit\u00e9 de la France. Ca d\u00e9pend des accords de coop\u00e9ration que nous entretenons avec ce pays. Et ces accords d\u00e9finissent bien les domaines d\u2019intervention de chaque pays. Les choses sont claires. Et la France n\u2019intervient que lorsque la partie burkinab\u00e8 lui fait appel. Nous avons eu \u00e0 organiser des missions conjointes avec la France, le Mali, le Niger (\u2026) pour mener des op\u00e9rations. Les zones d\u2019intervention sont bien d\u00e9finies pour \u00e9viter qu\u2019on ne se marche pas sur les pieds. Donc je crois que la France n\u2019intervient que dans un cadre pr\u00e9cis et ce, lorsqu\u2019on lui fait appel.<\/p>\n<p>J\u00a0: Est-ce que cette sortie du ministre d\u2019Etat charg\u00e9 de la D\u00e9fense nationale ne rejoint pas l\u2019opinion qui croit \u00e0 un complot des superpuissances qui entretiendraient les groupes terroristes en vue d\u2019exploiter les ressources naturelles? Est-ce qu\u2019avec votre ministre de la D\u00e9fense vous tenez le m\u00eame discours ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Nous avons compris ce que le ministre a voulu dire. Certes, il a \u00e9chang\u00e9 avec un interlocuteur anglophone qui, dans sa traduction, peut avoir trahi la pens\u00e9e du ministre\u00a0; mais disons que tout ce qui circule sur le terrorisme n\u2019est que des th\u00e9ories \u00e0 v\u00e9rifier.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral de la France a \u00e9galement affirm\u00e9 que si la France venait \u00e0 se retirer du G5 Sahel, tous les pays qui le composent s\u2019effondreraient. Comment appr\u00e9ciez-vous cette d\u00e9claration m\u00e9diatique ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: C\u2019est son point de vue que je ne partage pas. Car nous sommes avant tout des pays souverains, nous avons des partenariats militaires et nous avons des arm\u00e9es r\u00e9publicaines pour r\u00e9gler certains probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>J\u00a0: Souverain, mais nous tendons la main quand il s\u2019agit de certains probl\u00e8mes. N\u2019est-ce pas ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Connaissez-vous des pays dans ce monde qui ne tendent pas la main ? M\u00eame les pays d\u00e9velopp\u00e9s tendent la main. Aujourd\u2019hui, il y a des pays qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme des superpuissances mais qui tendent aussi la main pour avoir de l\u2019aide. Donc ne pensez pas que c\u2019est le Burkina Faso seul qui sollicite parfois de l\u2019aide \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>J\u00a0: L\u2019une des cons\u00e9quences de cette ins\u00e9curit\u00e9 ce sont les d\u00e9plac\u00e9s internes. Ils sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 200 mille dont certains sont \u00e0 Ouagadougou. Aujourd\u2019hui comment g\u00e9rez-vous ce dossier ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Effectivement, nous faisons face \u00e0 ce probl\u00e8me depuis un certain temps. Ils sont environ 220 mille sur l\u2019ensemble du territoire, pr\u00e9cis\u00e9ment dans les r\u00e9gions de l\u2019Est et du Nord. Pour un bon suivi, nous avons cr\u00e9\u00e9 des camps pour les recevoir. Avec l\u2019appui de partenaires, nous leur accordons notre part de solidarit\u00e9 afin de les aider \u00e0 surmonter ce qu\u2019ils vivent. La ministre en charge de la solidarit\u00e9 a pris en charge jusqu\u2019\u00e0 170 mille d\u00e9plac\u00e9s en termes d\u2019aide alimentaire, de kits, etc. Ceux qui sont arriv\u00e9s dans la capitale devraient plut\u00f4t rejoindre les camps conventionnels afin que les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 puissent les suivre et les prot\u00e9ger. Sinon s\u2019ils se dispersent dans la capitale, le suivi et l\u2019accompagnement seront difficiles.<\/p>\n<p>J\u00a0: Mais \u00e9tait-il impossible de les maintenir ici \u00e0 Ouagadougou afin de leur accorder assistance et soutien ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Nous avons d\u00e9j\u00e0 un programme d\u2019assistance dans les camps. Or \u00e0 Ouagadougou, il ne s\u2019agit pas d\u2019un camp. Donc, il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable de rallier les centres afin de b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019accompagnement mis en place. En ce qui concerne les retours \u00e0 Barsalogho, ce sont des retours volontaires apr\u00e8s des sensibilisations. Nous n\u2019avons forc\u00e9 personne \u00e0 monter dans un car.<\/p>\n<p>J\u00a0: La majorit\u00e9 des d\u00e9plac\u00e9s sont des agriculteurs. Ils n\u2019ont pas pu produire cette ann\u00e9e. Est-ce que des mesures sont en train d\u2019\u00eatre prises pour r\u00e9pondre \u00e0 la famine qui se dessine \u00e0 l\u2019horizon ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Tout \u00e0 fait, nous avons conscience de cela et nous y travaillons. Pour l\u2019instant les camps sont bien g\u00e9r\u00e9s avec un soutien sanitaire, s\u00e9curitaire et alimentaire. Pour le reste, le gouvernement saura r\u00e9agir le moment venu pour satisfaire les d\u00e9plac\u00e9s qui sont a priori des citoyens de ce pays.<\/p>\n<p>J\u00a0: La crise s\u00e9curitaire a eu un impact n\u00e9gatif sur l\u2019ann\u00e9e acad\u00e9mique, notamment l\u2019organisation des examens qui laisse voir des r\u00e9gions qui n\u2019ont pas pu y prendre part. Quelle est la situation exacte \u00e0 ce niveau ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: La situation est que le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer tous ceux qui ont eu un certain niveau de formation au cours de l\u2019ann\u00e9e afin de leur permettre de composer \u00e0 un moment donn\u00e9, selon un agenda particulier. Nous allons faire en sorte que d\u2019ici la rentr\u00e9e \u00e0 venir on puisse avoir une situation normalis\u00e9e.<\/p>\n<p>J\u00a0: Est-ce \u00e0 dire que les examens auront lieux ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Ils auront bel et bien lieu et le ministre en charge de l\u2019\u00e9ducation s\u2019en occupe.<\/p>\n<p>J\u00a0: L\u2019autre d\u00e9fi est la coh\u00e9sion nationale. Est-ce que v\u00e9ritablement vous avez une strat\u00e9gie op\u00e9rationnelle ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Le ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 est en train d\u2019\u00e9laborer un plan d\u2019intervention pour permettre au gouvernement de d\u00e9ployer une strat\u00e9gie pour cr\u00e9er les conditions de coh\u00e9sion nationale. Mais retenez que la coh\u00e9sion n\u2019est pas l\u2019affaire du seul gouvernement mais plut\u00f4t de toute la population burkinab\u00e8. Au niveau des autorit\u00e9s d\u00e9concentr\u00e9es (gouverneurs, hauts-commissaires, etc.), nous avons r\u00e9uni les conditions d\u2019interposition en cas de conflit.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le probl\u00e8me est que jusque-l\u00e0, personne (parmi les pr\u00e9sum\u00e9s auteurs des repr\u00e9sailles) n\u2019est arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>PM : Ce n\u2019est pas au gouvernement de dire qu\u2019il faut arr\u00eater une telle personne ou une telle autre, c\u2019est au Tribunal de d\u00e9terminer et de cr\u00e9er les conditions pour que les arrestations puissent \u00eatre op\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>J\u00a0: Dans ce dossier, des blocages existeraient au niveau de l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions de justice dans la mesure o\u00f9 le procureur aurait d\u00e9clar\u00e9 que les gens dont les noms ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s comme pr\u00e9sum\u00e9s auteurs lors des auditions se trouvent \u00eatre des porteurs d\u2019armes. Cela rendrait complexe la t\u00e2che, alors que force doit rester \u00e0 la loi.<\/p>\n<p>PM : Nous sommes d\u2019avis que force doit rester \u00e0 la loi. Il faut qu\u2019on le signifie et s\u2019il faut utiliser la force pour accompagner la justice, le gouvernement le fera.<\/p>\n<p>J\u00a0: Sur la question de la coh\u00e9sion sociale, les leaders et les coutumiers ont un grand r\u00f4le \u00e0 jouer. Est-ce qu\u2019ils sont v\u00e9ritablement impliqu\u00e9s dans cette qu\u00eate?<\/p>\n<p>PM : Tout \u00e0 fait, les leaders d\u2019opinion, les traditionnels et les religieux sont impliqu\u00e9s dans la recherche de solution au niveau de la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le dialogue politique a repris cette semaine apr\u00e8s plusieurs rendez-vous manqu\u00e9s critiqu\u00e9s par certains qui estiment qu\u2019aujourd\u2019hui, les politiques \u00e0 eux seuls ne peuvent pas r\u00e9soudre le probl\u00e8me du Burkina. Qu\u2019attendez-vous de ce dialogue ?<\/p>\n<p>PM : Nous attendons beaucoup de ce dialogue politique parce que les probl\u00e8mes de ce pays sont immenses et il faut y penser quelque part. La rencontre des forces politiques de la Majorit\u00e9 et de l\u2019Opposition est un pas en avant dans la recherche de solutions aux probl\u00e8mes de notre pays. Si des politiques qui animent la vie politique de notre pays ne peuvent pas s\u2019asseoir autour d\u2019une table pour se parler sur des questions essentielles et d\u00e9terminer la conduire \u00e0 tenir par rapport aux questionnements de ce pays, je ne sais pas qui va le faire.<\/p>\n<p>J\u00a0: Est-ce que le timing ne pose pas probl\u00e8me quand on consid\u00e8re que tous les \u00e9tats-majors politiques sont lanc\u00e9s dans la course pour 2020, pour les \u00e9lections ?<\/p>\n<p>PM : Mais pourquoi voulez-vous anticiper des conclusions de la rencontre du dialogue politique ?<\/p>\n<p>J\u00a0: Ce sont des questionnements, on se pose des questions.<\/p>\n<p>PM : Ils (les politiques) sont en train de se r\u00e9unir, ils ont fini leur rencontre aujourd\u2019hui et la cl\u00f4ture va avoir lieu demain (lundi 22 juillet 2019, Ndlr). Ils livreront les conclusions de leurs travaux. Pourquoi voulez-vous anticiper sur ces r\u00e9sultats. Je crois que c\u2019est important que les partis politiques aient fait preuve d\u2019une grandeur d\u2019esprit. Dans certains pays, les partis politiques de la Majorit\u00e9 et ceux de l\u2019Opposition ne peuvent pas s\u2019asseoir autour d\u2019une m\u00eame table pour discuter. Je f\u00e9licite la d\u00e9cision que chacun des partis a eu \u00e0 prendre pour permettre au dialogue politique de se tenir. Ils ont parl\u00e9 de pas mal de sujet, des \u00e9lections, de la participation des Burkinab\u00e8 de l\u2019ext\u00e9rieur aux prochaines \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales, de la nouvelle Constitution qui sera adopt\u00e9e bient\u00f4t et m\u00eame de la r\u00e9conciliation nationale. Je n\u2019anticipe pas sur les r\u00e9sultats de leurs travaux, mais je pense que quand ils vont livrer leurs conclusions au chef de l\u2019Etat, quelque chose de positif sortira de cette rencontre.<\/p>\n<p>J\u00a0: Parlons de cette question de r\u00e9conciliation nationale, l\u2019on a l\u2019impression que c\u2019est l\u2019opposition qui en parle beaucoup plus que le pouvoir en place, alors que tout le monde en a besoin en ce moment.<\/p>\n<p>PM\u00a0: Tout le monde a besoin de la r\u00e9conciliation nationale. Vous et moi qui sommes assis ici, si je vous pose la question comment voyez-vous la r\u00e9conciliation nationale, je suis s\u00fbr que votre point de vue ne sera pas le m\u00eame que celui des autres.<\/p>\n<p>J\u00a0: Votre point de vue, en tant que chef de gouvernement, est-il que l\u2019on permette aux exil\u00e9s politiques de rentrer pour s\u2019asseoir autour d\u2019une table pour discuter ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: C\u2019est un point de vue et je ne partage pas cela. La solution durable \u00e0 la r\u00e9conciliation et les conditions doivent \u00eatre discut\u00e9es avec le chef de l\u2019Etat. Ce n\u2019est pas au gouvernement de dire qu\u2019il faut rentrer qu\u2019on donne telle garantie.<\/p>\n<p>J\u00a0: Donc vous n\u2019\u00eates pas pr\u00eat \u00e0 ce que Blaise Compaor\u00e9 revienne au bercail\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Mais je suis d\u00e9sol\u00e9, il n\u2019y a pas eu une d\u00e9cision administrative ou politique qui ait demand\u00e9 \u00e0 ce que l\u2019on exfiltre l\u2019ancien pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9\u00a0; mieux, il y a des gens qui ont quitt\u00e9 ce pays et qui sont revenus. Est-ce qu\u2019on les a poursuivis ou embastill\u00e9s ?<\/p>\n<p>J\u00a0: Blaise Compaor\u00e9 est un ancien pr\u00e9sident, est-ce que le gouvernement donne des garanties pour sa s\u00e9curit\u00e9 si toutefois il revenait dans son pays\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Si l\u2019ex-pr\u00e9sident Compaor\u00e9 d\u00e9cide de rentrer au bercail, les conditions seront discut\u00e9es avec le chef de l\u2019Etat. Ce n\u2019est pas le gouvernement qui va dire il faut rentrer, on donne telle garantie. Est-ce qu\u2019il vous a dit qu\u2019il a l\u2019intention de rentrer ?<\/p>\n<p>J\u00a0: Les personnalit\u00e9s politiques telles que Juliette Bonkoungou estiment que l\u2019ex-pr\u00e9sident du Faso souhaite revenir.<\/p>\n<p>PM\u00a0: C\u2019est une information que vous me donnez.<\/p>\n<p>J\u00a0: Nous allons parler de gouvernance. On a remarqu\u00e9 des gr\u00e8ves \u00e0 r\u00e9p\u00e9titions sans accalmie avant et apr\u00e8s votre prise de fonction malgr\u00e9 votre appel \u00e0 une tr\u00eave sociale. Aujourd\u2019hui plusieurs secteurs d\u2019activit\u00e9s sont touch\u00e9s : la sant\u00e9, l\u2019enseignement, les m\u00e9dias, etc. Comment sortir de cette situation\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non on sort de ce long tunnel par le dialogue. Je suis quelqu\u2019un de convaincu parce que sans dialogue, il n\u2019y a pas de solution et j\u2019ai dit aux travailleurs que leurs revendications sont l\u00e9gitimes parce qu\u2019elles reposent sur des engagements pris par les diff\u00e9rents gouvernements ant\u00e9rieurs. Et les textes de loi qui ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9s par notre parlement et les engagements qui ont \u00e9t\u00e9 pris n\u2019ont pas suivi dans les d\u00e9lais requis et c\u2019est la responsabilit\u00e9 du gouvernement qui est le chef de l\u2019administration du pays. Si d\u00e8s des d\u00e9cisions prises par l\u2019Assembl\u00e9e nationale concernant un certain nombre de lois, si les engagements qui ont \u00e9t\u00e9 pris par le gouvernement avaient \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s imm\u00e9diatement, aujourd\u2019hui je ne serais pas en train de g\u00e9rer des crises. L\u2019administration a mis du temps avant de r\u00e9pondre et aujourd\u2019hui les revendications sont l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>J\u00a0: Est-ce que vous n\u2019\u00eates pas dos au mur\u00a0?<\/p>\n<p>Non je n\u2019ai pas le dos au mur, j\u2019ai dit aux travailleurs asseyons-nous autour d\u2019une table et r\u00e9glons les probl\u00e8mes en fonction des capacit\u00e9s de l\u2019Etat. Je vais prendre un exemple, au niveau de la sant\u00e9, il y a la Fonction publique hospitali\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e comme probl\u00e8me. Nous sommes l\u00e0-dessus, nous avons fait des r\u00e9unions, nous avons adopt\u00e9 des textes, nous sommes en train de refaire la reconstruction des 15000 travailleurs qui sont concern\u00e9s. Cela demande du temps.<\/p>\n<p>J\u00a0: Est-ce que c\u2019est le cas pour les m\u00e9dias publics\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: C\u2019est le cas \u00e9galement pour les m\u00e9dias lorsqu\u2019on a d\u00e9cid\u00e9 de transformer les grands organes en Soci\u00e9t\u00e9s d\u2019Etat, Sidwaya et la RTB, nous avons fait faire un audit. Les deux audits qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sont l\u00e0 et indiquent que la transformation en Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat va entra\u00eener des\u00a0licenciements des travailleurs dans les deux structures. Quand on a pr\u00e9sent\u00e9 cela, j\u2019ai dit non, on ne peut pas aujourd\u2019hui sous pr\u00e9texte de cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat, licencier des Burkinab\u00e8 qui travaillent dans ces structures. S\u2019il faut cr\u00e9er une Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat o\u00f9 nous maintenons 429 travailleurs qui seront l\u00e0 et qu\u2019il faut allouer des subventions de l\u2019Etat tous les mois pour pouvoir payer ces travailleurs, ce n\u2019est pas responsable parce que la cr\u00e9ation d\u2019une Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat doit faire en sorte que la Soci\u00e9t\u00e9 contribue \u00e0 une stabilit\u00e9 au niveau de sa gestion.<\/p>\n<p>J\u00a0: On a l\u2019impression aujourd\u2019hui monsieur le Premier ministre que le gouvernement est sp\u00e9cialis\u00e9 dans la signature des protocoles d\u2019accords sans tenir compte des tenants et aboutissants et apr\u00e8s il se trouve \u00eatre coinc\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Pour les m\u00e9dias, ce n\u2019est pas un protocole d\u2019accord mais c\u2019est une loi qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e et qui dit de transformer les deux structures en Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Etat, mais dans l\u2019application nous devons garder une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et analyser tous les contours de la cr\u00e9ation de ces Soci\u00e9t\u00e9s d\u2019Etat.<\/p>\n<p>J\u00a0: Monsieur le Premier ministre, par rapport au processus de remise \u00e0 plat, on pense que le processus a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non, il y a eu une \u00e9tape interm\u00e9diaire par laquelle nous sommes pass\u00e9s. Nous avons \u00e0 l\u2019issue de la rencontre nationale, mis un comit\u00e9 technique charg\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question. Lorsque le travail a \u00e9t\u00e9 termin\u00e9, nous avons fait un s\u00e9minaire gouvernemental sur le dossier en pr\u00e9sence du chef de\u00a0l\u2019Etat, \u00e0 l\u2019issue de cela il a recommand\u00e9 qu\u2019on rencontre le comit\u00e9 de suivi des travaux. Nous l\u2019avons fait. Il nous a fait des commentaires et comme nous avons des partenaires sociaux que sont les syndicats, ils ont estim\u00e9 qu\u2019il y a des choses \u00e0 revoir, nous sommes \u00e0 ce stade.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le cas par cas se poursuit\u00a0? Parce qu\u2019on a l\u2019impression qu\u2019au moment o\u00f9 vous vouliez harmoniser les questions de salaires, un certain nombre de corps ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s ind\u00e9pendamment\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non, ce n\u2019est pas un retour au cas par cas. Si vous avez suivi mon discours sur la situation de la nation, j\u2019ai dit que le travail que nous sommes en train de faire avec les travailleurs, c\u2019est en rapport avec notre volont\u00e9 d\u2019apurer le passif que nous avons. Mais lorsque vous avez pris une loi en 2012 qui dit que le corps de tel agent doit \u00e9voluer de telle mani\u00e8re et vous n\u2019avez pas travaill\u00e9 \u00e0 reconstituer la carri\u00e8re de ces agents, aujourd\u2019hui, vous n\u2019allez pas dire que vous n\u2019allez pas appliquer les dispositions de la loi.<\/p>\n<p>J\u00a0: Les magistrats sont-ils concern\u00e9s par la remise \u00e0 plat des salaires\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Tous les travailleurs sont concern\u00e9s par la remise \u00e0 plat des salaires. Nous allons amener les r\u00e9sultats au niveau de la conf\u00e9rence et elle va en d\u00e9cider.<\/p>\n<p>J\u00a0: L\u2019intersyndicale des magistrats a publi\u00e9 une d\u00e9claration. Ils ne sont pas venus aux rencontres et ils ne veulent pas que leurs acquis soient remis en cause.<\/p>\n<p>PM\u00a0: L\u2019intersyndicale des travailleurs des magistrats n\u2019est pas le seul partenaire social qui n\u2019est pas venu aux diff\u00e9rentes rencontres. Il y en a d\u2019autres qui ne sont pas venus mais qui n\u2019ont pas d\u2019avantages particuliers.<\/p>\n<p>J\u00a0: Depuis votre arriv\u00e9e au Premier minist\u00e8re, quels sont les actes forts que vous avez pos\u00e9s entrant dans le cadre de la r\u00e9duction du train de vie de l\u2019Etat\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Effectivement, au lendemain de ma nomination et la mise en place du gouvernement, j\u2019avais dit que dans les deux semaines qui suivaient, on devait r\u00e9gler cette question parce que c\u2019est l\u2019un des premiers dossiers que j\u2019ai trouv\u00e9 sur ma table. Un dossier bien fait qu\u2019on pouvait adopter en Conseil des ministres. Mais lorsqu\u2019on l\u2019a examin\u00e9, on a vu qu\u2019il y avait une corr\u00e9lation avec l\u2019ensemble des dispositions qu\u2019il fallait prendre dans le cadre de la remise \u00e0 plat des r\u00e9mun\u00e9rations des fonctionnaires de notre pays. De ce point de vue, nous avons estim\u00e9 avec le pr\u00e9sident du Faso, qu\u2019il fallait verser ce dossier dans la r\u00e9solution globale de la remise \u00e0 plat des r\u00e9mun\u00e9rations. Dans le train de vie de l\u2019Etat, il y a des dispositions relatives \u00e0 la gestion du patrimoine. Apr\u00e8s le s\u00e9minaire gouvernemental, nous avons donn\u00e9 des instructions \u00e0 chacun des ministres, de prendre des dispositions par rapport \u00e0 un certain nombre de choses qui se passaient mais qu\u2019il faut remettre en cause. Nous avons dit de suspendre tous les s\u00e9minaires qui sont organis\u00e9s en dehors de Ouagadougou.<\/p>\n<p>J\u00a0: Mais cela se poursuit, Monsieur le Premier ministre.<\/p>\n<p>PM\u00a0: Mais des instructions ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es. Maintenant, dans l\u2019application de ces instructions, il faut qu\u2019il y ait un suivi. Lorsque nous avons rediscut\u00e9 de cette question en Conseil des ministres, nous avons rappel\u00e9 \u00e0 chaque ministre que c\u2019est \u00e0 lui de prendre des dispositions en interne. Il y a des ministres qui ont donn\u00e9 des exemples concrets des mesures qu\u2019ils ont eu \u00e0 prendre pour r\u00e9duire leur train de vie.<\/p>\n<p>J\u00a0: Depuis que vous \u00eates au Premier minist\u00e8re, avez-vous renonc\u00e9 \u00e0 certains avantages\u00a0 pour donner l\u2019exemple?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Ma r\u00e9mun\u00e9ration est celle qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue dans le d\u00e9cret de 2018 qui r\u00e9glemente les r\u00e9mun\u00e9rations des membres du gouvernement. Je n\u2019ai pas de contrat avec le gouvernement. Si vous voulez, je peux vous donner ma r\u00e9mun\u00e9ration mais on n\u2019est pas l\u00e0 pour \u00e7a. Je pense qu\u2019au niveau du chef du gouvernement, nous avons tout simplement dit, on va attendre l\u2019adoption de notre organigramme parce qu\u2019il faut que l\u2019on r\u00e9duise, au niveau des structures qui constituent les services du gouvernement, les effectifs pour pouvoir rentrer dans une enveloppe qui permette d\u2019\u00eatre raisonnable.<\/p>\n<p>J\u00a0: Sur la lutte contre la corruption, il y a quelques affaires qui d\u00e9fraient la chronique et qui apportent du grain au moulin de ceux qui estiment aujourd\u2019hui que les anciennes pratiques ont toujours cours. On a l\u2019affaire du charbon fin.<\/p>\n<p>PM\u00a0: J\u2019attendais que vous en arriviez l\u00e0. La lutte contre la corruption, vous savez que nous avons confi\u00e9 cela \u00e0 une structure donn\u00e9e, ind\u00e9pendante, qui est l\u2019ASCE qui a le droit de faire justice. Les dossiers ne passent pas par le Premier minist\u00e8re pour aller \u00e0 la justice. Les dossiers qui viennent au Premier minist\u00e8re, ce sont les audits qui sont r\u00e9alis\u00e9s dans les d\u00e9partements minist\u00e9riels dans le sens d\u2019am\u00e9liorer le fonctionnement de ces d\u00e9partements. Pour ce qui concerne le charbon fin, on a avanc\u00e9 des chiffres, 332 milliards F CFA. Je ne sais pas si l\u2019exploitation de l\u2019ensemble de la mine peut permettre d\u2019avoir cette somme mais ce qui est important, c\u2019est le principe. Lorsque, le probl\u00e8me s\u2019est pos\u00e9, la justice s\u2019en est saisie, a fait son expertise, la soci\u00e9t\u00e9 a contest\u00e9 son et a fait sa propre expertise. Nous avons dit pour r\u00e9soudre la question, il faut que les deux parties se mettent autour d\u2019une table parce que ce n\u2019est pas la faute du gouvernement.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le nom de votre ministre des Mines et des Carri\u00e8res est cit\u00e9 dans cette affaire et il n\u2019y a pas eu de mesures conservatoires comme le cas de la directrice de la police judiciaire qui a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e de ses fonctions. Finalement, le Burkinab\u00e8 se pose des questions, ce n\u2019est pas du deux poids, deux mesures\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Qui a cit\u00e9 son nom dans cette affaire. C\u2019est la presse qui a dit qu\u2019il est impliqu\u00e9 dans cette affaire, moi, \u00e7a ne me suffit pas pour dire qu\u2019il faut prendre des mesures conservatoires.<\/p>\n<p>J\u00a0: L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la presse\u00a0et cela cr\u00e9e des pol\u00e9miques ?<\/p>\n<p>PM\u00a0: S\u2019il y a une institution de l\u2019Etat qui arrive \u00e0 cette conclusion et qu\u2019on a les \u00e9l\u00e9ments, on prendra les mesures qui s\u2019imposent.<\/p>\n<p>J\u00a0: Monsieur le Premier ministre, on va parler de la modification du Code p\u00e9nal qui suscite beaucoup de remous dans les milieux de la presse. Certains estiment aujourd\u2019hui que c\u2019est une remise en cause des acquis en termes de libert\u00e9 de presse.<\/p>\n<p>PM\u00a0: Quand \u00e7a vous arrange, vous pensez que le Burkina est un bon \u00e9l\u00e8ve mais quand \u00e7a ne vous arrange pas, c\u2019est le mauvais \u00e9l\u00e8ve. Dans tous les pays du monde, le Code p\u00e9nal a une r\u00e9glementation concernant un certain nombre de choses. Nous nous battons pour la libert\u00e9 de la presse et c\u2019est ce qui nous vaut d\u2019\u00eatre class\u00e9 parmi les meilleurs en mati\u00e8re de d\u00e9fense de la libert\u00e9 de la presse. Mais nous sommes dans un pays o\u00f9 il faut tenir compte d\u2019un certain nombre de r\u00e9alit\u00e9s. Autant vous \u00eates d\u2019accord pour dire que nous sommes sur les autoroutes de l\u2019information, chacun peut circuler comme il veut, autant il faut accepter qu\u2019on mette un code la route sur l\u2019autoroute de l\u2019information. On ne peut pas laisser chacun dire ce qu\u2019il veut, comme il le veut, quand il le veut.<\/p>\n<p>J\u00a0: Il y avait d\u00e9j\u00e0 le Code de l\u2019information et le Code p\u00e9nal, des dispositions qui encadrent quand bien m\u00eame le travail des journalistes.<\/p>\n<p>PM\u00a0: Ils encadrent le travail des journalistes, mais est-ce qu\u2019ils prennent en compte les aspects des nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication\u00a0? Nous sommes en train de vouloir redresser une situation. Lorsqu\u2019on vous donne des libert\u00e9s, il faut savoir en user. Nous ne disons pas que les gens n\u2019ont pas le droit de communiquer sur Facebook, Instagram, etc. Nous avons dit que par rapport \u00e0 des informations pr\u00e9cises dans un domaine pr\u00e9cis, il y a la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e8glementer la circulation de l\u2019information et des photos.<\/p>\n<p>J\u00a0: Souvent, ce ne sont pas des journalistes qui publient les photos. Il y en a qui viennent peut-\u00eatre des militaires sur le terrain.<\/p>\n<p>PM\u00a0: On n\u2019a pas dit que ce sont les journalistes que l\u2019on attaque. Tous ceux qui font des postes sur ce type de question sont passibles de p\u00e9nalit\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u00a0: Je prends l\u2019exemple de Jean Emmanuel Ou\u00e9draogo qui est r\u00e9dacteur en chef de la t\u00e9l\u00e9vision nationale. S\u2019il fait couvrir un attentat en plein c\u0153ur de Ouagadougou, avant de diffuser les images \u00e0 l\u2019antenne, il doit les faire visionner alors que les citoyens ont le droit \u00e0 l\u2019information qui est consacr\u00e9 par les textes. Et la personne qui doit faire la s\u00e9lection n\u2019est peut-\u00eatre pas journaliste. C\u2019est quand m\u00eame surr\u00e9aliste\u00a0!<\/p>\n<p>PM\u00a0: Ce n\u2019est pas surr\u00e9aliste. Le Conseil constitutionnel s\u2019est saisi de l\u2019affaire et on va attendre qu\u2019il se prononce l\u00e0-dessus.<\/p>\n<p>J\u00a0: Monsieur le Premier ministre, la plupart des fleurons de l\u2019\u00e9conomie burkinab\u00e8 sont dans des difficult\u00e9s. Qu\u2019est-ce qui est fait pour ramener un minimum de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et de prosp\u00e9rit\u00e9 dans ces entreprises\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: La situation de l\u2019\u00e9conomie de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale est li\u00e9e \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 que nous connaissons. C\u2019est ce qui cr\u00e9e une certaine morosit\u00e9 de fa\u00e7on globale. Mais il n\u2019est pas juste de penser que notre \u00e9conomie est en train de p\u00e9rir. Les investissements continuent de se r\u00e9aliser, les emplois se cr\u00e9ent toujours. Cela veut dire que notre \u00e9conomie se porte bien. Au niveau du secteur priv\u00e9, nous savons que c\u2019est ce secteur qui doit \u00eatre le moteur de l\u2019\u00e9conomie et nous avons commenc\u00e9 une r\u00e9organisation par un certain nombre de dispositions r\u00e8glementaires. Des dispositions ont \u00e9t\u00e9 prises contre les exportateurs qui vont chercher des produits ailleurs pour venir concurrencer nos produits nationaux. Ils devront d\u00e9sormais pr\u00e9senter une autorisation qui leur permet de prendre une certaine quantit\u00e9. Ce sont des mesures tactiques mises en \u0153uvre au niveau du minist\u00e8re du Commerce. Nous avons revu le Code des investissements. Dans le cadre du Doing Business, nous voyons comment faciliter la cr\u00e9ation d\u2019emplois, l\u2019exercice de la profession d\u2019industriel ou de commer\u00e7ant. Nous avons un plan d\u2019industrialisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e que nous sommes en train de mettre en \u0153uvre dans le domaine du coton et des huileries o\u00f9 nous assainissons le march\u00e9. Je suis convaincu que nous sommes dans la bonne direction et, du reste, \u00e7a fait partie des engagements du chef de l\u2019Etat \u00e0 travers le PNDES.<\/p>\n<p>J\u00a0: Vous dites que notre \u00e9conomie se porte bien. Il y a eu un taux de croissance encourageant en 2018 de 6,6%, l\u2019inflation qui est quand m\u00eame maitris\u00e9e, 2%. Mais pour le citoyen lambda, on ne mange pas les chiffres. Quel est le message que vous avez pour ce peuple qui fonde l\u2019espoir d\u2019un lendemain meilleur\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: J\u2019ajouterai \u00e0 ce que vous avez cit\u00e9 la confiance internationale dont b\u00e9n\u00e9ficie notre pays. Les aides budg\u00e9taires qui nous parviennent de nos partenaires au d\u00e9veloppement se fondent sur la confiance qu\u2019inspire l\u2019\u00e9conomie burkinab\u00e8. Nous avons fini la revue avec le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) il y a de cela quelques semaines. Aujourd\u2019hui notre programme est pass\u00e9.<\/p>\n<p>J\u00a0: Le Burkina Faso a toujours \u00e9t\u00e9 bon \u00e9l\u00e8ve du FMI dans tous les cas.<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non\u00a0! Pas dans le sens des mesures drastiques. Dans la mobilisation des ressources, oui\u00a0! Nous sommes un bon \u00e9l\u00e8ve et nous faisons en sorte que nos partenaires nous appuient parce que si nous n\u2019avons pas de programme avec le Fonds mon\u00e9taire, les aides budg\u00e9taires qui nous permettent de surmonter un certain nombre de difficult\u00e9s ne viendraient pas.<br \/>J\u00a0: Monsieur le Premier ministre, aujourd\u2019hui comme il l\u2019a dit, beaucoup de Burkinab\u00e8 se demandent de quoi sera fait demain, vu le contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de morosit\u00e9 \u00e9conomique. Six mois apr\u00e8s votre arriv\u00e9e, quelle perspective avez-vous pour le pays\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Il faut qu\u2019on r\u00e9solve d\u2019abord le probl\u00e8me de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, qu\u2019on cr\u00e9e les conditions d\u2019une paix durable au Burkina Faso. Et pour y arriver, il faut que tous les Burkinab\u00e8 se mettent d\u2019accord pour regarder dans la m\u00eame direction et avoir une m\u00eame vision du d\u00e9veloppement. Parce que tant qu\u2019on ne se met pas ensemble, on n\u2019ira nulle part. Nous savons qu\u2019il y a des impatiences qui se manifestent, mais il faut savoir raison garder. De mon point de vue, nous devons pouvoir cr\u00e9er un climat de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui permette au gouvernement de travailler dans de bonnes conditions. C\u2019est \u00e0 cela que nous \u0153uvrons. Il faudrait que les travailleurs et investisseurs du secteur priv\u00e9 aient confiance en nous. Les conditions sont r\u00e9unies mais il faut que le secteur priv\u00e9 qui est pourvoyeur d\u2019emplois et cr\u00e9ateur de richesses s\u2019investisse. Les moyens seront mis pour que le secteur informel cr\u00e9e des petites et moyennes entreprises. Nous faisons en sorte que les start-up \u00e9mergent et que les jeunes qui ont du talent puissent cr\u00e9er leurs propres entreprises et employer d\u2019autres jeunes.<\/p>\n<p>J\u00a0: 2019 est l\u2019ann\u00e9e du centenaire de la cr\u00e9ation de la Haute-Volta, actuel Burkina Faso, il est imp\u00e9ratif aujourd\u2019hui de se r\u00e9inventer pour trouver un nouveau destin. Quand vous regardez l\u2019avenir de ce pays, dans deux, cinq ans, comment le voyez-vous\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: C\u2019est une bonne question. Le Burkina, dans deux ans, sera dans une ann\u00e9e \u00e9lectorale, une ann\u00e9e butoir qui va nous permettre de d\u00e9terminer la mani\u00e8re dont nous allons construire ce pays dans les cinq ann\u00e9es \u00e0 venir. Ceux qui viendront et qui auront la responsabilit\u00e9 de conduire la destin\u00e9e du pays, il n\u2019y a qu\u2019une seule voie\u2026<\/p>\n<p>J\u00a0: Ceux qui viendront\u2026donc vous pr\u00e9sumez qu\u2019il y a une nouvelle \u00e9quipe qui viendra aux affaires\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Ceux qui viendront\u00a0! Si le pr\u00e9sident Roch Marc Christian Kabor\u00e9 revient en 2020, ce sera un nouveau pr\u00e9sident qui annoncera un mandat de cinq ans. Sa vision est d\u00e9clin\u00e9e dans le PNDES et son programme qui lui a donn\u00e9 l\u2019aval de la population.<\/p>\n<p>J\u00a0: Un Burkina sans attaques terroristes est envisageable \u00e0 court terme\u00a0?<\/p>\n<p>PM\u00a0: Non\u00a0! Je ne crois pas. Nous aurons \u00e0 subir encore des attaques mais nous travaillerons \u00e0 ce qu\u2019elles soient amoindries, que l\u2019essentiel de notre territoire soit s\u00e9curis\u00e9 et qu\u2019on puisse continuer \u00e0 travailler.<\/p>\n<p>Interview retranscrite par la R\u00e9daction et l\u2019AIB<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d377fbd474f6_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/07\/22\/le-premier-ministre-christophe-joseph-marie-dabire-a-propos-du-nouveau-code-penal\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la nuit du dimanche 21 juillet 2019, le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabir\u00e9 a accord\u00e9 un entretien en direct \u00e0 des journalistes \u00e0 la Radiodiffusion-t\u00e9l\u00e9vision du Burkina (RTB). Avec eux, il a abord\u00e9 plusieurs sujets de la vie du pays, entre autres la s\u00e9curit\u00e9, l\u2019\u00e9conomie, les personnes d\u00e9plac\u00e9es internes, l\u2019avenir du Burkina Faso. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-48010","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48010","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48010"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48010\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48010"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48010"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48010"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}