{"id":62009,"date":"2019-09-22T13:18:04","date_gmt":"2019-09-22T17:18:04","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/xenophobie-quand-des-rapatries-nigerians-racontent-le-calvaire-sud-africain\/"},"modified":"2019-09-22T13:18:04","modified_gmt":"2019-09-22T17:18:04","slug":"xenophobie-quand-des-rapatries-nigerians-racontent-le-calvaire-sud-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/xenophobie-quand-des-rapatries-nigerians-racontent-le-calvaire-sud-africain\/","title":{"rendered":"X\u00e9nophobie: quand des rapatri\u00e9s nig\u00e9rians racontent le calvaire sud-africain!"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019instar des centaines de Nig\u00e9rians ayant r\u00e9cemment fui les attaques x\u00e9nophobes en Afrique du Sud, partag\u00e9s entre la joie d\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort et le d\u00e9sespoir d\u2019avoir tous laiss\u00e9 derri\u00e8re tous leurs biens, Bisi Aremu n\u2019a que tr\u00e8s peu de bons souvenirs de son s\u00e9jour dans la Nation arc-en-ciel.La jeune femme qui tenait un salon de manucure et de p\u00e9dicure \u00e0 Johannesburg depuis pr\u00e8s de cinq ans, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 sa vie sauve \u00e0 son commerce suite aux violences qui ont fait plusieurs morts et des milliers de personnes de d\u00e9plac\u00e9es dans les pays voisins, notamment en eSwatini, au Lesotho et au Mozambique.<\/p>\n<p>M\u00e8re de trois enfants, Aremu se rappelle, non sans amertume, le train de vie qu\u2019elle menait \u00e0 Johannesburg avant de tout perdre en quelques jours quand les \u00e9trangers sont aussit\u00f4t devenus la cible d\u2019une furie x\u00e9nophobe in\u00e9dite port\u00e9e par de jeunes Sud-africains pour la plupart sans emploi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je me suis r\u00e9veill\u00e9e un matin et je pensais qu\u2019il n\u2019\u00e9tait plus prudent de rester dans ce pays\u00a0\u00bb, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 l\u2019Agence de Presse Africaine, sur un ton plein de col\u00e8re et de frustration.<\/p>\n<p>\u00a0Aremu et les centaines de Nig\u00e9rians rapatri\u00e9s volontairement dans leur pays se consid\u00e8rent comme peu chanceux, pour avoir \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>En racontant le film de leurs derniers jours dans la Nation arc-en-ciel, la plupart des rapatri\u00e9s estiment que l\u2019Afrique du Sud aurait d\u00fb mieux les traiter, au regard de son histoire r\u00e9cente face \u00e0 l\u2019apartheid qui aurait encore d\u2019autres cons\u00e9quences si les pays africains n\u2019\u00e9taient pas intervenus pour lib\u00e9rer le pays.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des premiers actes de violences x\u00e9nophobes en Afrique du Sud il y a plus de huit ans, les Nig\u00e9rians ont souvent subi de nombreux torts. Quelque 118 morts ont \u00e9t\u00e9 d\u2019ailleurs enregistr\u00e9s depuis 2016 par les autorit\u00e9s nig\u00e9rianes.<\/p>\n<p>Outre les pertes en vies humaines, les Nig\u00e9rians en Afrique du Sud ont subi des pr\u00e9judices mat\u00e9riels estim\u00e9s \u00e0 des dizaines de millions de dollars.<\/p>\n<p>Ces sc\u00e8nes de pillage contre des propri\u00e9t\u00e9s de la communaut\u00e9 nig\u00e9riane sont pour la plupart caus\u00e9s par des gangs locaux, en particulier dans les quartiers de Johannesburg.<\/p>\n<p>Partag\u00e9s entre d\u00e9sespoir et confusion, ces Nig\u00e9rians rapatri\u00e9s ont am\u00e8rement fustig\u00e9 la quasi-impunit\u00e9 face \u00e0 des attaques x\u00e9nophobes contre leurs maisons et leurs entreprises.<\/p>\n<p>A l\u2019instar de Chuks Okoma, qui a v\u00e9cu en Afrique du Sud pendant six ans, les rapatri\u00e9s disent avoir \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 la mort, d\u2019o\u00f9 leur retour volontaire dans leur pays natal.<\/p>\n<p>\u00a0\u00ab Pendant mon s\u00e9jour en Afrique du Sud, je n\u2019avais ni travail, ni domicile. J\u2019\u00e9tais un sans-abri, alors, que faire l\u00e0-bas quand on a une famille au Nigeria ? \u00bb, s\u2019interroge-t-il<\/p>\n<p>\u00ab Les membres de gangs sud-africains sont impliqu\u00e9s dans le commerce de drogue, en concurrence avec d\u2019autres \u00e9trangers. Parfois, ils m\u00e8nent la vie dure aux \u00e9trangers. Et la police est l\u00e0, atone et muette ne fait que regarder, heureuse de la situation. Pour moi, c\u2019\u00e9tait fini de voir cela \u00bb, at-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0D\u2019autres rapatri\u00e9s comme Anoze Uchenbi peinent m\u00eame \u00e0 raconter les peines qu\u2019ils ont v\u00e9cues en Afrique du Sud non sans regretter les sc\u00e8nes de repr\u00e9sailles contre les commerces sud-africains au Nigeria, ciblant notamment les centres commerciaux Shoprite.<\/p>\n<p>Pour Uchenbi, la mainmise des \u00e9trangers sur plusieurs secteurs d\u2019activit\u00e9s a fini par installer une certaine jalousie au point de susciter ces attaques contre les Nig\u00e9rians en Afrique du Sud o\u00f9 les autochtones \u00ab n\u2019ont aucune autre option id\u00e9e de faire face \u00e0 la concurrence que par la violence \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Ils (les Sud-Africains) ont fait preuve d\u2019une hostilit\u00e9 absurde \u00bb, a lanc\u00e9 \u00e0 APA ce jeune Nig\u00e9rian qui a d\u00fb laiss\u00e9 son fils unique avec sa femme mari\u00e9e sur place au cours de ses 12 ans de s\u00e9jour en Afrique du Sud.<\/p>\n<p>Tout comme Uchenbi, Juwon Sadiku, un homme d\u2019affaires revenu r\u00e9cemment d\u2019Afrique du Sud suite aux violences, regrette avoir s\u00e9journ\u00e9 dans ce pays.<\/p>\n<p>\u00ab Nous l\u2019avons \u00e9chapp\u00e9 belle. C\u2019\u00e9tait terrible. Ces criminels font des perquisitions de maison en maison \u00e0 la recherche de Nig\u00e9rians, sous le regard de la police de Pretoria \u00bb, a-t-il martel\u00e9, ajoutant am\u00e8rement que l\u2019apartheid s\u00e9vit encore dans la Nation arc-en-ciel.<\/p>\n<p>Parmi les Nig\u00e9rians qui regrettent s\u2019\u00eatre \u00e9tablis en Afrique du Sud, figure \u00e9galement Rose Uwadiae, originaire de l\u2019\u00c9tat d\u2019Edo.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s six ans v\u00e9cu \u00e0 Pretoria, cette m\u00e8re de deux enfants issus de son mariage avec un Sud-Africain, s\u2019\u00e9tonne qu\u2019elle ne soit \u00e9pargn\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab M\u00eame mes enfants et moi avons \u00e9t\u00e9 la cible de harc\u00e8lements souvent violents \u00bb, a-t-elle lanc\u00e9, la col\u00e8re \u00e0 la gorge.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai d\u00fb faire une d\u00e9claration sous serment pour renier \u00e0 mes droits de maternit\u00e9 avant de pouvoir quitter cet enfer sud-africain \u00ab\u00a0, a-t-elle ajout\u00e9, visiblement sous le choc de cette s\u00e9paration soudaine avec ses enfants.<\/p>\n<p>Rose dirigeait une entreprise florissante, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la vente de v\u00eatements nig\u00e9rians \u00abAdire\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019\u00e9tais oblig\u00e9e d\u2019offrir quelques v\u00eatements \u00e0 des policiers pour les soudoyer sans raison. Mon magasin a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. C\u2019\u00e9tait ma vie qui \u00e9tait en danger, alors je devais partir \u00a0\u00bb, a-t-elle lanc\u00e9.<\/p>\n<p>Ces attaques x\u00e9nophobes ne peuvent \u00eatre plus inopportunes pendant que les chefs d\u2019\u00e9tat africaines murissent le projet d\u2019une zone de libre-\u00e9change continentale africaine (AfCFTA).<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai mes doutes sur un march\u00e9 unique qui permette la libre circulation des personnes et des biens. Comment ce projet fonctionnera-t-il en Afrique du Sud ou encore au Ghana o\u00f9, dans de nombreux cas, des magasins appartenant \u00e0 des Nig\u00e9rians sont saisis sans aucune raison?, se demande Chris Ndibe, consultant sur la zone franche \u00e9conomique,<\/p>\n<p>Selon lui, l\u2019accord de libre-\u00e9change semble toujours une mascarade alors qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 conclu le 7 juillet dernier \u00e0 Niamey, la capitale nig\u00e9rienne, en marge du Sommet de l\u2019Union Africaine.<\/p>\n<p>\u00ab Les attaques x\u00e9nophobes en Afrique du Sud durent depuis plus de deux semaines et nous ne voyons aucune action concr\u00e8te de l\u2019Union africaine (UA), principal moteur de l\u2019AfCFTA. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019\u00e9chec du projet d\u2019unit\u00e9 africaine dont nous parlons si r\u00e9guli\u00e8rement \u00a0\u00bb at-il confi\u00e9 \u00e0 APA.<\/p>\n<p>Pour rappel, un premier groupe de 188 Nig\u00e9rians est arriv\u00e9 \u00e0 Lagos le 12 septembre dernier en provenance d\u2019Afrique du Sud. Cinq jours plus tard, un autre groupe de 315 a \u00e9t\u00e9 accueilli \u00e0 l\u2019a\u00e9roport international Murtala Muhammed de Lagos. \u00a0D\u2019autres Nig\u00e9rians attendent encore d\u2019\u00eatre \u00e9vacu\u00e9s apr\u00e8s avoir volontairement manifest\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat de retourner au bercail pour fuir les vagues de violence anti-immigr\u00e9s dans les villes de Pretoria et Johannesburg.<\/p>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/xenophobie-quand-des-rapatries-nigerians-racontent-le-calvaire-sud-africain\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019instar des centaines de Nig\u00e9rians ayant r\u00e9cemment fui les attaques x\u00e9nophobes en Afrique du Sud, partag\u00e9s entre la joie d\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort et le d\u00e9sespoir d\u2019avoir tous laiss\u00e9 derri\u00e8re tous leurs biens, Bisi Aremu n\u2019a que tr\u00e8s peu de bons souvenirs de son s\u00e9jour dans la Nation arc-en-ciel.La jeune femme qui tenait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1965,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,82],"tags":[],"class_list":["post-62009","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-cameroun"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62009","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1965"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=62009"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62009\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=62009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=62009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=62009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}