{"id":64012,"date":"2019-10-10T04:02:39","date_gmt":"2019-10-10T08:02:39","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/nous-allons-porter-le-taux-de-transformation-de-nos-matieres-premieres-a-25\/"},"modified":"2019-10-10T04:02:39","modified_gmt":"2019-10-10T08:02:39","slug":"nous-allons-porter-le-taux-de-transformation-de-nos-matieres-premieres-a-25","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/nous-allons-porter-le-taux-de-transformation-de-nos-matieres-premieres-a-25\/","title":{"rendered":"\u00abNous allons porter le taux de transformation de nos mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 25%\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/mkabore10.gif?fit=579%2C386&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"579\" height=\"386\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/mkabore10.gif?resize=579%2C386&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"mkabore10\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Ancien militant de l\u2019Association nationale des \u00e9tudiants du Burkina, doctorant en business administration, pr\u00e9c\u00e9demment pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration de Think Tank international, le ministre du Commerce, de l\u2019Industrie et de l\u2019Artisanat, Harouna Kabor\u00e9, a \u00e9t\u00e9 l\u2019invit\u00e9 de la R\u00e9daction, courant septembre 2019. Pendant une heure, il a r\u00e9pondu, sans d\u00e9tour, aux questions des journalistes sur les r\u00e9centes mesures de suspension de l\u2019importation du sucre, de l\u2019huile alimentaire, mais aussi sur la fraude, son engagement militant, les \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales de 2020\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Sidwaya (S.)\u00a0: La marche de l\u2019Union d\u2019action populaire du 16 septembre a \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9e. En quoi cette manifestation \u00e9tait de nature \u00e0 troubler l\u2019ordre\u00a0public ?<\/p>\n<p>Harouna Kabor\u00e9 (H.K.)\u00a0: Je voudrais remercier le directeur g\u00e9n\u00e9ral des Editions Sidwaya et l\u2019ensemble de son personnel pour l\u2019accueil chaleureux qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9. J\u2019ai vu plusieurs travailleurs d\u00e9termin\u00e9s. J\u2019ai vu aussi les conditions de travail, ce qui m\u2019a permis de m\u2019impr\u00e9gner de vos r\u00e9alit\u00e9s. Je profite de votre journal pour rendre hommage \u00e0 tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 victimes du terrorisme, apporter toujours notre soutien et compassion aux familles des victimes et inviter les Burkinab\u00e8 \u00e0 se mobiliser derri\u00e8re les Forces de d\u00e9fense et s\u00e9curit\u00e9 pour d\u00e9fendre la patrie et cr\u00e9er les conditions de la d\u00e9mocratie. Pour r\u00e9pondre \u00e0 votre question, qui dit d\u00e9mocratie, dit devoirs et droits et qui dit devoirs et droits, dit support sur lequel on devrait pouvoir s\u2019appuyer pour avancer. Ce support, ce sont les textes et lois, les valeurs et r\u00e8gles de la R\u00e9publique. C\u2019est l\u2019ensemble donc de tout le corps l\u00e9gislatif qui nous permet de fonctionner et de r\u00e8glementer la vie publique. Pour ce fait, les \u00e9v\u00e8nements li\u00e9s \u00e0 la date du 16 septembre 2015 qui est une date historique d\u2019autant plus que le peuple burkinab\u00e8, de fa\u00e7on h\u00e9ro\u00efque, s\u2019est uni contre le non-respect de la loi, d\u2019autant plus que c\u2019est un arr\u00eat brusque d\u2019un processus normal contre lequel le peuple burkinab\u00e8 s\u2019est battu pour que les lois et r\u00e8glements de notre pays soient respect\u00e9s afin que nous allions \u00e0 des \u00e9lections libres et transparentes. Quelles que soient la situation et les divergences, si nous travaillons \u00e0 respecter la r\u00e8glementation de part et d\u2019autre, on devrait pouvoir \u00e9viter beaucoup de situations. La seule solution, c\u2019est la communication, le dialogue. S\u2019il y a des incompr\u00e9hensions, on doit dialoguer pour permettre que les activit\u00e9s se d\u00e9roulent normalement afin que les droits des uns ne soient pas bafou\u00e9s et jouir de la libert\u00e9 de manifester, la libert\u00e9 syndicale dans le but de r\u00e9clamer de meilleures conditions de vie. Mais tout ceci dans un dialogue r\u00e9publicain.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Cette r\u00e9pression des manifestants ne va-t-elle pas contribuer \u00e0 radicaliser le front social\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Les syndicalistes burkinab\u00e8 sont responsables. Ce sont des acteurs aussi qui ont toujours contribu\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019il y ait \u2020beaucoup de libert\u00e9 et d\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie dans notre pays. Et cela se fait toujours dans une discussion franche et un dialogue f\u00e9cond avec le gouvernement. Pour moi, le fil du dialogue n\u2019est pas du tout rompu. Il peut y avoir par moments des mont\u00e9es de fi\u00e8vre, mais on va continuer \u00e0 discuter.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Vous venez d\u2019interdire la commercialisation des alcools frelat\u00e9s en sachet. Qu\u2019est-ce qui a motiv\u00e9 cette action\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Depuis des ann\u00e9es, notamment \u00e0 travers la presse, nous avons \u00e9t\u00e9 interpel\u00e9s sur ce fl\u00e9au. Ceux qui importent ces produits sont \u00e9galement interpel\u00e9s. Certaines communes ont m\u00eame pris des mesures avec d\u00e9lib\u00e9ration en conseil municipal pour interdire ces boissons frelat\u00e9es, parce qu\u2019elles d\u00e9ciment les populations des villes et campagnes et d\u00e9truisent en particulier une frange de la jeunesse. La consommation de ces alcools a un impact \u00e9conomique parce que vous avez des personnes totalement d\u00e9pendantes qui sont inaptes \u00e0 mener des activit\u00e9s \u00e9conomiques, alors que ce sont des bras valides. Elle a \u00e9galement un impact sanitaire, parce que les consommateurs sont des personnes dont il faut s\u2019occuper car \u00e9tant sous l\u2019effet de ces stup\u00e9fiants, cela est dangereux pour la qui\u00e9tude et la s\u00e9curit\u00e9 de la population. Plusieurs actions de sensibilisation ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es et nous nous sommes appuy\u00e9s sur la loi 016 sur le commerce, pr\u00e9cis\u00e9ment sur son article 64 qui donne la possibilit\u00e9 de prendre des mesures et de les appliquer sans pr\u00e9avis et sans d\u00e9lais\u00a0\u00e0 l\u2019effet de prot\u00e9ger les populations si on juge que le produit concern\u00e9 est nocif \u00e0 la sant\u00e9 publique. Aujourd\u2019hui, nos \u00e9quipes sont v\u00e9ritablement mobilis\u00e9es sur le terrain pour ramasser l\u2019ensemble des sachets du CPUT \u00e0 travers le pays. Il y a un travail de fond qui est fait sur l\u2019ensemble du territoire pour retirer de fa\u00e7on d\u00e9finitive ces sachets de la circulation, en dehors de Dori et de Fada o\u00f9 nous avons eu des difficult\u00e9s pour coordonner avec les Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS). L\u00e0 o\u00f9 nous n\u2019avons pas pu, nous avons sell\u00e9 les magasins, ce qui nous permettra d\u2019\u00e9viter d\u2019inonder notre pays de ces boissons dangereuses. En clair, la consommation de la boisson n\u2019est pas interdite au Burkina Faso. Mieux, beaucoup de commer\u00e7ants qui interviennent dans ce domaine exercent leurs activit\u00e9s avec responsabilit\u00e9. Ils sont eux-m\u00eames demandeurs d\u2019accompagnement pour assainir le secteur.<\/p>\n<p>S.\u00a0: L\u2019on sait que les commer\u00e7ants changent g\u00e9n\u00e9ralement de strat\u00e9gies. Quelles sont les dispositions prises pour faire respecter la mesure\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: La vente de l\u2019alcool n\u2019est pas interdite. Un agent de l\u2019action sociale a soutenu un Master sur la consommation de cet alcool \u00e0 Ti\u00e9b\u00e9l\u00e9. Le tableau qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, en plus de ce que nos services font, il n\u2019y a pas un seul de ces sachets dont la teneur n\u2019atteint pas 40% d\u2019alcool. Quand vous regardez les instructions sur ces sachets, vous verrez que les doses ne sont pas respect\u00e9es. Lorsque vous \u00eates amen\u00e9 \u00e0 trouver 10\u00a0000 ou 15\u00a0000 F CFA pour payer une bouteille de liqueur, ou que vous consommez l\u2019alcool de fa\u00e7on responsable, cela n\u2019est pas interdit. Mais les sachets de 25 ou 100 F sont tr\u00e8s accessibles mais tr\u00e8s nocifs pour la sant\u00e9. Il s\u2019agit donc de r\u00e9duire l\u2019accessibilit\u00e9 de ce type d\u2019alcool parce que l\u2019importation aussi est interdite. Nous travaillons aussi sur un cahier des charges sur l\u2019importation des bouteilles pour que les indications sur les emballages soient respect\u00e9es et que nous soignons rassur\u00e9s de leur composition.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Qu\u2019en sera-t-il des contr\u00f4les aux fronti\u00e8res\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: De concert avec la douane, nous allons accentuer les contr\u00f4les de ces produits, avec l\u2019aide des populations, les d\u00e9nonciations et l\u2019apport des communes. Aujourd\u2019hui, les maires sont la police des communes. Un grand travail est en train d\u2019\u00eatre fait pour r\u00e9duire le ph\u00e9nom\u00e8ne au fur et \u00e0 mesure afin de le contenir.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Des boissons de grandes marques sont aussi contrefaites. Comment comptez-vous \u00e9tendre la mesure\u00a0\u00e0 cette contrefa\u00e7on ?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Avant cette mesure, la direction du contr\u00f4le des prix et de la r\u00e8glementation et les brigades mobiles faisaient d\u00e9j\u00e0 le contr\u00f4le des unit\u00e9s industrielles dans tous les domaines, notamment dans la boisson, l\u2019huilerie, pour nous rassurer des normes de conformit\u00e9. Le nouveau cahier des charges que nous sommes en train d\u2019\u00e9laborer va aller plus loin pour juguler le probl\u00e8me, parce que dans le domaine industriel et alimentaire, il y a des r\u00e8gles, des taux et une hygi\u00e8ne \u00e0 respecter. Mieux, lorsque nous avons rencontr\u00e9 les acteurs du domaine industriel, nous nous sommes engag\u00e9s \u00e0 les accompagner. Le but, ce n\u2019est pas de fermer des usines, mais de les accompagner \u00e0 se mettre aux normes et d\u2019assainir le secteur.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Vous \u00eates r\u00e9cemment parvenu \u00e0 imposer des images sur les paquets de cigarette. Comment avez-vous<br \/>proc\u00e9d\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Nous avons proc\u00e9d\u00e9 par une concertation d\u2019abord en rappelant aux uns et aux autres que les marquages sanitaires doivent \u00eatre faits. Nous avons mis ensuite un groupe de travail au minist\u00e8re au terme duquel un guide a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9, valid\u00e9 avec l\u2019ensemble des acteurs. C\u2019est sur la base de ce guide qu\u2019on a adapt\u00e9 le projet de d\u00e9cret ou de l\u2019arr\u00eat\u00e9 qui est introduit, de concert avec ma coll\u00e8gue de la Sant\u00e9, en Conseil des ministres, pour adoption. Nous avons signifi\u00e9 aux marqueurs et aux industriels qu\u2019\u00e0 partir du 31 mai 2019, l\u2019autorisation d\u2019importer du tabac ne sera plus d\u00e9livr\u00e9e. Apr\u00e8s, nous avons inform\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir du 31 juillet, la mesure rentrait en vigueur. Aujourd\u2019hui, il peut encore exister sur le march\u00e9 quelques cartouches o\u00f9 vous n\u2019avez pas le marquage mais c\u2019est d\u00e9finitivement r\u00e9gl\u00e9. Le ma\u00eetre mot, c\u2019\u00e9tait la concertation et le dialogue. Ce sont les lois de la R\u00e9publique qui doivent \u00eatre respect\u00e9es. Cette mesure a \u00e9t\u00e9 prise avec l\u2019implication des industriels, des distributeurs, des marqueurs et des associations de lutte contre le tabac notamment l\u2019Association contre le tabac (ACONTA).<\/p>\n<p>S.\u00a0: Est-ce qu\u2019il suffit d\u2019imposer une image dite choquante sur un paquet de cigarettes pour dissuader les fumeurs\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Nous n\u2019avons m\u00eame pas la pr\u00e9tention de dire qu\u2019une seule mesure suffit. La loi de finances 2018 pr\u00e9voyait une augmentation de la vente du tabac. Nous avons pris l\u2019ensemble des arr\u00eat\u00e9s n\u00e9cessaires pour l\u2019augmentation des prix, les images, la sensibilisation par les associations de lutte contre la consommation du tabac. La libert\u00e9 individuelle \u00e9tant garantie, les gens ont le droit de faire ceci ou cela, mais l\u2019Etat doit jouer sa partition parce qu\u2019il a sign\u00e9 des conventions internationales.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Il est interdit aux enfants de vendre et d\u2019acheter des cigarettes. Est-ce qu\u2019il y a des mesures pour prot\u00e9ger cette frange de la population qui fume ?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: C\u2019est une combinaison de mesures qui permet d\u2019atteindre un objectif. La ministre en charge de la Solidarit\u00e9 travaille d\u00e9j\u00e0 pour sortir des enfants de la rue qui sont expos\u00e9s \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Nous faisons en sorte aussi qu\u2019il y ait des sensibilisations pour que les parents prennent le relais. Un travail est fait sur le plan \u00e9ducatif avec nos enseignants. Ils expliquent ce qui est illicite et ce qui ne l\u2019est pas. C\u2019est la combinaison de l\u2019ensemble de ces mesures et des actions r\u00e9pressives qui peuvent juguler le ph\u00e9nom\u00e8ne. Le tabac est ravageur et la preuve, c\u2019est \u00e9crit sur le paquet \u2018\u2019la fum\u00e9e tue\u2019\u2019.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Vous avez \u00e9galement proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la suspension de l\u2019importation de l\u2019huile et du sucre. Ne privez-vous pas ainsi les Burkinab\u00e8 d\u2019avoir le choix\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Le choix est garanti. En mati\u00e8re de libert\u00e9, il y a des droits et des devoirs. Ce sont des textes qui sont appliqu\u00e9s dans notre pays et le vivre en soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est aussi appliquer ces instruments juridiques. En ce qui concerne le sucre, nous avons une consommation nationale de 120 mille tonnes. La SOSUCO produit autour de 30 000 tonnes. Donc, il n\u2019est pas interdit au Burkina d\u2019importer autre type de sucre. Nous voulons booster la consommation locale en sortant notre sucre et en commandant le gap de 90\u00a0000 tonnes. Mais dans les 90 000 tonnes, les Burkinab\u00e8 ont une vari\u00e9t\u00e9 de choix propos\u00e9. Ce n\u2019est donc pas en opposition du choix, mais cette mesure vise \u00e0 tirer les unit\u00e9s industrielles vers le haut. Il en est de m\u00eame pour l\u2019huile alimentaire. 50 000 tonnes sont produites sur le plan national, pour une consommation de 100\u00a0000 tonnes. Nous avons ainsi la latitude de commander d\u2019autres types. Nous donnons aux Burkinab\u00e8 le choix de consommer local et de continuer \u00e0 avoir de l\u2019huile venue d\u2019ailleurs. Des huileries qui \u00e9taient un peu en berne \u00e0 Bobo-Dioulasso vont se relever et la mesure va encourager les banques \u00e0 les accompagner. Au niveau de la SN SOSUCO, cela va permettre de faire un investissement suppl\u00e9mentaire pour am\u00e9liorer l\u2019outil de production. D\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s de sucre du c\u00f4t\u00e9 de Bagr\u00e9p\u00f4le nous ont approch\u00e9. Si vous voulez industrialiser le pays, transformer la mati\u00e8re premi\u00e8re locale, cr\u00e9er davantage d\u2019emplois, il faut aussi prendre des mesures encourageantes.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Il y a le facteur prix qui fait que les gens ont tendance \u00e0 acheter le riz ou le sucre qui vient d\u2019ailleurs\u2026<\/p>\n<p>H. K\u00a0: Le riz et le sucre ont des prix r\u00e8glement\u00e9s. Aujourd\u2019hui, il y a un texte qui r\u00e9git le paquet de sucre. Il est vendu \u00e0 750 F et est dans le pouvoir d\u2019achat des Burkinab\u00e8. Le prix du bidon d\u2019huile est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 13\u00a0514 F CFA et 700 F le litre. Si un commer\u00e7ant est capable d\u2019importer et de vendre en de\u00e7\u00e0 de ces prix, c\u2019est la loi du march\u00e9. Les valeurs de r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re de d\u00e9douanement du sucre tournent autour de 190\u00a0000 F CFA. Les prix \u00e0 l\u2019international sont connus. Si vous vendez le sucre \u00e0 l\u2019international, vous d\u00e9douanez \u00e0 la valeur de r\u00e9f\u00e9rence, vous ne pouvez que vendre moins cher. Si vous importez l\u2019huile telle qu\u2019elle est vendue \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur en respectant les textes du d\u00e9douanement au Burkina Faso, vous ne pouvez pas vendre moins cher que la SN CITEC. Ce n\u2019est pas parce que le produit est de l\u2019ext\u00e9rieur qu\u2019il est moins cher. Il faut d\u00e9j\u00e0 exclure cela du raisonnement des uns et des autres, parce que c\u2019est totalement faux. C\u2019est la fraude qui permet aux commer\u00e7ants de vendre moins cher. Cela donne l\u2019impression que c\u2019est notre production nationale qui est ch\u00e8re. Nous avons des projets d\u2019entrep\u00f4ts qui sont pr\u00e9vus pour 2020. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 augmenter le nombre de v\u00e9hicules pour combattre la fraude et la contrefa\u00e7on.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Est-ce que la suspension d\u2019importer ne va pas amplifier la fraude\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Une politique de ce type n\u00e9cessite l\u2019ensemble des mesures qu\u2019il faut. Avant qu\u2019il n\u2019y ait cette mesure, nous combattions d\u00e9j\u00e0 la fraude. \u00a0 En effet, la Direction g\u00e9n\u00e9rale du contr\u00f4le et de la r\u00e9pression de la fraude, une des directions centrales du minist\u00e8re du Commerce, a subi une r\u00e9forme qui consiste \u00e0 lui donner une emprise sur le plan national \u00e0 travers la cr\u00e9ation des brigades mobiles, coordonn\u00e9es par un secr\u00e9tariat permanent, d\u2019une direction de l\u2019investigation et plus de moyens. L\u2019adoption de nouveaux textes \u00e0 travers la commission nationale de la concurrence pour r\u00e8glementer le secteur, l\u2019intensification du travail de la douane \u00e0 travers l\u2019informatisation du syst\u00e8me de d\u00e9douanement et les guichets uniques permettent d\u2019aller de l\u2019avant dans la lutte. L\u2019ensemble de ces mesures combin\u00e9es avec la lutte pour que nos fronti\u00e8res soient moins poreuses concourent \u00e0 r\u00e9duire la fraude dans les proportions de 3 \u00e0 5%. La fraude devient dangereuse lorsqu\u2019elle atteint des proportions de 20 \u00e0 30%.<\/p>\n<p>S.\u00a0: A quand la relance effective de Faso fani\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Le processus est engag\u00e9. Faso fani, c\u2019est un projet priv\u00e9 qui s\u2019appelait Faso tex qui a d\u00e9cid\u00e9 donc de relancer leur Faso fani. Il s\u2019est retrouv\u00e9 dans des probl\u00e8mes et nous avons d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019accompagner. Ces probl\u00e8mes \u00e9taient de deux ordres\u00a0: financier, notamment une dette de 2 milliards de F CFA avec un pool bancaire compos\u00e9 de la BCB et ECOBANK, et sa cr\u00e9ance avec l\u2019Etat \u00e0 hauteur de 800 millions pour l\u2019achat de la cit\u00e9 universitaire. Il demandait aussi un rabattement de la dette qui avait gonfl\u00e9 au regard du temps mis. Une autre difficult\u00e9 du repreneur \u00e9tait de trouver un op\u00e9rateur technique. Avec l\u2019aide d\u2019un Burkinab\u00e8 ayant travaill\u00e9 en Inde, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 trouver un op\u00e9rateur technique qui s\u2019appelle GMD, un groupe indien qui a cr\u00e9\u00e9 aujourd\u2019hui Faso Fani GMD pour pouvoir repartir sur de nouvelles bases. Nous avons obtenu, gr\u00e2ce aux discussions avec le pool bancaire, un rabattement de 30% financier, soit une dette de 2 milliards. L\u2019Etat, en fin d\u00e9cembre 2018, a pay\u00e9 les 800 millions de francs CFA. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019accompagner avec le code des investissements. Il y a eu un protocole d\u2019accord tripartite stipulant les obligations de chacune des parties. Une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 a montr\u00e9 les diff\u00e9rentes \u00e9tapes \u00e0 suivre. Il y a une \u00e9quipe qui travaille sur le volet financier et souhaite reprendre les travaux proprement dits \u00e0 la fin de la saison des pluies. En fait, il s\u2019agit du calendrier qui nous a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par l\u2019op\u00e9rateur priv\u00e9 GMD. Il faut pr\u00e9ciser que l\u2019Etat n\u2019a pas la main \u00e0 100% sur le processus. Lorsqu\u2019il doit faire appel \u00e0 des acteurs priv\u00e9s, il compte sur leur bonne foi. C\u2019est le lieu de vous inviter \u00e0 les sensibiliser au respect des calendriers sur lesquels ils se sont engag\u00e9s. Faso fani nous tient \u00e0 c\u0153ur et nous sommes m\u00eame en train de faire d\u2019autres projets dans la r\u00e9gion notamment le projet A-STAR qui aura une emprise \u00e0 Ouagadougou mais des ateliers \u00e0 Koudougou et Bobo-Dioulasso. A la faveur de la TICAD, nous avons discut\u00e9 avec MAROBENI, qui est arriv\u00e9 au Burkina le 23 septembre 2019 pour discuter avec la SOFITEX, FILSAH, la Chambre de commerce et d\u2019industrie en vue de l\u2019implantation d\u2019une unit\u00e9 de filature.<\/p>\n<p>S.\u00a0: O\u00f9 en est-on avec l\u2019usine de transformation de tomate de Loumbila\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: L\u2019usine de transformation de tomate \u00e0 Loumbila est un projet qui tient \u00e0 c\u0153ur les Burkinab\u00e8 parce qu\u2019on produit suffisamment de tomate qui pourrit souvent dans les champs ou fait l\u2019objet d\u2019achat bord champ alors que cela ne profite pas aux producteurs et productrices. Ce sont ces raisons qui ont motiv\u00e9 la mise en place de l\u2019unit\u00e9 de la STFL qui va transformer la tomate et la mangue. Malheureusement, il y a eu beaucoup de probl\u00e8mes concernant l\u2019unit\u00e9 et une mauvaise gestion du projet. Pour mettre en \u0153uvre l\u2019axe 3 du PNDES, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de continuer le projet. Il y avait deux probl\u00e8mes \u00e0 savoir, l\u2019absence des ressources pour continuer et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9valuer pour savoir si le projet en lui-m\u00eame tient sur le plan industriel. Nous nous sommes rendu compte que la cha\u00eene de fabrication des bo\u00eetes de tomate \u00e9tait manuelle. On s\u2019est rendu compte aussi que l\u2019approvisionnement en mangue n\u2019\u00e9tait pas aussi \u00e9vident comme pr\u00e9vu. Nous avons quand m\u00eame d\u00e9cid\u00e9 de maintenir le projet en automatisant la cha\u00eene de la production des bo\u00eetes, et en se disant que l\u2019on pourrait avoir d\u2019autres types de confinement qui pourraient \u00eatre vendus si les tomates doivent transiter par les sites de pr\u00e9traitements que sont Gourcy, Yako et Ouahigouya. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser le financement en fin d\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 hauteur de 8 millions d\u2019euros, soit pr\u00e8s de 4 milliards de F CFA et nous avons repris langue avec l\u2019entreprise qui avait d\u00e9marr\u00e9 le projet. C\u2019est un financement BIDC mais \u00e0 la base c\u2019est EXIM Bank Inde qui accompagne la BIDC. Nous discutons pour nous entendre sur le montant final et nous avons bon espoir que d\u2019ici au dernier trimestre, on devrait d\u00e9marrer. A c\u00f4t\u00e9 de cela, nous sommes en train de travailler sur la mise en \u0153uvre de trois sites de pr\u00e9traitements pour lesquels nous avons des financements. Le processus de transformation de notre mati\u00e8re premi\u00e8re continue. Nous avons une politique d\u2019industrialisation du Burkina et si la strat\u00e9gie est mise en \u0153uvre, nous allons porter le taux de transformation de nos mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 25% et cela s\u2019appelle l\u2019industrialisation. J\u2019entends beaucoup de sceptiques mais si nous arrivons \u00e0 porter le taux de transformation de nos mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e0 25%, nous allons cr\u00e9er une p\u00e9pini\u00e8re de PMI\/PME et cela fera du Burkina un pays industrialis\u00e9.<\/p>\n<p>S.\u00a0: Le Burkina Faso depuis l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e a renou\u00e9 des relations avec la R\u00e9publique populaire de Chine. Quels sont les projets que vous avez avec ce nouveau partenaire\u00a0?<\/p>\n<p>H. K.\u00a0: Sur le plan commercial, il faut dire que les Burkinab\u00e8 commer\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 avec la Chine. Le r\u00e9tablissement des relations diplomatiques permet de r\u00e9gler un certain nombre de choses comme la venue de Chinois ici ou le d\u00e9part de nos ressortissants l\u00e0-bas. Nous pouvons aujourd\u2019hui exporter un certain nombre de produits \u00e0 taux z\u00e9ro, et nous sommes en train de travailler sur les certificats pour \u00e9viter que nos produits arrivent en Chine \u00e0 des co\u00fbts exag\u00e9r\u00e9s et donc moins comp\u00e9titifs. Nous pouvons aussi avoir la possibilit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier de certains types de financements et d\u2019interventions en \u00abjoint-venture\u00bb et de l\u2019ensemble des projets sous r\u00e9gionaux d\u00e9velopp\u00e9s par la Chine dans l\u2019espace ouest-africain tels que les infrastructures dans le cadre de la route de la soie.<\/p>\n<p>S.: Vous vous r\u00e9clamez acteur de l\u2019insurrection populaire d\u2019octobre 2014. Avec l\u2019\u00e9volution de la situation sociopolitique nationale, \u00eates-vous toujours fier d\u2019avoir contribu\u00e9 au d\u00e9part du pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 ?<\/p>\n<p>H. K. : L\u2019\u00e9volution de notre pays est faite de beaucoup de luttes. Le point commun de ces luttes, c\u2019est plus de libert\u00e9, de d\u00e9mocratie et de d\u00e9veloppement. En 1932, notre pays a \u00e9t\u00e9 morcel\u00e9 et rattach\u00e9 \u00e0 d\u2019autres pays. Nos devanciers se sont battus, et en 1947, notre pays a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9. La m\u00eame dynamique a abouti \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance en 1960, puis au soul\u00e8vement populaire en 1966. Quelques ann\u00e9es plus tard, le capitaine Thomas Sankara, de 1983 \u00e0 1987, s\u2019est battu pour que nous puissions avoir davantage de dignit\u00e9. Et sentant son r\u00eave de libert\u00e9 et de d\u00e9mocratie menac\u00e9, le peuple burkinab\u00e8 a pris, \u00e0 nouveau, son destin en main, en octobre 2014, face \u00e0 un homme qui essayait de caporaliser le pouvoir. Notre peuple s\u2019est donc lev\u00e9 afin que nous allions encore vers le haut, en termes d\u2019acquis d\u00e9mocratiques. Ce fut un grand moment de d\u00e9mocratie populaire. Les Burkinab\u00e8 ont particip\u00e9 de mani\u00e8re massive pour montrer leur d\u00e9termination commune \u00e0 aller \u00e0 une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire. Nous devons lire l\u2019insurrection dans ce sens : l\u2019envie des Burkinab\u00e8 de faire autre chose. Le combat a \u00e9t\u00e9 sous-tendu par des id\u00e9aux. La question qu\u2019il faut se poser aujourd\u2019hui est la suivante : \u00ab\u00a0Y a-t-il un insurg\u00e9 ou un Burkinab\u00e8 qui regrette aujourd\u2019hui que notre peuple ait amorc\u00e9 une \u00e9chelle sup\u00e9rieure?\u00a0\u00bb. Il sera difficile d\u2019en trouver. L\u2019insurrection a \u00e9t\u00e9 une lutte pour la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie et l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie. Nous devons tous nous r\u00e9jouir d\u2019y avoir pris part. Depuis mes ann\u00e9es d\u2019universit\u00e9, o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019Association nationale des \u00e9tudiants burkinab\u00e8 (ANEB), vice-pr\u00e9sident de l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9tudiants du Burkina (UGEB), et vice-pr\u00e9sident de l\u2019Association des \u00e9tudiants burkinab\u00e8 de France (AEBF), j\u2019ai toujours r\u00e9pondu pr\u00e9sent lorsqu\u2019il s\u2019agit de lutte pour am\u00e9liorer les conditions de vie, et pour plus de d\u00e9mocratie et de libert\u00e9. Personnellement, je ne regrette aucune de ces luttes auxquelles j\u2019ai pris part. Aujourd\u2019hui, le combat du peuple burkinab\u00e8 a d\u00e9bouch\u00e9 sur les premi\u00e8res \u00e9lections libres et transparentes, salu\u00e9es par la communaut\u00e9 internationale. C\u2019est un motif de fiert\u00e9 d\u2019avoir contribu\u00e9 mutuellement \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019un Burkina meilleur.<\/p>\n<p>S. : Des citoyens qui esp\u00e9raient voir un changement dans leurs conditions de vie apr\u00e8s l\u2019insurrection populaire disent \u00eatre d\u00e9\u00e7us\u2026<\/p>\n<p>H. K. : Le combat pour le renouveau est un long processus. Il est comparable \u00e0 une guerre. Lorsque vous remportez une bataille, il ne faut pas dormir sur ses lauriers. Il faut continuer \u00e0 travailler pour gagner les autres batailles. L\u2019insurrection populaire est un escalier, un tremplin pour continuer \u00e0 nous battre, \u00e0 d\u00e9fendre les id\u00e9aux et \u00e0 les mettre en \u0153uvre. Le travail n\u2019est pas fini. Certains Burkinab\u00e8 vont faire une partie du travail, d\u2019autres prendront la rel\u00e8ve pour avancer et ainsi de suite. Nous sommes dans un processus. Le plus important est que nous ne revenions plus en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>S. : Le Burkina Faso est, depuis quelques ann\u00e9es, en proie \u00e0 des attaques terroristes. Que faut-il faire pour venir \u00e0 bout de ces groupes terroristes ?<\/p>\n<p>H. K. : La premi\u00e8re des choses est de rester debout, et de pouvoir puiser dans notre histoire. Nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 vaincus, lorsque nous sommes unis. La seconde est qu\u2019au niveau du gouvernement, nous continuions \u00e0 nous donner les moyens en mati\u00e8re de politique publique face \u00e0 la lutte contre le terrorisme: strat\u00e9gie, renforcement des capacit\u00e9s des Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9, soutien de leurs familles, renforcement de la collaboration entre populations et FDS en termes de renseignement, mise \u00e0 disposition de moyens aux familles qui sont victimes, et nouer des relations avec les pays environnants, et les partenaires internationaux afin de pouvoir juguler le ph\u00e9nom\u00e8ne. Nous devons donc combiner l\u2019ensemble de ces actions pour arriver \u00e0 bout du terrorisme. Quand vous regardez l\u2019histoire, vous constaterez que les terroristes ont toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 ils ont tent\u00e9 de s\u2019installer. L\u2019Etat islamique, aujourd\u2019hui c\u2019est quasiment termin\u00e9. Les terroristes sont des individus en qu\u00eate d\u2019espace pour mener un certain nombre d\u2019activit\u00e9s ill\u00e9gales, telles que le trafic de drogues ou le commerce d\u2019organes. Si nous continuons \u00e0 mettre en \u0153uvre de meilleures strat\u00e9gies de politique publique, \u00e0 mobiliser les FDS, et \u00e0 nouer des alliances strat\u00e9giques dans la sous-r\u00e9gion, nous allons venir \u00e0 bout de ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>S. : La mise en \u0153uvre du programme du pr\u00e9sident du Faso est perturb\u00e9e par le front social et le terrorisme. Est-ce que vous \u00eates serein pour 2020 ?<\/p>\n<p>H. K. : La plus grande s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 pour 2020 est de veiller \u00e0 ce que le pays soit en paix, et que les \u00e9lections puissent se d\u00e9rouler de mani\u00e8re irr\u00e9prochable et transparente comme en 2015. Si nous arrivons \u00e0 faire cela, tout le reste rel\u00e8ve de la comp\u00e9tition \u00e9lectorale o\u00f9 chacun viendra avec ses arguments. En ce moment, le peuple burkinab\u00e8 d\u00e9cidera. Notre travail consiste, pour le moment, \u00e0 rester concentr\u00e9 sur la mise en \u0153uvre du Plan national de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social (PNDES), la coh\u00e9sion sociale, la s\u00e9curit\u00e9 afin que les Burkinab\u00e8, au moment venu, puissent dire que les conditions sont garanties pour exercer leur droit de vote.<\/p>\n<p>S. : Les pr\u00e9sidents guin\u00e9en et ivoirien n\u2019ont pas encore dit leur dernier mot sur leur \u00e9ventuelle candidature \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle dans leur pays, alors que constitutionnellement, ils n\u2019en ont plus le droit. Quel commentaire pouvez-vous en faire ?<\/p>\n<p>H. K. : En mati\u00e8re d\u2019\u00e9lection dans les diff\u00e9rents pays, cela rel\u00e8ve de la souverainet\u00e9 de tous les peuples de d\u00e9cider de ce qui est meilleur pour eux dans le total respect des r\u00e8gles nationales et des conventions internationales. Je souhaite qu\u2019il en soit ainsi en Guin\u00e9e et en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>S. : Ne pensez-vous pas que le droit \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 plus de libert\u00e9 des peuples guin\u00e9en et ivoirien semble \u00eatre pris en otage ?<\/p>\n<p>H. K. : Les Burkinab\u00e8 se sont battus pour le respect des r\u00e8gles nationales et des conventions internationales, notamment la Charte africaine de la d\u00e9mocratie et des droits de l\u2019homme. Je le r\u00e9p\u00e8te, les peuples sont souverains et libres. Et tous les peuples se battent autour de ces m\u00eames conventions. C\u2019est donc aux diff\u00e9rents peuples de se battre et de d\u00e9cider ce qui est bien pour eux.<\/p>\n<p>S. : Comment avez-vous trouv\u00e9 Sidwaya au terme de cette visite ?<\/p>\n<p>H. K. : Je voudrais remercier la direction g\u00e9n\u00e9rale des Editions Sidwaya et le personnel pour l\u2019accueil et dire que, si ma m\u00e9moire est bonne, c\u2019est la premi\u00e8re fois que je d\u00e9couvre les locaux du \u00ab\u00a0journal de tous les Burkinab\u00e8\u00a0\u00bb, et le type de travail qui y est abattu. C\u2019est une v\u00e9ritable industrie. Nous sommes le minist\u00e8re en charge des EPE. Nous avons pris connaissance de l\u2019ensemble des pr\u00e9occupations qui ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es, et je crois que je suis venu m\u2019en impr\u00e9gner davantage dans votre maison. Je pourrais donc \u00eatre l\u2019un des avocats de Sidwaya pour continuer \u00e0 voir quelles mesures suppl\u00e9mentaires le gouvernement peut prendre pour continuer \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie et de travail des agents. J\u2019ai \u00e9galement constat\u00e9 qu\u2019il y a au moins 60% de jeunes qui travaillent \u00e0 Sidwaya. Cela prouve \u00e0 souhait que le m\u00e9tier de journalisme n\u2019est pas abandonn\u00e9. Il existe toujours des gens qui pratiquent bien ce m\u00e9tier. La transmission du savoir et des connaissances a donc \u00e9t\u00e9 excellente. Je souhaite en outre que votre outil de production continue \u00e0 tenir et \u00e0 donner la bonne information, parce que Sidwaya veut dire \u00ab\u00a0la v\u00e9rit\u00e9 est venue\u00a0\u00bb (en langue moor\u00e9). Je ne peux cependant occulter l\u2019existence de difficult\u00e9s dans la maison par rapport \u00e0 un certain nombre de pr\u00e9occupations que vous avez soulev\u00e9es aupr\u00e8s du gouvernement. Je souhaite pour ma part que le dialogue puisse pr\u00e9valoir, qu\u2019il soit f\u00e9cond et produise l\u2019effet n\u00e9cessaire pour que nous puissions retrouver l\u2019ensemble de qui\u00e9tude indispensable pour continuer \u00e0 couvrir les \u00e9v\u00e9nements sur le plan national et international. Tout cela participe \u00e0 la vie d\u00e9mocratique, au d\u00e9veloppement et le seul d\u00e9veloppement que nous connaissons, c\u2019est celui qui se passe dans la d\u00e9mocratie. Vous \u00eates appel\u00e9s le 4e pouvoir et vous \u00eates une fiert\u00e9 pour l\u2019ensemble des Burkinab\u00e8. Le Burkina Faso est le premier pays africain en mati\u00e8re de libert\u00e9 de presse dans la zone UEMOA. Vous devez donc rester dans cette dynamique.<\/p>\n<p>S. : Il n\u2019est pas s\u00fbr que le Burkina Faso le demeure au regard des r\u00e9centes modifications apport\u00e9es au Code p\u00e9nal\u2026<\/p>\n<p>H. K. : Je n\u2019ai pas la m\u00eame lecture. Ce Code p\u00e9nal ne touche pas la presse, notamment les m\u00e9dias professionnels comme Sidwaya. Je pense qu\u2019il touche plut\u00f4t un certain type d\u2019activisme sur les r\u00e9seaux sociaux qui n\u2019est pas encadr\u00e9 par rapport \u00e0 des situations bien donn\u00e9es. C\u2019est ma lecture. Je ne pense pas que vous serez inqui\u00e9t\u00e9s dans ce cadre \u00e0 partir du moment o\u00f9 ce qui est demand\u00e9, c\u2019est de faire en sorte que nous puissions travailler \u00e0 accompagner nos FDS dans le respect total des r\u00e8gles. Et vous le faites si bien. Je ne pense pas que nous nous soyons battus pour les libert\u00e9s et vouloir faire apr\u00e8s des mus\u00e8lements, notamment de la presse. On peut \u00eatre l\u00e0 aujourd\u2019hui et demain ailleurs. On n\u2019est pas tout le temps du bon c\u00f4t\u00e9 du fusil. Nous faisons donc attention aux actes que nous posons. Un dicton bien connu dit que \u00ablorsque vous montez, il faut pr\u00eater attention \u00e0 ceux qui sont au bas de l\u2019\u00e9chelle, parce qu\u2019\u00e0 la descente, vous pourrez les croiser et avoir besoin d\u2019eux\u00bb. Nous sommes donc conscients. Quand on est responsable, on ne perd pas le sens des r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p>Interview r\u00e9alis\u00e9e par la R\u00e9daction<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5d9fa020d9cd8_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/10\/10\/nous-allons-porter-le-taux-de-transformation-de-nos-matieres-premieres-a-25\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ancien militant de l\u2019Association nationale des \u00e9tudiants du Burkina, doctorant en business administration, pr\u00e9c\u00e9demment pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration de Think Tank international, le ministre du Commerce, de l\u2019Industrie et de l\u2019Artisanat, Harouna Kabor\u00e9, a \u00e9t\u00e9 l\u2019invit\u00e9 de la R\u00e9daction, courant septembre 2019. 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