{"id":49963,"date":"2019-08-02T12:10:00","date_gmt":"2019-08-02T16:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/rapport-annuel-de-la-bct-marouane-el-abassi-la-stabilisation-des-fondamentaux-prealable-a-une-acceleration-de-la-croissance\/"},"modified":"2019-08-02T12:10:00","modified_gmt":"2019-08-02T16:10:00","slug":"rapport-annuel-de-la-bct-marouane-el-abassi-la-stabilisation-des-fondamentaux-prealable-a-une-acceleration-de-la-croissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/rapport-annuel-de-la-bct-marouane-el-abassi-la-stabilisation-des-fondamentaux-prealable-a-une-acceleration-de-la-croissance\/","title":{"rendered":"Rapport annuel de la BCT &#8211; Marouane El Abassi : La stabilisation des fondamentaux, pr\u00e9alable \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration de la croissance"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9conomie tunisienne, qui a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9silience depuis la crise financi\u00e8re internationale de 2008 et surtout apr\u00e8s les attaques terroristes de 2015, devrait \u00eatre \u00e0 m\u00eame d\u2019engager au plus vite les r\u00e9formes\u00a0\u00bb, \u00e9crit le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abassi en propos introductifs du raport annuel de la Banque pour l&rsquo;ann\u00e9e 2018. \u00ab\u00a0Ces derni\u00e8res demeurent indispensables pour accompagner le retour de l\u2019investissement, de l\u2019exportation, de la croissance et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration durable des entreprises tunisiennes aux cha\u00eenes de valeurs r\u00e9gionales et globales\u00a0\u00bb a-t-il ajout\u00e9. Le gouverneur Abassi a remis jeudi dernier le rapport au pr\u00e9sident par int\u00e9rim, Mohamed Ennaceur ainsi qu&rsquo;une copie au vice pr\u00e9sident de l&rsquo;ARP, Abdelfettah Mourou.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><em><strong>T\u00e9l\u00e9charger le Rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie pour l&rsquo;Ann\u00e9e 2018<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<h2>Le mot du Gouverneur<\/h2>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2018 s\u2019inscrit dans la lign\u00e9e des ann\u00e9es difficiles pour l\u2019\u00e9conomie tunisienne. Certes, la croissance \u00e9volue : 2,5% contre 1,9% en 2017 et 1% seulement en 2016. Mais, elle reste timide. La progression de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9, en effet, brid\u00e9e par une \u00e9volution mitig\u00e9e des diff\u00e9rents secteurs productifs de l\u2019\u00e9conomie. Cette croissance qui demeure molle ne permet toujours pas de r\u00e9pondre aux aspirations des tunisiens en termes d\u2019emploi. Elle ne permet pas aussi de r\u00e9tablir les d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques pr\u00e9occupants. Il s\u2019agit ici des conditions n\u00e9cessaires pour renouer avec une croissance saine, durable et plus inclusive.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa faiblesse, l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de 2018 a \u00e9t\u00e9, n\u00e9anmoins, de meilleure qualit\u00e9. Elle a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e par l\u2019avanc\u00e9e de certains secteurs productifs : le secteur agricole a affich\u00e9 une performance exceptionnelle gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ol\u00e9iculture tandis que le secteur touristique a confirm\u00e9 sa convalescence. En revanche, d\u2019autres secteurs n\u2019ont pas bien \u00e9volu\u00e9. Il s\u2019agit, surtout, du secteur industriel qui s\u2019est fortement ressenti de l\u2019atonie des activit\u00e9s extractives influen\u00e7ant, non seulement la dynamique de croissance, mais aussi la position ext\u00e9rieure et l\u2019\u00e9quilibre budg\u00e9taire.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la demande, l\u2019analyse des composantes du produit int\u00e9rieur brut (PIB) montre une \u00e9volution lente de toutes les rubriques. A titre d\u2019exemple, l\u2019investissement, v\u00e9ritable moteur de croissance et de cr\u00e9ation de richesse, demeure \u00e0 un niveau limit\u00e9 avec un taux de 18,5% du PIB en 2018 pour un taux d\u2019\u00e9pargne de 9%. Ces deux indicateurs sont \u00e0 comparer \u00e0 ceux r\u00e9alis\u00e9s en 2010, soit 24,6% et 21,4%, respectivement. Par rapport aux niveaux r\u00e9alis\u00e9s en r\u00e9gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), ces taux montrent que la Tunisie accuse un retard aussi bien en termes d\u2019\u00e9pargne qu\u2019en termes d\u2019investissement. En effet, en 2018, la r\u00e9gion MENA a r\u00e9alis\u00e9 un taux d\u2019investissement et un taux d\u2019\u00e9pargne de l\u2019ordre de 30%.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques sont de plus en plus inqui\u00e9tants surtout en ce qui concerne les paiements ext\u00e9rieurs. Le d\u00e9ficit courant a enregistr\u00e9 un nouveau record de 11,1% du PIB \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018. L\u2019\u00e9volution favorable des recettes touristiques et des revenus de travail n\u2019a pas pu att\u00e9nuer la port\u00e9e du creusement du d\u00e9ficit commercial. Ce dernier continue \u00e0 se maintenir \u00e0 des niveaux pr\u00e9occupants. En l\u2019absence d\u2019un investissement fort et d\u2019une comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, la d\u00e9gradation continue du secteur ext\u00e9rieurdevient structurelle et rev\u00eat donc un caract\u00e8re durable.<br \/>Par ailleurs, l\u2019expansion des entr\u00e9es nettes de capitaux ext\u00e9rieurs a permis \u00e0 la Tunisie de retrouver une balance g\u00e9n\u00e9rale des paiements exc\u00e9dentaire et de faire augmenter le niveau des r\u00e9serves en devises, exprim\u00e9es en dinars. Quant au taux d\u2019endettement ext\u00e9rieur \u00e0 moyen et long terme (MLT), il s\u2019est accru de 9 points de pourcentage du Revenu National Disponible Brut (RNDB), entre l\u2019ann\u00e9e 2017 et l\u2019ann\u00e9e 2018.<\/p>\n<p>Les principaux maux du secteur ext\u00e9rieur se pr\u00e9sentent comme suit : Premi\u00e8rement, un d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique qui s\u2019est creus\u00e9 de 53,2% en 2018. Il a contribu\u00e9, ainsi, \u00e0 plus de 60% \u00e0 l\u2019\u00e9largissement du d\u00e9ficit commercial global. Cette aggravation trouve son origine dans l\u2019augmentation des prix \u00e0 l\u2019international et dans la faiblesse du niveau de la production nationale des hydrocarbures contre la poursuite de l\u2019\u00e9volution de la demande. Deuxi\u00e8mement, le faible niveau de l\u2019activit\u00e9 du secteur du phosphate et d\u00e9riv\u00e9s a cr\u00e9\u00e9 un manque \u00e0 gagner consid\u00e9rable au niveau desrecettes d\u2019exportation.<br \/>A l\u2019image de ces deux secteurs, l\u2019atonie des exportations dont la reprise tarde \u00e0 venir, malgr\u00e9 la baisse de la valeur du dinar, t\u00e9moigne d\u2019un probl\u00e8me d\u2019offre. Ce dernier trouve son origine dansle recul de l\u2019investissement et de la productivit\u00e9 et devient structurel. En effet, la productivit\u00e9 globale des facteurs, ayant atteint une moyenne de 1,3% pendant la d\u00e9cennie 2001-2010, a recul\u00e9 \u00e0 -0,2% en moyenne entre 2011 et 2018.<\/p>\n<p>Un autre d\u00e9s\u00e9quilibre, non moins important, concerne les pressions inflationnistes qui continuent \u00e0 \u00eatre vives. Le taux d\u2019inflation, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018, s\u2019est \u00e9tabli, en moyenne, \u00e0 7,3% contre 5,3% en 2017. Cette augmentation porte la marque, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des dispositions fiscales de la Loi de Finances (LF 2018), notamment le rel\u00e8vement d\u2019un point de pourcentage de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e et l\u2019ajustement \u00e0 la hausse des prix des carburants. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019on note l\u2019effet de la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar. Le taux de change de la monnaie nationale s\u2019\u00e9tant d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9, en moyenne, de 12,9% \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019euro et de 8,6% vis-\u00e0-vis du dollar.<\/p>\n<p>Sur le plan des finances publiques, il y a eu une am\u00e9lioration du d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui est revenu de 6,1% du PIB en 2017 \u00e0 4,8% en 2018. Toutefois, ce d\u00e9ficit reste \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9, si l\u2019on consid\u00e8re la faiblesse de la croissance \u00e9conomique. Ceci pose, s\u00e9rieusement, la probl\u00e9matique de la soutenabilit\u00e9 dudit d\u00e9ficit et corr\u00e9lativement, de la dette publique. Cette derni\u00e8re a connu une envol\u00e9e depuis 2011, atteignant 71,4% du PIB \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018.<\/p>\n<p>Sur le plan fiscal, l\u2019on rel\u00e8ve un all\u00e8gement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire. Ceci est d\u00fb \u00e0 plusieurs dispositions qui ont \u00e9t\u00e9 prises au niveau de la L.F. 2018.<br \/>Ces dispositions visent la mobilisation de nouvelles ressources fiscales et une meilleure allocation des d\u00e9penses publiques. Les efforts des autorit\u00e9s se poursuivent afin de lever les incertitudes relatives au climat fiscal, en particulier, et des affaires, d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>La r\u00e9surgence des tensions inflationnistes et l\u2019aggravation du d\u00e9ficit courant de la balance des paiements ont mis davantage de pression sur les avoirs en devises du pays ainsi que sur le taux de change du dinar vis-\u00e0-vis des principales devises. La Banque centrale, dont le mandat consiste \u00e0 pr\u00e9server la stabilit\u00e9 des prix, a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 resserrer sa politique mon\u00e9taire. Pour ce faire, le taux directeur a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 \u00e0 deux reprises, respectivement en mars et juin 2018, de 75 et 100 points de base, pour \u00eatre port\u00e9 \u00e0 6,75% au terme du premier semestre de 2018. Consid\u00e9rant le caract\u00e8re persistant de l\u2019inflation, tel que refl\u00e9t\u00e9 par les mesures de l\u2019inflation sous-jacente, la Banque centrale a d\u00e9cid\u00e9 un nouveau rel\u00e8vement, courant f\u00e9vrier 2019, portant le taux directeur \u00e0 7,75%. La succession de mesures restrictives ont r\u00e9duit l\u2019inflation d\u2019origine mon\u00e9taire et ont contribu\u00e9 \u00e0 la stabilisation de la situation \u00e9conomique, condition sine qua none d\u2019une reprise saine de l\u2019investissement. Ces mesures de politique mon\u00e9taire se sont jointes \u00e0 d\u2019autres mesures de gestion des r\u00e9serves et de politique de change. Elles ont r\u00e9ussi \u00e0 garder, au cours du premier semestre de 2019, une certaine stabilit\u00e9 de la valeur du dinar et freiner sa d\u00e9pr\u00e9ciation, qui aurait pu \u00eatre beaucoup plus prononc\u00e9e.<\/p>\n<p>Consciente de l\u2019impact \u00e0 moyen-terme de ces mesures sur la croissance \u00e9conomique, encore fragile, la Banque centrale a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une r\u00e9allocation du refinancement qu\u2019elle fournit aux banques. En effet, une fen\u00eatre de refinancement \u00e0 long-terme par voie d\u2019appels d\u2019offres \u00e0 6 mois et destin\u00e9e \u00e0 l\u2019investissement productif a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018. Faut-il pr\u00e9ciser que le volume global de refinancement s\u2019est sensiblement affermi, en 2018, atteignant des niveaux sans pr\u00e9c\u00e9dents, d\u00e9passant m\u00eame les 16 milliards de dinars.<\/p>\n<p>Veillant sur la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, la Banque centrale, afin de limiter le risque de transformation et pr\u00e9munir les banques contre une prise excessive de risques, a institu\u00e9 un nouveau ratio cr\u00e9dit\/d\u00e9p\u00f4t. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise en vertu de la circulaire aux banques n\u00b02018-10 du 1er novembre 2018 qui stipule qu\u2019une banque ne peut pas garder ce ratio \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur \u00e0 120%. Il s\u2019agit d\u2019une restriction de nature \u00e0 rationaliser l\u2019octroi de cr\u00e9dits par les banques qui chercheront \u00e0 am\u00e9liorer les d\u00e9p\u00f4ts de la client\u00e8le afin d\u2019all\u00e9ger le recours au refinancement de la Banque centrale. Parall\u00e8lement, la politique des collat\u00e9raux a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9e en privil\u00e9giant les contreparties des cr\u00e9ances priv\u00e9es afin d\u2019assurer une meilleure contribution au financement de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle et r\u00e9duire l\u2019effet d\u2019\u00e9viction. Ces mesures entrent en effet dans le cadre du processus de r\u00e9formes prudentielles engag\u00e9es depuis 2012, dont les fruits sont d\u00e9j\u00e0 visibles : le secteur bancaire est parvenu \u00e0 am\u00e9liorer ses indicateurs de solidit\u00e9 financi\u00e8re et sa capacit\u00e9 de r\u00e9silience. Ceci est tout aussi valable pour les banques publiques, r\u00e9cemment restructur\u00e9es. Sur le plan prudentiel, la Banque Centrale de Tunisie poursuivra, en 2019, la surveillance d\u2019une mani\u00e8re rapproch\u00e9e du risque de liquidit\u00e9. L\u2019objectif \u00e9tant d\u2019\u00e9viter tout d\u00e9rapage et de pr\u00e9server les \u00e9quilibres financiers des banques.<\/p>\n<p>Ces efforts de stabilisation men\u00e9s par la Banque Centrale de Tunisie et le Gouvernement, notamment sur le plan financier, ont donn\u00e9 une nouvelle dynamique \u00e0 la coop\u00e9ration financi\u00e8re avec le Fonds mon\u00e9taire international (FMI). En effet, l\u2019ann\u00e9e 2018 a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par la conclusion avec succ\u00e8s de trois revues (deuxi\u00e8me, troisi\u00e8me et quatri\u00e8me revues) au titre du cr\u00e9dit \u00ab M\u00e9canisme Elargi de Cr\u00e9dit \u00bb. Ceci a port\u00e9 les d\u00e9caissements cumul\u00e9s depuis le d\u00e9but de ce programme \u00e0 1,4 milliards de dollars pour un montant approuv\u00e9 de 2,9 milliards de dollars.<\/p>\n<p>Dans un environnement caract\u00e9ris\u00e9 par des incertitudes qui caract\u00e9risent la sc\u00e8ne \u00e9conomique et financi\u00e8re, aussi bien nationale qu\u2019internationale, la Banque centrale devait se doter de l\u2019organisation la plus ad\u00e9quate. Cet effort avait commenc\u00e9, en 2018, par une r\u00e9flexion strat\u00e9gique qui a abouti \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019un premier Plan Strat\u00e9gique s\u2019\u00e9talant sur la p\u00e9riode 2019-2021. Il vise \u00e0 hisser\u00a0 la Banque Centrale de Tunisie au niveau des standards internationaux et ce, notamment, avec l\u2019adoption d\u2019objectifs Sp\u00e9cifiques, Mesurables, Acceptables, R\u00e9alistes et Temporellement d\u00e9finis (SMART) et une r\u00e9organisation moderne qui ob\u00e9it aux meilleures pratiques en la mati\u00e8re. Aussi, ce nouveau cadre de gouvernance permettrait \u00e0 la Banque centrale d\u2019optimiser l\u2019usage de son capital humain pour affronter cet environnement changeant, plein d\u2019opportunit\u00e9s et de risques. L\u2019ann\u00e9e 2018 s\u2019est sold\u00e9e par la validation de la vision, d\u00e9clin\u00e9e, elle-m\u00eame, en un ensemble d\u2019objectifs strat\u00e9giques \u00e0 atteindre au cours de ce premier Plan. La vision strat\u00e9gique relative \u00e0 cette p\u00e9riode est d\u2019 \u00ab \u00eatre une Banque Centrale moderne, proactive et efficiente \u00e0 l\u2019avant-garde des transformations \u00e9conomiques et financi\u00e8res \u00bb. La Banque centrale vise \u00e0 atteindre cette vision par l\u2019adoption de trois valeurs fondamentales \u00e0 savoir l\u2019Int\u00e9grit\u00e9, l\u2019Equit\u00e9 et la Transparence.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette nouvelle approche que la Banque Centrale de Tunisie entreprendra, en collaboration avec le Gouvernement, des r\u00e9formes au niveau du secteur bancaire pour lutter contre la fraude, le blanchiment d\u2019argent et le financement du terrorisme. Dans ce cadre, des efforts consid\u00e9rables ont \u00e9t\u00e9 entrepris avec la Commission Tunisienne des Analyses Financi\u00e8res (CTAF) pour mettre en place des boucliers conformes aux standards internationaux contre les transactions illicites. La r\u00e9duction de la taille du commerce parall\u00e8le et de l\u2019utilisation du cash sont aussi les objectifs vis\u00e9s par ces r\u00e9formes.<br \/>A cet effet, la Banque Centrale de Tunisiea poursuivi, en 2018, son appui pour le d\u00e9veloppement des syst\u00e8mes et des moyens de paiement. Cet effort tend \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019initiatives innovantes pouvant accro\u00eetre l\u2019efficience et la stabilit\u00e9 des march\u00e9s des services de paiement. Dans ce cadre, la BCT a pris le choix strat\u00e9gique de lib\u00e9raliser les activit\u00e9s de paiement. Ainsi, un nouveau corps de m\u00e9tier, d\u00e9di\u00e9 exclusivement au service de paiement, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, en l\u2019occurrence l\u2019\u00e9tablissement de paiement. L\u2019objectif est de renforcer l\u2019inclusion financi\u00e8re et de rendre le march\u00e9 de paiement plus concurrentiel pour permettre aux consommateurs d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des services de paiement de proximit\u00e9 \u00e0 des prix abordables. Ces mesures s\u2019ins\u00e8rent dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gieconjointe avec le Minist\u00e8re des Finances s\u2019\u00e9talant sur la p\u00e9riode 2018-2022. L\u2019approche tendra \u00e0 exploiter les \u00e9tudes effectu\u00e9es r\u00e9cemment par des institutions internationales et nationales afin de mesurer le niveau de l\u2019inclusion financi\u00e8re en Tunisie. Comme corollaire \u00e0 cette r\u00e9flexion, la Banque centrale s\u2019est engag\u00e9e au cours de l\u2019ann\u00e9e 2018 \u00e0 la mise en \u0153uvre du plan de Decashing. Il concernera aussi bien les entreprises priv\u00e9es que publiques qui serviraient d\u2019exemple pour acqu\u00e9rir de nouvelles habitudes en termes de paiement, caract\u00e9ris\u00e9es par davantage de transparence. L\u00e0 encore, la mont\u00e9e de la digitalisation et des technologies relatives \u00e0 l\u2019intelligence artificielle et le Blockchain a plac\u00e9 de nouveaux d\u00e9fis devant la Banque centrale. Il s\u2019agit, notamment, de mener la transformation digitale du syst\u00e8me bancaire afin de s\u2019approcher encore plus de la client\u00e8le et de g\u00e9rer au mieux les charges d\u2019exploitation. Dans ce cadre, il serait important d\u2019exploiter toutes les opportunit\u00e9s qu\u2019offrent ces technologies d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la finance (FinTech). Ainsi, la Banque centrale, \u00e0 la suite de la r\u00e9ussite de l\u2019AfricaBlockchainSummit, s\u2019est dot\u00e9e d\u2019un \u00ab Comit\u00e9 Fintech \u00bb et compte \u00eatre \u00e0 l\u2019avant-garde de ces changements. Parmi les projets imm\u00e9diats de ce Comit\u00e9, citonsle Site WEB d\u00e9di\u00e9 aux Fintech, le BCT-Lab et la Sandbox r\u00e9glementaire.\u00a0 L\u2019approche de la Banque centrale en termes de Fintech consiste \u00e0 jouer le r\u00f4le de \u00ab Facilitateur \u00bb envers cet \u00e9cosyst\u00e8me. Sur le plan pratique, ceci consiste \u00e0 prot\u00e9ger les usagers des services financiers contre les risques du d\u00e9veloppement technologique et relatifs aux mauvaises pratiques, \u00e0 soutenir la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et \u00e0 promouvoir l\u2019activit\u00e9 des Fintech \u00e0 l\u2019\u00e9chelle int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, \u00e0 travers la coop\u00e9ration r\u00e9gionale et internationale.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre au diapason des changements technologiques qui engendrent in\u00e9luctablement des changements comportementaux des agents \u00e9conomiques, la Banque centrale se situe par rapport \u00e0 un r\u00e9f\u00e9rentiel international et collabore avec les institutions initiatrices des meilleures pratiques. Outre la coop\u00e9ration financi\u00e8re et technique avec le FMI, la Banque Centrale de Tunisie collabore avec le Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 l\u2019Economie Suisse (SECO) dans le cadre du programme BCC (Bilateral Assistance and Capacity Building for Central Banks) ainsi qu\u2019avec la Banque Mondiale (BM). D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019institut d\u2019\u00e9mission a intensifi\u00e9 sa collaboration avec d\u2019autres Banques centrales. La signature de conventions de coop\u00e9ration technique avec Bank Al-Maghrib et, tout r\u00e9cemment, avec la Banque de France, s\u2019inscrit dans ce sens.<br \/>L\u2019environnement international actuel se caract\u00e9rise d\u00e9sormais par l\u2019exacerbation des risques et des incertitudes li\u00e9s principalement \u00e0 l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 du commerce mondial, la non maitrise des changements climatiques, la r\u00e9surgence des conflits r\u00e9gionaux et enfin la mont\u00e9e de l\u2019insatisfaction mais aussi la col\u00e8re des jeunes, des classes moyennes et d\u00e9favoris\u00e9es.<br \/>Ce nouvel environnement est entrain d\u2019affecter la croissance au niveau mondial et notamment au niveau des pays partenaires de la Tunisie comme le montre les derni\u00e8res pr\u00e9visions du FMI et de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie tunisienne, qui a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9silience depuis la crise financi\u00e8re internationale de 2008 et surtout apr\u00e8s les attaques terroristes de 2015, devrait \u00eatre \u00e0 m\u00eame d\u2019engager au plus vite les r\u00e9formes. Ces derni\u00e8res demeurent indispensables pour accompagner le retour de l\u2019investissement, de l\u2019exportation, de la croissance et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration durable des entreprises tunisiennes aux cha\u00eenes de valeurs r\u00e9gionales et globales.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Marouane El Abassi<\/strong><br \/><em>Gouverneur<br \/>(Juin 2019)<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/27652-le-mot-du-gouverneur-marouane-el-abassi\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9conomie tunisienne, qui a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9silience depuis la crise financi\u00e8re internationale de 2008 et surtout apr\u00e8s les attaques terroristes de 2015, devrait \u00eatre \u00e0 m\u00eame d\u2019engager au plus vite les r\u00e9formes\u00a0\u00bb, \u00e9crit le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abassi en propos introductifs du raport annuel de la Banque pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-49963","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49963","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49963"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49963\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49963"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49963"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}