{"id":50655,"date":"2019-08-07T06:15:00","date_gmt":"2019-08-07T10:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/conjoncture-2019-le-pib-rend-il-heureux\/"},"modified":"2019-08-07T06:15:00","modified_gmt":"2019-08-07T10:15:00","slug":"conjoncture-2019-le-pib-rend-il-heureux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/conjoncture-2019-le-pib-rend-il-heureux\/","title":{"rendered":"Conjoncture 2019: Le PIB rend-il heureux?"},"content":{"rendered":"<div readability=\"37\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/nezha_lahrichi.jpg\" width=\"340\" height=\"400\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Nezha Lahrichi, ancienne conseill\u00e8re de Abderrahmane Youssoufi et Driss Jettou, ancienne pr\u00e9sidente de la Smaex et ex-pr\u00e9sidente du Conseil national du commerce ext\u00e9rieur, est aujourd\u2019hui professeur universitaire (Ph. Priv\u00e9e) \u00a0<\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"140.5\">\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019analyse conjoncturelle\u00a0 dans ses trois dimensions, description, explication et pr\u00e9vision garde toute son importance pour \u00e9clairer la politique \u00e9conomique m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019information parfaite et m\u00eame si l\u2019incertitude est radicale. L\u2019int\u00e9r\u00eat de cet exercice dans le cadre du CDS est de s\u2019inscrire dans une r\u00e9flexion patiente et distanc\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019indicateur le plus diffus\u00e9, le plus m\u00e9diatis\u00e9 et donc le plus influent, est le Produit Int\u00e9rieur Brut (PIB) dont le ralentissement en 2019 fait l\u2019unanimit\u00e9: 2,8% contre 3% en 2018 et ce malgr\u00e9 une \u00e9volution positive des activit\u00e9s non agricoles de 2,8% en 2018 \u00e0 3,6% en 2019.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019ann\u00e9e 2020 s\u2019annonce sous de meilleurs auspices avec une pr\u00e9vision de croissance de 4% selon Bank Al-Maghrib (BAM). En attendant le ralentissement de la croissance aura produit son effet avec une chute de la cr\u00e9ation d\u2019emplois de 116.000 en 2018 \u00e0 seulement 15.OOO en 2019!<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Les biens de production<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le second indicateur qui retient l\u2019attention est celui du d\u00e9ficit commercial qui se creuse; BAM met l\u2019accent sur le ralentissement des exportations \u00e0 cause de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration des ventes de phosphates et ses d\u00e9riv\u00e9s; le HCP fait une analyse de la fili\u00e8re phosphati\u00e8re dont la production s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e\u00a0 de 6,9% gr\u00e2ce \u00e0 la demande int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure; en effet il y a une expansion de la demande des industries chimiques locales et un accroissement de la demande mondiale des fertilisants de 4,3%\u00a0 de la part, notamment, du Br\u00e9sil et de l\u2019Inde.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Cette \u00e9volution t\u00e9moigne du d\u00e9veloppement des industries de transformation de Jorf Lasfar. La\u00a0 Direction des \u00e9tudes et de la pr\u00e9vision financi\u00e8re du minist\u00e8re des Finances met l\u2019accent sur la hausse des importations comme facteur explicatif du creusement du d\u00e9ficit commercial en pr\u00e9cisant qu\u2019il y a une progression des importations de biens d\u2019\u00e9quipement de 7,1% et de demi produits de 7,2% t\u00e9moignant d\u2019un bon comportement de l\u2019investissement (3% en variation annuelle).\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le calcul de la croissance repose sur la d\u00e9finition du PIB soit\u00a0 la fa\u00e7on de mesurer la richesse nationale, laquelle est donc ramen\u00e9e \u00e0 la production marchande. Cette approche\u00a0 soul\u00e8ve des questions dans tous les pays, quel que soit leur niveau de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Dans les pays industrialis\u00e9s l\u2019accent est mis sur le fait que le PIB et la croissance ne mesurent pas le bien-\u00eatre avec une question d\u00e9riv\u00e9e: est-ce que le PIB rend heureux? Il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9bat autour de la d\u00e9finition du bien \u00eatre subjectif et\/ou objectif; le bien \u00eatre objectif s\u2019appuie sur des crit\u00e8res pr\u00e9cis : bonne sant\u00e9, esp\u00e9rance de vie, ma\u00eetrise des connaissances etc\u2026 C\u2019est \u00e0 l\u2019Etat d\u2019assurer la base mat\u00e9rielle du bonheur d\u2019o\u00f9 l\u2019importance du PIB sans que sa croissance soit suffisante; un pays peut \u00eatre productif, riche, prosp\u00e8re\u00a0 et ses habitants insatisfaits; ainsi le bonheur a son plafond de verre, il d\u00e9pend des attentes et non des conditions objectives sauf que les attentes augmentent et changent \u00e0 mesure que les conditions de vie s\u2019am\u00e9liorent.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le PIB et la croissance ne mesurent pas le bien-\u00eatre car ce n\u2019est pas leur sujet. Il n\u2019est question\u00a0 que de mesurer\u00a0 la production marchande et plus exactement la valeur ajout\u00e9e marchande de tous les biens et services qui se vendent dans un pays pendant une ann\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En outre, rien n\u2019emp\u00eache de proposer des indicateurs de bien-\u00eatre comme par exemple l\u2019indicateur de satisfaction dans la vie: l\u2019augmentation du niveau de vie n\u2019implique pas n\u00e9cessairement une augmentation du sentiment de bien-\u00eatre sur le long terme, c\u2019est pourquoi il faut un indicateur subjectif pour v\u00e9rifier que le ressenti est en phase avec les conclusions des indicateurs objectifs.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/deficit_balance_070.jpg\" width=\"800\" height=\"327\" alt=\"deficit_balance_070.jpg\" title=\"deficit_balance_070.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Maroc: Sous-estimation<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le\u00a0 Maroc est concern\u00e9 par la distance critique qu\u2019il y a \u00e0 prendre avec le mod\u00e8le dominant de la statistique marqu\u00e9 par des contributions oubli\u00e9es comme le travail domestique et les activit\u00e9s b\u00e9n\u00e9voles\u2026 Ces questions imm\u00e9diates concernent les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l\u2019information statistique et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019affiner. Les manques fondent une conviction: celle de la sous-\u00e9valuation du PIB marocain. Les imperfections concernent l\u2019investissement priv\u00e9, le secteur informel, le PIB r\u00e9gional, les revenus et\u00a0 les patrimoines.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">La connaissance des revenus est essentielle pour d\u00e9terminer leur r\u00e9partition et mesurer les in\u00e9galit\u00e9s en vue de les corriger. Autant de consid\u00e9rations\u00a0 qui imposent de compl\u00e9ter et de ciseler notre syst\u00e8me d\u2019information.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale les approches sont indirectes et se traduisent par des estimations qui ne mesurent pas la totalit\u00e9 de la richesse produite; bien plus notre syst\u00e8me d\u2019information perd de sa consistance dans la mesure o\u00f9 de nombreuses enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es comme celle relative \u00e0 l\u2019image des entreprises marocaines pr\u00e9sent\u00e9es par secteurs, taille, chiffre d\u2019affaires, emplois etc\u2026<\/p>\n<blockquote readability=\"16\">\n<p class=\"rtecenter\"><strong><span class=\"c4\">Des trous dans le tissu<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019appr\u00e9ciation de BAM est corrobor\u00e9e par le HCP qui pr\u00e9cise que les importations de biens finis de consommation n\u2019auraient cr\u00fb que de 0,8% en glissement annuel au lieu de 10,5% en 2018. C\u2019est pour dire que l\u2019agr\u00e9gat\u00a0 de la Demande int\u00e9rieure continue de soutenir la croissance \u00e9conomique mais il y a lieu de pr\u00e9ciser que la consommation est financ\u00e9e en partie par le cr\u00e9dit qui a connu un accroissement de 5,7% produisant\u00a0 un effet richesse qui dope ainsi\u00a0 la demande qui se porte sur les produits locaux et non import\u00e9s. Ainsi l\u2019appr\u00e9ciation de la conjoncture d\u00e9pend du choix des chiffres, qui n\u2019est pas fortuit, induisant une lecture optimiste ou\u00a0 pessimiste qui contrarie les gouvernants.<br \/>Bien plus, la Comptabilit\u00e9 Nationale, une science jeune qui date de l\u2019apr\u00e8s crise 1929, comporte des d\u00e9ficiences et des imperfections.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Le CDS, qu\u2019est-ce que c\u2019est?<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\" readability=\"33.5\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/mohamed-benamour-070.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"mohamed-benamour-070.jpg\" title=\"mohamed-benamour-070.jpg\"\/><\/div>\n<div class=\"dnd-legend-wrapper\" contenteditable=\"true\" readability=\"12\">\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019analyse conjoncturelle\u00a0 dans ses trois dimensions, description, explication et pr\u00e9vision garde toute son importance pour \u00e9clairer la politique \u00e9conomique m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019information parfaite et m\u00eame si l\u2019incertitude est radicale. L\u2019int\u00e9r\u00eat de cet exercice dans le cadre du CDS est de s\u2019inscrire dans une r\u00e9flexion patiente et distanc\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Cr\u00e9\u00e9 il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, le CDS (Conseil pour le d\u00e9veloppement et la solidarit\u00e9) est un think tank fond\u00e9 par Mohamed Benamour, l\u2019ancien pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration du tourisme et initiateur du premier contrat-programme du secteur.<br \/>Ce centre de r\u00e9flexion s\u2019est positionn\u00e9 comme panier \u00e0 id\u00e9es, en acc\u00e8s libre. Ainsi ne voyant rien venir des promesses du minist\u00e8re du tourisme, un an apr\u00e8s la formation du gouvernement El Othmani, le CDS a pris l\u2019initiative de r\u00e9unir les professionnels et autorit\u00e9s politiques, \u00e9lues et nomm\u00e9es, pour pousser \u00e0 la publication du programme gouvernemental.\u00a0 Sans succ\u00e8s, malgr\u00e9 la participation du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, des F\u00e9d\u00e9rations, de la CGEM\u2026 Efforts perdus\u2026 pour cette fois-ci.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1048713-conjoncture-2019-le-pib-rend-il-heureux\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nezha Lahrichi, ancienne conseill\u00e8re de Abderrahmane Youssoufi et Driss Jettou, ancienne pr\u00e9sidente de la Smaex et ex-pr\u00e9sidente du Conseil national du commerce ext\u00e9rieur, est aujourd\u2019hui professeur universitaire (Ph. Priv\u00e9e) \u00a0 L\u2019analyse conjoncturelle\u00a0 dans ses trois dimensions, description, explication et pr\u00e9vision garde toute son importance pour \u00e9clairer la politique \u00e9conomique m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019information [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1763,"featured_media":50656,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[78,54],"tags":[],"class_list":["post-50655","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1763"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50655\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}