{"id":60782,"date":"2019-09-11T07:14:18","date_gmt":"2019-09-11T11:14:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-deficit-commercial-nest-pas-une-fatalite\/"},"modified":"2019-09-11T07:14:18","modified_gmt":"2019-09-11T11:14:18","slug":"le-deficit-commercial-nest-pas-une-fatalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-deficit-commercial-nest-pas-une-fatalite\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9ficit commercial n\u2019est pas une fatalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h6 class=\"c2\"><strong>Par\u00a0: Abdeslam Seddiki<\/strong><\/h6>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong><span class=\"c3\">L\u2019<\/span>\u00e9conomie marocaine connait un d\u00e9ficit chronique de la balance commerciale que des mesures conjoncturelles de redressement n\u2019arrivent pas \u00e0 contenir. Une telle situation est devenue intenable et constitue une menace s\u00e9rieuse pour nos \u00e9quilibres macro-\u00e9conomiques.<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"c5\">A une certaine \u00e9poque, les responsables se plaisaient de claironner que le d\u00e9ficit commercial n\u2019est pas important en lui-m\u00eame tant que le pays dispose d\u2019une balance des paiements courants exc\u00e9dentaire. Or, force est de constater que depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, le compte courant est \u00e0 son tour en situation d\u00e9ficitaire dans la mesure o\u00f9 les transferts courants (recettes touristiques et transferts des RME) n\u2019arrivent pas \u00e0 combler le d\u00e9ficit commercial. La situation appelle, par cons\u00e9quent, \u00e0 une remise \u00e0 plat des choix de politique \u00e9conomique et notamment de l\u2019ouverture tous azimuts de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p class=\"c5\">Parlons d\u2019abord chiffres\u00a0en utilisant les donn\u00e9es de l\u2019Office des Changes. Ainsi, au cours de la p\u00e9riode 2014-2018,\u00a0 bien que le taux de couverture ait connu une am\u00e9lioration relative passant respectivement de 48,7% \u00e0 54,8%, le d\u00e9ficit global en termes absolus s\u2019est accru de 13,6 MM DH pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 190 MM DH en 2018\u00a0! Somme largement sup\u00e9rieure aux recettes touristiques nettes et aux transferts des RME r\u00e9unis, soit respectivement\u00a0 54 MM DH et 65 MM DH.<\/p>\n<p class=\"c5\">Pour pr\u00e9senter les choses autrement et d\u2019une fa\u00e7on simple, nous disons qu\u2019\u00e0 chaque jour qui passe le Maroc importe l\u2019\u00e9quivalent de marchandises de plus d\u2019un milliard de DH alors qu\u2019il\u00a0 exporte \u00e0 peine 630 millions de DH. C\u2019est une situation pour le moins asphyxiante et seules des \u00e9conomies p\u00e9troli\u00e8res ou du moins robustes peuvent se permettre un tel \u00abluxe\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c5\">En examinant plus en d\u00e9tail les exportations et les importations pour l\u2019ann\u00e9e 2018, on rel\u00e8ve beaucoup d\u2019anomalies et de situations rocambolesques.Au niveau des importations, le poste alimentation, pour un pays dit \u00e0 vocation agricole, absorbe 45,7 MM DH; l\u2019\u00e9nergie, dont le Maroc est d\u00e9pendant \u00e0 plus de 90%, nous co\u00fbte plus de 80 MM; les produits finis d\u2019\u00e9quipement industriel, n\u00e9cessaires pour accompagner l\u2019industrialisation du pays, s\u2019accaparent le quart de la valeur des importations, ce qui nous incite \u00e0 relativiser les performances du PAI dont les effets induits profitent plus \u00e0 nos fournisseurs en biens d\u2019\u00e9quipement\u00a0; enfin, les biens finis de consommation absorbent 108 MM DH. On voit que les importations, \u00e0 l\u2019exception des biens de consommation et notamment ceux relevant des produits de luxe, sont incompressibles et d\u00e9notent l\u2019\u00e9tat de d\u00e9pendance de notre \u00e9conomie.<\/p>\n<p class=\"c5\">Au niveau des exportations, les quatre postes dominants sont par ordre d\u2019importance\u00a0: les produits finis de consommation (83,8 MM DH), les demi-produits compos\u00e9s notamment des engrais et de l\u2019acide phosphorique (60 MM DH), les produits finis d\u2019\u00e9quipement industriel (53,8 MM DH) et les produits alimentaires (52,8 MM DH).<\/p>\n<p class=\"c5\">Les efforts consentis au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es en mati\u00e8re de promotion et de diversification des exportations n\u2019ont pas atteint le niveau d\u2019inflexion qui permettrait de faire du Maroc un pays \u00e9mergent et\u00a0 industrialis\u00e9 tant que les goulots d\u2019\u00e9tranglement sont pr\u00e9sents en force aussi bien au niveau macro-\u00e9conomique (laxisme de la politique commerciale), que m\u00e9so-\u00e9conomique (efficience limit\u00e9e des plans sectoriels) et micro-\u00e9conomique (entreprises\u00a0 prisonni\u00e8res de l\u2019esprit de rente, peu innovantes et peu agressives \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur).<\/p>\n<p class=\"c5\">Ce d\u00e9ficit\u00a0 commercial chronique est loin d\u2019\u00eatre une fatalit\u00e9. Il est le r\u00e9sultat des politiques \u00e9conomiques et des choix qui ont montr\u00e9 leurs limites. En effet, le pays s\u2019est orient\u00e9\u00a0 vers une lib\u00e9ralisation de son \u00e9conomie d\u2019une fa\u00e7on pr\u00e9cipit\u00e9e et non maitris\u00e9e. La signature d\u2019une s\u00e9rie d\u2019accords de libre-\u00e9change\u00a0 avec plusieurs pays, sans avoir fait au pr\u00e9alable une analyse d\u2019impact et mesur\u00e9 comme il se doit nos forces et nos faiblesses,\u00a0 s\u2019est av\u00e9r\u00e9e une erreur strat\u00e9gique. Le miracle qu\u2019on attribue au libre-\u00e9change\u00a0 ne s\u2019est pas produit. Le Maroc n\u2019a pas tir\u00e9 profit des opportunit\u00e9s offertes par la mondialisation. Par contre, il a subi de plein fouet les risques qu\u2019elle comporte pour des pays dont le\u00a0 tissu \u00e9conomique est fragile.<\/p>\n<p class=\"c5\">Le rapport d\u2019\u00e9valuation, qui reste \u00e0 actualiser,\u00a0 r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019IRES en 2013 sur le Maroc et les ALE confirme ce revers tr\u00e8s p\u00e9nalisant pour la croissance et l\u2019emploi.On estime, en effet, que pr\u00e8s de 37% du d\u00e9ficit commercial enregistr\u00e9 par le Maroc en 2010 est attribuable aux accords de libre-\u00e9change. A l\u2019exception de nos \u00e9changes avec la Jordanie, le Maroc n\u2019a pas tir\u00e9 son \u00e9pingle du jeu des ALE, y compris des accords sign\u00e9s avec les pays dont le niveau de d\u00e9veloppement est proche du n\u00f4tre. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t blesse\u00a0!<\/p>\n<p class=\"c5\">Par cons\u00e9quent, le nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement que tout le monde appelle de ses v\u0153ux ne saurait faire l\u2019impasse sur cette \u00e9pineuse probl\u00e9matique de d\u00e9ficit de notre balance commerciale. On doit absolument y rem\u00e9dier \u00e0 travers une remise \u00e0 plat des choix et des orientations en vigueur. L\u2019\u00e9valuation de notre politique du commerce ext\u00e9rieur et des accords de libre \u00e9change qui en sont l\u2019\u00e9manation est incontournable. Sans aller jusqu\u2019\u00e0 plaider pour un protectionnisme d\u00e9brid\u00e9 et st\u00e9rile, on ne peut pas non plus continuer sur la voie d\u2019une ouverture par monts et par vaux. Entre ces deux options extr\u00eames, il y a lieu de suivre une autre orientation qui pr\u00e9serve nos int\u00e9r\u00eats vitaux et notre tissu productif.<\/p>\n<p class=\"c5\">Par ailleurs, une rationalisation de nos importations s\u2019impose en utilisant l\u2019arme fiscale pour d\u00e9courager l\u2019importation des biens de luxe, tout en valorisant le \u00abmade in Morocco\u00bb.\u00a0 Enfin, il faut d\u00e9velopper davantage notre offre comp\u00e9titive en diversifiant \u00e0 la fois nos produits et nos clients. L\u2019exportation ne se d\u00e9cr\u00e8te pas. Elle est le produit d\u2019un processus laborieux et continu dans le temps et d\u2019une transformation des structures productives. L\u2019\u00e9mergence est \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/le-deficit-commercial-nest-pas-une-fatalite.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par\u00a0: Abdeslam Seddiki L\u2019\u00e9conomie marocaine connait un d\u00e9ficit chronique de la balance commerciale que des mesures conjoncturelles de redressement n\u2019arrivent pas \u00e0 contenir. Une telle situation est devenue intenable et constitue une menace s\u00e9rieuse pour nos \u00e9quilibres macro-\u00e9conomiques. 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