{"id":62899,"date":"2019-09-30T13:20:00","date_gmt":"2019-09-30T17:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-tunisie-et-la-conduite-de-la-politique-monetaire-que-de-defis-a-relever\/"},"modified":"2019-09-30T13:20:00","modified_gmt":"2019-09-30T17:20:00","slug":"la-tunisie-et-la-conduite-de-la-politique-monetaire-que-de-defis-a-relever","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-tunisie-et-la-conduite-de-la-politique-monetaire-que-de-defis-a-relever\/","title":{"rendered":"La Tunisie et la conduite de la politique mon\u00e9taire : que de d\u00e9fis \u00e0 relever"},"content":{"rendered":"<p>La r\u00e9surgence des tensions inflationnistes, depuis le d\u00e9but de 2017, a \u00e9t\u00e9 constamment un sujet de pr\u00e9occupation pour la <span class=\"c2\"><strong>Banque centrale de Tunisie, dont le mandat consiste \u00e0 veiller \u00e0 la pr\u00e9servation de la stabilit\u00e9 des prix.<\/strong><\/span> En effet, le taux d\u2019inflation qui a \u00e9t\u00e9 en moyenne de 3,6% en 2016, est pass\u00e9 \u00e0 5,3% en 2017 puis \u00e0 7,3% en 2018, enregistrant un plus haut niveau de 7,7% en juin de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour faire face \u00e0 l\u2019exacerbation des tensions sur les prix, <span class=\"c2\"><strong>la Banque centrale a resserr\u00e9 sa politique mon\u00e9taire, en augmentant le taux directeur \u00e0 cinq reprises entre avril 2017 et f\u00e9vrier 2019,<\/strong><\/span> pour un total de 350 points de base, en moins de deux ans<span class=\"c3\"><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/span>, le portant de 4,25% au d\u00e9but de 2017 \u00e0 7,75% actuellement. Ce durcissement de la politique mon\u00e9taire a eu comme <span class=\"c2\"><strong>premi\u00e8re cons\u00e9quence, de faire revenir les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els en territoire positif,<\/strong><\/span> permettant de r\u00e9habiliter le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat comme instrument privil\u00e9gi\u00e9 de la politique mon\u00e9taire consid\u00e9rant son impact sur la demande, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, et sur la consommation, en particulier.<\/p>\n<p>Quoique persistant \u00e0 des niveaux relativement \u00e9lev\u00e9s, le taux d\u2019inflation a connu, en 2019, une d\u00e9tente graduelle, revenant d\u2019un plus haut de 7,3 % (en f\u00e9vrier 2019) \u00e0 6,7% en ao\u00fbt. Cette accalmie est due, dans une large mesure, au resserrement de la politique mon\u00e9taire qui a fortement impact\u00e9 les cr\u00e9dits \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (5,8% en glissement annuel, \u00e0 fin juin 2019, contre\u00a0 11,4% une ann\u00e9e auparavant), limitant le pouvoir des banques \u00e0 cr\u00e9er de la monnaie. Faut-il souligner que la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration a essentiellement impact\u00e9 les cr\u00e9dits \u00e0 la consommation, tandis que les cr\u00e9dits aux professionnels ont \u00e9t\u00e9 plus r\u00e9silients. En outre, le resserrement de la politique mon\u00e9taire a \u00e9galement permis un retracement du taux de change du dinar qui s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9, surtout \u00e0 partir du mois de mars 2019, avec tous les bienfaits induits sur la balance courante, le volume de refinancement, les param\u00e8tres de la dette, et fondamentalement sur l\u2019inflation.<\/p>\n<p>Il y a lieu de pr\u00e9ciser, \u00e0 cet effet,\u00a0 que <span class=\"c2\"><strong>le volume de refinancement<\/strong><\/span> qui \u00e9tait de 15.883 MDT \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018, et qui a atteint son plus haut niveau au d\u00e9but du mois de mai 2019 (16.912 MDT), a nettement recul\u00e9 pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 11.921 MDT \u00e0 la fin du mois de septembre 2019. Ce net repli est dans une large mesure attribuable \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du taux de change du dinar, mais \u00e9galement des effets induits par le ratio cr\u00e9dits\/d\u00e9p\u00f4ts introduit par la Banque centrale, \u00e0 la fin de 2018, dans le but de limiter la prise excessive de risques par les banques, et notamment le risque de transformation.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Du c\u00f4t\u00e9 de la croissance, la p\u00e9riode post-R\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par la morosit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/strong><\/span> En effet, le taux de croissance \u00e9conomique qui \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement entre 4% et 5%, avant 2011, a beaucoup baiss\u00e9 pour s\u2019\u00e9tablir en moyenne \u00e0 1,8% sur la p\u00e9riode 2011-2018 ; un taux tr\u00e8s faible au regard des nombreux d\u00e9fis notamment en termes d\u2019emplois et de r\u00e9sorption du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Bien qu\u2019encore faible, le taux de croissance \u00e9conomique enregistr\u00e9 en 2018 (2,5% contre 1,9% en 2017) s\u2019av\u00e8re de meilleure qualit\u00e9<\/strong><\/span> puisque l\u2019activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fondamentalement tir\u00e9e par les activit\u00e9s marchandes (notamment le secteur du tourisme et des activit\u00e9s connexes) contrairement aux ann\u00e9es ant\u00e9rieures, au cours desquelles ce sont les activit\u00e9s non marchandes (salaires dans le secteur public) qui auraient tir\u00e9 la croissance. Pour 2019, le taux de croissance du premier semestre s\u2019est situ\u00e9 \u00e0 1,1% en glissement annuel, p\u00e9nalis\u00e9 par la faible performance du secteur agricole (comparativement \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente avec la campagne huile d\u2019olive record) mais \u00e9galement par la persistance des difficult\u00e9s dans les secteurs extractifs (mines et p\u00e9trole) et dans les secteurs orient\u00e9s vers l\u2019exportation (surtout IME et THC) consid\u00e9rant la morosit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 dans la Zone Euro, le principal partenaire commercial de la Tunisie. Toutefois, la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e profitera de la bonne performance de la campagne c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re (24 millions de quintaux) et de l\u2019entr\u00e9e imminente en activit\u00e9 du champ gazier Nawara, dont la production pourrait couvrir jusqu\u2019\u00e0 17% des besoins du pays en gaz, permettant ainsi de r\u00e9duire l\u2019importation de ce produit, et par cons\u00e9quent de comprimer le d\u00e9ficit commercial.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>L\u2019am\u00e9lioration de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique demeure tributaire de l\u2019am\u00e9lioration du climat des affaires qui est tr\u00e8s sensible \u00e0 ce qui se passe sur la sc\u00e8ne politique, s\u00e9curitaire et sociale.<\/strong><\/span> Sans l\u2019am\u00e9lioration du climat des affaires, on ne pourrait esp\u00e9rer faire revenir en force l\u2019investissement notamment \u00e9tranger, dont notre pays, qui a connu depuis 2016, une v\u00e9ritable phase de d\u00e9sindustrialisation, a tant besoin pour relever le d\u00e9fi de l\u2019emploi et pour booster la cr\u00e9ation de richesses et l\u2019exportation, car in fine, notre pays souffre, fondamentalement, d\u2019un probl\u00e8me d\u2019offre.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Bien que mandat\u00e9e par le l\u00e9gislateur de lutter prioritairement contre l\u2019inflation, la Banque centrale est tout \u00e0 fait consciente de la d\u00e9licatesse de la situation \u00e9conomique<\/strong><\/span> dans laquelle \u00e9volue le pays. Gr\u00e2ce \u00e0 sa politique mon\u00e9taire proactive, elle a pu agir significativement sur l\u2019inflation et ses efforts se poursuivent, dans ce sens. N\u00e9anmoins, les risques qui guettent le pays peuvent aller au-del\u00e0 du spectre de la politique mon\u00e9taire et toucher des consid\u00e9rations de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, avec les difficult\u00e9s par lesquelles passent certains secteurs, et\/ou certaines fili\u00e8res.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, pour soutenir les investissements productifs, la Banque centrale a mis en place, vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 2018, une nouvelle fen\u00eatre de refinancement \u00e0 6 mois pour booster l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et canaliser le cr\u00e9dit vers les secteurs pourvoyeurs de richesses et de valeur ajout\u00e9e. Mais il est clair que <span class=\"c2\"><strong>la Banque centrale ne peut pas faire cavalier seul face aux nombreux d\u00e9fis,<\/strong><\/span> notamment en termes de croissance, d\u2019investissement, de cr\u00e9ation d\u2019emplois, d\u2019exportation. L\u2019appui du Gouvernement est fondamental pour parachever la phase \u00ab d\u2019atterrissage \u00bb et pr\u00e9parer dans les meilleures conditions \u00ab un red\u00e9collage \u00bb vers de meilleurs auspices, de nature \u00e0 <span class=\"c2\"><strong>installer dans la dur\u00e9e une croissance saine, durable et surtout non inflationniste.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Une meilleure coordination des politiques macro\u00e9conomiques (policymix), l\u2019engagement de r\u00e9formes structurelles courageuses et le renforcement de la diplomatie \u00e9conomique sont les piliers de cette croissance d\u00e9sir\u00e9e.<\/strong><\/span> Pour ce faire, il y a lieu de rem\u00e9dier, de toute urgence, \u00e0 la situation des entreprises publiques accabl\u00e9es par de nombreuses ann\u00e9es de mauvaise gouvernance, d\u2019assouplir les conditions d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 de l\u2019emploi, de rem\u00e9dier \u00e0 la situation d\u00e9licate des caisses sociales, de mener jusqu\u2019au bout la r\u00e9forme des subventions (afin de migrer d\u2019un syst\u00e8me de ciblage des produits \u00e0 un syst\u00e8me de ciblage des revenus), d\u2019entamer la restructuration du syst\u00e8me bancaire afin de conf\u00e9rer \u00e0 ce dernier plus d\u2019efficacit\u00e9 dans le financement de l\u2019\u00e9conomie et de r\u00e9habiliter le march\u00e9 financier dans son r\u00f4le de moteur de croissance.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><em>[1] C\u2019est ainsi que le taux directeur a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 en avril 2017 (50 pb), mai 2017 (25 pb), mars 2018 (75 pb), juin 2018 (100 pb) et f\u00e9vrier 2019 (100 pb)<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/28082-la-conduite-de-la-politique-monetaire-au-cours-de-la-periode-recente-et-les-defis-auxquels-elle-fait-face\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9surgence des tensions inflationnistes, depuis le d\u00e9but de 2017, a \u00e9t\u00e9 constamment un sujet de pr\u00e9occupation pour la Banque centrale de Tunisie, dont le mandat consiste \u00e0 veiller \u00e0 la pr\u00e9servation de la stabilit\u00e9 des prix. 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