{"id":51646,"date":"2019-08-14T09:54:00","date_gmt":"2019-08-14T13:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/50-ans-apres-le-petit-pas-pour-lhomme-de-neil-armstrong-lappel-de-lespace\/"},"modified":"2019-08-14T09:54:00","modified_gmt":"2019-08-14T13:54:00","slug":"50-ans-apres-le-petit-pas-pour-lhomme-de-neil-armstrong-lappel-de-lespace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/50-ans-apres-le-petit-pas-pour-lhomme-de-neil-armstrong-lappel-de-lespace\/","title":{"rendered":"50 ans apr\u00e8s \u00able petit pas pour l\u2019homme \u00bb de Neil Armstrong, L\u2019appel de l\u2019Espace"},"content":{"rendered":"<p>La g\u00e9n\u00e9ration d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9e, il y a 50 ans, quand l&rsquo;Homme marchait sur la lune. Mais, iconiques, le premier pas de l\u2019Homme sur un autre sol que la Terre, a certainement jou\u00e9 un r\u00f4le moteur dans sa vocation technologique et scientifique. La Lune, notre satellite, \u00e0 400 000 kilom\u00e8tres de la Terre ; tout pr\u00e8s de chez nous, \u00e0 trois jours en vaisseau spatial. Elle est apparue comme un champ de bataille d\u00e9sert, bombard\u00e9 par des millions d\u2019ast\u00e9ro\u00efdes et m\u00e9t\u00e9orites. Un champ infini de roches grises. Nous la voyons toutes les nuits ; c\u2019est un visage familier dans notre ciel. Les risques \u00e9taient grands pour les astronautes d\u2019Apollo, mais le prix est unique ; voir notre plan\u00e8te comme personne ne l\u2019a vue auparavant. D\u00e9j\u00e0 un demi-si\u00e8cle est pass\u00e9 depuis que Neil Armstrong a effectu\u00e9, son \u00ab\u00a0grand pas pour l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb. Depuis la nuit des temps, l\u2019Espace est la nouvelle fronti\u00e8re et, la franchir pour se rendre sur la Lune, a toujours fait r\u00eaver l\u2019Humanit\u00e9. Les progr\u00e8s de la technologie ont permis de r\u00e9aliser ce r\u00eave et d\u2019envisager la possibilit\u00e9 d\u2019envoyer un Homme sur la Lune. Mais au-del\u00e0 de sa conception technique, la conqu\u00eate de l\u2019espace a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e \u00e0 l\u2019origine comme un enjeu politique, diplomatique et de puissance pour les Etats. La course \u00e0 l&rsquo;espace, puis \u00e0 la Lune, et maintenant \u00e0 Mars, n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un enjeu majeur, notamment sur le plan id\u00e9ologique. De l\u2019exploit technologique \u00e0 l\u2019instrument de domination politique, il n\u2019y a souvent qu\u2019un pas. Prodigieuse r\u00e9alisation, comme on en vit peu dans une vie d\u2019Homme, qui marqueront longtemps encore l\u2019imaginaire de l\u2019Humanit\u00e9, concr\u00e9tisant de fait le r\u00eave d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019enfermement terrestre. Face \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e8nement, nous pouvons oser une comparaison avec les odyss\u00e9es des grands navigateurs d\u00e9couvrant une terra incognita, le premier survol de la plan\u00e8te par l\u2019Homme, qui inaugure une nouvelle \u00e8re de notre histoire, dont les chants r\u00e9sonnent partout dans le monde. La conqu\u00eate de l&rsquo;espace a \u00e9videmment eu d&rsquo;\u00e9normes r\u00e9percussions culturelles, philosophiques et m\u00eame m\u00e9taphysiques, dont on ne cesse de mesurer les effets concrets. Elle a introduit une rupture profonde dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Humanit\u00e9, un changement fondamental qui a finalement permis d\u2019irriguer toutes les composantes de la culture du d\u00e9passement, la pens\u00e9e philosophique comme la publicit\u00e9, les arts comme les utopies. C&rsquo;est un miroir qui a \u00e9t\u00e9 tendu \u00e0 nous-m\u00eames, une fa\u00e7on de regarder de l&rsquo;ext\u00e9rieur chacun des aspects de la vie sur la Terre. Notre satellite est alors devenu le concentr\u00e9 symbolique d&rsquo;une prise de conscience de l&rsquo;unit\u00e9 plan\u00e9taire. La pens\u00e9e \u00e9cologique en a pris de la vigueur, \u00e0 partir de ce moment charni\u00e8re, car vue de haut et de loin, notre belle plan\u00e8te bleue devient encore plus pr\u00e9cieuse et fragile. Elle rappelle la formidable m\u00e9canique de l&rsquo;humanit\u00e9, pour engranger ses souvenirs et transmettre sa m\u00e9moire aux g\u00e9n\u00e9rations futures\u2026<\/p>\n<p>Formellement, l\u2019espace infini et ouvert du cosmos s\u2019oppose \u00e0 des espaces infiniment clos qui se referment de plus en plus ; l\u2019int\u00e9rieur confin\u00e9 du vaisseau spatial, ensuite l\u2019int\u00e9rieur plus r\u00e9duit de la capsule de sortie, puis l\u2019int\u00e9rieur du scaphandre, derni\u00e8re protection contre la morsure glac\u00e9e du vide. Mais alors que l\u2019Homme se retrouve quasiment d\u00e9muni face \u00e0 l\u2019immensit\u00e9, ce qu\u2019il per\u00e7oit en permanence, c\u2019est lui-m\u00eame, sa propre respiration qui envahit tout son espace sonore. Cette respiration, c\u2019est sa priorit\u00e9 ; elle est tout ce qui le relie \u00e0 son humanit\u00e9 et \u00e0 ses origines terrestres. S\u2019il devait cesser de la percevoir, ce serait le signe de sa confrontation directe au vide, \u00e0 la mort et au n\u00e9ant, sans plus m\u00eame la faible protection de son casque. Casque, et vaisseaux, plus que des attributs classiques et indispensables de l\u2019astronaute parti explorer l\u2019univers, ils sont pos\u00e9s comme aboutissements de l\u2019\u00e9volution humaine, l\u2019Homme qui conquiert et prend le contr\u00f4le de son environnement par l\u2019outils. Il est le premier barreau d\u2019une \u00e9chelle de Jacob qui m\u00e8ne aux \u00e9toiles et pose une continuit\u00e9 fondamentale entre l\u2019arme improvis\u00e9e, mais r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019un nouveau regard port\u00e9 par l\u2019humanit\u00e9 sur son environnement, et le vaisseau complexe qui effectue des missions orbitales en emmenant ses passagers en toute s\u00e9curit\u00e9, vers des stations qui \u00e9voluent au rythme du \u2018\u2019Beau Danube bleu\u2019\u2019 de Johann Strauss. L\u2019Univers s\u2019entend, d\u2019ailleurs merveilleusement, \u00e0 capter l\u2019\u00e9motion dans les regards, et \u00e0 faire de ces regards une illustration paroxystique de son propos. Un regard suffit souvent \u00e0 poser les enjeux d\u2019une relation, l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 d\u2019un personnage, son rapport \u00e0 l\u2019univers qui l\u2019entoure. Dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e spatiale, les regards qui comptent sont, celui de l\u2019astronaute, froid, d\u00e9termin\u00e9 et efficace au d\u00e9part, puis de plus en plus exorbit\u00e9 et rendu vide par un m\u00e9lange de terreur et d\u2019incompr\u00e9hension, quand il se trouve confront\u00e9 \u00e0 l\u2019inconnaissable, \u00e0 une vision totale et concentr\u00e9e d\u2019un univers qui le d\u00e9passe et qui vient de l\u2019engloutir ; mais aussi le regard d\u2019une machine, l\u2019ordinateur de bord, l\u2019intelligence qui commande le v\u00e9hicule et le relie \u00e0 son point d\u2019origine. Une voix d\u00e9sincarn\u00e9e, venue de la Terre, qui peut jaillir de n\u2019importe o\u00f9 dans le vaisseau, et suit m\u00eame les astronautes \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans leurs sorties extra-v\u00e9hiculaires. Mais cette voix, qui est celle qu\u2019on imagine \u00e0 Dieu interrogeant Adam et \u00c8ve dans le jardin d\u2019\u00c9den, ou poursuivant Ca\u00efn \u00e0 l\u2019Est d\u2019icelui, n\u2019est rien compar\u00e9e au regard de la machine. Des objectifs parfaitement ronds, \u00e0 la pupille rougeoyante, d\u00e9multipli\u00e9s dans tous les recoins du vaisseau, parfaitement inexpressifs et glaciaux. Ils sont les reflets de l\u2019intelligence froide et inhumaine de la machine, \u00e0 la fois cyclope et monstre fait uniquement d\u2019yeux, omniscients, panoptiques et omnipotents dans le cadre de son petit univers. La mission \u2018\u2019Apollo XI\u2019\u2019 fut un choc esth\u00e9tique, dont les sc\u00e8nes marqu\u00e8rent durablement les esprits de l\u2019\u00e9poque, mais ce fut aussi l\u2019occasion de lancer un discret dialogue, par-del\u00e0 les fronti\u00e8res et les ann\u00e9es. Apollo XI s\u2019inscrit dans un mouvement de l\u2019humanit\u00e9 vers le ciel, une tradition dont il n\u2019est que le continuateur, de la m\u00eame fa\u00e7on que le vol des fr\u00e8res Wright est pr\u00e9sent\u00e9 comme le r\u00e9sultat d\u2019une cha\u00eene d\u2019\u00e9volution technologique commenc\u00e9e \u00e0 l\u2019aube de l\u2019humanit\u00e9. Il impose une tension continuelle, un effort de d\u00e9passement de sa condition par l\u2019Homme, s\u2019\u00e9loignant toujours un peu plus de ses racines animales pour atteindre un niveau surhumain, nietzsch\u00e9en, accompagnant son \u00e9volution, l\u2019amenant \u00e0 un stade divin apr\u00e8s qu\u2019il se soit d\u00e9pouill\u00e9 de tous ses artifices, y compris son rapport \u00e0 l\u2019espace et au temps. R\u00e9fl\u00e9chir sur ces deux mondes, l\u2019espace, la Terre, pose bien plus qu\u2019une solution de continuit\u00e9 ; elle affirme leur unicit\u00e9 profonde et d\u00e9crit une marche inexorable de l\u2019histoire de l\u2019un vers l\u2019autre. Et elle pose aussi, de fa\u00e7on lancinante, la question du retour ; quand le voyage spatial a transform\u00e9 le voyageur parti, qu\u2019est-ce donc qui revient sur Terre ?<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, le concept de \u00ab\u00a0logiciel\u00a0\u00bb est ind\u00e9fini et l\u2019informatique est encore balbutiante, avec les premi\u00e8res briques de codes d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 cette p\u00e9riode, qui constitueront les bases de ce que sera l\u2019informatique moderne et l&rsquo;automation, l&rsquo;utilisation des services d&rsquo;un logiciel dans une application informatique et aux technologies de guidage. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, le microprocesseur n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 et pourtant, l&rsquo;ordinateur de guidage d&rsquo;Apollo, est une merveille technologique, m\u00eame s\u2019il est \u00e0 peine plus intelligent que le syst\u00e8me de commande d\u2019un lave-vaisselle. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, l\u2019informatique a pu effectuer un bond de g\u00e9ant. Sa conception, fruit de huit ans de recherches, a mobilis\u00e9 plus de 700 des plus brillants math\u00e9maticiens, ing\u00e9nieurs ou programmeurs de l\u2019\u00e9poque, dont Margaret Hamilton qui a invent\u00e9 le premier syst\u00e8me informatique capable de fonctionner en temps r\u00e9el. Ainsi, la plupart des technologies qui ont permis \u00e0 l&rsquo;Homme de se rendre sur la Lune ont d\u00fb \u00eatre invent\u00e9es, comme les composants internes de l&rsquo;ordinateur de guidage. Sur la Lune, est alors offerte en r\u00e9compense, la vue unique de la Terre, perle bleue perdue dans l&rsquo;immensit\u00e9 de l&rsquo;espace.<\/p>\n<p>M\u00eame si, dans la vie, il y a eu des faits marquants qui ont crois\u00e9 les fils de la petite et de la grande histoire, l\u2019image rest\u00e9e fig\u00e9e dans les m\u00e9moires, est celle d\u2019hommes en blanc qui volaient litt\u00e9ralement \u00e0 chaque pas. D\u2019ailleurs, il faut quand m\u00eame pr\u00e9ciser, que nous avions une vision assez confuse de la conqu\u00eate de l\u2019espace. Et pourtant, cette nuit de l\u2019\u00e9t\u00e9 1969 (02H56 GMT le 21 juillet 1969), tous ceux qui \u00e9taient en \u00e2ge d\u2019\u00eatre devant leur poste de t\u00e9l\u00e9vision noir et blanc, s\u2019en souviennent. Un grand moment de vie, une nuit blanche, pour 650 millions de Terriens \u00e0 travers le monde. Partout, les gens \u00e9taient devant cette modeste fen\u00eatre, qui avait aboli les fronti\u00e8res, \u00e9coutant des communications radio cr\u00e9pitantes, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Neil Armstrong d\u00e9ploie sur le sol lunaire, un dispositif exceptionnel con\u00e7u par la Nasa, ainsi qu\u2019une cam\u00e9ra en noir et blanc, avant d&rsquo;y faire son premier pas au nom de l\u2019humanit\u00e9, par procuration. Mais, la conqu\u00eate de l&rsquo;espace change le regard des hommes sur la Terre, cette magnifique petite chose nich\u00e9e dans le velours noir du reste de l&rsquo;univers. Cette nuit des 20 \u2013 21 juillet 1969, c&rsquo;est toute l&rsquo;humanit\u00e9 qui a pos\u00e9 le pied sur le satellite naturel de la Terre et par l\u00e0, franchi la fronti\u00e8re plan\u00e9taire.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s la Lune, Mars ?<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la Lune a perdu son caract\u00e8re inaccessible et devient une cible dans la mire d&rsquo;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, qui tente de relancer la qu\u00eate s\u00e9l\u00e8ne en alliant science, argent et profits. Mais la Lune, ce n\u2019est plus assez et les Terriens regardent maintenant vers Mars et scrutent encore plus loin vers les \u00e9toiles. \u00ab Espace, fronti\u00e8re de l&rsquo;infini, vers laquelle voyage notre vaisseau spatial \u2018\u2019Enterprise\u2019\u2019. Sa mission (\u2026) : explorer de nouveaux mondes \u00e9tranges, d\u00e9couvrir de nouvelles vies, d&rsquo;autres civilisations et au m\u00e9pris du danger, avancer vers l&rsquo;inconnu et faire reculer l&rsquo;impossible \u00bb. (Star Trek &#8211; G\u00e9n\u00e9rique). Chaque \u00e9pisode de la conqu\u00eate spatiale illustre, \u00e0 partir de m\u00e9taphores variables, un th\u00e8me m\u00e9taphysique bien pr\u00e9cis. Certains de ces th\u00e8mes reviennent m\u00eame de mani\u00e8re constante et r\u00e9currente. Celui de l&rsquo;\u00e9volution universelle, par exemple, qui nous fait imaginer une infinit\u00e9 de mod\u00e8les de civilisations, \u00e0 travers lesquels revient une m\u00eame id\u00e9e centrale ; l&rsquo;\u00e9volution irait du mat\u00e9riel vers le spirituel, de la recherche de l&rsquo;avoir vers celle de l&rsquo;\u00eatre et de notre place dans l\u2019Univers. Gr\u00e2ce \u00e0 un d\u00e9veloppement simultan\u00e9 de la science et de la conscience, l&rsquo;Homme est sans doute appel\u00e9 \u00e0 abolir la fronti\u00e8re entre mati\u00e8re, pens\u00e9e, et \u00e9nergie, et \u00e0 s&rsquo;affranchir ainsi de ses derni\u00e8res limites pour embrasser l\u2019immensit\u00e9 du Cosmos &#8230; Les moins de cinquante ans n&rsquo;ont connu l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e prom\u00e9th\u00e9enne de la conqu\u00eate de l&rsquo;espace qu&rsquo;\u00e0 travers la fiction et pourtant, la magie op\u00e8re toujours. L\u2019Humanit\u00e9 a besoin d\u2019une nouvelle course \u00e0 l\u2019espace, de moins baisser les yeux sur les \u00e9crans des smartphones, mais, au contraire, de lever la t\u00eate vers le ciel et de scruter les \u00e9toiles, pour commencer \u00e0 r\u00eaver son devenir. La course \u00e0 la Lune sert toujours de catalyseur pour r\u00e9enchanter le r\u00eave humain : c\u2019est le sens m\u00eame du discours dit des \u00ab Nouvelles fronti\u00e8res \u00bb de John F. Kennedy prononc\u00e9 lors de la convention d\u00e9mocrate de Los Angeles en juillet 1960. \u00ab Une nouvelle fronti\u00e8re est ici, qu\u2019on la cherche ou pas. Au-del\u00e0 de cette fronti\u00e8re se trouvent des zones encore inexplor\u00e9es de la science et de l\u2019espace, des probl\u00e8mes non r\u00e9solus de guerre et de paix, des probl\u00e8mes invaincus d\u2019ignorance et de pr\u00e9jug\u00e9s, des questions non r\u00e9solues de pauvret\u00e9 et d\u2019exc\u00e9dent. \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Depuis l&rsquo;arr\u00eat des missions Apollo&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Malheureusement, les d\u00e9cideurs politiques sont toujours rest\u00e9s excessivement \u00ab Terra-centr\u00e9s \u00bb. Ils ne voient l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Espace qu\u2019en fonction de la Terre en g\u00e9n\u00e9ral et de leurs relations avec les autres grands pays du monde, en particulier. Depuis l\u2019arr\u00eat des missions Apollo, l\u2019Homme ne va plus tr\u00e8s loin, dans l\u2019espace, m\u00eame s\u2019il y reste longtemps. Depuis l\u2019exploit d\u2019Apollo XI, la r\u00e9alit\u00e9 nous a rattrap\u00e9 et a transform\u00e9 l\u2019espace \u00e9pique en un espace \u00e9conomique avec des perspectives de march\u00e9 et de rentabilit\u00e9. La conqu\u00eate est devenue une observation de l\u2019espace. Le t\u00e9lescope spatial Hubble a quand m\u00eame permis de plonger dans le pass\u00e9, mais aussi dans le lointain, de l\u2019univers et finalement,<br \/>en 1995, la premi\u00e8re exoplan\u00e8te, \u2018\u201951 Pegasi b\u2019\u2019, a \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence. Le fait que l\u2019on en ait recens\u00e9 plus de 4000 aujourd\u2019hui, pourrait raviver l\u2019int\u00e9r\u00eat du public \u00e0 ressusciter le r\u00eave spatial de la G\u00e9n\u00e9ration Alpha.<\/p>\n<p>Beaucoup ont tent\u00e9 d\u2019expliquer le relatif d\u00e9senchantement \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019aventure spatiale au cours de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Il est sans doute d\u00fb, en partie, au fait qu\u2019une limite technique bride les ambitions humaines. Il faut quatre jours pour aller sur la Lune, huit mois \u00e0 un an, en th\u00e9orie, pour atteindre Mars, combien pour atteindre l\u2019infini ? Non seulement nous ne disposons pas encore de la technologie n\u00e9cessaire pour passer la vitesse de la lumi\u00e8re dans l\u2019infiniment grand, mais les capacit\u00e9s des moteurs thermochimiques des vaisseaux actuels (environ 50.000 km\/h), nous limitent \u00e0 une fraction de cette barri\u00e8re physique th\u00e9orique, faisant du syst\u00e8me solaire notre seul horizon imm\u00e9diat et notre prison. La science-fiction du milieu du XXe si\u00e8cle (Isaac Asimov, Ray Bradbury, Gene Roddenberry ou Arthur C. Clarke, auteur de 2001 l\u2019Odyss\u00e9e de l\u2019Espace, en 1964) imaginait volontiers l\u2019imminence de progr\u00e8s technologiques fulgurants. La r\u00e9alit\u00e9 en a \u00e9t\u00e9 et est toute autre : le t\u00e9l\u00e9phone portable s\u2019est av\u00e9r\u00e9, finalement, moins r\u00e9volutionnaire que le t\u00e9l\u00e9phone, la voiture autonome que la voiture, Internet n\u2019a pas eu, sur la productivit\u00e9, les effets qu\u2019a pu avoir, en son temps, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. C\u2019est La Grande stagnation (titre d\u2019un essai marquant paru en 2011) que masquent d\u2019amusants gadgets. Les innovations disruptives du pass\u00e9 n\u2019ont pas d\u2019\u00e9quivalent \u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle, qui privil\u00e9gie les innovations incr\u00e9mentales rapidement profitables aux entrepreneurs press\u00e9s. Mais c\u2019est aussi psychologiquement que l\u2019espace a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre accessible. Depuis 1970 la population humaine a plus que doubl\u00e9 et l\u2019Humanit\u00e9 est confront\u00e9e \u00e0 des crises syst\u00e9miques, \u00e9nerg\u00e9tiques (1973, 1979) ; g\u00e9opolitiques (1989\/1991, 2001) ; financi\u00e8res (2007) ; environnementale ; globale enfin (le rapport Meadows est publi\u00e9 en 1972, l\u2019ann\u00e9e de la derni\u00e8re mission Apollo), qui ponctionnent \u00e0 l\u2019exc\u00e8s les budgets et d\u00e9tournent l\u2019attention des politiques. Aussi, le ciel n\u2019est plus la priorit\u00e9, tant la r\u00e9solution pressante des probl\u00e8mes terrestres impose son agenda et ses priorit\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais maintenant, 50 ans apr\u00e8s, nous sommes \u00e0 nouveau \u00e0 la crois\u00e9e des chemins et il semble bien, qu\u2019encore une fois, nous prenions le mauvais. Le chemin vers les astres est long et sinueux. Les entreprises priv\u00e9es comme \u2018\u2019Space X\u2019\u2019 montent en puissance, qui n\u2019ont pas la prudence frileuse de l\u2019Administration et ont le souci, par contre, \u00e0 la fois de l\u2019exploit et de l\u2019efficacit\u00e9 de leurs investissements. Ce sont probablement les h\u00e9ritiers des pionniers, refusant de se laisser cantonner aux perspectives des petits tours en orbite basse terrestre. L\u2019esprit est l\u00e0, chez ces hommes visionnaires, qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019impliquer, \u00e0 s\u2019efforcer de convaincre et \u00e0 agir. C\u2019est aujourd\u2019hui, cinquante ans apr\u00e8s le \u00ab petit pas pour l\u2019homme \u00bb de Neil Armstrong, ce qui nous permet d\u2019esp\u00e9rer, qu\u2019un jour, la lourde superstructure administrative suivra ou accompagnera notre envol dans l\u2019espace profond et son infinit\u00e9 de possibles que nous avons aujourd\u2019hui la capacit\u00e9 d\u2019affronter et d\u2019utiliser.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>Monji Ben Raies<\/strong><br \/><em>Universitaire, Juriste,<br \/>Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,<br \/>Universit\u00e9 de Tunis El Manar,<br \/>Facult\u00e9 de Droit et des Sciences politiques de Tunis<\/em><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/27742-monji-ben-raies-l-appel-de-l-espace\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La g\u00e9n\u00e9ration d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9e, il y a 50 ans, quand l&rsquo;Homme marchait sur la lune. 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