{"id":63250,"date":"2019-10-03T06:29:54","date_gmt":"2019-10-03T10:29:54","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/immigration-clandestine-recit-dun-voyage-en-enfer\/"},"modified":"2019-10-03T06:29:54","modified_gmt":"2019-10-03T10:29:54","slug":"immigration-clandestine-recit-dun-voyage-en-enfer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/immigration-clandestine-recit-dun-voyage-en-enfer\/","title":{"rendered":"Immigration clandestine : R\u00e9cit d\u2019un voyage en enfer"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer.gif?fit=700%2C525&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"522\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer.gif?resize=696%2C522&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"enfer\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>En tentant de rejoindre le Gabon ou la Guin\u00e9e Equatoriale, en qu\u00eate d\u2019une vie meilleure, soixante-dix migrants burkinab\u00e8, dont l\u2019\u00e2ge varie entre 15 et 45 ans, ont fr\u00f4l\u00e9 la mort en mer. R\u00e9cit d\u2019un voyage tumultueux.<\/strong><\/p>\n<p>Mari\u00e9 et p\u00e8re de deux enfants, Assane Bagagn\u00e9, 28 ans, habite le village de Boussouma dans la r\u00e9gion du Centre-Est du Burkina Faso. Ma\u00e7on, il m\u00e8ne une vie de famille paisible dans ce village de pr\u00e8s de 30 000 \u00e2mes. Gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9conomies, il parvient \u00e0 mettre en place une activit\u00e9 d\u2019\u00e9levage. Il dispose d\u2019une centaine de volaille, de moutons et de ch\u00e8vres.<\/p>\n<p>Ce commerce lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. En d\u00e9cembre 2016, il perd toute sa volaille des suites de maladie. Ses quelques t\u00eates d\u2019ovins sont \u00e9galement d\u00e9cim\u00e9es dans le courant du mois de janvier 2017, pour la m\u00eame cause. D\u00e9nu\u00e9 de toute ressource, il se consacre d\u00e9sormais \u00e0 la ma\u00e7onnerie. Mais les revenus tir\u00e9s de cette activit\u00e9 peinent \u00e0 couvrir ses charges familiales.<\/p>\n<p>D\u00e9courag\u00e9, il d\u00e9cide d\u2019aller \u00e0 l\u2019aventure au Gabon, en qu\u00eate d\u2019une vie meilleure. Il apprend, selon des proches, que Hamidou, un ressortissant de B\u00e9gu\u00e9do, fait voyager les \u2018\u2019aventuriers\u2019\u2019 par la mer, gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9seau. Ce trafiquant dispose, d\u2019ailleurs, d\u2019un album o\u00f9 l\u2019on retrouve de \u201cbelles\u201d photos de bateaux. Ces images servent \u00e0 app\u00e2ter les \u2018\u2019clients\u2019\u2019. Et pour atteindre les rives gabonaises \u00e0 bord du \u2018\u2019yacht\u2019\u2019 de Hamidou, il faut d\u00e9bourser la rondelette somme de 400 000 F CFA. Assane travaille d\u2019arrache-pied en vue d\u2019\u00e9pargner pour r\u00e9aliser son r\u00eave. Au bout de 15 mois, il r\u00e9unit 150 000 F CFA.<\/p>\n<p>Le reste du montant sera compl\u00e9t\u00e9 par des pr\u00eats contract\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019amis et de parents. Le compte est bon, il peut tenter l\u2019aventure. Le d\u00e9part est pr\u00e9vu pour le 2 juillet 2019. Outre sa femme Ladifatou, ses parents biologiques sont les seuls \u00e0 \u00eatre inform\u00e9s de cette initiative. La veille, il pr\u00e9pare son baluchon : un sac au dos contenant deux pantalons, deux tee-shirts et deux paires de chaussures. En d\u00e9saccord avec son choix, son \u00e9pouse, m\u00e9contente, tente en vain de le dissuader. \u00ab Elle \u00e9tait furieuse.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-14727 size-medium\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer3.gif?resize=300%2C266&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"266\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer3.gif?resize=300%2C266&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer3.gif?resize=696%2C617&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer3.gif?resize=473%2C420&#038;ssl=1 473w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Visages ferm\u00e9s et bras crois\u00e9s, certains naufrag\u00e9s \u00e9taient toujours sous le choc quelques heures apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 extirp\u00e9s de \u2018\u2019l\u2019enfer\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Elle a pleur\u00e9 toute la nuit disant qu\u2019elle se sentirait seule. C\u2019\u00e9tait, \u00e0 l\u2019\u00e9couter, une tr\u00e8s mauvaise id\u00e9e. Pour Ladifatou, je devais rester pour qu\u2019on se d\u00e9brouille ensemble au village \u00bb, relate-t-il. En d\u00e9pit de la d\u00e9sapprobation de sa tendre moiti\u00e9, Assane quitte Boussouma au petit matin du 2 juillet pour les c\u00f4tes gabonaises en passant par le B\u00e9nin. Dans sa poche, 70 000 F CFA comme frais de voyage.<\/p>\n<p>Il embarque dans le village de B\u00e9gu\u00e9do avec \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, trois autres aventuriers, dans un v\u00e9hicule commun\u00e9ment appel\u00e9e \u2018\u2019Dina\u2019\u2019 pour rallier Cotonou, la capitale b\u00e9ninoise. \u00ab Je souhaitais aider ma famille au prix de ma vie \u00bb Nourou et Souma\u00efla Yoda, respectivement \u00e2g\u00e9s de 27 et 22 ans, sont des ressortissants de Bourma, un village situ\u00e9 dans le d\u00e9partement de Boudry (province du Ganzourgou).<\/p>\n<p>Nourou r\u00eave, tout comme ses \u201ccamarades\u201d, d\u2019un mieux-\u00eatre. Pour lui, le Gabon, c\u2019est l\u2019Eldorado. \u00ab Mon travail ne me permet pas de nourrir ma famille. Mes deux parents ne travaillent pas. Nous avions \u00e9galement \u00e0 notre charge ma grand-m\u00e8re et d\u2019autres cousins en bas \u00e2ge. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s difficile de subvenir aux besoins des uns et des autres. Je souhaitais co\u00fbte que co\u00fbte aider ma famille au prix de ma vie \u00bb, justifie le jeune Nourou. Tout comme Assane, il parvient \u00e0 r\u00e9unir la somme de 400 000 F CFA apr\u00e8s une ann\u00e9e de sacrifices.<\/p>\n<p>Par le m\u00eame circuit, il entre en contact avec Hamidou, et lui remet la somme requise pour la travers\u00e9e\u2026El\u00e8ve en classe de 5e, Abdoul Rahim Ta\u00efta, 18 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re de deux enfants, \u00e9galement ma\u00e7on, quitte les bancs pour l\u2019aventure. Son p\u00e8re vend, pour ce faire, deux b\u0153ufs afin d\u2019assurer les frais du p\u00e9riple. Avec Assane, ils prennent la route pour Cotonou. \u00ab Nous \u00e9tions partag\u00e9s entre inqui\u00e9tude et espoir.<\/p>\n<p>Nous prions tous Dieu pour arriver \u00e0 destination sains et saufs \u00bb, souffle le jeune homme. Une fois sur place \u00e0 Cotonou, ils sont accueillis par trois passeurs, des acolytes de Hamidou. Des maisonnettes de fortune leur servent de logis. Ils y sont confin\u00e9s comme dans une prison, leurs pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 confisqu\u00e9es. Le toit \u00e9tant trou\u00e9 en plusieurs endroits, difficile de se mettre \u00e0 l\u2019abri lorsque survient une pluie.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la restauration, elle est \u00e0 la charge des migrants. Livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, ils n\u2019ont d\u2019autre choix que de se rabattre sur les gargotes. Dans ces difficiles conditions, ils passeront pr\u00e8s de trois semaines au pays de B\u00e9hanzin. Outre le forfait de 400 000 F CFA r\u00e9gl\u00e9 avant l\u2019enr\u00f4lement pour le voyage, Assane et ses camarades sont contraints par les trois passeurs \u00e0 payer 25 000 F CFA chacun avant de quitter la station baln\u00e9aire. Il s\u2019acquitte sans broncher, m\u00eame si cela n\u2019\u00e9tait pas compris dans le contrat de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Mais que faire dans une situation pareille, loin des siens ? A la veille de son d\u00e9part pour le Gabon, Assane n\u2019a que 3000 F CFA en poche. Perdus en mer Le 22 juillet, c\u2019est enfin le jour tant attendu. Assane et ses amis de circonstance sont conduits dans une embarcation autour de minuit. L\u2019aspect du bateau devant les amener, les laisse abasourdis. L\u2019engin ne pr\u00e9sente aucune ressemblance avec ceux vus dans l\u2019album-photos de Hamidou.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un tas de bois peints de couleurs rouge, blanc, vert et bleu, mesurant environ 30 m\u00e8tres de long pour 2 m\u00e8tres de largeur en-viron. A l\u2019int\u00e9rieur, une maisonnette et deux bacs \u00e0 eau. A l\u2019avant de l\u2019embarcation, l\u2019on peut lire un \u00e9criteau \u2018\u2019Gye-Nyam\u00e9\u2019\u2019. Ils r\u00e9alisent alors la supercherie. Mais que faire \u00e0 ce moment pr\u00e9cis de la nuit ? Ils d\u00e9cident toutefois d\u2019embarquer au p\u00e9ril de leur vie. Mais leur nombre a d\u00e9sormais grossi. Ils sont au total 123 migrants (66 Burkinab\u00e8, 32 Ghan\u00e9ens et 26 Togolais).<\/p>\n<p>Pour une embarcation con\u00e7ue pour recevoir une soixantaine de personnes, ils sont nombreux. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019un voyage en enfer. Avant le d\u00e9part, l\u2019un des passeurs de nationalit\u00e9 ghan\u00e9enne annonce que la travers\u00e9e du-rera trois jours. Apr\u00e8s deux jours de navigation, aucune rive \u00e0 l\u2019horizon. L\u2019inqui\u00e9tude gagne de plus en plus le groupe. Le jour suivant, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, les jeunes migrants se rendent alors compte qu\u2019ils sont perdus au milieu des eaux.<\/p>\n<p>Mais, quelles eaux ? Personne ne saurait r\u00e9pondre. Pi\u00e9g\u00e9s dans ce froid glacial avec en toile de fond, des pluies quasi quotidiennes, l\u2019espoir se mue peu \u00e0 peu en d\u00e9sespoir. \u00ab Le bateau n\u2019\u00e9tait pas en bon \u00e9tat. Nous avons eu au moins trois pannes en pleine mer. Et \u00e0 chaque panne, les m\u00e9caniciens s\u2019attelaient \u00e0 remettre le moteur en marche. Nous n\u2019avions plus rien \u00e0 nous mettre sous la dent.<\/p>\n<p>Nous nous partagions quelques poign\u00e9es de riz. Si tu arrives \u00e0 en avoir \u00e0 midi, il faut attendre le lendemain pour esp\u00e9rer encore manger\u00bb, se souvient Nourou Yoda, l\u2019air ext\u00e9nu\u00e9. Apr\u00e8s quelques moments de silence, il hoche la t\u00eate et ajoute : \u00ab Nous souffrions du froid et de la faim sur le bateau. Les vagues \u00e9taient tr\u00e8s fortes et nous \u00e9tions apeur\u00e9s \u00bb. \u00ab C\u2019\u00e9tait effroyable\u2026 \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-14726\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer2.gif?resize=300%2C282&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"282\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer2.gif?resize=300%2C282&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer2.gif?resize=696%2C653&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/enfer2.gif?resize=447%2C420&#038;ssl=1 447w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Nourou Yoda (premier plan), celui qui a incit\u00e9 ses camarades \u00e0 la r\u00e9volte.<\/p>\n<p>La mer est tr\u00e8s dure, hach\u00e9e, avec beaucoup de vent. Le bateau tangue. Apr\u00e8s six jours sans destination fixe, les esprits s\u2019\u00e9chauffent entre passeurs et migrants. Nourou est \u00e0 la t\u00eate des meneurs. Tr\u00e8s r\u00e9volt\u00e9, il est fortement soutenu par Assane. Aucune injonction de passeur n\u2019est respect\u00e9e et plus besoin de se cacher dans le bateau. \u00ab J\u2019ai refus\u00e9 de me cacher en m\u2019accroupissant parce que je n\u2019avais plus rien \u00e0 perdre.<\/p>\n<p>Le passeur et moi \u00e9tions sur le point d\u2019en venir aux mains. Je l\u2019ai enjoint de marquer un arr\u00eat au village le plus proche \u00bb, se souvient-il. A la grande surprise des protagonistes, l\u2019embarcation est \u00e0 court de carburant. Le bateau coule, petit \u00e0 petit, dans la nuit du 28 juillet. Quand ils apprennent la nouvelle, leur monde semble s\u2019\u00e9crouler.<\/p>\n<p>Un m\u00e9lange d\u2019appels \u00e0 l\u2019aide et de pleurs, auquel se m\u00ealent les supplications et les cris d\u2019agonie. \u00ab C\u2019\u00e9tait effroyable. La panique \u00e9tait \u00e0 bord. Il faut vivre ces instants pour comprendre que voyager dans ces conditions en mer est suicidaire \u00bb, relate Assane, les yeux embu\u00e9s de larmes. Les migrants s\u2019organisent alors pour vider l\u2019eau qui envahit la barque. Assane est charg\u00e9 de vider l\u2019eau, sous la pluie battante. \u00abLa sc\u00e8ne \u00e9tait vraiment pitoyable. Nous \u00e9tions \u00e0 deux doigts de passer de vie \u00e0 tr\u00e9pas.<\/p>\n<p>Nul \u00eatre humain ne souhaiterait vivre des situations pareilles \u00bb, soutient-il. Silencieux, il essaie d\u2019essuyer ses larmes avant de poursuivre : \u00ab les gens pleuraient. Personnellement, je croyais que je finirais d\u00e9vor\u00e9 par des poissons. Cette seule pens\u00e9e me donnait froid au dos. Je pensais \u00e0 ma m\u00e8re, ma femme et \u00e0 mes deux enfants rest\u00e9s au village.<\/p>\n<p>Mes larmes coulaient et je me demandais ce qui m\u2019avait pouss\u00e9 \u00e0 embarquer dans cet enfer \u00bb. \u00ab Nos cris de d\u00e9tresse ont alert\u00e9 les populations \u00bb Les all\u00e9es et venues des violentes vagues finiront par faire chavirer le bateau dans la nuit du 29 au 30 juillet 2019 pr\u00e8s d\u2019Ebodj\u00e9, un village du d\u00e9partement de Campo, au bord de l\u2019Oc\u00e9an Atlantique, au large de Kribi, une ville baln\u00e9aire du sud du Cameroun.<\/p>\n<p>\u00ab Nos cris de d\u00e9tresse ont alert\u00e9 les populations qui habitaient non loin de la mer. A leur tour, elles ont alert\u00e9 les militaires. Certains d\u2019entre eux croyaient que nous \u00e9tions des terroristes avant de se raviser. Ils sont donc venus \u00e0 notre secours\u00bb, raconte Assane, apr\u00e8s un long soupir. Gr\u00e2ce \u00e0 des pirogues, ils sont extirp\u00e9s des vagues. Certains villageois plus courageux plongent dans les eaux jusqu\u2019\u00e0 la barque renvers\u00e9e.<\/p>\n<p>Les plus petits sont port\u00e9s au dos jusqu\u2019\u00e0 la rive. Sauv\u00e9s de justesse, la peur est encore pr\u00e9sente sur les visages des migrants. Certains sont couch\u00e9s \u00e0 m\u00eame le sol, d\u2019autres assis, les mains soutenant leur menton. Dans ce brouhaha, chacun tente de se faire identifier par les sauveteurs. Ceux qui ne parlent pas la langue fran\u00e7aise sont aid\u00e9s par Assane et Nourou. A vue d\u2019\u0153il, la chaloupe est compl\u00e8tement d\u00e9truite.<\/p>\n<p>Il ne reste qu\u2019un vieux moteur et des morceaux de bois qui flottent sur la plage. Les populations, notamment les femmes accourent pour ramasser le tas de bois mort. \u00ab Ce sont des miracul\u00e9s parce que cet endroit de la mer est tr\u00e8s dangereux. C\u2019est tr\u00e8s rare d\u2019y retrouver des survivants apr\u00e8s un naufrage\u00bb, fait savoir l\u2019un des habitants du village. Encore sous le choc, Abdoul Rahim ne r\u00eave plus d\u2019aller au Gabon.<\/p>\n<p>\u00ab Ce que j\u2019ai v\u00e9cu en mer d\u00e9passe l\u2019entendement. Nous savions, depuis toujours, que des gens mouraient noy\u00e9s en tentant de traverser l\u2019oc\u00e9an. Mais, il faut le vivre pour mieux comprendre de quoi il s\u2019agit \u00bb, assure-t-il. Une fois sur la rive, les traces des trois passeurs sont rest\u00e9es introuvables. Tout tremp\u00e9, Assane et ses camarades sont convoy\u00e9s dans une \u00e9cole \u00e0 Campo. Par la suite, ils ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s par vol sp\u00e9cial \u00e0 Ouagadougou, le 12 septembre 2019\u2026<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>\u00a0Gaspard BAYALA<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\">gaspardbayala87@gmail.com<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d966bac72c12_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/10\/03\/immigration-clandestine-recit-dun-voyage-en-enfer\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En tentant de rejoindre le Gabon ou la Guin\u00e9e Equatoriale, en qu\u00eate d\u2019une vie meilleure, soixante-dix migrants burkinab\u00e8, dont l\u2019\u00e2ge varie entre 15 et 45 ans, ont fr\u00f4l\u00e9 la mort en mer. R\u00e9cit d\u2019un voyage tumultueux. 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