{"id":63354,"date":"2019-10-04T06:58:58","date_gmt":"2019-10-04T10:58:58","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/viol-des-mineures-jetais-a-la-merci-du-pere-et-du-fils\/"},"modified":"2019-10-04T06:58:58","modified_gmt":"2019-10-04T10:58:58","slug":"viol-des-mineures-jetais-a-la-merci-du-pere-et-du-fils","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/viol-des-mineures-jetais-a-la-merci-du-pere-et-du-fils\/","title":{"rendered":"Viol des mineures:  \u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais \u00e0 la merci du p\u00e8re et du fils\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?fit=640%2C480&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"480\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?w=640&#038;ssl=1 640w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?resize=265%2C198&#038;ssl=1 265w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/5.jpg?resize=560%2C420&#038;ssl=1 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" alt=\"\" title=\"5\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Les violences sexuelles sur les mineures sont l\u00e9gion au Burkina Faso. Des pr\u00e9dateurs sexuels n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 souiller les gamines, bouleversant \u00e0 jamais leur vie. Meurtries, certaines victimes souffrent dans l\u2019attente d\u2019une justice. D\u2019autres ont d\u00e9cid\u00e9 de briser le silence\u2026<\/strong><\/p>\n<p>La f\u00eate du nouvel an musulman (fin septembre 2017) bat son plein, en cette nuit, dans le village de Tanghin-Niandeghin, dans le Plateau central. La petite Elsa s\u2019y rend pour aider sa grand-m\u00e8re \u00e0 vendre du poisson \u00e0 cette foire de circonstance. Faisant la ronde du march\u00e9, la fillette croise Issa, son a\u00een\u00e9 de plus d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Bien connu d\u2019elle et de la famille, son <em>\u00ab\u00a0grand fr\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em> lui offre \u00e0 boire avant de s\u2019\u00e9clipser dans la foule. Les heures s\u2019\u00e9gr\u00e8nent. Le ciel s\u2019obscurcit de plus en plus. Tel un pr\u00e9dateur, Issa guette Elsa. Loin des regards, il l\u2019interpelle. Pour app\u00e2ter la gamine, il lui propose de le suivre dans les buissons contre la somme de 5000 F CFA. Na\u00efve, elle accepte de suivre son <em>\u00abbon samaritain \u00bb.<\/em> Dans la p\u00e9nombre, et \u00e0 l\u2019abri des regards, il lui vole sa virginit\u00e9. Elle est viol\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises. Ses petites mains n\u2019y peuvent rien contre son bourreau. Sa voix, \u00e0 peine audible, ne peut l\u2019extirper des griffes de ce pr\u00e9dateur sexuel\u2026Elsa ne tient pas le coup. Ensanglant\u00e9e, elle rend son dernier souffle\u2026Issa abandonne sa <em>\u00ab\u00a0proie\u00a0\u00bb<\/em> et prend la cl\u00e9 des champs. D\u00e9nud\u00e9e, le corps sans vie de la gamine est abandonn\u00e9 dans la broussaille. Apr\u00e8s plusieurs heures de recherches, la petite Elsa est retrouv\u00e9e le lendemain, sans sexe. Elle n\u2019aura plus la chance de f\u00eater ses 11 ans. L\u2019appel \u00e0 t\u00e9moins porte ses fruits. Apr\u00e8s plusieurs jours de traque, le grappin est mis sur Issa. Il nie cat\u00e9goriquement les faits. Sous la pression populaire, il finit par avouer\u00a0son crime : <em>\u00ab\u00a0Je reconnais l\u2019avoir viol\u00e9. Mais je n\u2019ai pas arrach\u00e9 son sexe\u00a0\u00bb.<\/em> En attendant que justice soit rendue, le violeur croupit \u00e0 la prison de haute s\u00e9curit\u00e9 de Loumbila.<\/p>\n<blockquote readability=\"6\">\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Papa m\u2019a menac\u00e9e de me tuer, si\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire de A.O, 15 ans, est tout aussi path\u00e9tique. Ses g\u00e9niteurs r\u00eavaient d\u2019un bel avenir pour elle, puisque son cursus scolaire force l\u2019admiration. Pour <em>\u00ab\u00a0parfaire\u00a0\u00bb<\/em> son instruction, son p\u00e8re d\u00e9cide qu\u2019elle ach\u00e8vera ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 Ouagadougou. Elle quitte alors Ismagho, son village natal, pour \u00e9lire d\u00e9sormais domicile chez son oncle. \u00a0Tr\u00e8s heureuse, sa vie va pourtant conna\u00eetre un tournant tragique. Awa est loin de s\u2019imaginer que ses petites rondeurs attirent secr\u00e8tement les <em>\u00ab\u00a0m\u00e2les\u00a0\u00bb<\/em> de la famille avec en t\u00eate Pataryand\u00e9, le chef de famille. Les jours passent, celui-ci n\u2019a pas renonc\u00e9 \u00e0 <em>\u00ab\u00a0consommer\u00a0\u00bb<\/em> la petite Awa<strong>.<\/strong> Palud\u00e9enne, elle se retranche dans sa chambre. Affaiblie par les m\u00e9dicaments, elle tombe dans les bras de Morph\u00e9e. Pataryand\u00e9 qu\u2019elle appelle affectueusement <em>\u00ab\u00a0tonton\u00a0\u00bb,<\/em> s\u2019introduit alors dans sa chambre. La gamine sent une pr\u00e9sence humaine. Cauchemar ou r\u00e9alit\u00e9\u00a0? Elle continue son sommeil. Les mains du tonton se baladent sur son petit corps. Elle sursaute. Ses paupi\u00e8res s\u2019ouvrent. La lutte s\u2019engage. Elle se d\u00e9bat de toutes ses forces. Ses petits biceps n\u2019y peuvent rien. <em>\u00ab\u00a0Ton joli corps d\u2019adolescente m\u2019excite \u00e0 chaque fois que je te regarde. Tu as le corps d\u2019une adulte et je me demande, si c\u2019est le m\u00eame go\u00fbt\u00a0\u00bb,<\/em> l\u00e2che-t-il.\u00a0 Elle crie \u00e0 tue-t\u00eate. Aucun secouriste \u00e0 l\u2019horizon. Impuissante, il abuse d\u2019elle. Ni ses pleurs, ni ses supplications ne freinent son oncle dans sa basse besogne. <em>\u00ab\u00a0Il m\u2019a menac\u00e9e en me disant qu\u2019il allait tout raconter \u00e0 mon p\u00e8re et \u00e0 ma tante que j\u2019ai tent\u00e9 de le s\u00e9duire et que l\u2019\u00e9cole n\u2019\u00e9tait pas ma priorit\u00e9\u00bb,<\/em> raconte l\u2019infortun\u00e9e. Son calvaire vient de commencer. <em>\u00ab\u00a0Ma tante \u00e9tait enseignante en province et y \u00e9tait avec ses deux derniers enfants. Chaque nuit, pendant que les autres membres de la famille dorment, il venait me violer \u00bb,<\/em> se rem\u00e9more-t-elle, la voix nou\u00e9e. Awa n\u2019est pas au bout de ses peines. <em>\u00ab\u00a0Une nuit, son fils a\u00een\u00e9 voulant un m\u00e9dicament avec moi a surpris son p\u00e8re dans ma chambre\u00a0\u00bb,<\/em> explique la fillette. Soulag\u00e9e d\u2019\u00eatre au bout de son calvaire, elle est d\u00e9sagr\u00e9ablement surprise. Ange menace son p\u00e8re de tout raconter \u00e0 sa m\u00e8re, s\u2019il ne passe pas \u00e0 l\u2019acte \u00e0 son tour. \u00a0D\u00e9sormais, elle est \u00e0 la merci du p\u00e8re et du fils. <em>\u00ab\u00a0Depuis ce jour, ils abusaient r\u00e9guli\u00e8rement de moi jusqu\u2019au jour o\u00f9 j\u2019eus le courage de me confier \u00e0 la servante. Cette derni\u00e8re me fit savoir qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par mon oncle et qu\u2019elle n\u2019a rien dit pour garder son boulot\u00a0\u00bb<\/em>, l\u00e2che-t-elle en sanglots.\u00a0 Pour mettre fin \u00e0 son supplice, une id\u00e9e lui taraude l\u2019esprit\u00a0: le suicide. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai tent\u00e9 de me suicider avec les m\u00e9dicaments qu\u2019on utilise pour tuer les souris. La servante m\u2019a vu mettre le produit dans mon repas. Elle m\u2019a demand\u00e9 de tout remettre entre les mains de Dieu. C\u2019est ainsi que j\u2019y ai renonc\u00e9 \u00bb,<\/em> confie-t-elle. Difficile pour elle d\u2019oublier cette p\u00e9riode sombre de sa vie. Traumatis\u00e9e, Awa retourne au village aupr\u00e8s des siens, apr\u00e8s deux \u00e9checs en classe de 4e.<\/p>\n<p>Ag\u00e9e de 16 ans et orpheline de m\u00e8re, Latifa a \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e par son g\u00e9niteur. En plus de lui \u00ab <em>voler<\/em> \u00bb sa virginit\u00e9, il lui a transmis le virus du SIDA.\u00a0 \u00ab <em>Ce jour-l\u00e0, j\u2019ai pleur\u00e9 de toutes mes larmes. J\u2019avais tr\u00e8s mal. Papa m\u2019a menac\u00e9e de me tuer, si j\u2019en parlais \u00e0 quelqu\u2019un<\/em> \u00bb, t\u00e9moigne Latifa. Muette, elle a douloureusement port\u00e9 ce lourd fardeau des ann\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 son union avec K.O. Apr\u00e8s cette sc\u00e8ne horrible, elle dit n\u2019avoir plus connu d\u2019hommes jusqu\u2019\u00e0 ses noces. C\u2019est apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de mariage, qu\u2019elle a d\u00e9couvert sa s\u00e9ropositivit\u00e9.\u00a0 \u00ab <em>Mon \u00e9poux est saint. C\u2019est ainsi que j\u2019ai compris que la rumeur disant que mes parents sont atteints du VIH \u00e9tait fond\u00e9e. Malheureusement, mon fils a\u00een\u00e9 est infect\u00e9<\/em> \u00bb, raconte-t-elle, la mort dans l\u2019\u00e2me. D\u00e9sormais affaiblie par le VIH, elle en veut \u00e0 son p\u00e8re d\u2019avoir g\u00e2ch\u00e9 sa vie.\u00a0 \u00ab <em>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 suivre le traitement. Mais mon organisme est fatigu\u00e9. Je n\u2019attends que la mort<\/em> \u00bb, l\u00e2che-t-elle.<\/p>\n<p>De nombreuses mineures subissent des violences sexuelles. \u00a0Selon le rapport 2017 de l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re des infractions impliquant les mineures et les femmes, on note 27 tentatives de viols en 2015, 35 en 2016 et 21 en 2017. Cette m\u00eame enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le, respectivement pour les ann\u00e9es, 116, \u00a0139 et 175 cas de viols. En 2016, 35 cas de viols ont \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9s au minist\u00e8re en charge de la femme. Ces chiffres ne sont qu\u2019une partie visible de l\u2019iceberg. Les victimes sont des enfants de 2, 5, 9 ans\u2026Leurs bourreaux sont des personnes majeures\u00a0: des jeunes, leurs fr\u00e8res, leurs oncles, leurs tuteurs, etc. Pire, souvent\u2026leur p\u00e8re. Mais g\u00e9n\u00e9ralement, ces actes d\u2019incestes coupl\u00e9s au viol sont vite \u00e9touff\u00e9s dans l\u2019\u0153uf. Les familles n\u2019en pipent g\u00e9n\u00e9ralement pas mot. De nombreux <em>\u00ab\u00a0ados\u00a0\u00bb<\/em> voient ainsi leur enfance hypoth\u00e9qu\u00e9e. Malheureusement, ces violences prennent de l\u2019ampleur et sont soutenues par l\u2019existence d\u2019un terrain favorable\u00a0: les unions pr\u00e9coces, la l\u00e9gislation inadapt\u00e9e et\/ou inappliqu\u00e9e, la morale sociale en ruine et la conspiration du silence autour du viol dans la communaut\u00e9. Les actes de viol ont des effets d\u00e9vastateurs sur les mineures. A cause de leur pr\u00e9cocit\u00e9, ils ont des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur leur sant\u00e9 mentale (d\u00e9pression, troubles de la personnalit\u00e9, troubles psychologiques, etc.). A cela s\u2019ajoutent, la d\u00e9tresse psychologique, le stress post-traumatique, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, l\u2019automutilation, les tentatives de suicide, les Infections sexuellement transmissibles (IST), les grossesses non d\u00e9sir\u00e9es et les avortements clandestins. Les viols engendrent aussi divers troubles gyn\u00e9cologiques chez les victimes\u00a0: h\u00e9morragies et d\u00e9chirures vaginales, fibromes, douleurs pelviennes chroniques, infections urinaires, fistules, st\u00e9rilit\u00e9, ulc\u00e9rations g\u00e9nitales\u2026<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-14789\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/4-1.jpg?resize=531%2C355&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"531\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/4-1.jpg?w=600&#038;ssl=1 600w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/4-1.jpg?resize=300%2C201&#038;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Une prise en charge mitig\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Selon l\u2019annuaire statistique 2016 du minist\u00e8re en charge de la famille, 13 148 enfants victimes de violences ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues par les services sociaux, dont 3 053 pour la seule ville de Ouagadougou. Dans les services sociaux, il se pose aussi un v\u00e9ritable probl\u00e8me de prise en charge des mineures victimes de viol.\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Selon une enqu\u00eate, sur 97 cas trait\u00e9s, 52 enfants soit 54% des cas, ont \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 leurs parents et n\u2019ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019aucune mesure particuli\u00e8re de prise en charge\u00a0\u00bb,<\/em> d\u00e9plore l\u2019administrateur des affaires sociales, Erman Dabira. La peur que l\u2019entourage ne soit au courant du viol ou d\u2019exposer la dignit\u00e9 de la victime et de la famille ou encore le fait de vouloir vite oublier, sont des freins \u00e0 la prise en charge ad\u00e9quate des victimes. Selon des sp\u00e9cialistes de la sant\u00e9, des parents disparaissent apr\u00e8s avoir re\u00e7u un minimum de soins pour leurs enfants, de peur que d\u2019autres personnes ne soient mises au courant du viol. Ces obstacles se mat\u00e9rialisent le plus souvent par un d\u00e9m\u00e9nagement clandestin de la victime et\/ou sa famille et le retrait des plaintes aupr\u00e8s des services de s\u00e9curit\u00e9. Ces situations ne facilitent pas l\u2019accompagnement psychosocial et m\u00e9dical. Garantir aux mineures une vie exempte de toute forme de violences passe par la protection rigoureuse de l\u2019enfance. \u00a0Conscient de cela, l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies a adopt\u00e9, le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l\u2019enfant. Elle pr\u00e9voit en son article 19 que les enfants doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre toute forme de violence, d\u2019atteinte ou de brutalit\u00e9s physiques ou mentales, d\u2019abandon ou de n\u00e9gligence, de mauvais traitements ou d\u2019exploitation, y compris la violence sexuelle. Au Burkina Faso, la Constitution du 2 juin 1991 proscrit les traitements inhumains et cruels, d\u00e9gradants et humiliants, la torture physique ou morale, les s\u00e9vices et les mauvais traitements inflig\u00e9s aux enfants. Mais force est de reconnaitre que leur situation n\u2019est gu\u00e8re reluisante. Ils font l\u2019objet, au quotidien, de toutes sortes de violences dont l\u2019une des plus pernicieuses est le viol. <em>\u00ab\u00a0Au titre des crimes et d\u00e9lits contre les particuliers, les cas de viols ont occup\u00e9 le second rang des inculp\u00e9s d\u00e9tenus apr\u00e8s les cas de vols aggrav\u00e9s, de 2000 \u00e0 2008. Ces cas de viol ont connu une hausse en moins d\u2019une d\u00e9cennie soit, de 56 cas en 2000 \u00e0 163 cas en 2008\u00a0\u00bb,<\/em> r\u00e9v\u00e8le M. Dabira. A Ouagadougou, selon une \u00e9tude conjointe du Minist\u00e8re charg\u00e9 de la famille et de l\u2019UNICEF datant d\u2019octobre 2001, on d\u00e9nombrait 35 cas d\u2019abus sexuels d\u00e9clar\u00e9s officiellement aupr\u00e8s des services publics de protection de l\u2019enfance dont 28 cas de viols. Ces chiffres ne concernent que les cas signal\u00e9s et qui ont fait l\u2019objet de proc\u00e9dure judiciaire.<\/p>\n<p><strong>Le silence coupable<\/strong><\/p>\n<p>Des actes de viols sur mineures sont peu d\u00e9nonc\u00e9s. Dans la soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e8, ils demeurent tabous et sont masqu\u00e9s par certaines pesanteurs socioculturelles. Difficile pour Fid\u00e9lia d\u2019oublier, cette nuit o\u00f9 son oncle (le fr\u00e8re \u00e0 son p\u00e8re) l\u2019a souill\u00e9e. De cet inceste coupl\u00e9 au viol, elle a <em>\u00a0<\/em>piqu\u00e9<em>\u00a0<\/em> une grossesse de son <em>\u00abp\u00e8re \u00bb.<\/em> A 16 ans, elle ne voulait pas garder cet <em>\u00ab\u00a0enfant de la honte\u00a0\u00bb.<\/em> <em>\u00ab J\u2019\u00e9tais vierge. Apr\u00e8s ce viol, je suis tomb\u00e9e enceinte. Mais, la famille a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019on avorte\u00bb,<\/em> affirme-t-elle.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-14788\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=696%2C522&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"522\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?w=1080&#038;ssl=1 1080w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=300%2C225&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=768%2C576&#038;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=1024%2C768&#038;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=265%2C198&#038;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=696%2C522&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=1068%2C801&#038;ssl=1 1068w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-9.jpg?resize=560%2C420&#038;ssl=1 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" data-recalc-dims=\"1\"\/> Ces enfants vuln\u00e9rables qui doivent b\u00e9n\u00e9ficier de la protection de la communaut\u00e9 sont victimes de sa violence, regrette le juge des enfants au Tribunal de grande instance de Kaya, Patrice Segda. Selon l\u2019article 533-11 du Code p\u00e9nal, le viol est puni d\u2019une peine d\u2019emprisonnement ferme de 11 \u00e0 20 ans et d\u2019une amende de 1 \u00e0 3 millions F CFA, lorsqu\u2019il est commis sur un mineur de 13 \u00e0 15 ans au plus. La peine encourue est un emprisonnement de 11 \u00e0 30 ans et d\u2019une amende de 3 \u00e0 10 millions F CFA, lorsque la victime a moins de 13 ans, selon l\u2019article 533-13. <em>\u00ab Une fillette de 12 ans est tomb\u00e9e enceinte \u00e0 l\u2019issue d\u2019un viol. C\u2019est \u00e0 six mois de sa grossesse que ses parents se sont rendu compte. C\u2019\u00e9tait une grossesse \u00e0 haut risque selon les agents de sant\u00e9. En plus d\u2019\u00eatre anc\u00e9phalopate, elle \u00e9tait dr\u00e9panocytaire\u2026Le violeur est m\u00e9connu. El\u00e8ve en classe de CM2, elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 son fils par c\u00e9sarienne.<\/em> <em>Les enqu\u00eates suivent leurs cours pour identifier le violeur \u00bb,<\/em> relate le juge Segda. A des exceptions pr\u00e8s, les criminels sont rarement identifi\u00e9s et punis. Ag\u00e9 de 64 ans, M.O, c\u00e9libataire et p\u00e8re de quatre enfants, couturier de profession \u00e0 Bobo-Dioulasso, est pass\u00e9 \u00e0 la barre pour viol de D.T, \u00e2g\u00e9e de 13 ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, 9 avril 2015. D.T allait retirer les habits de sa grand-m\u00e8re, \u00e0 l\u2019atelier de couture de M.O. Le sexag\u00e9naire a profit\u00e9 de ce moment de solitude avec la gamine pour l\u2019abuser sexuellement. Appel\u00e9 \u00e0 la barre, le \u00a0vendredi 14 juillet 2017, le sexag\u00e9naire dans un premier temps, a ni\u00e9 en bloc, avoir commis l\u2019acte qui lui est reproch\u00e9. Il a reconnu plut\u00f4t, avoir eu l\u2019intention de lui faire des attouchements, sans avoir r\u00e9ussi \u00e0 la p\u00e9n\u00e9trer. Car, a-t-il expliqu\u00e9, <em>\u00ab \u00e0 chaque tentative manqu\u00e9e, la victime se plaignait d\u2019avoir mal \u00e0 la partie g\u00e9nitale \u00bb.<\/em> Et les juges de r\u00e9torquer\u00a0<em>: \u00ab Et le sang retrouv\u00e9 sur ses habits le jour des faits? \u00bb<\/em>.\u00a0 M.O se d\u00e9fend que D.T. \u00e9tait en p\u00e9riode de menstrues. Le certificat de l\u2019expertise m\u00e9dicale \u00e9tabli le jour de l\u2019acte, \u00e0 la demande de la m\u00e8re de la victime, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 pourtant <em>\u00ab une d\u00e9chirure de l\u2019hymen \u00bb.<\/em> Ce qui a corrobor\u00e9 les faits, selon le procureur, car D.T. a affirm\u00e9 n\u2019avoir jamais eu de rapport sexuel avant ce jour-l\u00e0. Courant mars de la m\u00eame ann\u00e9e, le vieillard aurait tent\u00e9 \u00e0 deux reprises d\u2019abuser de D.T., mais n\u2019y est pas parvenu, a soulign\u00e9 le pr\u00e9sident du tribunal.\u00a0 <em>\u00ab Il a tent\u00e9 deux fois et la troisi\u00e8me fois, il a r\u00e9ussi. Il m\u2019a couch\u00e9e sur un banc, m\u2019a d\u00e9shabill\u00e9e, et s\u2019est couch\u00e9 sur moi \u00bb,<\/em> a retrac\u00e9 la victime. M.O a fini par reconna\u00eetre les faits, tout en insistant, cette fois, que la victime \u00e9tait consentante. Chose qui ne l\u2019a visiblement pas tir\u00e9 d\u2019affaires, car pour le procureur, <em>\u00abl\u2019avis d\u2019une mineure d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es n\u2019a aucune valeur juridique \u00bb.<\/em> Le sexag\u00e9naire a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 10 ans de prison ferme. Si M.O. a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9, la plupart des bourreaux passent entre les mailles de la justice. Car, les victimes gardent parfois le silence. Elles redoutent en g\u00e9n\u00e9ral l\u2019opprobre pour elles et les siens. Quant aux familles, elles pr\u00e9f\u00e8rent rester silencieuses. Pourtant, il leur revient principalement de prot\u00e9ger l\u2019enfant \u00e0 la suite de l\u2019agression. Donc, plusieurs viols commis sur des mineures sont <em>\u00ab arrang\u00e9s \u00bb<\/em> \u00e0 l\u2019amiable. La famille de la victime ne d\u00e9pose pas de plaintes en justice. Si pour certaines, c\u2019est une mani\u00e8re de prot\u00e9ger leur prog\u00e9niture et elles-m\u00eames pour ne pas \u00eatre point\u00e9es du doigt, pour d\u2019autres, c\u2019est pour \u00e9viter que l\u2019accus\u00e9 n\u2019aille en prison. \u00a0R\u00e9tablir l\u2019honneur et panser les plaies de la victime en justice sont alors rel\u00e9gu\u00e9s au second plan. Nombre de victimes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de soutiens de leurs proches. Elles sont plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9es comme les responsables de leur malheur. <em>\u00ab Le boutiquier m\u2019a viol\u00e9. Pr\u00e9sentement, les gens du quartier sont au courant \u00bb,<\/em> t\u00e9moigne Flora, une fillette de 13 ans. Pire, on banalise les violences sexuelles dans d\u2019autres cercles. C\u2019est le cas de Yasmina, 14 ans. Victime d\u2019un viol collectif, sa tutrice lui impute la responsabilit\u00e9 de son malheur. <em>\u00ab Il y a trois jeunes qui m\u2019ont viol\u00e9. Lorsque, j\u2019ai inform\u00e9 ma tante, elle m\u2019a dit que c\u2019est moi qui ai cherch\u00e9 en allant chez eux. Parce qu\u2019ils ne sont pas venus m\u2019attacher \u00e0 la maison pour m\u2019envoyer chez eux. Pour elle, je pouvais refuser \u00bb,<\/em> confie-t-elle. La forte pression communautaire et le d\u00e9sir de ne pas d\u00e9grader les relations de <em>\u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb<\/em> voisinage sont aussi des facteurs d\u2019impunit\u00e9. <em>\u00ab Ma fille a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par mon voisin. Lorsqu\u2019il a su que j\u2019\u00e9tais au courant, il est venu s\u2019agenouiller pour me supplier. Je ne lui ai rien dit. Le lendemain, il a encore sollicit\u00e9 les vieux du quartier qui sont venus me demander pardon\u00a0\u00bb,<\/em> regrette le vieux A. Sawadogo. Il n\u2019y aura pas non plus de justice pour la petite Ra\u00efssa. Son p\u00e8re, S.O., le commer\u00e7ant, ne compte pas, non plus, ester Justin en justice. <em>\u00abQuand ma fille va recouvrer la sant\u00e9, on va laisser tomber. Si, je pose plainte, cela fera trop de bruits au march\u00e9. Les gens ne vont pas me soutenir. Car, le jeune qui a fait cela est trop aim\u00e9 par les femmes du march\u00e9. C\u2019est lui qui d\u00e9charge leurs marchandises. D\u2019ailleurs, \u00e0 la justice, tu vas marcher beaucoup pour rien\u00bb,<\/em> insiste-t-il<em>.<\/em> Pour le juge Patrice Segda, le r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable est une entrave \u00e0 la justice. Donc, les parents ont le devoir de signaler tous les cas de viols. En attendant une r\u00e9volution des mentalit\u00e9s, des pr\u00e9dateurs sexuels courent toujours\u2026<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Abdel Aziz NABALOUM<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\"><a href=\"mailto:emirathe@yahoo.fr\"><strong>emirathe@yahoo.fr<\/strong><\/a><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Les parents sont-ils coupables ?<\/strong><\/p>\n<p>Au cours de nos investigations, de nombreux parents ont affirm\u00e9 qu\u2019ils ne souhaitent pas mettre en branle la justice pour <em>\u00ab\u00a0r\u00e9parer\u00a0\u00bb<\/em> le pr\u00e9judice subi par leurs enfants. Les raisons sont diverses. Mais la longue proc\u00e9dure judiciaire de nature \u00e0 les d\u00e9courager, est la principale. A cela s\u2019ajoute la honte pour la famille au cas, o\u00f9 ce crime est connu dans l\u2019entourage. D\u00e9noncer les auteurs de ces crimes ne pourra pas ramener les fillettes en l\u2019\u00e9tat, mais leur condamnation \u00e0 des peines de prison ferme pourra d\u00e9courager d\u2019\u00e9ventuels violeurs. Il est temps que les mentalit\u00e9s changent.<\/p>\n<p><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0M\u00eame, si c\u2019est par la force\u2026\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Christelle (nom d\u2019emprunt), \u00e9l\u00e8ve en classe de 4<sup>e<\/sup> dans\u00a0 un lyc\u00e9e de Manga, a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 un viol planifi\u00e9 par deux de ses camarades de classe. Un soir, au sortir des cours, ces derniers lui ont offert un billet de 2000 F CFA. Elle a accept\u00e9 na\u00efvement \u00a0ce <em>\u00ab\u00a0cadeau\u00a0\u00bb.<\/em> Mais, cet acte de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas anodin. Deux jours plus tard, les deux amis ont fait une descente \u00e0 son domicile et ont tent\u00e9 de l\u2019extirper de force au grand dam de sa grande s\u0153ur. <em>\u00ab\u00a0Elle a pris nos 2000 F CFA. Donc, il faut qu\u2019elle sorte pour qu\u2019on aille faire l\u2019amour\u2026\u00bb,<\/em> lan\u00e7aient-ils, aux dires de notre source. Toutes les tentatives pour les raisonner sont rest\u00e9es vaines. Sous la menace des forces de s\u00e9curit\u00e9, appel\u00e9es \u00e0 la rescousse, les jeunes bourreaux ont abandonn\u00e9 leur projet. <em>\u00ab\u00a0Ici \u00e0 Manga, les cas de viols sont l\u00e9gion. Car, dans la mentalit\u00e9 populaire, une femme ne profite pas gratuitement de l\u2019argent d\u2019un homme. Si tu le fais, attends-toi \u00e0 le payer par tous les moyens, m\u00eame par le viol\u00a0\u00bb,<\/em> confie la m\u00eame source.<\/p>\n<p><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d97bcbc5934f_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/10\/04\/viol-des-mineures-jetais-a-la-merci-du-pere-et-du-fils\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les violences sexuelles sur les mineures sont l\u00e9gion au Burkina Faso. Des pr\u00e9dateurs sexuels n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 souiller les gamines, bouleversant \u00e0 jamais leur vie. Meurtries, certaines victimes souffrent dans l\u2019attente d\u2019une justice. D\u2019autres ont d\u00e9cid\u00e9 de briser le silence\u2026 La f\u00eate du nouvel an musulman (fin septembre 2017) bat son plein, en cette nuit, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-63354","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63354","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63354"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63354\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63354"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63354"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63354"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}