{"id":51533,"date":"2019-08-13T16:43:52","date_gmt":"2019-08-13T20:43:52","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/accusations-de-sorcellerie-au-centre-est-le-supplice-des-mangeuses-dames\/"},"modified":"2019-08-13T16:43:52","modified_gmt":"2019-08-13T20:43:52","slug":"accusations-de-sorcellerie-au-centre-est-le-supplice-des-mangeuses-dames","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/accusations-de-sorcellerie-au-centre-est-le-supplice-des-mangeuses-dames\/","title":{"rendered":"Accusations de sorcellerie au Centre-Est  : le supplice des \u00abmangeuses d\u2019\u00e2mes\u00bb"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Dans la r\u00e9gion du Centre-Est et particuli\u00e8rement dans la province du Boulgou, des gu\u00e9risseurs proc\u00e8dent \u00e0 des s\u00e9ances de d\u00e9livrance aux cours desquelles des malades d\u00e9noncent des proches comme \u00e9tant les sorci\u00e8res \u00e0 l\u2019origine de leur malheur. Ces derni\u00e8res sont alors ligot\u00e9es, humili\u00e9es, frapp\u00e9es, brutalis\u00e9es, etc. Sidwaya est all\u00e9 \u00e0 leur rencontre. Reportage\u00a0! <\/strong><\/p>\n<p>A Loanga, village situ\u00e9 \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de Tenkodogo, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre-Est, les travaux champ\u00eatres battent leur plein en ce mois de juillet. L\u2019\u00e9tat de montaison du mil, du ma\u00efs\u2026pr\u00e9sente une allure prometteuse. Si dame nature est cl\u00e9mente, la famille K\u00e9r\u00e9 pourra manger \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019hivernage prochain. Pourtant, une bonne r\u00e9colte, les K\u00e9r\u00e9 n\u2019en ont cure. En tout cas, pas pour le moment.<\/p>\n<p>Mamata K\u00e9r\u00e9, fille a\u00een\u00e9e de la famille est accus\u00e9e de sorcellerie et a quitt\u00e9 son foyer \u00e0 Kampoaga, pour s\u2019installer dans son village natal \u00e0 Loanga. Isol\u00e9e et assise sous un manguier \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-cour, les bras sous le menton, la quadrag\u00e9naire, v\u00eatue d\u2019une mandrill\u00e8re noire et d\u2019un pagne vert, semble perdue dans ses pens\u00e9es. D\u00e9boussol\u00e9e, elle est accus\u00e9e d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine des hallucinations dont souffrent Zouliatou Bangr\u00e9, fille de son voisin de Kampoaga, Oumarou Bangr\u00e9. Tout commence courant mai 2019, lorsque les parents de Zouliatou, \u00e2g\u00e9e de 15 ans, la conduisent chez Assanata Dindan\u00e9, gu\u00e9risseuse \u00e0 Oumnonghin dans la commune de Ban\u00e9. L\u00e0-bas, la tradipraticienne, proc\u00e8de \u00e0 des \u00abpri\u00e8res\u00bb, au cours desquelles l\u2019adolescente entre en transe et prononce le nom de Mamata comme \u00e9tant la responsable de sa maladie. De retour \u00e0 Kampoaga, les g\u00e9niteurs de la petite convoquent Mamata et son mari, Lassan\u00e9 Bangr\u00e9 chez le chef du village, pour r\u00e9pondre des faits de sorcellerie. La quadrag\u00e9naire plaide non coupable et propose de se soumettre au \u00abberga\u00bb, une potion \u00abmystique\u00bb au pouvoir de d\u00e9tection de sorciers. La partie plaignante pr\u00e9f\u00e8re, elle, la sentence de la gu\u00e9risseuse de Oumnonghin.<\/p>\n<figure id=\"attachment_11943\" aria-describedby=\"caption-attachment-11943\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-11943 size-medium\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/2.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/2.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/2.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/2.jpg?resize=630%2C420&#038;ssl=1 630w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/2.jpg?w=709&#038;ssl=1 709w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"><figcaption id=\"caption-attachment-11943\" class=\"wp-caption-text\">Le gouverneur de la r\u00e9gion du Centre-Est, Antoine Ou\u00e9draogo\u00a0: \u00abNous allons s\u00e9vir s\u2019il le faut pour mettre fin \u00e0 ces agissements\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00abIls m\u2019ont dit que la tradipraticienne a le pouvoir de reconna\u00eetre les sorci\u00e8res et qu\u2019une fois l\u00e0-bas, ils sauront, si je dis la v\u00e9rit\u00e9 ou pas\u00bb, relate Mamata K\u00e9r\u00e9, d\u2019une voie nou\u00e9e. C\u2019est ainsi que le vendredi 24 mai 2019, elle est conduite de bonne heure par ses accusateurs chez Assanata. Devant la \u00abpr\u00eatresse\u00bb, la d\u00e9l\u00e9gation de Kampoaga est d\u2019abord invit\u00e9e \u00e0 se prosterner pour recevoir ses \u00abb\u00e9n\u00e9dictions\u00bb. Mais avant cet exercice, les choses d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent. Des dizaines de malades venus pour des soins et leurs accompagnants jettent leur d\u00e9volu sur la vieille dame. Ils la \u00abtabassent\u00bb, arrachent ses habits, les d\u00e9chirent en morceaux et la laissent compl\u00e8tement nue\u2026Mamata K\u00e9r\u00e9 fr\u00f4le la mort. Elle est sauv\u00e9e de justesse par la s\u00e9curit\u00e9 de la gu\u00e9risseuse. Toutefois, elle s\u2019en sort avec des blessures \u00e0 l\u2019\u00e9paule et au pied. Mais Mamata n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but de son calvaire. La famille de Zouliata estime avoir la \u00a0preuve\u00a0 de la culpabilit\u00e9 de la vieille K\u00e9r\u00e9. De retour \u00e0 Kampoaga, elle est ligot\u00e9e, attach\u00e9e \u00e0 un arbre et bastonn\u00e9e \u00abcopieusement\u00bb par les jeunes du village. A bout de souffle et baignant dans son sang, elle est conduite au Centre de sant\u00e9 et de promotion sociale (CSPS) de Kampoaga pour des soins. Quelques jours plus tard, la vieille K\u00e9r\u00e9 recouvre peu \u00e0 peu la sant\u00e9. \u00abIls m\u2019ont frapp\u00e9e avec des \u00e9pines et une cha\u00eene de v\u00e9lo\u00bb, raconte la quadrag\u00e9naire, en larmes. Elle commence \u00e0 vaquer tranquillement \u00e0 ses occupations.<\/p>\n<p>A sa grande surprise\u2026un groupe de jeunes, environ une cinquantaine, arm\u00e9s de machettes, de gourdins, de lance-pierres, etc., font irruption dans la cour des Bangr\u00e9 et ordonnent \u00e0 Mamata de les suivre dans la famille de Zouliatou. L\u00e0 encore, elle est battue jusqu\u2019\u00e0 \u00e9vanouissement. Son \u00e9poux, venu secourir sa bien-aim\u00e9e, est assailli de coups. \u00abLes nuits, je ne pouvais pas dormir \u00e0 cause de la douleur. Je ne pouvais ni manger, ni boire. J\u2019\u00e9tais comme une morte vivante\u00bb, d\u00e9clare la quadrag\u00e9naire. Humili\u00e9e, Mamata trouve refuge dans la cour paternelle \u00e0 Loanga.<\/p>\n<p><strong>Des familles divis\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>La \u00abchasse aux sorci\u00e8res\u00bb est impitoyable dans le Centre-Est. Devant les gu\u00e9risseurs, les \u00abmangeuses d\u2019\u00e2mes\u00bb sont d\u00e9nonc\u00e9es, traqu\u00e9es, b\u00e2illonn\u00e9es et humili\u00e9es aux yeux de tous.<\/p>\n<p>Tirpoko Lingan\u00e9, 40 ans, est veuve et m\u00e8re de six enfants. A L\u00e9r\u00e9, un village de la commune de Ban\u00e9, elle est d\u00e9clar\u00e9e persona non grata dans son foyer. Accus\u00e9e de sorcellerie par sa belle-fille, Rasmata Bosoborgo, Tirpoko Lingan\u00e9 est mise \u00e0 la porte par le grand fr\u00e8re de son d\u00e9funt mari, Issaka Zour\u00e9. Les faits remontent \u00e0 juillet 2019 o\u00f9 Rasmata est conduite \u00e0 Samp\u00e8ma chez Adama Dabr\u00e9, gu\u00e9risseur, pour des soins contre des hallucinations. La jeune dame entre en transe et d\u00e9signe Tirpoko, comme responsable de sa maladie. Les Kogl-weogo conduisent Tirpoko \u00e0 Samp\u00e8ma. Devant le pr\u00e9sident du \u00abtribunal\u00bb, la veuve nie les faits \u00e0 elle reproch\u00e9s. \u00abMa belle-fille se saisit d\u2019une grosse pierre pour tenter de me briser la t\u00eate\u00bb, relate-t-elle. La pr\u00e9sum\u00e9e \u00absorci\u00e8re\u00bb tente de prendre ses jambes \u00e0 son cou.\u00a0Mais, peine perdue\u00a0! Le groupe d\u2019auto-d\u00e9fense entre en sc\u00e8ne\u00a0: la rattrape, la d\u00e9shabille, la ligote et la passe \u00e0 tabac. Tirpoko Lingan\u00e9 est copieusement corrig\u00e9e et tra\u00een\u00e9e au domicile de son mari\u00a0: \u00abIls ont cass\u00e9 la porte de ma maison et m\u2019ont dit de leur montrer o\u00f9 j\u2019ai mis les \u00e2mes de mes victimes, faute de quoi, ils vont me tuer\u00bb.<\/p>\n<p>A ces mots, la veuve, frissonnante, sanglote. Elle est d\u00e9sormais la ris\u00e9e de tout le village. \u00abLorsque je pars au puits pour chercher de l\u2019eau, les femmes se dispersent d\u00e8s qu\u2019elles me voient\u00bb, soutient la vieille dame. Pour elle, ce poids est encore supportable. Celui qui lui semble intenable est la distance d\u2019avec ses prog\u00e9nitures \u00abMes enfants n\u2019ont plus de p\u00e8re depuis presque dix ans. Et voil\u00e0 que moi \u00e9galement je suis loin d\u2019eux. Ils sont donc devenus orphelins de p\u00e8re et de m\u00e8re\u00bb, lance-t-elle, la gorge nou\u00e9e. Les maltraitances pour accusations de sorcellerie par des gu\u00e9risseurs dans le Centre-Est sont devenues courantes. D\u00e9\u00e7u par cette situation, le gouverneur du Centre-Est, Antoine Ou\u00e9draogo tente par tous les moyens de trouver une solution. \u00abC\u2019est une situation d\u00e9plorable et ill\u00e9gale, car le travail d\u2019un gu\u00e9risseur devrait se limiter aux soins des malades\u00bb, estime M. Ou\u00e9draogo. Il a anim\u00e9 une s\u00e9ance de sensibilisation, le jeudi 27 juin 2019, pour interpeller les mis en cause sur les cons\u00e9quences de leurs agissements. Mais les interpellations semblent \u00eatre tomb\u00e9es dans l\u2019oreille d\u2019un sourd. Les accusations de sorcellerie continuent de plus belle. Rasmata Dabr\u00e9, 45 ans, m\u00e9nag\u00e8re vivant \u00e0 Gando, village situ\u00e9 \u00e0 15 kilom\u00e8tres de Tenkodogo, est, en d\u00e9pit de la sensibilisation, pass\u00e9e par cette exp\u00e9rience douloureuse. 7 juillet 2019, dimanche \u00abnoir\u00bb \u00e0 Gando. Illias Samandoulgou, membre des Kogl-weogo, veut exorciser son village. Ce jour-l\u00e0, il fait venir Bintou Tarnagda, une gu\u00e9risseuse pour d\u00e9tecter les mangeuses d\u2019\u00e2mes de la bourgade. Toutes les femmes sont convoqu\u00e9es chez le chef pour passer au \u00abd\u00e9tecteur de sorcellerie\u00bb. Une fois rassembl\u00e9es, la gu\u00e9risseuse proc\u00e8de \u00e0 une pri\u00e8re au cours de laquelle, la co\u00e9pouse de Rasmata, Ass\u00e8ta Goumban\u00e9 entre en transe et indique la jeune femme comme \u00e9tant une sorci\u00e8re. Tout comme Mme Dabr\u00e9, 20 autres femmes sont d\u00e9sign\u00e9es par des malades comme \u00e9tant des mangeuses d\u2019\u00e2mes.<\/p>\n<p>Elles sont mises en quarantaine et conduites, \u00e0 l\u2019aide de taxi-motos chez la gu\u00e9risseuse de Oumnonghin pour \u00eatre \u00abexorcis\u00e9es\u00bb. Chez Assanata, les \u00abcoupables\u00bb passent deux nuits \u00e0 la belle \u00e9toile, sous la pluie et le soleil. Au 3e jour, Rasmata est extirp\u00e9e du groupe pour passer \u00e0 la \u00abbarre\u00bb. Parmi les plaignants, figure le petit fr\u00e8re de son mari. En transe \u00e9galement, il prof\u00e8re des accusations \u00e0 l\u2019encontre de la dame, tente de l\u2019\u00ab\u00e9trangler\u00bb pour qu\u2019elle avoue. Afflig\u00e9e et abattue par les coups, Mme Dabr\u00e9 reconna\u00eet: \u00abje suis r\u00e9ellement une sorci\u00e8re\u00bb. Apr\u00e8s ses \u00abaveux\u00bb, elle est chass\u00e9e, dans la foul\u00e9e, du domicile conjugal.<\/p>\n<p><strong>Sauv\u00e9es par la police<\/strong><\/p>\n<p>Dimanche 7 juillet. 21 autres dames sont conduites \u00e0 Oumnonghin pour \u00eatre \u00abjug\u00e9es\u00bb. Elles ont toutes \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es \u00abmangeuses d\u2019\u00e2mes\u00bb. Embarqu\u00e9es pour le chemin de retour au village pour conna\u00eetre leur sort, elles sont sauv\u00e9es de justesse. Les Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 interceptent le convoi\u00a0et conduisent les victimes \u00e0 la brigade de gendarmerie de Tenkodogo.<\/p>\n<p>L\u00e0, les dames sont remises au service de l\u2019Action sociale pour une prise en charge. \u00abNous les avons re\u00e7ues le lundi 8 juillet 2019. Beaucoup avaient de la peine \u00e0 marcher, vu la brutalit\u00e9 avec laquelle elles ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es. Certaines d\u2019entre elles avaient m\u00eame des l\u00e9sions et des traces de fouets sur le corps\u00bb, confie la directrice r\u00e9gionale de l\u2019Action sociale du Boulgou, Marie Sompougma. Selon ses explications, l\u2019intervention de sa structure a consist\u00e9 essentiellement en une prise en charge sanitaire, psychologique et alimentaire des victimes. En sus, l\u2019Action sociale travaille \u00e0 faciliter la r\u00e9insertion sociale de plusieurs d\u2019entre elles. Toute chose qui a permis \u00e0 plusieurs de ces femmes de regagner leur domicile. Rasmata Dabr\u00e9 est retourn\u00e9e, depuis le vendredi 12 juillet 2019, au domicile conjugal. Elle n\u2019a re\u00e7u aucune menace, ni insulte de la part de ses accusateurs. \u00abDepuis que je suis rentr\u00e9e, le grand fr\u00e8re de mon mari et sa femme ne m\u2019adressent pas la parole. Quant aux autres membres de la famille, ils m\u2019ont souhait\u00e9 la bienvenue et demand\u00e9 d\u2019apr\u00e8s ma sant\u00e9\u00bb, ironise-t-elle. Dame Dabr\u00e9 se sent seule depuis ces \u00e9v\u00e8nements. \u00abJe suis d\u00e9sormais la ris\u00e9e de tout le village. Lorsque je sors, les gens se dispersent \u00e0 ma vue. Quand les femmes me voient venir, elles fuient avec leurs enfants. Je passe donc mes journ\u00e9es enferm\u00e9e dans ma chambre\u00bb, raconte-t-elle, le visage meurtri par la solitude. Pour Rasmata, le plus important est que justice lui soit rendue. Le procureur du Faso pr\u00e8s le TGI de Tenkodogo et les brigades de gendarmerie continuent d\u2019enregistrer des plaintes pour faits de sorcellerie.<\/p>\n<p>A la date du 10 juillet 2019, dix plaintes ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues au bureau du procureur du Faso pr\u00e8s le Tribunal de grande instance (TGI) de Tenkodogo. De nombreuses autres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es aupr\u00e8s des brigades de gendarmerie de la r\u00e9gion. La proc\u00e9dure judiciaire, entam\u00e9e par le parquet, suit son cours. Selon le procureur du Faso, Adama Ou\u00e9draogo, l\u2019essentiel des d\u00e9positions sont au stade des enqu\u00eates. Les interrogatoires et les auditions se poursuivent. \u00abAu moins cinq personnes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es sous mandat de d\u00e9p\u00f4t dont les deux gu\u00e9risseurs, \u00e0 savoir Assanata Dindan\u00e9 de Oumnonghin et Adama Dabr\u00e9 de Samp\u00e9ma\u00bb, informe-t-il. Ils sont poursuivis pour des d\u00e9lits d\u2019accusations et de complicit\u00e9 d\u2019accusations de pratique de sorcellerie, \u00a0de diffamations, de coups et blessures volontaires et de menaces sous conditions. Lesdits d\u00e9lits sont punis par l\u2019article 714 du Code p\u00e9nal. Il stipule que\u00a0: \u00abEst puni d\u2019une peine d\u2019emprisonnement d\u2019un \u00e0 cinq ans et d\u2019une amende de 250\u00a0000 \u00e0 2 millions F CFA toute personne qui est d\u00e9clar\u00e9e coupable ou complice d\u2019accusations de sorcellerie. La peine va de trois \u00e0 cinq ans dans le contexte o\u00f9 l\u2019accusation a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019exclusion sociale de la victime, \u00e0 des coups et blessures, \u00e0 des d\u00e9gradations de biens et immobiliers\u00bb.<\/p>\n<p>Le m\u00eame article pr\u00e9cise qu\u2019en cas de d\u00e9c\u00e8s de la victime, l\u2019infraction est punie d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de cinq ans \u00e0 dix ans et d\u2019une amende de 500\u00a0000 \u00e0 2 millions 500\u00a0mille FCFA. Le premier dossier d\u2019accusation de pratique de sorcellerie est pass\u00e9 devant le Tribunal de grande instance de Tenkodogo, le jeudi 11 juillet 2019. Trois pr\u00e9venus, \u00e0 savoir Yamba Balima, Sidiki Balima et Yemdaogo Balima ont comparu pour accusation et complicit\u00e9 d\u2019accusation de sorcellerie sur la personne de Arata Kambon\u00e9. C\u2019est en mi-juin 2019, de retour de chez le gu\u00e9risseur de Samp\u00e8ma, que Sidiki Yamba, accuse Arata sa voisine d\u2019\u00eatre la \u00absorci\u00e8re\u00bb \u00e0 l\u2019origine de la maladie de sa fille, Fatimata Balima souffrante d\u2019hallucinations. Son p\u00e8re Yamba Balima et son oncle Yemdaogo Balima certifient l\u2019accusation et conduisent la victime de force chez le gu\u00e9risseur pour \u00abconfirmer\u00bb sa sorcellerie. Le TGI, apr\u00e8s analyse des faits, a relax\u00e9 Balima Yemdaogo au b\u00e9n\u00e9fice du doute. Sidiki Balima et son p\u00e8re Yamba Balima ont, quant \u00e0 eux, \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s respectivement \u00e0 12 mois de prison et 250\u00a0000 FCFA d\u2019amende et \u00e0 36 mois d\u2019emprisonnement et 500\u00a0000 FCFA d\u2019amende, le tout assorti de sursis. \u00abUne maladie contagieuse\u00bb Les arrestations et les proc\u00e9dures judiciaires en cours ne semblent pas dissuader les \u00abd\u00e9tecteurs\u00bb de sorciers.<\/p>\n<p>De nouveaux gu\u00e9risseurs, notamment \u00e0 Boumbin et \u00e0 Bittou avec le m\u00eame mode op\u00e9ratoire que ceux de Oumnonghin et de Samp\u00e8ma m\u00e8nent leurs activit\u00e9s de d\u00e9nonciations. Ces derniers disent avoir re\u00e7u leurs dons de d\u00e9tection lors de leur passage chez lesdits gu\u00e9risseurs pour des soins. C\u2019est le cas de Rahinatou Guinko de Bittou. Elle confie avoir \u00e9t\u00e9 \u00abposs\u00e9d\u00e9e\u00bb par des g\u00e9nies \u00e0 Oumnonghin qui l\u2019ont instruite de \u00abd\u00e9livrer les malades\u00bb. Depuis deux semaines, elle anime des s\u00e9ances de pri\u00e8res au secteur n\u02da4 de Bittou. \u00abLes g\u00e9nies m\u2019ont charg\u00e9e de balayer les maladies de la plan\u00e8te terre. D\u00e8s que je pose ma main sur un malade, il re\u00e7oit automatiquement la gu\u00e9rison\u00bb, d\u00e9clare la quadrag\u00e9naire. Inoussa Sawadogo dit S\u00e9n\u00e9ka, photographe \u00e0 Bittou, ne croit pas \u00e0 cette version. \u00abMa voisine qui souffrait de troubles mentaux s\u2019est rendue \u00e0 Oumnonghin chez la gu\u00e9risseuse pour se soigner. A son retour, elle a fait savoir qu\u2019elle a re\u00e7u des dons et qu\u2019elle pouvait soigner les malades et d\u00e9tecter des mangeuses d\u2019\u00e2mes. C\u2019est ainsi que ma m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de la maladie de sa petite fille\u00bb, raconte-t-il, tout furieux. L\u2019affaire est conduite chez le chef de Bittou, Abdoul Karim Zampaligr\u00e9, qui interdit \u00e0 dame Guinko de proc\u00e9der \u00e0 de telles pratiques sur son territoire au risque d\u2019\u00eatre bannie. Message re\u00e7u\u00a0! La gu\u00e9risseuse a arr\u00eat\u00e9 ses consultations. \u00abPar respect pour le chef, j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 les pri\u00e8res. Mais depuis lors, je n\u2019ai pas la paix. Mes g\u00e9nies exigent que je reprenne les consultations faute de quoi, ils vont me ch\u00e2tier. Je ne sais pas jusqu\u2019\u00e0 quand je pourrai tenir\u00bb, indique-t-elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Nad\u00e8ge YAMEOGO <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/08\/13\/accusations-de-sorcellerie-au-centre-est-le-supplice-des-mangeuses-dames\/\">Accusations de sorcellerie au Centre-Est  : le supplice des \u00abmangeuses d\u2019\u00e2mes\u00bb<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: DD. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/08\/13\/accusations-de-sorcellerie-au-centre-est-le-supplice-des-mangeuses-dames\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la r\u00e9gion du Centre-Est et particuli\u00e8rement dans la province du Boulgou, des gu\u00e9risseurs proc\u00e8dent \u00e0 des s\u00e9ances de d\u00e9livrance aux cours desquelles des malades d\u00e9noncent des proches comme \u00e9tant les sorci\u00e8res \u00e0 l\u2019origine de leur malheur. Ces derni\u00e8res sont alors ligot\u00e9es, humili\u00e9es, frapp\u00e9es, brutalis\u00e9es, etc. Sidwaya est all\u00e9 \u00e0 leur rencontre. Reportage\u00a0! 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