{"id":48365,"date":"2019-07-25T06:00:00","date_gmt":"2019-07-25T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/des-jeunes-et-une-radio-contre-la-criminalite\/"},"modified":"2019-07-25T06:00:00","modified_gmt":"2019-07-25T10:00:00","slug":"des-jeunes-et-une-radio-contre-la-criminalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/des-jeunes-et-une-radio-contre-la-criminalite\/","title":{"rendered":"Des jeunes et une radio contre la criminalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"118\">\n<p><strong>Chaque semaine, l&rsquo;\u00e9mission est suivie par environ 150 000 auditeurs, un franc succ\u00e8s. Jennifer et les autres jeunes animateurs de l&rsquo;\u00e9mission sont persuad\u00e9s que leurs paroles peuvent contribuer \u00e0 faire \u00e9voluer\u00a0les mentalit\u00e9s et, au bout du compte, faire reculer la criminalit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>\u201cToutes les nuits du vendredi au dimanche, m\u00eame parfois en semaine, on entend des coups de feu.\u201d Dans le township sud-africain d&rsquo;Alexandra, la violence r\u00e8gne en ma\u00eetre. Et tous les samedis, Jennifer et ses camarades en parlent sans tabou lors d&rsquo;une \u00e9mission diffus\u00e9e sur une radio communautaire. \u201cChaque enfant d&rsquo;Alexandra peut en t\u00e9moigner\u201d, ass\u00e8ne Jennifer Ngobeni du haut de ses 16 ans, \u201cet c&rsquo;est comme \u00e7a depuis toujours\u201d dans ce township situ\u00e9 au c\u0153ur de la m\u00e9gapole de Johannesburg.<\/p>\n<p>Cette semaine encore, le couloir qui m\u00e8ne au studio d&rsquo;Alex FM est encombr\u00e9 des vestes d&rsquo;uniforme et des cartables d&rsquo;une vingtaine de jeunes du quartier venus t\u00e9moigner dans l&rsquo;\u00e9mission \u201cPlus grand que la vie\u201d. \u201cM\u00eame si avez la chance d&rsquo;\u00eatre tout seul un soir \u00e0 la maison, vous ne pouvez jamais en profiter\u201d, d\u00e9plore Jennifer Ngobeni. \u201cVous devez vous enfermer \u00e0 double tour parce que n&rsquo;importe qui peut entrer chez vous comme \u00e7a, simplement par peur des coups de feu ou de quelqu&rsquo;un&#8230;\u201d Chaque semaine, l&rsquo;\u00e9mission est suivie par environ 150 000 auditeurs, un franc succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Jennifer et les autres jeunes animateurs de l&rsquo;\u00e9mission sont persuad\u00e9s que leurs paroles peuvent contribuer \u00e0 faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s et, au bout du compte, faire reculer la criminalit\u00e9. Parfois surnomm\u00e9 \u201cGomorrhe\u201d, la cit\u00e9 p\u00e9cheresse de la Bible, Alexandra est consid\u00e9r\u00e9 comme un des quartiers les plus d\u00e9favoris\u00e9s de la plus grande ville d&rsquo;Afrique du Sud. Quelque 300 000 personnes s&rsquo;y entassent sur \u00e0 peine 7 km2, au pied des tours rutilantes du quartier d&rsquo;affaires de Sandton. Ce township est un condens\u00e9 des \u00e9checs du gouvernement du Congr\u00e8s national africain (ANC) qui dirige le pays depuis la chute du r\u00e9gime de l&rsquo;apartheid il y a un quart de si\u00e8cle : ch\u00f4mage, pauvret\u00e9, absence de services publics et aussi criminalit\u00e9&#8230;<br \/>\u00a0<br \/><strong>\u201cZone de guerre\u201d<\/strong><br \/>Avec 57 meurtres par jour en 2018, selon les statistiques nationales annuelles, l&rsquo;Afrique du Sud est l&rsquo;un des pays les plus violents de la plan\u00e8te. Le ministre de la Police, Bheki Cele, n&rsquo;avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 comparer certains quartiers \u00e0 une \u201czone de guerre\u201d, lors de la publication des chiffres l&rsquo;an dernier. Un tiers des meurtres est li\u00e9 aux armes \u00e0 feu, selon l&rsquo;ONG GunFree SA. Et les statistiques officielles chiffrent \u00e0 3 millions le nombre d&rsquo;armes \u00e0 feu d\u00fbment enregistr\u00e9es dans le pays et \u00e0 au moins 2 millions celles qui \u00e9chappent \u00e0 tout contr\u00f4le. \u00c0 Alexandra, \u201ctous les jeunes sont affect\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre par les violences par armes \u00e0 feu\u201d, assure Mary-Ann Nobele de GunFree SA, qui parraine l&rsquo;\u00e9mission des jeunes du quartier.<\/p>\n<p>\u201cElle permet \u00e0 nos pr\u00e9occupations d&rsquo;\u00eatre entendues de tous, poursuit-elle, et aussi \u00e0 tous les jeunes de r\u00e9aliser qu&rsquo;ils ne sont pas les seuls \u00e0 subir ces violences.\u201d Leurs t\u00e9moignages sont aussi crus que poignants. \u201cD\u00e8s qu&rsquo;on parle des violences avec armes, l&rsquo;\u00e9motion envahit le studio\u201d, rapporte Sammy Ramodike, de la Children&rsquo;s Radio Foundation (CRF) qui assiste les jeunes animateurs. \u201cLe p\u00e8re d&rsquo;une de nos jeunes journalistes, Monica, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, malheureusement, le jour de l&rsquo;anniversaire de la jeune femme.\u201d<\/p>\n<p><strong>Culture des armes<\/strong><br \/>L&rsquo;\u00e9mission d\u00e9nonce la violence qui gangr\u00e8ne les rues d&rsquo;Alexandra en se nourrissant de la mis\u00e8re. \u201cLes criminels vivent au milieu de la population et ils lui viennent en aide (&#8230;) Ils deviennent donc des h\u00e9ros \u00e0 ses yeux, d\u00e9plore Jennifer Ngoben. De nombreuses personnes le savent mais se gardent bien de les d\u00e9noncer.\u201d Les jeunes animateurs \u00e9voquent aussi la redoutable culture des armes \u00e0 feu qui envenime la situation. \u201cTr\u00e8s souvent, les gens (qui d\u00e9tiennent une arme) disent \u2018\u2019c&rsquo;est pour ma propre protection\u2019\u2019, sans savoir qu&rsquo;ils ont quatre fois plus de risques d&rsquo;\u00eatre bless\u00e9s par leur propre arme \u00e0 feu que de l&rsquo;utiliser pour se d\u00e9fendre\u201d, indique Mary-Ann Nobele.<\/p>\n<p>Michelle Selemela, lyc\u00e9enne de 17 ans, participe depuis deux ans \u00e0 \u201cPlus grand que la vie\u201d avec d&rsquo;autant plus de motivation qu&rsquo;elle a v\u00e9cu personnellement les cons\u00e9quences de la criminalit\u00e9. \u201cMon p\u00e8re \u00e9tait gangster\u201d, confie-t-elle sans d\u00e9tour. \u201cJe me souviens tr\u00e8s bien, quand j&rsquo;\u00e9tais jeune, des policiers qui venaient constamment le chercher \u00e0 la maison. Il est une meilleure personne maintenant. Il \u00e9coute notre \u00e9mission et me donne des conseils\u201d, poursuit Michelle. Et avec ce programme, \u201cje lui montre que j&rsquo;ai appris de son pass\u00e9\u201d.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Par Michelle GUMEDE (AFP)<\/strong><\/p>\n<p class=\"c10\">\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"118\">\n<p><strong>Chaque semaine, l&rsquo;\u00e9mission est suivie par environ 150 000 auditeurs, un franc succ\u00e8s. Jennifer et les autres jeunes animateurs de l&rsquo;\u00e9mission sont persuad\u00e9s que leurs paroles peuvent contribuer \u00e0 faire \u00e9voluer\u00a0les mentalit\u00e9s et, au bout du compte, faire reculer la criminalit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>\u201cToutes les nuits du vendredi au dimanche, m\u00eame parfois en semaine, on entend des coups de feu.\u201d Dans le township sud-africain d&rsquo;Alexandra, la violence r\u00e8gne en ma\u00eetre. Et tous les samedis, Jennifer et ses camarades en parlent sans tabou lors d&rsquo;une \u00e9mission diffus\u00e9e sur une radio communautaire. \u201cChaque enfant d&rsquo;Alexandra peut en t\u00e9moigner\u201d, ass\u00e8ne Jennifer Ngobeni du haut de ses 16 ans, \u201cet c&rsquo;est comme \u00e7a depuis toujours\u201d dans ce township situ\u00e9 au c\u0153ur de la m\u00e9gapole de Johannesburg.<\/p>\n<p>Cette semaine encore, le couloir qui m\u00e8ne au studio d&rsquo;Alex FM est encombr\u00e9 des vestes d&rsquo;uniforme et des cartables d&rsquo;une vingtaine de jeunes du quartier venus t\u00e9moigner dans l&rsquo;\u00e9mission \u201cPlus grand que la vie\u201d. \u201cM\u00eame si avez la chance d&rsquo;\u00eatre tout seul un soir \u00e0 la maison, vous ne pouvez jamais en profiter\u201d, d\u00e9plore Jennifer Ngobeni. \u201cVous devez vous enfermer \u00e0 double tour parce que n&rsquo;importe qui peut entrer chez vous comme \u00e7a, simplement par peur des coups de feu ou de quelqu&rsquo;un&#8230;\u201d Chaque semaine, l&rsquo;\u00e9mission est suivie par environ 150 000 auditeurs, un franc succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Jennifer et les autres jeunes animateurs de l&rsquo;\u00e9mission sont persuad\u00e9s que leurs paroles peuvent contribuer \u00e0 faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s et, au bout du compte, faire reculer la criminalit\u00e9. Parfois surnomm\u00e9 \u201cGomorrhe\u201d, la cit\u00e9 p\u00e9cheresse de la Bible, Alexandra est consid\u00e9r\u00e9 comme un des quartiers les plus d\u00e9favoris\u00e9s de la plus grande ville d&rsquo;Afrique du Sud. Quelque 300 000 personnes s&rsquo;y entassent sur \u00e0 peine 7 km2, au pied des tours rutilantes du quartier d&rsquo;affaires de Sandton. Ce township est un condens\u00e9 des \u00e9checs du gouvernement du Congr\u00e8s national africain (ANC) qui dirige le pays depuis la chute du r\u00e9gime de l&rsquo;apartheid il y a un quart de si\u00e8cle : ch\u00f4mage, pauvret\u00e9, absence de services publics et aussi criminalit\u00e9&#8230;<br \/>\u00a0<br \/><strong>\u201cZone de guerre\u201d<\/strong><br \/>Avec 57 meurtres par jour en 2018, selon les statistiques nationales annuelles, l&rsquo;Afrique du Sud est l&rsquo;un des pays les plus violents de la plan\u00e8te. Le ministre de la Police, Bheki Cele, n&rsquo;avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 comparer certains quartiers \u00e0 une \u201czone de guerre\u201d, lors de la publication des chiffres l&rsquo;an dernier. Un tiers des meurtres est li\u00e9 aux armes \u00e0 feu, selon l&rsquo;ONG GunFree SA. Et les statistiques officielles chiffrent \u00e0 3 millions le nombre d&rsquo;armes \u00e0 feu d\u00fbment enregistr\u00e9es dans le pays et \u00e0 au moins 2 millions celles qui \u00e9chappent \u00e0 tout contr\u00f4le. \u00c0 Alexandra, \u201ctous les jeunes sont affect\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre par les violences par armes \u00e0 feu\u201d, assure Mary-Ann Nobele de GunFree SA, qui parraine l&rsquo;\u00e9mission des jeunes du quartier.<\/p>\n<p>\u201cElle permet \u00e0 nos pr\u00e9occupations d&rsquo;\u00eatre entendues de tous, poursuit-elle, et aussi \u00e0 tous les jeunes de r\u00e9aliser qu&rsquo;ils ne sont pas les seuls \u00e0 subir ces violences.\u201d Leurs t\u00e9moignages sont aussi crus que poignants. \u201cD\u00e8s qu&rsquo;on parle des violences avec armes, l&rsquo;\u00e9motion envahit le studio\u201d, rapporte Sammy Ramodike, de la Children&rsquo;s Radio Foundation (CRF) qui assiste les jeunes animateurs. \u201cLe p\u00e8re d&rsquo;une de nos jeunes journalistes, Monica, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, malheureusement, le jour de l&rsquo;anniversaire de la jeune femme.\u201d<\/p>\n<p><strong>Culture des armes<\/strong><br \/>L&rsquo;\u00e9mission d\u00e9nonce la violence qui gangr\u00e8ne les rues d&rsquo;Alexandra en se nourrissant de la mis\u00e8re. \u201cLes criminels vivent au milieu de la population et ils lui viennent en aide (&#8230;) Ils deviennent donc des h\u00e9ros \u00e0 ses yeux, d\u00e9plore Jennifer Ngoben. De nombreuses personnes le savent mais se gardent bien de les d\u00e9noncer.\u201d Les jeunes animateurs \u00e9voquent aussi la redoutable culture des armes \u00e0 feu qui envenime la situation. \u201cTr\u00e8s souvent, les gens (qui d\u00e9tiennent une arme) disent \u2018\u2019c&rsquo;est pour ma propre protection\u2019\u2019, sans savoir qu&rsquo;ils ont quatre fois plus de risques d&rsquo;\u00eatre bless\u00e9s par leur propre arme \u00e0 feu que de l&rsquo;utiliser pour se d\u00e9fendre\u201d, indique Mary-Ann Nobele.<\/p>\n<p>Michelle Selemela, lyc\u00e9enne de 17 ans, participe depuis deux ans \u00e0 \u201cPlus grand que la vie\u201d avec d&rsquo;autant plus de motivation qu&rsquo;elle a v\u00e9cu personnellement les cons\u00e9quences de la criminalit\u00e9. \u201cMon p\u00e8re \u00e9tait gangster\u201d, confie-t-elle sans d\u00e9tour. \u201cJe me souviens tr\u00e8s bien, quand j&rsquo;\u00e9tais jeune, des policiers qui venaient constamment le chercher \u00e0 la maison. Il est une meilleure personne maintenant. Il \u00e9coute notre \u00e9mission et me donne des conseils\u201d, poursuit Michelle. Et avec ce programme, \u201cje lui montre que j&rsquo;ai appris de son pass\u00e9\u201d.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c10\"><strong>Par Michelle GUMEDE (AFP)<\/strong><\/p>\n<p class=\"c10\">\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/magazine\/des-jeunes-et-une-radio-contre-la-criminalite-320565\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque semaine, l&rsquo;\u00e9mission est suivie par environ 150 000 auditeurs, un franc succ\u00e8s. 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