{"id":59475,"date":"2019-08-28T07:06:36","date_gmt":"2019-08-28T11:06:36","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/avenue-kwame-nkrumah-la-vitrine-de-ouaga-peine-a-se-ranimer\/"},"modified":"2019-08-28T07:06:36","modified_gmt":"2019-08-28T11:06:36","slug":"avenue-kwame-nkrumah-la-vitrine-de-ouaga-peine-a-se-ranimer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/avenue-kwame-nkrumah-la-vitrine-de-ouaga-peine-a-se-ranimer\/","title":{"rendered":"Avenue Kwame-N\u2019Krumah : La vitrine de Ouaga peine  \u00e0 se ranimer"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?fit=728%2C547&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"523\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=696%2C523&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?w=728&#038;ssl=1 728w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=265%2C198&#038;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=696%2C523&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/1-41.jpg?resize=559%2C420&#038;ssl=1 559w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"1\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Victime de deux attaques terroristes (15 janvier 2016 et 17 ao\u00fbt 2017) l\u2019avenue Kwame-N\u2019Krumah peine \u00e0 se remettre.\u2008Cet endroit, jadis chaud de la capitale burkinab\u00e8, semble d\u00e9sormais craint et fui par les populations et surtout les expatri\u00e9s. Les clients des restaurants, bars, caf\u00e9s\u2026ne sont plus au rendez-vous. R\u00e9cit d\u2019une vir\u00e9e nocturne au c\u0153ur de Ouagadougou.<\/strong><\/p>\n<p>Le temps est beau en ce d\u00e9but de soir\u00e9e du samedi 27 juillet 2019. La pluie a arros\u00e9 la capitale burkinab\u00e8. Il est environ 20h30. Nous abordons l\u2019avenue Kwame-N\u2019Krumah par le rond-point des Nations unies. Les lampadaires \u00e9clairent la voie urbaine de lumi\u00e8res blanches. Une fille en tenue l\u00e9g\u00e8re, \u00e0 moto, est devant nous. Le trafic est dense dans le sens oppos\u00e9. Voitures, motos, v\u00e9los quittant la grande avenue. La quatri\u00e8me vitesse activ\u00e9e, nous sommes oblig\u00e9s de ralentir \u00e0 la vue d\u2019une barri\u00e8re de police \u00e0 la hauteur du commissariat central de Ouagadougou. Virage \u00e0 gauche pour tous les usagers.<\/p>\n<p>La situation s\u00e9curitaire marqu\u00e9e par moult attaques terroristes oblige. Fin du tron\u00e7on barr\u00e9 au carrefour suivant. Nous reprenons le sens normal de la circulation. Loin d\u2019\u00eatre grouillante, l\u2019avenue est timidement fr\u00e9quent\u00e9e en ce d\u00e9but de soir\u00e9e. La haie des filles de joie d\u2019autrefois a disparu. Place, sur les bas-c\u00f4t\u00e9s, aux veilleurs de nuit et \u00e0 des jeunes assis sur des motos. Au caf\u00e9 Cappuccino, l\u2019une des cibles de l\u2019attaque terroriste du 15 janvier 2016, un calme plat y r\u00e8gne. A l\u2019entr\u00e9e, une affiche indique : \u00abFerm\u00e9 pour travaux. R\u00e9ouverture le 15 ao\u00fbt\u00bb. Il n\u2019y a personne \u00e0 qui s\u2019adresser. A un jet de pierre, le maquis Taxi brousse, l\u2019autre victime de l\u2019attentat. Le parking de motos est peu garni. \u00abCher ami, votre parking ne refl\u00e8te en rien celui d\u2019un samedi soir sur Kwame-N\u2019Krumah !\u00bb, nous sommes-nous exclam\u00e9. Et le gardien d\u2019engins de nous r\u00e9pondre que c\u2019est ainsi depuis les \u00ab\u00e9v\u00e9nements malheureux\u00bb. \u00abJe loge \u00e0 Saaba.<\/p>\n<p>Je continue \u00e0 venir ici juste pour m\u2019occuper. Ce n\u2019est surtout pas le gain par nuit qui me motive car il a chut\u00e9 de 20 mille \u00e0 parfois m\u00eame moins de 2000 F CFA\u00bb, se lamente notre interlocuteur. \u00abPartir tuerait davantage l\u2019avenue\u00bb La musique est mod\u00e9r\u00e9e en ce moment de la soir\u00e9e. Sur la terrasse, il y a moins de dix clients. Harouna Tapsoba est assis devant une bouteille de bi\u00e8re et un plat de soupe de viande. V\u00eatu d\u2019un costume sombre, il explique l\u2019air gai, que depuis pr\u00e8s de dix ans, ce lieu est le seul o\u00f9 il se sent \u00e0 l\u2019aise. \u00abM\u00eame avec les attentats, on est toujours l\u00e0 !\u00bb, s\u2019enorgueillit-il avec une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et invitant tous \u00e0 investir la grande avenue. Le g\u00e9rant, Patrick Guigma, assis seul, pensif, fait savoir que c\u2019est \u00e0 partir de 22 heures qu\u2019intervient la grande affluence. Ce moment de la soir\u00e9e \u00e9tant pour ceux qui sont de passage \u00e0 Ouagadougou et\/ou ceux qui veulent manger. Il nous invite \u00e0 revenir un peu plus tard. Nous reprenons alors l\u2019avenue pour l\u2019arpenter jusqu\u2019au bout. A quelques 200 m\u00e8tres, dans la p\u00e9nombre, se trouve le restaurant Aziz Istanbul, ferm\u00e9, toujours couverts des stigmates (br\u00fblures, impacts de balles sur le mur, etc.) de l\u2019attaque d\u2019ao\u00fbt 2017. Le silence est assourdissant. Halte \u00e0 la Maison TV5, autrefois prise d\u2019assaut par des noctambules de la capitale, notamment les samedis. Il vient d\u2019\u00eatre 21 heures. Un homme est assis sur une chaise en plastique pr\u00e8s d\u2019une table en fer, au milieu d\u2019un dispositif d\u2019accueil d\u2019\u00e9ventuels clients qui se font toujours attendre.<\/p>\n<p>Il a cet air abattu, caract\u00e9ristique de ceux qui sont au bord du d\u00e9couragement. C\u2019est le g\u00e9rant, Mathieu Zongo. V\u00eatu d\u2019une chemise marron, t\u00eate ras\u00e9e, il a la main droite \u00e0 la joue, le regard d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment riv\u00e9 sur le poste t\u00e9l\u00e9viseur, seul \u00e0 r\u00e9sonner dans le coin. A notre salutation, il croit avoir le deuxi\u00e8me client de la soir\u00e9e. Mais h\u00e9las ! Nostalgique de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il faisait de bonnes affaires, Mathieu regrette l\u2019absence des expatri\u00e9s qui faisaient fonctionner Kwame-N\u2019Krumah. Apr\u00e8s un soupir, il r\u00e9v\u00e8le qu\u2019il se pose mille et une questions au sujet du retour de la client\u00e8le dans son maquis. \u00abActuellement, on ne parle m\u00eame plus de chiffre d\u2019affaires \u00e0 partir du moment o\u00f9 on ne peut pas vendre une caisse de boisson par jour, y compris les weekends. Ce soir, par exemple, je n\u2019ai vendu que la seule bouteille pos\u00e9e l\u00e0-bas sur la table\u00bb, lance-t-il, h\u00e9b\u00e9t\u00e9. Il n\u2019est cependant pas pr\u00eat \u00e0 d\u00e9localiser son activit\u00e9, cela tuerait davantage la vitrine de Ouagadougou. Alors qu\u2019une patrouille de la police passe par l\u00e0, Mathieu soutient que la s\u00e9curit\u00e9 est au rendez-vous sur la voie, mais l\u2019Etat devrait faire \u00abquelque chose d\u2019autre\u00bb pour ramener les Ouagalais sur ce symbole de la vitalit\u00e9 de la capitale burkinab\u00e8. La mairie a promis d\u2019\u0153uvrer \u00e0 cela, mais rien jusque-l\u00e0, avance le patron de Maison TV5.<\/p>\n<p>A son avis, le concert de janvier 2019, \u00e0 la date anniversaire de l\u2019attaque de caf\u00e9 Cappuccino, en a rajout\u00e9 \u00e0 la faible fr\u00e9quentation de l\u2019avenue. \u00abA cette occasion, la voie \u00e9tait barr\u00e9e. Une fois que les gens voient une barri\u00e8re, ils se disent qu\u2019il y a encore un probl\u00e8me et se d\u00e9tournent\u00bb, se d\u00e9sole-t-il. Comment voit-il l\u2019avenir de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique sur Kwame-N\u2019Krumah? \u00abPas comme nous le percevions avant les attaques\u00bb, soupire Mathieu. Alors que ses affaires \u00abne marchent pas du tout\u00bb, il s\u2019offusque de l\u2019attitude du fisc qui exige \u00e0 cor et \u00e0 cri le paiement des imp\u00f4ts. En attendant une reprise de ses affaires, c\u2019est l\u2019espoir qu\u2019avec le temps, il pourra remonter la pente qui le fait vivre. Difficile de payer les salaires \u00e0 temps Au Paradis des meilleurs vins, il est 21h30. Les tables et chaises sont empil\u00e9es dans un angle de la terrasse, faute de clients. Un homme v\u00eatu d\u2019un costume gris est assis, seul, au milieu des tables inoccup\u00e9es. Il ne souhaite pas se pr\u00eater \u00e0 nos questions. A l\u2019autre bout de la terrasse, un groupe de cinq hommes et femmes consomme du vin, rigolant par \u00e0-coups. Il n\u2019y a pas d\u2019ambiance. \u00abLa client\u00e8le n\u2019est plus l\u00e0. Contrairement au pass\u00e9 o\u00f9 elle venait \u00e0 chaque instant, nous pouvons actuellement passer trois heures sans recevoir quelqu\u2019un. Du reste, les quelques rares clients qui viennent ne consomment plus sur place\u00bb, pleurniche l\u2019employ\u00e9 Seydou Ali Mand\u00e9. Il n\u2019en revient pas que le chiffre d\u2019affaires passe de 800 mille \u00e0 moins de 150 mille F CFA par jour. Ce qui compromet le paiement des salaires \u00e0 bonne date. Il confie que, pour raison de m\u00e9vente, le restaurant \u00abChez Simon\u00bb a quitt\u00e9 Kwame-N\u2019Krumah qui, actuellement, se vide de ses usagers \u00e0 partir de 22 heures. De ce fait, la cave \u00e0 vins est oblig\u00e9e de fermer \u00e0 23 heures au lieu de 3 heures. Nous poursuivons notre randonn\u00e9e, de la cave \u00e0 vin jusqu\u2019au croisement de la route conduisant \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019a\u00e9roport. Cette partie de l\u2019avenue ne connait que les va-et-vient d\u2019usagers de la voie et la pr\u00e9sence des veilleurs.<\/p>\n<p>Il est 22h30. Retour au maquis Taxi brousse. Les parkings sont beaucoup plus bond\u00e9s d\u2019engins, une quarantaine de motos du c\u00f4t\u00e9 Ouest, presqu\u2019autant au Nord, sans compter les voitures dont certaines sont parqu\u00e9es un peu loin du maquis. L\u2019ambiance musicale est assourdissante. La terrasse est quasiment pleine de monde. Les d\u00e9cibels montent. Assis en couple ou en groupe de 4 ou 5 personnes, les clients se veulent discrets et refusent d\u2019\u00eatre interview\u00e9s. Seul le g\u00e9rant Patrick accepte de l\u00e2cher quelques mots. Mais, \u00e0 une condition : pas de photo. \u00abLes donn\u00e9es ont beaucoup chang\u00e9. Les gens ont peur de venir sur l\u2019avenue. Nous sommes oblig\u00e9s de subir la situation\u00bb, confie-t-il, nostalgique de la p\u00e9riode d\u2019avant 2016. Il explique qu\u2019apr\u00e8s les deux attaques terroristes, il ne gagnait que 10 \u00e0 15% de ses revenus journaliers des ann\u00e9es ant\u00e9rieures. Il consid\u00e8re alors que les 35 \u00e0 40% de gain actuel ne sont pas mal comme signe d\u2019une certaine reprise des affaires. Il invite l\u2019Etat, \u00e0 soutenir cette reprise \u00e0 travers des facilit\u00e9s pour les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques d\u00e9sireux d\u2019investir pour ranimer Kwam\u00e9 N\u2019Krumah. Car, se convainc-t-il, s\u2019il y a beaucoup d\u2019investissements, la nuit les gens viendront. Pas question pour Patrick de d\u00e9localiser le maquis pour \u00abfaire plaisir aux terroristes\u00bb. D\u00e9termin\u00e9 et fataliste, il conclut : \u00abOn va continuer \u00e0 vivre sur l\u2019avenue. De toute fa\u00e7on, c\u2019est le destin. S\u2019il doit y avoir une attaque, cela arrivera\u00bb. Entre nostalgie et espoir d\u2019une reprise de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, les tenanciers des commerces sur l\u2019avenue Kwame-N\u2019Krumah comptent avec l\u2019effet du temps pour reprendre du poil de la b\u00eate.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Jean Philibert SOME<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d66f5b49afcb_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DD. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/08\/28\/avenue-kwame-nkrumah-la-vitrine-de-ouaga-peine-a-se-ranimer\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Victime de deux attaques terroristes (15 janvier 2016 et 17 ao\u00fbt 2017) l\u2019avenue Kwame-N\u2019Krumah peine \u00e0 se remettre.\u2008Cet endroit, jadis chaud de la capitale burkinab\u00e8, semble d\u00e9sormais craint et fui par les populations et surtout les expatri\u00e9s. Les clients des restaurants, bars, caf\u00e9s\u2026ne sont plus au rendez-vous. R\u00e9cit d\u2019une vir\u00e9e nocturne au c\u0153ur de Ouagadougou. 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